LA MARGUERITE
Et nous lui en sommes bien reconnaissant, et nous ne la voyons pas reparaître, au mois de juin de chaque année, sans la saluer presque humblement.
Durant notre jeune âge, nous iguorions que la nécessité avait décrété que certaines plantes étaient utiles, d’autres nuisibles ; nous ne considérions que l’ornement, et nos faveurs étaient plutôt pour les pinipantes corolles que pour les modestes épis des graminées.
Oh! combien de fois nous sommes-nous mis en colère contre ces “ méchants habitants” qui maugréaient contre notre pauvre marguerite et épuisaient leur vocabulaire à l’invectiver.
Ils avaient cependant raison comme nous, puisque tout dépend du point de vue en ce bas monde:
Aussi, maintenant, nous écoutons leurs doléances ct nous admirons la fleur.
Comme son nom scientifique l'indique, la marguerite fait partie de l’aristocratique genre des chrysanthèmes, mais, selon qu’il arrive parfois dans les meilleures familles, le sujet de cette monographie : préféré la vie de bohème en plein air, exposé à toutes les misères et les intempéries, plutôt qu’une captivité choyée dans nos serres et dans les jar-
dins,
Et nous ne l’en aimons que mieux.
Son nom vulgaire, que l'on donne aussi à la pàquerette, lui vient du latin margarita, qui signifie perle. Par les anciens elles étaient considérées mme les perles des champs! Ils étaient galants
nos aleux,