R. CHRISTIE
antécédents, ses souvenirs parlementaires, son âpre indépendance de caractère qui frisait presque l'excentricité, M. Christie a dû trouver assez rude parfois, la tâche qu'il s'était imposée de " faire l'histoire impartiale " de ces mêmes luttes, où son rôle, sans être prédominant, fut plus d'une fois fort accentué.
L'historien signale au lecteur quatre époques bien dis tinctes, dans la période des cinquante années écoulées de 1791 à i84i :
lo " Depuis l'établissement de la constitution, de 1791 à 1810: vingt années qui semblaient promettre un avenir long et prospère; mais l'horizon politique commença, vers la fin de ce terme, à se charger de nuages ; l'esprit de parti prévalut de plus en plus, aidé des préjugés nationaux ; l'harmonie qui jusque là avait existé entre les deux races s'affaiblissait.
2o. Depuis 18 10, quand l'Assemblée Législative se fit fort de pourvoir aux dépenses du gouvernement civil de la province, (que préalablement elle n'avait rencontré qu'en partie, l'excédent étant à la charge de la caisse militaire), jusqu'à l'année 18 18, quand la Chambre d'Assemblée, à la suite de cette offre, fut appelée à pourvoir à ces dépenses d'une manière constitutionnelle. Ce laps de temps comprend la courte période de la guerre américaine de 181 2, ère brillante, ère glorieuse au Bas aussi bien qu'au Haut-Canada, où les deux races rivalisèrent de loyauté, de patriotisme, de bravoure, dans la défense contre l'envahisseur, de leurs autels, de leurs foyers.
3o Depuis 1818 à 1828, l'époque des "conflits financiers" période de cabales, d'agitation suscitée par les chefs de partis,— de tiraillements entre le pouvoir législatif et l'exécutif.relativement à la liste civile, — de troubles, dont l'issue fut un appel au gouvernement de la métropole et au parlement du Roy.mme-Uni, au moyen de la fameuse requête qu'on prétendit avoir été signée, en i528,par 87,ooo habitants du Bas-Canada, se plaignant des griefs de 1827, requête qui fut
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l'occasion d'un rapport présenté par la Chambre des Communes, en 1828, connu sous le nom de Report of tJic Canada Cominittee, et qui donna naissance à encore plus de griefs que ceux auxquels on avait voulu remédier.
4o L'époque, depuis 1828, où le "plan de conciliation '~ recommandé par le susdit rapport fat mis en opération; jusqu'à l'année 1837, dans laquelle l'on vit avorter complètement ce projet, ainsi qu'on l'avait prt^dit, par la répudiation ormelle de la constitution de la part du corps représentatif, et par des soulèvements dans le Bas et dans le Haut- Canada ; cette année-là et la suivante, il y a eu de déplorables événements qui, en 1840, amenaient l'acte d'Union, r unissait les deux provinces en une seule, comme panacée aux m lUx existants, mesure dont l'avenir dévoilera la justice ou l'injustice." Tel fut le programme que s'était tracé le vieux député.
L'histoire de Chrisfe comprend six tomes : le sixième, curieux recueil de lettres et de dépêches officielles, est fort précieux. U histoire parlementaire est loin d'être une œuvre d'agrément, comme composition littéraire; M. Christiq eu avertit ses lecteurs le premier.
L'on est surpris de voir le grave historien interrompre son récit pour y intercaler une douz/.ine de pages de prose française et ang'aise que lui fournie son vieil ami, Jacques Viger, comme réquisitoire contre l'authenticité de la Légende du Chien d'Or, due à la plume élégante de notre regretté ami, Auguste Soulard.
Un vice capital de Vhistoire parlementaire de Christie c'e.'ît l'absence d'index à cette compilation, ainsi que le man4ue de méthode dans la disposition de cette encrme ma.sse de Rapports de Comités, de R^soUitions, de Procèsverbaux de séances, de statistiques du commerce, etc.; cela nuit beaucoup à l'utilité de l'œuvre, comme livre à consulter.
Malgré tou - ces défauts sérieux, c'est un riche répertoire de renseignements, dans lequel ceux qui sont venus après