‹ Monographies et esquissesChapitre 9 sur 107 · R. CHRISTIE · texte numérisé non relu

R. CHRISTIE

tî erveilleux ascendant qu'il sut acquérir, dans ce vaste district de Gaspé, qui comprenait, au début, les comtés de Bonaventure et de Gaspé.

Pendant plus d'un quart de siècle, la Gaspésie fut, pour lui, une espèce de " terre promise ", un château-fort, une ttibune d'où il défiait les foudres du parlement de Québec. Le fougueux dictateur Papineau, (i) put bien, à diverses reprises, faire prononcer à ses dociles adhérents, l'ukase ou ordre d'expulsion du revêche député Gaspésien : Chr stie n'avait qu'à souffler le mot d'ordre à ses " libres et indépendants " électeurs, de suite, on lui renouvelait sans désemparer son mandat, [2] Il en fut ainsi en 1828. lors de sa première élection. On l'expulsait, il était réélu, et puis on l'expulsait encore. Dominique Mondelet avait, lui aussi, été expulsé. Ezekiel Hart fut, en 1808, expulsé parce qu'il n'admettait pas le Nouveau-Testament comme règle de foi.

Christie fut réélu six fois. {Histoire Parlementaire. Vol, III p. 448.)

Le crime de Christie était d'avoir avisé comme président de la Cour des Sessions de Quartier, le chef de l'Exécutif, à propos de la démission de certains fonctionnaires publics.

On n'eut jamais à lui reprocher une trahison, une défaillance. La fidélité à son drapeau, pour Christie, c'était une reliii^ioi). Au re.^îc, il y avait alors parmi l'industrieuse et intelliger.te [(opulati'îi du di-trict "inférieur" de Gaspé, une ciasse d'hommes inaccessibles ,iux appâts de la corruption I Icctoralc, cgaleincni [jeu dispo-^é-^ à subir ce qu'ils nommaient la dictature du Frcnch pariy.

[1] M. Christif, .après l'Union des Canadas, ,i i-ftrouvé dans la nouvelle légirJature son ancien .adversaire, M. Paiùneau, et, ce qui fait honneur à l'un et à l'autre, ils se sont fr.auchement ri'^conciliés. M. Christie a méni'." reçu l'hospitalité du célèbre tribun à son château de Monte-Bello, sur l'Ottawa. l'eut-Otre ont-ils causé gravement de leurs anciennes luttes, se r.appelant le i'anieiix vers de Virgile -.Foman et hœc olim meminisse juvabit. {F.-X. Garneau, sa vie et ses œvvres,) P. 0- Chauveau, Pc. XXXVII.

[2] Au fort de la tourmente, il eut, dit M. .1. G. Barthe, pour .adversaire au poil, un acadien énergique, le capitaine Barthe, père df J. G. Barthe. t^ous prétexte de faire la fortune de l"ardent capitaine, les partisans de Christie lui tendirent un piège où ii tomba : il fut retenu, parait-il, loin du poil, par ruse, trop tard pour prendre part à la contestation. G les cabaleurs d'élections ! toujours les mêmes, hélas !

Les Uiùted Empire Loyalists, établis à New-Carlisle, à Douglastown, à la Pointe Saint-Pierre, à Percé, au bassin de Gaspé : les O'Hara, les Sheppard, les Coffin, les Annett, les Boyle, les Murison, les Kennedy, les McPherson, les Johnston, les McConnell, les Thompson et consorts, avaient leur mot à dire dans le choix d'un représentant, en Chambre. M. Christie ne reparaît au parlement qu'après l'union des provinces, en 1841. Battu a" pollen 1854 ii crut que pour lui le temps était venu de dire adieu à la carrière parlementaire et il se réfugia dans le calme de ia vie privée, pauvre, mais fier et respecte.

D ns sa verte vieillesse, fort de sa longue expérienceparlementaire, il utilisa ses loisirs à la composition de l'histoire parlementaire de l'époque où le Canada recevait ses institutions représentatives, sa nouvelle constitution,, en 1791, là où se terminait le travail de Smith, à venir à la promulgation de a nouvelle constitution qui réunissait le Bas au Haut-Canada : un espace de cinquante ans.

Pendant les années de luttes où son vieux collègue en- Chambre, John Neilson, rédigeait avec tant d'autorité la Gazette de Québec, M, Christie, plus d'une fois, lui avait prêté le concours de sa plume vigoureuse. L'habile publiciste Neilson étant passé de vie à trépas, en. 1848, M, Christie favorisa de sa collaboration le Québec Mercury ; feuille fondée à Québec, par M. Thomas Cary, en 1805, <^t qui plus tard passa pour être l'organe du High Churc/i.. party, tout en prenant une part fort active à la politique du jour. Ceci avait lieu au temps où Wm, Kemble (i) d'abord et M. W. Kimlin, plus tard, en occupaient le fauteuil éJitorial. Au noînbre des documents précieu.x c}ui s'y trouvent, figure à la date du 12 août 1S53, une intéressante biographie de son vieil ami, le juge en chef de la cour ciu banc de la Reine, sir Jarne.- Stuart, une des plus, hautes intelligences de notre banc judiciaire. Avec ses.

(1) William Kemble, jourualistj distingué, uû en Angleterre, rédige.! le Mercurit depuis 1S23 à 1842. Il mourut à Québec en 1845. ■'

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