‹ Monographies et esquissesChapitre 104 sur 107 · FPÉSEN'I'ATION D'UN PAVILLON · texte numérisé non relu

FPÉSEN'I'ATION D'UN PAVILLON

1 éloge des efforts de M. Le Moine, pour faire connaître à l'étran ger — les palpitantes annales de notre vieille ville, — ses champs de bataille— ses glorieuses luttes— ses progrés depuis son origine — ses sites pittoresques — ses radieuses villas, ajouta qu'après vingt ans de travaux de sa part, les personnes ci présentes avaient comploté contre lui une petite surprise. L'on sait que notre ami a fait subir cet été à sa jolie résidence, toute une transformation. Une majestueuse tourelle orne maintenant Spen- €er Grange] Cette tour à son mât de pavill()n ; à ce mât, il faut un bannière.

" Il y a une bannière, ajouta-t il, que vous chérissez tous, que M. LeMoine aime autant qu'aucun de nous, que par ses ■écrits il nous a appris à aimer ; c'est celle de notre pays : le Doininion Flag de notre Canada. Ce pavillon, messieurs, sur 'la tourelle de Spencer Grange, sera bien et duement à sa place : The 1-ig/it t/iing in t/ie right place. Voici, AL LeMoine, votre pavillon et le nôtre ! acceptez-le !

Un pavillon. Messieurs, n'est pas, un objet ordinaire. C'est un symbole, une idée toujours vivace, un indéniable indice de souveraineté. Un explorateur, pour affirmer, sauvegarder son droit à la découverte d'une plage inconnue, y arbore le pavillon de sa patrie.

Un drapeau pour un régiment, j'en parle en connaissance de cause, ajouta le brave Colonel, c'est ce quil prise au delà de tout. C'est un objet sac/é. Aujourdhui, nous présentons à l'annaliste respecté de Québec, au sympathique historien de Sillery, un emblème qui nous sied à nous tous : le pavillon du Canada. Ouand ce pavillon flottera à Sillery, ce sera, osons le croire, un symbole, un lien, un chaînon de plus qui nous unira à notre vieille patrie d'au-delà des mers, à notre présente patrie d adop tion ou de naissance, — à nos heureux foyers, ces Canadian Homes que M. LeMoine a décrits avec non moins de vérité que de charme, — un souvenir qui nous rappellera également le toit hospitalier de Spencer Grange."

M. LeMoine répondit comme suit : "Messieurs : J'accepte avec effusion votre offrande. Ce moment est en effet bien doux pour moi. Gomment pourrai-je l'oublier ! Je suis tous confus des sentiments affectueux, qui m'ont valu ce cadeau, aussi bien que du mode généreux que vous avez adopté pour me le présenter.

Il y a vingt ans et plus, quand je mettais au service de ma patrie, mes humbles talents — et quand chaque année depuis, je voyais la série grossissante de mes travaux littéraires sur le Canada, ses faibles origines, ses hcroiques (i) luttes avec les féroces aborigènes et ses non moins féroces ennemis (2), les hommes civilisés de l'ancien et du nouveau monde,— sur les dou-

(1) Maple Leaves, 18fi3-4-5.

(2) La Mémoire de de Montcalm Vengée.

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