GARNEAU
revue des -découvertes, des aspirations, du progrès de trois siècles, où l'atTranchisseiTi-nt de la pensée, le réveil des intelligences, l'émigration européenne en Amérique, sont notés et traités d^ main de maître.
Comme l'a dit un jeune et laborieux littérateur moissonné à la fleur de l'âge, Ls. M. Darveau, X Histoire du Canada, par Garneau, '' n'esc pas seulement un livre admirable, mais c'est comme un monument impérissable où l'auteur avait gravé avec le poinçon de l'historien tous les hauts faits pour ainsi dire légendaires, toutes les actions héroïques, tous les événements mémorables, tous les travaux herculéens, toutes les découvertes presqu'incroyables dont le Canada a été le théâtre depuis sa découverte jusqu'à l'époque de l'union des deux provinces canad ennes en 1840. Il a fait, avec le pinceau brillant et correct d'un artiste, et en mêms temps avec la verve et l'entrain d'un poëte, le tableau de la découverte du Canada, la description topographique du pays, des mœurs, des habitudes, des vices, des qualités, des goiàts, des aptitudes, en un mot du caractère des aborigènes, enfin, des discussions, des débats parlementaires, luttes pacifiques bien qu'émouvantes et pleines de dangers et d'incertitude pour l'avenir de notre race. Ces ditî'érents sujets sont traités avec une admirable lucidité de style, des aperçus pleins de finesse et d'à propos, des déductions savantes, d'une portée remarquable. "
J'aime, messieurs, à vous rappeler ce que no^ intelligences d'élite ont pensé d > grand écrivain.
M. Darveau em.prunte à mi professeur distingué, M. l'abbé Ed. Méthor, que je (désirerais voir dans cette réunion, l'appréciation qu'il faisait de deux de nos historiens, Ferland et Garneau, à l'Université Laval, à l'inauguration de son cours de littérature de 1861-62. Pour faire le parallèle des deux historiens, il se servait d'une figure aussi belle que bien appropriée. Il comparait l'Histoire du Canada à " un colossal et magnifique palais dont l'architecture était
noble, sëvère, correcte, belle et m^.gistrale, frappant d'éto' nement et d'admiration le regard du visiteur, " et le Cours <f Histoire du Canada à " un parc immense, ou bien encore à un grand jardin charmant, plein d'ombre, de fruits et de fleurs, où le promeneur tatigué passe et oublie les heures en parcourant à pas distraits, et sans but précis, des sentiers, des avenues resplendissants de verdure, et émaillés de fleurs et de feuillage, jusqu'à ce qu'enfin, gagné par la poésie du lieu et plongé dans une douce rêverie, il s'égare dans les mille cercles de ce labyrinthe enchanteur. "
Ce serait téméraire de ma part de prétendre ajouter aucune nuance, aucun ornement à 0-=; charmant croquis de M. l'abbé Méthot.
Ferland
C'est à la métropole commerciale de la Province de Québec, à Montréal, que revient l'honneur d'avoir conné le jour au savant historien Ferland. Jean Baptiste Antoine Ferland naquit à Montréal, le jour de Noël, 1S05. Il descendait d'une ancienne famille du Poitou, dont un des membres vint s'établir dans l'Ile d'Orléans, vers le milieu du dix-septième siècle. Son père Antoine Ferland, originaire de Saint Pierre, étant mort jeune, sa mère Elisabeth Lebrun Duplessis, fille d'un des quatre avocats qui demeurèrent en Canada après la session, alla se fixer en 18 13, à Kingston, oij le jeune Ferland, avec l'usage de la langue anglaise, apprit aussi les rudiments de la langue française, sous l'abbé Gaulin, plus tard évêque de Kingston. Puis on le trouve au collège de Nicolet. Là, Mgr. Plessis, remarquant ses aptitudes, le choisit comme son secrétaire. Plus tard, abandonnant cette charge pour l'enseignement, le jeune lévite devient professeur de rhétorique et de philosophie au collège de Nicolet. Il reçut les ordres sacrés en 1828 et, sur le champ, fut nommé vicaire à Québec. En 1884, lors de l'épidémie du choléra, il devint chapelain de l'Hôpital de Marine; en 1848,11 était supérieur du collège de Nicolet.
Depuis I850, il était attaché à la cathédrale de Québec, membre du conseil de l'évêque, chapelain de la garnison, doyen de la faculté des arts et professeur d'histoire du Canada à l'Université Laval. En 1854, il desservait Saint Colomb de Sillery, près Québec ; ce qui lui fournit l'occasion de publier dans le Journal de Québec des notes historiques pour compléter le beau travail sur le commandeur de Sillery, dû à la plume de l'érudit abbé Louis Bois. Le premier écrit de M. Ferland, qui révéla l'étendue de ses recherches, et la sûreté de son jugement en matière litté-