II PARTIE
VILLAS AUTUUK DE QUÉBEC : Esquisses, dédiées à M. Benj.
Suite : -. 15]
Hôtel du Gouvernement — Manoir SeAvell 157
Bandon Lodge 163
L'Asile Champêtre 169
Battlefield Cottage 174
Marchmoiit 175
Elm Grove 176
Wolfetield 177
Thornhill 18U
Spencer Wood , 182
Spencer Grange 187
Samos 190
Montague Cottaiie 191
Kirk Elis T 196
Sous-Ies-Bois 197
Benmore 198
Bardfield 201
Cataracou y 203
Ciermont 20-i
The Highlands. ; 208
Beauvoir 212
Ravenswood • 215
Meadowbank 220
Dornal 226
Longu'God 228
Kedclyfte 232
Boisbrillaut 238
Belmont 240
IfoUand Farm 245
Bellevue 251
Hamwood 253
Altamont 255
Bannockburn 257
lîingfield 25S
Auvergne 270
Coucy-Ie-Castel 273
Villa Mastaï 275
Le Manoir Seigneurial, Beaujjort 279
Haldimand House 288
Montmorency Cottage 295
La résidence deté de Lord Dutierin 303
LES JAKDIXS ANX'IEXS ET MODERNES— Esquisse dédiée
câ l'Hon. IL Ct. ,)o1v 320
ETUDE SUR SIR WALTER SCOTT: dedféeàM. L. IL Fréchette 351
Walter Scott, 2>oote 371
Borcl.r Minstrelsy 372
Lay of the Last Min&trd 373
Marmion , 379
Lady of the Lake 381
L'okehy 384
The Lord of the Isles 389
Waltek Scott, romancier .; 39^
ÏIÏ
Waverley ......,,, ..-...,. 399
Ivanlioe 4(jg
ETUDE HISTORIQUE dédiée à M. l'Abbé Louis ^&.'.'.'..'''^'''". 415
Le Majcn- Stobo 4I7
XOTICE CRITIQUE : dédiée au Général Horatio Rogers ] 425
Le Journal de la campagne de Bourgoyne en 1777. 428 XOTICE SUR LA DOUANE DE QUÉBEC— 1760— 1883 : dédiée
à l'Hon. J. G. Blanchet., 433
L'ARBRE DEXOEL : Esquisse dédiée à M. R. R. Dobell 44'^
IMPRESSIONS DE VOYAGE : Esquisse dédiée à l'Hon. Jugé
Routhier "^ 44g
Les Lacs du Cumberland
Les Ruines de Melrose Abbey
Abbotsford — Le Château de Sir Walter Weott 44Q
APPENDICE
George Stewart, jr 453
Les destinées de la race anglo-saxonne en Amérique!
d'après Prevost-Paradol 465
Xotice sur M. L'Abbé Bois 467
Rancune des Ecossais contre la France en 1745 469
Races pré-historiques '.'.'..'..'.. 470
Pavillon présenté pour la tourelle de Spencer Grange. 475
X'os prisonniers de guerre de 1812 , 479
Extrait de •'Ila^vkin's Picture of Québec" .'.'..'.' 480
AYIS AU LECTEUR.
Ces mélanges d'histoire, de biographie, d'archéologie, de critique, etc., sont destinés à servir de complément et de continuation à I'Album du Touriste, publié en 1872: oeuvre de fantaisie, comme l'on sait.
Quant aux villas des environs de Québec, les descriptions se suivent en ordre régulier.
Le Touriste, aux mois des feuilles, pourra débuter par l'Ancien Manoir Sewell [l'Hôtel du Gouvernement] avoisinant la porte St-Louis, côtoyer, livre en main, la Grande Allé',, à Spencer-Wood ; continuer jusqu'au Cap Rouge ; puis, retracer ses pas, en longeant le chemin Ste-Foye, au Montplaisant, franchir le Pont Dorchester ; se rendre au Gros Pin ; de là, au Château Bigot, à Charlesbourg ; redescendre des hauteurs à la voie publique de Beauport, filer jusqu'à la chute Montmorency, faire étape, pour le goûter, en ce pittoresque endroit ; revenir en ville et terminer sa course en dedans des murs par la visite à la Citadelle, sur le Cap-aux Diamants, où Lord Dufferni en 1872 faisait préparer la résidence d'été de nos Vice-Rois. Durée de cette promenadle d'antiquaire : au moins deux jours.
Nos villas sont dans leur plus beau, à la saison des feuilles et des fleurs, — depuis Juin à la mie-Septembre.
Une simple course sur le grand chemin, sans pénétrer à l'intérieur des domaines et sous le toit même de ces fraîches retraites, perdues la plupart sous l'ombrelle des bois, invisibles de la voie publique, ne saurait donner qu'une idée incomplète du charme des paysages.
Inutile de rappeler au lecteur que la plupart des études histo riques recueillies dans ce volume ont été préparées à diverses époques, quelques-unes bien antérieurement à la recrudescence récente des regrettables animosités civiles qui menacent de compliquer, ou de retarder la solution des problèmes de l'avenir.
Des absences forcées, d'auties causes également incontrôlables ont privé l'auteur de la faculté de revoir les épreuves du livre, lequel aurait dû être livré à la publicité au commencement de Juillet dernier.
ler Décembre 1885.
De r Académie Française Cher Monsieur.
Je n'ai pas oublié ma promesse, non plus que les paroles affectueuses que vous m'adressiez, le 9 août i8Si,au No i, rue Saint Thomas d'Aquin. Du reste, je connaissais déjà depuis longtemps l'intérêt que vous portez atout ce qui se rattache à ce Canada, où vous avez passé de si agréables moments.
Quand vous m'accueilliez scus votre toit hospitalier. j'arrivais, si vous vous en rappelez, d'un pèlerinage au berceau de mes ancêtres français, à Pitres, près de Pont-del'Arche.en Normandie — "station militaire sous les Romain?," a écrit l'annaliste de Pitres, " aussi bien que résidence ro\-ale mérovingienne, palais et château-fort pour les princes de la deuxième race, néanmoins ravagé au neuvième siècle par les féroces corsaires du Nord dont les caravelles remontaient la Seine, au point que l'effroi public se traduisait par cette prière suprême, ce cri du peuple : *' A fiirorc Nonnannontm, libéra nos. Domine." — \'oilà ce <.\v.e m'en dit l'histoire.
Quelques mois plus tard, je vous expédiai maconféreiice sur Rouen, Pitres, (i) etc., comme pièce probante de mon passage en ces endroits. Il m'avait été d'ailleurs facile de me renseigner. J'étais po'teur de lettres de recommandations auprès du savant abbé Vaurabourg, curé et historien de Pitres. (2). L'excellent abbé fit plus que de m'accueillir gracieusement ; en peu de temps il m'avait déroulé les annales de cet antique village, populeux jadis, choyé des
(1) "Kdimburgh — Eouon — York — CTlimiuos — lmi)ieasions — Contrasts."P.G. DeLisl e publisher. ' Québec, 1881.
(2) Notice sur Pitres, par A. Vaurabouvy. Curé de Pitres, Dubuisson it Cio, Iinprimeurs. Paris. 1876.
rois et des évêques, fameux, même au neuvième siècle^ et maintenant simple paroisse avec une population d'à peine mille âmes, et dont la décadence a fait dire à un vieux chroniqueur : ''Evasit in exegtii nomviis Vtcîdîiniy
* Ma double origine m'imposait un second pèlerinage.
Je tenais à voir la patrie de mes autres ancêtres non moins vénérés — les aïeux de ma mère —sur les rives classiques de la Tv/eed, en Ecosse.
Je réalisais là un des rêves dont s'était bercé ma jeunesse : contempler Abbotsford, le pittoresque château du plus beau génie de l'Ecosse, Sir Walter Scott.
Vous m'aviez recommandé de visiter P>Ielrose Abbey, OLi Randolph avait déposé le cœur de l'héroïque souverain de ce pays, Robert Bruce ; vous aviez été assez bon de m'offrir l'excellente biographie (3)que le sort de l'iliustre et infortuné prince vous avait inspirée, car vous connaissiez mon admiration pour les martiales figures de la Calédonie, ses lacs mignons, ses bruyères odorantes et empourprées, ses pics coiffés de brouillards, ses crans escarpés et sublimes, chantés par Ossian, Burns, Scott, Allan Cunningham, Christopher North.
Vous vous rappelez, sans doute, vous être informé, en même temps, du progrès des lettres canadiennes, depuis votre passage parmi nous, en 1850. Cette courte étape dans vos nombreux et lointains voyages nous a valu quelques pages sympathiques dans votre volume ''En Aincriquc et en Europe. Il fut également question entre nous des travaux de niaints hommes de lettres canadiens disparus depuis 1850, mais non oubliés, écrivains identifiés pour ainsi dire aux recherches historiques et aux antiquités canadiennes — nos illustres morts — : Garneau, Ferland, Bibaud, Paillon, Laverdière, Faribault, Viger.
(3) Robert Bruce : comment on reconquert tm royaume, par Xavier Marinier, de 'Académie Française ; dernière édition. (Paris, Hachette * Oie, 1S81.)
Il m'est venu l'idée de réunir quelques silhouettes historiques des différentes écoles, de nationalités diverses ; d'y intercaler des données sur les sociétés scientifiques et les hommes éminents qui ont prêté le prestige de leur position officielle au nouveau mouvement littéraire qui s'est fait dans le pays, ainsi qu'à collection et conservation de nos archives nationales.
La fondation, en i8Si, par le Marqviis de Lorne, de la Socictc Royale du Canada m'a procuré l'occasion de me livrer plus spécialement à ce genre d'études.
C'est en partie au moyen des conférences que j'ai eu l'avantage de lire devant cette société, que je vais essayer de remplir la promesse que je vous ai faite.
Daignez aggréer cette modeste offrande. Si ce travail trouve place sur la table de cette bibliothèque où vous avez bien voulu m'admettre, dans ce sanctuni témoin de vos travaux, de vos veilles, de vos jouissances intimes, dirais-je, vous aurez fait un heureux de plus en la personne de
L'Auteur.
Spencer Grange, près Québec, ler juin 1S85.
NOS HISTORIKNS
Le caractère complexe de notre population, la diversité de l'idiome, des us et coutumes, des traditions, du culte en Canada, les changements de régime, les luttes 'fO acharnées entre les races ont dû nécessairement donner naissance à des appréciations et des comptes-rendus divers des événements, et partager nos historiens en deux groupes, deux écoles. L'imagination de l'annaliste se modifiait à son insu, selon sa nationalité : selon la voix du sang, au dire de quelques-uns.
Ce serait donc chimérique que de chercher chez nos historiens, unité de sentiments, impartialité absolue, malgré la droiture, l'indépendance d'opinions qui caractérisent un bon nombre d'entre eux.
Le temps doit être venu où l'on puisse jeter un coupd'œil calme, même sur les questions brûlantes de notre passé, juger à tête reposée des hommes et des événements.
Un nouveau pacte constitutionnel, convoité, accepté de tous les partis — notre petit peuple devenu grand, — de nouveaux besoins éclos de circonstances nouvelles — des intérêts beaucoup plus vastes — des torts réparés — les exigences du commerce : ne voilà-t-il pas autant de motifs, pour inaugurer une ère d'apaisement,d'oubH d'un passé lointain, non regretté ?
Si le démagogue trouve encore pâture et force en résuscitant de vieilles rancunes de races ou de partis, le vrai patriote, chaque matin, salue l'étendard du Canada confédéré, où est inscrite la devise " L'UxiON fait la. Force "
(1) X. B. — Depuis que ces lignes ont été trartes, le pasiage suivant, empnintô à une intéressante étude récemment lue devant la Société Royale dn Cauaâa, par M. George Bryce L. L. I) ., Professeur do littérature aii collège Manitoba, à Winnijieg, est venu corroborer ce que j'avance : " Owinsr to tlie récent period of manj' of tlie events, it ia '' difficult to give them a faithtui treatment, w-ithout croating aniniosity on the part of " friends of tho still living. Aloreover the strong political war, apparently indigenous " to our Canadian soil, renders it most difficult for the historian, to treat lus subject. " dispassionately."'
Bercé de ces idées, je vais tenter de présenter en- ce petit travail un aperçu successif de nos historiens modernes les plus marquants, signalant leurs écrits, leurs états de service, le milieu où ils ont vécu, sans me prononcer sur le mérite des diverses écoles ; ce soin, je le laisserai au lecteur.