ANCIEN PRESIDENT
De r Institîition Ethnographiqîu DE FRANCE.
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Institution Ethnographie, Paris.
Cher Monsieur,
Tout en me croyant honoré en recevant de vous un Diplôme comme le Délégué Régional de votre Association pour la province de Québec, je ne me suis pas dissimulé que cette distinction m'imposait une tâche assez sérieuse.
Cette tâche, comment la remplir, cloué que je suis à mon bureau par la loi sacrée du devoir ?
Si je comprends bien les fonctions d'un de vos délégués €n Amérique, ce sont surtout d'enregistrer dans leurs rapports les découvertes successives que la science fait sur cette terre de l'ouest, au mo}*en de ses infatigables missionnaires, dans l'Amérique Centrale, dans la vallée de rOhio etc., où le cric et le pic livrent chaque jour à la curiosité des savants tant de mystérieuses épaves d'un autre âge.
Inutile pour moi de penser à prendre part à ces découvertes, à ces attrayantes conquêtes de l'intelligence.
Mais les horizons de l'Ethnographie, comme vous me l'avez fait remarquer, quand je vous fis visite, 4/ Avenue Duquesne, Paris, sont vastes et variés. Si nous tenons beaucoup, me dites-vous, à étudier l'origine, les dialectes, les migrations de ces races pré-historiques, enfouies sous le sol, l'origine, les migrations, les us et coutumes des races modernes du Nouveau-Monde qui habitent sa surface, font également le sujet de nos études, de nos méditations, les grands mouvements de la science, la présence et les écrits des savants et des archéologues ont pour nous un intérêt constant.
Il6 LTHNOGRAPHIE
Encouragé par ces généreuses paroles et comptant pardessus tout sur votre extrême indulgence, je consentis a. accepter un rôle en rapport avec votre association p urvu qu'il fût dans la mesure de mes forces.
Voilà comment je me trouve dans le cas de vous mentionner mes modestes travaux ; la première Etude (i) sur l'origine et la composition de notre population parut en 1873, dans un recueil que je publiai alors sous le nom de Maple Lcavcs. Je m'étudiai à démontrer le caractère complexe du peuple canadien, recruté d'abord au moyen des colons Normands, Bretons, etc., puis, par une forte émigration des Iles Britanniques et des Provinces Anglaises de l'Amérique.
Tout le temps que j'ai présidé à la Société Littéraire et Historique, j'ai favorisé de toutes mes forces le mouvement qui s'y faisait en faveur des études historiques, pour collectionner, classifier, conserver nos archives canadiennes ainsi que pour créer un musée zoologique et archéologique.
De temps à autre des voix du dehors nous redisaient que nous devrions faire plus au Canada pour l'archéologie. En 1873, un jeune officier de la m.arine française, ami des sciences, le lieutenant A. Schlumberger dont la corvette était mouillée dans la rade de Québec, m'adressait la lettre suivante :
LES UACE8 ABORIGIKNES DE LA NOUVELLE-FRAiXCE
'' Adonis, " le i3 août 1S74.
'■A. Aî.J. M. LeMoine,
Président de la Société Littéraire et Historique de Québec " Monsieur,
" La courtoisie et l'amabilité avec lesquelles vous m'avez reçu dans votre charmante résidence de Spencer Grange, pendant mes deux voyages au Canada, m'encouragent à vous adresser la liste des renseignements que la société d'anthropologie de Paris serait très-heureuse de pouvoir se procurer. J'ai copié textuellement la note que mon ami, le docteur ! ouis Vmcent, m'a remise à mon départ de France. La réponse à toutes ces questions exigeait des recherches que mon court séjour à Québec ne m'a
(1) Tlie Eléments of our Nationality.
LEOX DE ROSXY 11/
pas permis d'entreprendre. Je vous serais donc très reconnaissant, monsieur, pour tout ce que vous pourriez me faire parvenir sur ce ■sujet. Je vous prierais donc de ne m'envoyer que les réponses que vous pourriez me donner vous même ou qu'il vous serait facile de vous procurer. S'il était possible d'avoir des crânes, et s'il existait un photographe aA'ant des épreuves originales pouvant donner des renseignements scientifiques, je vous serais reconnaissant dç me le faire savoir ; car je pourrais me procurer ces objets par l'entremise de M. Chevalier, notre consul-général " Votre très dévoué,
Adolphe Schlumeerger.
Lieutenant de vaisseau
La société d anthropologie de Paris serait heureuse si Monsieur l'officier en second de \ Adonis pouvait recueiUir à son intention les documents suivants :
1. Quelles sont les races qui habitent aujourd'hui le Canada ?
2. Quels sont les caractères de la race indigène proprement dite, c'est-à dire des Indiens, et quels sont ceux des métis qui se sont produits par suite du mélange de la race primitive avec les différentes races conquérantes.
3 Dresser le tableau suivant dans lequel on indiquera :