BENJAMIN SULTE
Noël Juchereau des Chatelets ; le Procureur Général Ruette d'Auteuil, Jean Juchereau de la Ferté, Jean Juchereau de More, seigneurs des Hefs dans le voisinage de Sillery ; le gouverneur Dailleboust, seigneur du fief Coulonge, à Sillery, subséquemment vendu aux Messieurs du Séminaire ; MM. Repentigny, Joaquin dit Philibert en 1740, (est-ce le Philibert qui en 1735, posait à Québec la première pierre du Chien d'or /) ; Joseph Gaspard Chaussegros de Lery, en 1762 — tous grands propriétaires à Sillery, le botaniste Gomin ; l'évêque de Québec^ Pierre Herman Dosquet. Le Sieur de Gaudarville était également propriétaire d'une seigneurie, à l'ouest de Sillery, à laquelle il légua son nom.
Puis l'on trouve le comte de Talon, célèbre intendant, Baron d'Orsainville, fier de ses vastes domaines à Charlesbourg, à Ste-Foye etc ; Louis de Lauzon concessionnaire du fief de la Citière et d'un autre fief au Cap Rouge ; Simon LeMaître, propriétaire, en 1636, de cette vaste côte de Lajison vis- à-v^is Québec, plus tard acquise par le Col, H. Caldwell. Les rives fertiles de la Chaudière sont partagées, en 1739, de par le roi, entre les sieurs Rigaud de Vaudreuil, Thomas Jacques Taschereau et Fleury de la Gorgendière, tous bons et loyaux sujets. Jean Bourdon, génie universel, arpenteur et ingénieur en chef, géographe tt grand voyageur, plus tard, procureur-général de la Nouvelle-France, se fait inscrire pour de jolis fiefs dans la banlieue : le fief Saint François, vers Ste-Foye, Saint- Jean, près du coteau Sainte-Geneviève, site de la vieille chapelle, où il était tenu de construire un petit fort pour bombarder les Iroquois.
Messire Jean LeSueur, son ami, ancien curé de Saint- Sauveur, en Normandie, obtenait en 1649 et en 1653 à l'emplacement de l'ancienne commune de Québec, déclarée inutile, deux fiefs — auxquels il légua le nom de son ancienne cure — Saint Sauveur. Le " vénérable et discret (i)
[1] Termes da sa patente .
aumônier des Hospitalières rafifolait du spori. Grand pêcheur de saumon, au rapport du Journal des Jésuites, il se choisit sur fief un les rives de la poisonneuse rivière St- Charles.
Est-ce que la florissante jeune paroisse de St-Sauveur, pour perpétuer le nom et les goûts de son digue fondateur ne devrait pas fonder un club de pêche — le club LeSueur ?
Jean Taché, " Syndic des marchands, " " l'homme intègre et d'esprit " des anciennes mémoires, avait une belle terre à Ste-Î^oye, plus tard, " Rolland Farm, " sous le nouveau régime. Nous en reparlerons plu^ tard.
En 1755, lé major-de- ville, Hughes Péan, avait découvert que pour mettre le comble à sa félicité, il lui fallait, en sus de ses autres seigneuries, afin d'arrondir ses domaines, un petit fief en aval de la seigneurie de St- Michel— le fief de la Livaudière — et cet excellent M. Frs. Bigot, qui remplissait, en la Nouvelle France, pour son royal maître, non pas l'office de vice-roi, mais, cntr'autres, celui de vice-mari pour ce bon major de ville, 'e lui accorda généreusement
Un autre fonctionnaire du vertueux ixitendant, le complaisant M. Cadet, jadis boucher à Charlesbourg, qui lui aussi avait le bonheur ou le malheur d'avoir une jolie femme, acquit un vaste domaine, aboutissant au chemin de la petite rivière St-Charles, décrit aux vieux titres sous le nom de " Ferme Cadet. "
Voyez comme la matière fournit et je ne suis cependant •qu'au début. Tous ces seigneurs de fiefs ou grands proipriétaires autour de Québec avaient-ils des manoirs ou même de simples résidences sur leurs terres ? Je ne le •crois pas : Robert Giffard, Puyseau, Talon étaient les exceptions sans doute.
On sait que le chirurgien Giffard avait une petite loge, >non une loge franc-maçonnique, bien entendu — ur les «bords du ruisseau de L'ours, à Beauport, pourvue sans doute