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les Ross, etc., etc. Tous ces messieurs s'évertuèrent à devenir grands propriétaires autour de Québec ; les seigneuries surtout les tentaient, celles mises en vente par des propriétaires repassant en France. On achetait alors ; pas de confiscations : les articles de la capitulation s'y opposaient. On n'était pas à Grand-Pré, mais à Québec, les gens ne refusaient pas de prêter le serment (i) d'allégeance. La manière de traiter les vaincus variait : et le précédent que Louis XIV désirait établir en 1689, ne fut pas suivi, par George III, à Québec ; il l'avait en Acadie.
Quant à Lord Jeffery Amherst qui avait risqué ses précieux jours, pour prêter main-forte à Wolfe, et qui l'année suivante, imposait la loi du vainqueur à Lévis, il ne se contentait pas d'une simple seigneurie, voir même une baronnie, Vearth Imnger chez lui était à l'état chronique. Il réclama pour sa royale part — ego nominor Léo, — la riche succession des Jésuites, {2) dévolue à la couronne de la Grande-Bretagne, à la suppression de l'ordre par le S. Père ; pendant près de quarante ans, lui et les siens ne cessèrent de faire valoir cette réclamation. Finalement, le souverain ne trouva d'autre alternative pour ne pas froisser le haut
(1) Voici ce que le grand roi ôcrivait à son vice-roi d'Amérique, en 1689 :
" Si parmi les habitants de la Xouvelle-York il se trouve des catholiques de la fidélité desquels il croye se pouvoir assurer, il pourra les laisser dans leurs habitations, après leur avoir fait prêter serment de fidélité à Sa Majesté
n pourra aussi garder, s'il le juge à propos, des artisans et autres gens de service nécessaires pour la culture des terres, ou pour travailler aux fortifications, en qualité de prisonniers .... Il faut retenir en prison les officiers et les principaux habitants, desquels on pourrait retirer des rançons, à l'égard de tous les autres étrangers (ceux qui ne so)i< l>os i^rarjf ois,) hommes, femmes et enfants. Sa Majesté trouve à propos qu'il soient mis hors de la colonie et envoyez à la Nouvelle-Angleterre, à la Pennsylvanie, ou en d'autres endroits qu'il jugera à propos, par mer ou parterre, ensemble au séparément le totit suivant qu'il trouvera plus sur pour les dissiper et empêcher qu'en se réunissant ils ne puissent donner occasion à des entreprises contre cette Colonie." — Broadhead— Xew-York, Col. Docs IX, 422.) .
Vide. Xe 1?0!/ n X>e)io«i'î7fe, 7 jittn 1689 ; le ministre à DenonviUe, même àate ;le Ministre à Frontenac, wéine date : ordre du Roy à Vaitdreuil, même date ; le Roy au Sieur de la Coffinière, même date : Chamirigny au ministre 16 nov- 1689.
Entre les instructions que le roi d'Angleterre donna an Col. Lawrence, pour la dispersion des Acadiens, et celles que le roi de France donna à Frontenac pour la dispersions des habitants de la Kouvelle-York, qui ne prêteraient pas le serment d'allégeance, il y ^ cette différence : le premier fit ce qu'il désirait, l'autre ne le piit.
(2) M. O. David, dans une lettre adressée au Monde, énumêre les biens de l'ordre comme suit : Seigneurie Notre-Dame des Anges, Charlesbourg ; seigneurie de St-Gabriel ou les deux Lorettes, seigneurie de Sillery, près Québec, seigneurie de Bélair, seigneurie du Cap de la Magdeleine, seigneurie de Batiscan, Isle St-Christophe, seigneurie de la Prairie de la Magdeleine, vis-à-vis Montréal, Isle aux Beaux, Fief de Pachigny, en la cité des Trois-Rivières, Fief de la Vacherie de St-Roch de Québec, une ferme près, de St-Nicolas — un lot dans la Haute- Ville, de Québec, deux autres lots en cette ville, le Champ de Mars à Montréal, site de l'Hôtel de Ville et du Palais de Justice, à Mont^ réal.
et puissant seigneur que de lui faire voter, par son parlement, à Westminster, à lui et à ses ayans-cause, une forte pension viagère, en vertu du statut impérial 43, George III, chap. 159.
Je serais porté à croire, sans toutefois pouvoir l'affirmer positivement, que Holland Farm, vers 1768, faisait partie du fertile domaine (qui comprenait Sans bruit) possédé pa^ le général Murray, à Ste-Foye.
En 1775, le général de brigade, Richard ÙMontgomery en prenant possession avec son corps expéditionnaire, des hauteurs de Ste-Foye, établissait en novembre son quartiergénéral à la maison du major Holland : Jared Sparks, l'historien de Washington, nous a conservé plusieurs lettres de Montgomery, écrites de Holland Farm.
Revenons à notre syndic des Marchands, Jean Taché Sur son compte nous en saurons sans doute plus long quand notre romancier Marmette aura écrit la biographie de son digne aïeul : les mémoires du temps nous le font voir partant pour Versailles, quelques années avant la grande catastrophe de 1759, porteur des placets et supplique de nos pères, exposant leurs nombreux griefs, demandant des réformes dans l'administration, de i'aide pour la colonie aux abois. C'est aussi vers ce temps que le chemin Ste-Foye, au dire de Hawkins, devenait la promenade à la mode pour le beau monde : " The favorite drive of the Canadian Belle, before the conquest."
S'agirait-il de la belle Madame De Léry qui lors de sa présentation, avec son époux, au roi George II, en 1759. provoqua le flatteur compliment du galant monarque. " If such are ail viy nezv Canadian subjccts, I hâve indced made a conquest."
Le malencontreux général Montgomery a dû y prendre son dernier repas, le soir du 30 décembre 1775, s'étant mis en marche longtemps avant Taube, le 31 de ce mois, pour trouver un trépas prématuré, à Près-de- Ville.
En 1780, cette métairie devenait la propriété du major
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Samuel Holland, un des bravts lieutenants du général anglais, à la bataille des Plaines d'Abraham ; au dire du colonel Joseph Bouchette (i) son parent, il se trouvait près de Wolfe, lorsqu'il expira, — il en hérita d'une paire de pistolets, qui plus tard jouèrent un fort triste rôle pour le major, comme on le verra.
Samuel Holland, savant officier du génie, avait aussi fait des études spéciales comme arpenteur.
Ce furent ses aptitudes comme tel, et son mérite personnel, qui lui valurent du gouvernement anglais, la charge grassement rétribuée, d'arpenteur général pour toute l'Amérique Britannique du nord et de membre du conseil exécutif.
Il fut chargé de plusieurs missions officielles, pour déterminer les limites du domaine public, entre autres endroits, à l'Ile du Prince Edouard.
Il nous est permis de croire que l'un des premiers arpentages du brave militaire s'opérait sur sa terre, à Ste-Foye, à en juger par le procès-verbal, inséré dans les titres de cette propriété où l'étendue du terrain est constatée jusqu'au qiiatrc-Jiniiihncs d'un pouce : la métairie à cette époque est désignée comme ayant "en superficie, mesure française deux cents six arpents, une perche, sept pieds, huit pouces et quatre-huitièmes d'un pouce : " il ne badinait pas sur les questions de limites, comme l'on voit.
Le Major Holland expira en iSoi, laissant plusieurs enfants, issus de son mariage avec Marie Josephte Rolette : Frederick Brahm, John Frederick, Charlotte, Susanne et George Holland, leur léguant par un testament devant Chs. Voyer, N. P., entre autres propriétés, le site du jardin du fort St-Louis, avoisinant 'a nouvelle Terrasse Dufferin,
Il s'était préparé au milieu de son domaine un petit cimetière privé où devait reposer ses cendres et celles des membres de sa famille. L'enclos entouré d'un mur solide, était ombragé d'un pin majestueux, lequel, à raison
(1) Bouchette's Britislt Dominions in British Korth America, vol. I x>. 235.
du rôle qu'on lui prêtait dans un duel mémorable, est devenu légendaire {i). Dans cette rencontre, le fils chéri du Major HoUand avait été mortellement blessé ; le duel, disait-on, avait eu Heu sous le ' Pin de Holland" lui-même. Un contemporain de ce triste drame a eu l'obligeance de me communiquer la note suivante : "En 1799 je me trouvais à Montréal : la ville entière retentissait d'un incident bien lugubre pour la famille Holland, de Québec, où se mêlaient l'amour, la jalousie, la vengeance. Au siècle dernier, deux hommes se défiaient en un combat à mort, non sous le Pin de Holland, à Québec, comme on l'a dit, mais à Windniill Point, à la Pointe St-Charles, à Montréal. L'un, c'était l'enseigne Samuel Holland, du 60 Régt, l'autre le Capt Shœdde, dont le régiment était stationné à Montréal: c'était un combat à mort; l'un des deux devait succomber, l'injure était une de celles que l'on ne pardonne pas. Le vieux major Holland, paraît-il, reçu une lettre de son fils, expliquait l'affaire, alléguant qu'il n'était pas coupable de ce dont on l'accusait: pour toute réponse, le père lui expédia par un courrier ses pistolets — ceux mentionnés plus haut, ajoutant le billet suivant : " Samuel, mon fils, ces pistolets me furent donnés par mon ami, le général Wolfe, le jour de sa mort : sers-toi en pour tenir sans tache le vieux nom de notre famille "
La cause du duel, la voici : le capitaine Shœdde avait conçu des soupçons injurieux sur le compte de son épouse, — le nom du jeune Holland s'y trouv^ait mêlé à tort.
A la première décharge, le jeune Holland s'affaissa ; il eut assez de force pour se dresser sur un genou, tira sur son adversaire ; Shœdde reçut la balle dans son avantbras qui recouvrait sa poitrine.
Le jeune Holland fut porté au JMcrcJianfs Cojfec Hotisc, sur la petite ruelle, près du fleuve, à I\Iontréal, connue comme rue Capital, où il expira dans d'atroces souffrances.
(1) Rasé par une tempête en 1871.