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VILLA MASTAI

Pie IX alors régnant. A ia mort du Docteur Landry, la Villa Mastaï passa à son fils, M. A. C. P. R. Landry, Député aux Communes, pour le grand comté de Montmagny. Ce savant agronome a substitué aux momies et aux statues grecques, etc., une riche collection de livres sur l'histoire du Canada et sur la littérature française : ce n'est pas moi qui m'en plaindrai.

LE MANOm SEIGNEURIAL, Beauport

"Prœtoriau hère, Prcetoriau tliere, I miucl tlio bigging o't."

(L'AXTiQUAiRE, Waltcr Scott).

Nous voilà bien au temps héroïque de la féodalité canadienne.

Qui de no js, pendant nos excursions à la chute de Montmorency, en été, ou au cône, en hiver, n'a jeté en passant un regard scrutateur sur cet antique et massif manoir des Duchesnay, en face de Québec, en deçà de l'église de Beauport ? A combien d'étranges scènes n'a-t-il pas été associé depuis le berceau de la colonie !

Le 30 juillet 1640 y commémore une date remarquable: l'exécution sur un des censitaires, de la sentence du gouverneur de Montmagny. Guion (Dion !), car c'était son nom, à genoux, tête nue, sans épée, rii éperons, cognait à la porte principale du manoir pour rendre foi et hommage. En l'absence du très haut et puissant seigneur, Robert Giffard, son fermier, BouUé vint ouvrir et lui entendit répéter la formule obligée des censitaires :

''Monsieur De Bcaiiport, monsieur De Beauport, monsieur De Beauport, je vous fais et porte la foi et Jiommage que je suis tenu de vous porter à eause de mon jief du Buisson duquel je suis homme de foi, relevant de votre seigneurie de Beaîtport, lequel m" appartient au moyen du contrat que nous avons passe ensemble par devant Roussel, à Mortaigne, le 14 mars 1634, vous déclarant que je vous offre payer les droits seignairiaux et féodaux quand dûs seront, vous requérant me recevoir à la dite foy et hommage T

Ce Guion, comme l'a remarqué l'abbé Ferland, était maçon de métier ; c'était en outre l'homme de lettres, le scribe de la paroisse : il existe encore un contrat de mariage dres>é par lui, un des plus anciens documents de ce genre

28o LE MANOIR DUCHESNAY

connu parmi nous, et portant pour date le i6 juillet 1636. On y voit la signature du seigneur Giffard ainsi que celles de François Bélanger et de Noël Langlois : les autres parties présentes y apposèrent leur croix.

La chirurgien Robert Giffard fait acte de présence pour la première fois sur nos rives, en 1627. En 162'^, il fut fait prisonnier de guerre par les anglais, sur la flotte de Kocmont. De retour ici, il obtint la concession de la seigneurie de Beauport et d'un autre vaste domaine sur le Saint- Charles. On sait le rôle important que lui et les iens ont joué dans la colonie. Qui ignore la glorieuse carrière de cette martiale famille de-> Duchesnay, sur tous nos champs de bataille ? au siège de Phipps en 1690, au grand siège de 1759, au blocus de 1775, à Châteauguay, en 18 14.

Un de leurs ancêtres, Nicolas Juchereau de St-Denis, se distingua tellement, au siège de 1690, que le roi de France lui octroya des lettres de noblesse. "Le sieur de St-Denis, seigneur de Beauport, dit Charlevoix, commandait ses habitants ; il avait plus de soixante ans et combattait avec beaucoup de valeur, jusqu'à ce qu'il eût un bras cassé d'un coup de feu. Le roi récompensa peu de temps après son zèle en lui accordant des lettres de noblesse."

Un de ses fils se distingua à la Louisiane : deux cueillirent des lauriers à Châteauguay : le vieux nom est encore dignement porté, par les descendants, dans l'armée, la robe, etc.

Pendant l'été de 1759, le manoir seigneurial devint le quartier-général de Montcalm ; le col. Benson, J. Lossing, historien américain, recommandable par ses écrits sur la période de 1775, dessina en juillet 1858 — le vieux hianoir pour Harpers Magazine, où il figura, en janvier 1859 ; d'où il fut copié pour orner une esquisse qui parut en mai 1881, dans \ IlliLstrated Neivs, de Montréal.

En l'automne d^ 1775. "os amis les Bostonnais firent une descente au manoir des belliqueux seigneurs Duchés

nay et en mirent rudement à contribution les laiteries, les basses-cours, etc., tel qu'il appert par une lettre dont nous devons communication à l'obligeance de M. Henri Duchesnay, de Ste-Marie, magistrat de police et inspecteur des mines à la Beauce. [i] Le manoir seigneurial, assez macsif pour servir de fort contre les Indiens, couronne d'une manière pittoresque une petite éminence, sur les ri^es du ruisseau de l'Ours, en vue de la cité, du côté sud de la voie publique : le feu, ce simpiternel fléau de Québec, y passa en l'automne de 1879 > il rie nous en reste qu'une triste ruine.

Pendant l'été de 1880, des ouvriers alléchés par ces légendes usées, "de trésors français enfouis en cet endroit par l'état major de Montcalm" en creusant dans la maçonne, découvrirent une plaque circulaire de plomb ou d'étain, qu'ils remirent aux propriétaires. Madame Gugy, qui maintenant possède le manoir et la terre seigneuriale de Beauport, eut l'heureuse idée de déposer pour examen cette insciiption h la salle de la Socie'té Littéraire et Historique. L'inscription était composée des lettres suivantes : I. H. S. M. I. A.

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