ROLE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE DE QUÉBEC EN
Révd Philippe Tosey, chapelain militaire , T. Monk, procureur-général ; G. E. Taschereau, Peter Stewart Malcolm Fraser, William Lindsay, J, B. Descheneau,John Lees, J. Renaud, Mathew Lymburner, John Blackwood, M. L. Germain, A, Panet, P. L. Panet, A. DeGaspé, St-Jean Port Joly ; M. OI Aylwin ; l’'Evêque de Québec ; M. Bailly, coadjuteur ; Dr. T. Merviu Nooth, Henry Motz, Jenkins Williams, Isaac Ogden, j ge de la cour de Vice-Amirauté ; Messire Panet, curé de l1 Rivière Ouelle ; Sir Thomas Mills, François Da mbourgès, Capt, Fraser, 34è bat., Cenelm Chandler, J. F, Cugnet, J. F., M. Pierre Florence, Rivière-Ouelle ; Ca pt. Rotson, T. Arthur Coffin, Capt. Chas. St-Ours, Aug. Glapion, supérieur.
des Jésuites ; A. Hubert, curé de Québec ; Juchereau Duchesnay, L. de Salaberry, P. Panet, P. C. M. Gravé, sup. du séminaire ; John Craïgie, Berthelot D’Artigny, Perrault-l'aîré; George Allsopp, Robert Lester, Alex. Davidson, le juge en chef Smith, les honorables Hugh Finlay, Thos. Dunn, Ed. Harrison, John Co lins, Adam Mabane, J. G. C. De Léry, Geo. Pownall, Henry Caldwell, William Grant, François Baby, Samuel Holiand, George Davidson, Ch. De Lanaudière, Lecompte Dupré, Major Mathew., ”
Cette liste résume à peu près tout ce qu'il y avait de plus distingué dans ou autour de la vieille capitale, en 1789 : l'Etat, le clergé, la robe, le commerce, les professions, jusqu’au sport, rien n'y manque, car Sir Thomas Mills, l'hon, Chs. De Lanaudière, le Capt. St. Ours, étaient des sportmen de haute pègre : le cheval De Lanaudière, Corbeau, a jumeut de Sir Thomas Mills, Coguette, et Niagara, ie coursier du capt. St-Ours, ont fait parler d'eux cette année là, (voir la Gasctte de Québec),
On est charmé de voir tant de noms distingués sur 1 rôle de la première société d'agriculture, fondée à Québec : De Salaberry, Juchereau Duchesnay, Panet, Taschereau, Dambourgès,— le héros du Sault-au-Matelot ; Berthelot D'Artigny, Perrault, l'aîné, —le vieux négociant français de l’ancien régime, qui avait son comptoir sur la rue Saint- Pierre—J, B. Descheneau, ci-devant propriétaire de vastes voûtes et magasins, sur le site où la Banque de Québec fut construite en 1862— A, De Gaspé, seigneur de St-Jean Port Joly, qui avec ses collècues, M. Couillard, seigneur de St. Thomas, et De Beaujeu, seigneur de l'Ile aux Grues, accompagnés du belliqueux curé Baïlly, (1) conduisaient un détachement de milice pour porter secours à Lord Dorchester, bloqué dans Québec par les Bostonnais, en
(1) Messire Bailly gravement blessé à ce malheureux combat, expira à l'Hôpitalr
(Général le 20 mai 1794 On y voit son buste de grandeur naturelle, copié plus tard pa M. Plamondon. Il fut inhumé à la Pointe aux Trembles, près Québec.
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1775:— Le colonel Lecompte Dupré, la terreur des Yankees :— François Baby, les deux avocats Cugnet.
L'Eglise et la haute éducation sont représentées par l'Evêque de Québec et son coadjuteur, le martial Messire Bailly, évidemment membre de l'église militante, “évêque de Capse—mort en 1794; le bon curé Hubert, victime en 1792, d’un si triste naufrage, en face de Québec ; le père Glapion, supérieur des Jésuites, Messire Gravé, supérieur du séminaire des Missions Etrangères, Messire Panet, curé de la rivière Ouelle, plus tard évêque de ‘Québec.
Puis, vient toute un: troupe de hauts dignitaires : le juge en chet Smith, le juge Isaac Ogden, le procureurgénéral Monk, le solliciteur-général Jenkins Williams, l’hon, Hugh Firnlay, député-maître des postes, le successeur du fimeux Benjamin Franklin, Ths. Dunn, président du ‘Conseil, l'hon. Adam Mabane, juge intègre et médecin dévoué, dont notre vieil ami, M. l’abbé Bois; nous a donné une intéressante biographie, l'hon. Mathew Lymburner, négociant distingué l'hon. George Pownall, secrétaire-provincial, l'hon, Williant Grant, l'époux de la baronne de Longueuil : tous deux ont laissé leur nom à deux rues du faubourg Saint-Roch, la rue Grant et la rue Paronne. On voit encore des traces de leur magnifique manoir et de leur parc, à l’ouest de la manufacture de meubles de M. J. O. Vallières, rue Saint-Valier ; l'hon. Samuel Holland, le compagnon d'armes de Woife, aux Plaines d'Abraham, arpenteur ‘et ingénieur militaire, en renom ici et àlIle du Prince- Edouard.
Mathew Lymburner, Peter Stewart, John Lees, John Blackwood, Ob. Aylwin, Robert Lester, représentaient le haut commerce.
Saluons Alexander Davidson, plus tard paie-maître de Lord Ne son et son am: ; le même qui en 1782, arracha Presque de forc: l'impressionnable et vaillant marin au
doux sourire d’une Juliette canadienne, Miss Simpson, la beauté sans pareille de Québec; puis, le major Mathews, secrétaire de Lord Dorchester, le même qui plus tard épousa la ravissante Hélène de Lord Nelson.
Mais, je m'arrête, car cette liste des agricu teurs émérites de Québec, en 1789, nos vénérés ancêtres, me fournirait matière pour un robuste 7 quarto de chroniques et de mémoires des anciens jours,
Une autre mesure d'une incontestable utilité publique signala encore l’année 1789: l'ouverture du grand pont sur la rivière St-Charles, œuvre que Lord Dorchester honora de sa puissante protection, et qui avait pour objet de relier la rive nord (Beauport, Charlesbourg, etc.) à la cité, au lieu de l’ancien bac du régime français; ce pont prit le nom de Son Excellence, qu'il a conservé depuis. Il fut placé plus près du site du pont Bickell; plus tard, on le nomma le ceux pont, quand le pont actuel lui succéda, en
Le futur historien fit sans doute acte de présence à cette fête.
Un autre incident qui dut fort intéresser la famille Smith, ce fut l’arrivée à Québec, le 7 août 1791, dans le vaisseau de guerre Résistance, du Prince-Edouard, le fils du roi de la Grande-Bretagne, George III, le protecteur avoué de l’hon. juge er chef Smith. Il y eut Æver au chàteau et bal; le monde faskionabl, agité et intrigué, se pressait à la réception officielle, Une question d’un intérêt majeur chez les grands de l’époque se présentait. So: Excellence recevrait-il le Prince-Edouard seul, ou souhaiterait-il aussi une bienvenue officielle à la belle comtesse française, Alphonsine Bernardine, Julie Mongenet, de St - Laurent, veuve du col, de Fortisson, (1) que l'on disait vecaine. Elle #Ottralite svcotoun foségards Ga à uns légitime poule, L'annie du mariage
du Prince, en 1818,le Col. de Rotemburg, mentionne dans une lettre à M. de Salaberry que madame St-Laurent se retira cette année 1à dans un couvent, en France.
n, la être l'épouse du Prince, en vertu d'une de ces alliances 1EWS, morganatiques, usitées au siècle dernier? Le débat sur tard cette question de légitimité devint encore plus vif, lorsque l’on apprit que l'évêque de Capse avait accepté maémé- dame de St-Laurent, le 2 juillet 1792, pour marraine urni- d'un des fils de Salaberry.
et de Il y avait pourtant pour les bons citadins de Québec en 1791, d'autres préoccupations, d’autres sujets moins gais au milieu des réjouissances publiques, en l'honneur du fils lique du roi, qui devait faire de Québec le lieu de sa residence pont pour trois années consécutives. De temps à autre, le paester quebot apportait d’alarmantes nouvelles d'outre-mer, Un objet vieux trône, une noble lignée jadis l’idole de la cité de à la Champlain, s'écroulait avec un épouvantable fracas sur les pont rives de la Seine. Le ciel était gros d'orages; le drapeau e. ‘Il rouge devait être bientôt arboré là où avait flotté pendant * où le. une longue série de siècles le pavillon aimé de St. Louis. ja, en N'y avait-il pas aussi une autre surprenante rumeur ? Celle d'un nouveau pacte politique, d’une constitution cette nouvelle, incomprise de la majorité du p-uple: la constitution de 1791 avec son régime représentatif ? Quelle part à mille le juge en chef Smith, le faiseur de constitutions, eût-il ans le dans ce changement ? Que pensa-t-il de la première réule fils nion de notre législature en décembre 1792? Quelle bcteur opinion exprima-t-il à son fils, le futur historien, sur cette chà- nouvelle phase de nos destinées ? Quelle influence, si auué, se cune, ce père chéri, érudit, expérimenté, a-t-il exercé sur inté- les appréciations que le fils fit, plus tard, des principaux So: événements de nos annales ?
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de St disait.
Voilà autant de questions à résoudre,
: Le jeune William Smith, en 1791, avait atteint sa als vingt-deuxième année. Il a donc äù jouir de facilités,
Ty que | toutes spéciales pour étudier et approfondir les causss et
les circonstances qui avaient présidé à la nouvelle consti- ‘tution de 1791, cela, sous l'œil et l'inspiration immédiate de son illustre père qui y avait eu une large part, Le projet de la nouvelle loi avait été préparé par le secrétaire d'Etat, William Windham Grenville,en conformité aux instructions qu'ilavait reçues du Conseil Privé ; puis, renvoyé à Lord Dorchester pour être revu et amendé, avec injonction de consulter le juge en chef Smith, Après mûres délibérations, Son Excel'ence et son aviseur firent subir à la mesure d'importantes modifications ; le projet fut renvoyé en Angleterre, soumis au parlement, discuté et finalement adopté. Autant que les circonstances le permettaient, on avait tent { d'en emprunter les dispositions à la constitution anglaise, Voici la composition du Conseil Exécutif et du Conseil Législatif, sous la nouvelle loi :
Conseil Exécutif :—William Smith, juge en chef, Paul Roc de St, Ours, Hugh Finlay, François Baby, Thos. Dunn, Joseph L, de Longueuil, Pierre Panet et Adam Mabane.
Conseil Législatif :—William Smith, juge en chef, J. C. Chaussegros de Léry, Hugh Finlay, Thomas Dann, Paul Roc de St, Ours, Joseph L. de Longueuil, Edward Harrison, Frs. Baby, John Collins, Chs. De Lanaudière, George Pownall, John Fraser et Sir John Johnston.
Les élections des membres pour la Chambre d'Assemblée qui se firent en juin 1792, donnèrent pour resultat 34 Canadiens-Français et 16 Canadiens-Anglais.
Les Canadiens-Français eurent donc la grande majorité des sièges ; mais la première place sur le banc judiciaire, au Conseil Exécutif, au Conseil Législatif, était dévolue au juge en chef Smith.
Papineau-père, Bédard, Panet, avaient donc eu raison; le nouveau système représentatif, ainsi que la division du Canada en deux provinces livreraient aux canadiens-français la suprématie du pouvoir législatif. Un nouvel état de choses allait surgir : le règne de l’absolutisme français, le régime
ivfamant de Bigot, le règne militaire anglais étaient morts, bien morts. Hosannah!
Les 10,000 loyalistes {United Empire loyalists) de la pcrtion-ouest du Canada, les United Empire loyalists de la section-est, présidés par les U, E, L. Smith, Sewell et autres ; plus, la grande majorité française (à preuve les requêtes au parlement impérial qu'on avait fait signer de 1783 à 1790) demandaient une constitution calquée sur celle de la mère-patrie, Chose assez singulière, la facticn dominante, la minorité anglaise s'aperçut, mais trop tard, ‘que le système représentatif remettrait le pouvoir législatif aux mains de ces nouveaux sujets, qu'ils considéraient comme race conquise, qu'ils affecticnnaient si peu...
Revenons à notre historien,
La mort soudaine du juge en chef. dans toute la maturité de’ son talent et à l’âge comparativement peu avancé de 65 ans, en 1793, non-seulement fut un événement douloureux, mais encore une perte irréparable pour William Smith, jr. Le juge en chef était bien plus qu'un tendre père pour son fils ; c'était un protecteur puissant par ses relations social s dans la mère-patrie d'où pour le Canada venaient alors, titres, honneurs, dignité, avenir, Il lui restait, il est vrai, d’autres amis de son père, de puissants amis même, entre autres, l'hon. Herman Wistius Ryland, l'aviseur cauteleux de tant de gouverneurs, le confident, plus tard, de Sir James Henry Craig, l'instigateur zélé de cette politique soupçonneuse et arbitraire qui fit des martyrs ‘politiques de Bédard, Taschereau, Blanchet, le 17 mars,
Est-ce dans l'intimité de cet habile et infatigable francophobe, Ryland, que l'historien du Canada a puisé quelques- ‘unes de ses inspirations ? Sur ce point et bign d'autres d'histoire contemporaine nous fait défaut.
La puissante protection d'un homme éminent en Angleterre, Lord Bathurst, secrétaire d'Etat, ne fut pas invoquée en vain, Grâce à ce dernier, Wiïliam Smith,
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homme de lettres, devenait, en 1814, l'honorable William: Smith, membre du Conseil Exécutif du Bas-Canada ; et l'année suivante, en 1815, ilajoutait à cette dignité, la charge fort lucrative de Greffier de la Chambre d'Assemblée, celle de Maître-en-Chancellerie,
La réunion detant de dignités sur une seule tête ne porta pas toujours chance à l’heureux titulaire ; l'étoile de la famille Smith parut pâlir, sans toutefois s’éclipser, à Québec, en 1838. Cette année-là, comme l’on sait, Lord Grey avait envoyé comme haut commissaire et Gouverneur-Général, en Canada, son fougueux gendre, l’habile comte de Durham. Il y avait peu d'abus plus criants parmi les nombreux abus dont souffraient la colonie, que le cumul des emplois publics sur un seul fonctionnaire ; on nommait ces employés pl/uralistes ; q'and ils faisaient remplir pendant leur absence les charges par des députés, on qualifiait l'abus d’absenteism et eux, d'absentees. L'hon. William Smith était p/wraliste (1), pluraliste renforcé ; ce qui était pire, aux yeux des patriotes d'alors, ce bwseaucrate, appartenait à ce groupe d’heureux favoris de la fortune, qui de temps immémorial avaient eu l'oreille des gouverneurs et qui euglobaient tout, jusqu’au moindres parceiles de patronage,
On dénonça M. Smith au grand redresseur de torts, Lord Durham. qui, dit-on, le somma de venir en sa pr sence, dire si c'était vrai qu'il cumulait tant de places,
M. Smith plaida coupable et reçut ordre d'adresser par la poste du lendemain, une lettre au noble lord, lui marquant lequel de ces emplois, M. Smith entendait retenir ; l'hon. Conseiller Exécutif se démit de c-tte charge
(1) Cet abus datait de loin. Du Calvet décrit comme suit ce qui se passait vers 1784 :
** Places de M. Mhbane, chirurgien de la Garnison, 200 livres st; membre du Conseil Législatif, 100 liv. ; juge des Plaidoyers communs, 500 livres; Commissaire faisant les fonctions de Juge en chef, environ 300 livres. juge de la cour des prérogatives,100 ]bs : total, 1200 strlg. Places de M. Fraser.—La demie-paie de capitaine, 100 livres, strlg; Membre du Conseil Législatif, 100 livres, Juge des plaidoyers communs, 500 livres ; juge de la Cour des Prérogatives, 100 livres: Trésorier, environ 400 livres: total 1200 livres strlg. Places de M. de Rouville.—Juge des Plaidoyers Communs, 500 livres, strlg; Juge de la Cour des Prérogatives 100 livres: total, 600 livres strlg (BIBAUD, Histoire du Canada, Tome II, P SS). 1290 livres sterling au siècle dernier équivalaient à 2400 livres sterling, du cours actuel=à $10,000,
“pour retenir l’autre où l'honneur était moindre, mais où le ‘traitement valait plus : celle de Greffier du Parlement.
En 1818, l'historien prit une part active dans le projet formé par la veuve du Général Richard Montgomery, d'obtenir de Sir John Coope Sherbrooke, les restes du Général. Il avait, paraît-il, informé la veuve Montgomery qu'il existait encore à Québec, une personne capab e d'indiquer l'endroit où M. Montgomery avait été inhumé, 43 ans auç'ravant : James Thompson. présent aux funérailles, (Æarper's Magasine, février 1885, page 357.
Disons un mot de ses écrits.
Si la longue carrière officielle de l'hon. Conseiller Exécutif est insuffisante par elle seule pour le tirer de l'oubli, il n'en a pas été ainsi, quoi qu'en ait prétendu une très haute autorité, du travail historique de ce laborieux écrivain.
Toute incomplète, tout partiale que soit son *“ Histoire du Canada, ” elle continue d’avoir pour lecteurs les cinquante-cinq millions qui parlent en A mérique la langue de Shakespeare et de Milton.
Ces volum>s sont devenus tellement rares qu'ils se vendent à un pri. assez élevé.
Chez nos compatriotes anglais, Smith continue d’être une source de renseignements prisés,.
Les écrivains modernes, tant anglais que français, n'ont pas encore pris sa place chez ceux qui appartiennent à la race anglo-saxonne. William Smith n'a pas le style brillant, chaleureux, alléchant de Macaulay ; ce n'est pas un écrivain philosophe comme Gibbon, copieux comme Lingard, coloré et hardi comme Froude. Il a néanmoins un mérite incontestable : la clarté, la concision. Il s'efforce même d’être impartial, nous aimons à le croire; eût-il vécu plus tard, dans un autre milieu, avec moins d’attaches à un ordre de choses exclusif, suranné, il est possible qu'il eût adopté des idées plus larges.
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N'oublions pas que M. Smith a é:rit en un temps où la tâche de l'historien était de beaucoup plus ardue qu’à l’époque où rous sommes. L'art du typographe n'avait alors rien fait pour les archives canadiennes ; des piles de manuscrits moisis, vermoulus, raturés, souvent presqu'iliisi bles, encombraient les voûtes souterraines du vieux palais épiscopal à Québec, où étaient les bureaux des divers ministères, où se réunissait notre parlement. Le site de cette ancienne structure, en 1834, servit pour la construction du somptueux palais législatif incendié en 1854, et où brûlait, en 1883, la mâsure qui lui succéda. Cet écrivain eut un avantage sur ses successeurs, qu’il ne prisa jas assez, Il lui fut donné d’avoir accès au moins à deux, sinon à trois des cahiers qui constituaient le Yowrnal des Fésuites au siècle dernier ; 1l ne nous en reste qu’un seul,
L'Histoire du Canada de Smith, comme je l'ai dit précédemment, sous forme de note et d'appendice, renferme des matériaux précieux pour l’histoire ; citons entr’autres documents, un journal très étendu par un officier de la garnison, du blocus de Québec, par Arnold et Montgomery, en 1775 ; les commissions de nos premiers vice-rois; des statistiques du recensement, du commerce, de la navigation, des tableaux météorologiques ; et, finalement, un curieux rapport avec pièces probantes, d’un comité sur l'éducation créé en 1787 et continué jusqu'à 1789, présidé par son père, le juge en chef. On y discute une foule de questions dont quelques-unes sont loin d’avoir, après un siècle, perdu de leur actualité : l'éducation populaire, ‘a haute éducation, l'emploi des revenus des biens des Jésuites, la création d'une université ; cette dernière question paraît avoir soulevé une petite tempête épiscopale, à en juger par les mémoires, soumis au président du comité, l’hon. juge Smith, (1) par Mgr l’évêque de Québec et par son coadjuteur, l'évêque de Capse,
(1) Voir la page suivante pour cette note.
MONOGRAPHIE 3r
Le comité qui s'était réuni le 26 novembre 1789 était composé comme suit: le Juge en chef, MM. Grant, Dunn, Baby. De Lery, Dupré.
Ce fut John Neilson, le propriétaire de la Gazette de Quebec, plus tard le vieux patriote si longtemps membre pour le comté de Québec, qui imprima à Québec, l’histoire de M. Smith sous le titre suivant: “ Æistory of Canada from its first discovery to the year 1701, 6y William Smith, Esquire, Clerk of the Parliainent and master in Chancery of the Province of Lover Canada: in two volumes. ‘ Ne quid falsi decere audeat, ne qui veri non audeat.”
(Juebec Printed for the Author By John Neilson, 18153.
Le ter tome renferme 388 pages avec un +ppendice de 72 pages. Le 2ème tome cont'ent 235 pages: l'ouvrage se divise en époques, représentées par dix chapitres tel que suit: Chapitre I, traité de la découverte du Canada, à 1674; Chapitre II, depuis 1674, au siège de Québec, par Phipps, en 1690; Chapitre IIT se termine au temps de la nomination du marquis de Vaudreuil comme Gouverneur, en 1703; Chapitre IV relate ce qui a eu lieu jusqu'à l'administration du marquis de Beauharnoiïs, en 1726; Chapitre V contient l'historique des événements jusqu'à 1752; Chapitre VI, a re ation de ce qui eut lieu de 1752-1759; Chapitre VIT, ce quise passa au Canada jusqu'au traité de Versailles en 1763; Chapitre VIII, les événements de 1764, au siège de 1773 ; chapitre IX, depuis, 1775 à la convention de Saratoga, en 1777; Chapitre X,
(A) Voici le préumbule de la lettre de monseigneur de Capse :
Lettre de Charles François Bailly, coadjuteur de Québec et évêque titulaire de Capse, datée de la Pointe aux Trembles, 5 avril 1790, adressée à l'hon. William Smith, président d'un comité du Conseil Exécutif de Québec, sur une référence du Conseil, touchant les mesures à prendre pour encourager l'éducation.
Monsieur et Messieurs—Dans un rapport d'un comité du conseil, sur la question de l'éducation, qui m'a récemment été transmis, j'ai vu une lettre, signée Jean François Hubert, évéque de Québec : l'ayant parcourue avec l'attention la plus soutenue, sans reconnaitre le style ni le langage de l'illustre prélat, que les Canadiens sont si heureux d'avoir pour leur chef, je conçois, malgré le respect que j'ai pour l'hon. Président et les autres membres du comité, que cette lettre entière est une fabrication [imposition] inventée au nom de notre Prélat bien-aimé*et une rapsodie mal bâtie, que l'on a ew l’effronterie de présenter sous son nom vénéré
A APE RE 7 ES SORA Le RTE ET D OR Te ANSE MSN
depuis la convention de Saratoga, en 1777, jusqu'à l'établissement de la constitution en 1791.
M. Smith, qui avait épousé Mile Sarah Webber, fille de l'amiral Charles Webber, du Hampshire, Angleterre, perdit son épouse le 26 janvier 1819.
Vers cette époque, il acquérait au Cap-Rouge, un domaine bien boisé, où il se bâtit une jolie maison de campagne, Longivood ; à, sa famille, composée de deux fiis et de trois filles, passait chaque année la belle saison.
L'hon, M. Smith semble avoir mené une existence fort paisible, fort retirée, absorbé par les soins de famille et partageant ses heures entre ‘es livres et quelques rares amis. Il expirait, le 17 décemb'e 1847, dans sa résidence, rue St-Louis, maintenant la demeure du shérif Alleyn, à l'âge de 78 ans: cette maison est devenue historique ; ‘es prisonniers de guerre en 1814,le Col. Scottet autres y ayant été internés.
Mes souvenirs se rattachent à l’année de sa mort, Je crois presqu'entendre le glas solennel de la cloche de la cathédrale anglicane, lorsque son cortège funèbre défilait, dans la rue St-Louis en décembre 1847, devant les fenétres du bureau de Mtre Jos. Noël Bossé fplus tard l’hon. juge Bossé), mon respecté patron, chez qui je faisais mon droit de 1845 à 1850, J'ai cru qu'ilne serait pas étranger à mon sujet de noter le milieu social, l'entourage où s'écoula la jeunesse dorée et l'âge mur de l'historen. Si au lieu d'avoir consacré ses veilles à nous préparer deux octavo, précieux surtout par leurs pièces justificatives, appendices, etc, comme ‘“ matériaux pour lhistoire, ” il nous eût donné à l'instar de son contemporain, Philippe de Gaspé, ses souvenirs intimes, des mémoires sur les premières années du régime anglais, que de pages palpitantes, que d’utiles renseignements, il eût pu nous léguer ?
R. Christie, Higt
Les Annales Canadiennes de l'honorable William Smitn,
orien
LA + À à
contemporain, l’ex-député de la Gaspésie, M, Christie. Robert Christie vit le jour à Windsor, dans la Nouveile-Ecosse, en 17585.
trouvèrent un digne continuateuren la personne de ssn
[1 s’'adonna alors au commerce, à Halifax, plus tard, il
s'établissait à Québec, où il étudiait le droit sous l'honorable Edward Bowen, qui était nommé juge de la cour du Banc du Roi, pour le Bas-Canada, en 1812, et décédait, en 1865, juge en chef de cette cour. Il pratiqua au barreau pendant quelques années, (1) En 1810, M, Christie s'embarquait pour Londres.
Sir James Henry Craig, le gouverneur du Canada, soupçonna le jeune légiste, mais à tort, comme ce dernier le prétend, d’avoir fait ce voyage dans le but d'aider le révérend messire (plus iard Monseigneur) Plessis, dans sa mission auprès de lord Bathurst, à propos des affaires du diocèse et des biens de: Jésuites,
Revenu au Canada, M, Christie préludait par de fortes études à la carrière que la politique lui réservait: puis, il s'alliait à une ancienne et respectable famille canadienne, en épousant mademoiselle Olivette Doucet, tante de feu Pierre- Antoine Doucet, juge de police,
Avec ses occupations parlementaires, M. Christie menait de front d'importants travaux littéraires, se
rattachant à l'histoire du Canada,
Comme il n'existe aucuve biographie de l'historien, il nous a été impossible de préciser à quoi il pouvait devoir le
[1] En 1822-25, il occupait commeiprocureur dans deux causes qui firent du bruit au barreau, et où l'un des plus fameux plaideurs de Québec, M. George Arnold, était intéressé : Arnold vs. Boyle et al, et McPherson vx. Arnold : en cette dernière cause, il obtint un
verdict pour bbelle ; son advoranire était l'éloquent Andrew Stuart, père du juge en chef actuel.