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THE LADY OF THE LAKE

L'Ecosse avec ses montagnes, ses brumes, ses lacs, ses frimas, a plusieurs points de ressemblance avec notre Canada. Sans avoir passé par l'étape coloniale, sans avoir rencontré d'aussi dures épreuves que notre patrie, elle aussi, a eu à subir la loi du vainqueur ; on lui a enlevé son autonomie ; on lui a imposé des souverains qui n'étaient pas les siens.

C'est surtout dans les temps passés, où elle avait à Stirling Castle ou à Holyrood, ses rois aimés, que Scott a été chercher les scènes de ses drames émouvants, Quittons les champs ensanglantés de Marmion, pour parcourir les sentiers de la mcntagne : les bruyères parfumées de la Calédonie, nous redonnant encore une forêt enchantée, des

fées, des paladins ; les mystères sont autres, le magicien est le même.

Le Lady of the Lake, comme son prédécesseur, aura six chants: 10. 7%e Chase; 20. The Island ; 80. The Gathering ; 40, The Prophecy ; 50. The Combat ; 60. The Guard Room.

Une des régions les mieux connues, les plus pittoresques de l’Ecosse, où affluent chaque été des essaims de touristes, possède un lac, aux îles solitaires, le gracieux Lock Katrine ; des défilés escarpés, nommés 7rossachs, y conduisent. Les Monts Grampian dans le voisinage complètent le tableau. Levons le rideau. Invoquons avec le barde, la Lyre du Nord “Æarp of the North” Voici d'abord un tableau de chasse, avec ses incidents, ses péripéties, d’une beauté frappante. Il faut avoir été chasseur, comme Scott, pour décrire avec une aussi saisissante vérité, cette série de ravissantes émotions que vous donne la chasse au cerf. Il y a plusici. Ces pics inaccessibles, ces impratiquables savan: nes où l’animal,de guerre lasse, s'embusque dans les Æig/. lands, ne vous reportent-ils pas à votre Canada, vous qui dans votre jeunesse, avez été chasseur ?

Il nous semble être sur la crête des Laurentides, que sais-je, “aux jardins”, en aval de la Baie St-Paul, bien loin dans le grand nord, suivant la piste du prince des veneurs de la Côte de Beaupré, Olivier Cauchon, ou de l'indien Sioui, le légendaire chasseur du Lac St-Charles, ou en compagnie du Col. Rhodes, notre voisin à Sillery. Le Nemrod ecossais, entraîné par son ardeur, s'égare à la poursuite d’un cerf, laisse en arrière tous ses compagnons, taxe trop les forces de sa noble monture, qui se blesse, s'épuise et tombe haletante au fond d’un ravin, pour ne plus se relever ; le chasseur s'arrête, contemple tristement sa fière cavale ; son œil se mouille d’une larme, mais le mal est sans remède,

Il se met en marche pour retracer ses pas, mais en vain. [1 s’égare de plus en plus dans les sentiers de la forêt, sonne de la cornemuse, appelle ses compagnons. Dans le

lointain, une voix lui répond, Il arrive bientôt sur les rives d'un pittoresque lac, -Loch Katrine ; là, il aperçoit, près du bord, une légère nacelle, conduite par une jeune fille, belle comme le jour, et qui semble manier l’aviron avec une dextérité peu commune. Il interroge la pastourelle dont le nom est Æ//en. Celle-ci, ne manifeste aucune surprise en le voyant, lui dit qu’elle le conduira à la demeure de son père qui habite l’île en face ; qu'il est sans doute l'étranger dont la venue lui avait été prédite, ce matin-là même, par le vieillard AZ/an-banc, clairvoyant de la montagne, doué de la ‘ seconde vue.” Le beau chasseur se montre docile comme un agneau ; bientôt l'esquif touche à la plage de l'île. Malgré la simplicité qui règne dans la demeure d’'Ellen, le chasseur y remarque des indices qui le portent à croire que le père d’Ellen est loin d’appartenir à la classe où sa pauvreté paraît le reléguer : de vieilles armes d'un fini admirable, d'un poids énorme, garnissent les murs, de la chaumière. Celui qui les a portées a dû avoir la force d’un athlète,

Le jeune chasseur qui se dit appartenir à la cour du roi Jacques V, donne son nom: ‘“ Je suis, dit-il, James Fitz-James, chevalier de Snowdoun.” Il ne peut quitter l'île que le lendemain, et passe une nuit fort agitée: Dans ses rêves, il lui semble voir la belle Ellen : tantôt, il marche à ses côtés dans la forêt ; tantôt, la vision change et la jeune fille lui apparaît sous les traits farouches des Douglas, dont Bothwell, un des chef, est l’énnemi irréconciliable du roi Jacques. Le chevalier de Snowdoun ignorait alors que le père de la ravissante Ellen était le redoutable Bothwell, comte de Douglas, renommé dans toute l'Ecosse pour sa force et son sombre courage. Ellen se trouve avoir deux prétendants à sa main : Malcolm Græme, jeune guerrier, et Roderick Dhu, le terrible chef du Clan McAlpine, Enfin, pourvu d’un guide, le chevalier rejoint les siens. Une des plus magnifiques descriptions du poëme, est celle du Æiery Cross, cette croix fatidique

rougie de sang, symbole de guerre, que nul Montagnard ne peut méconnaître sans encourir, à jamais, une note d’infamie. Cette croix, le chef la remet aux mains de rapides courriers qui marquent, à un endroit donné, le lieu de rassemblement des Clans, L'histoire cite des circonstances où la mystérieuse croix passée de mains en mains, a parcouru jusqu’à trente-deux milles en trois heures. Roderick Dhu rassemble les guerriers Montagnards, pour faire la guerre au roi et à sa cour. Le chevalier de Snowdoun, malgré le danger qu'il y aurait pour lui à péuétrer une seconde fois dans les ÆZighlands, où Roderick Dhu règne en souverain et en fait garder tous les sentiers par ses hordes féroces, tourmenté d'amour, s'aventurce auprès d'Ellen, Cette dernière lui annonce ciairement qu'il y va de sa vie : que personne ne saurait pénétrer par les défilés, sans tomber aux mains des Montagnards de Roderick Dhu. James Fitz-James répond fièrement, qu'avec sa fidèle épée à son côté, il ne craint homme qui vive ; puis, il demande à la belle bergère d'accepter un jonc qu'il lui remet, lui disant, que si jamais elle est en péril imminent, d'envoyer ce jonc au palais et de réclamer la protection du chevalier de Snowdoun. Puis, Fitz-James retrace ses pas.

Le chevalier, chemin faisant, fait la connaissance d’une espèce de sorcière, à laquelle il rend service, Sans le connaître elle lui fait une prédiction qui lui servira plus tard. À quelques pas de là il rencontre un montagnard d’une stature colossale ; il le questionne sur ia révolte de Roderick Dhu et lui parle sans ménagement de la conduite de ce chef de Clan.

Le montagnard, qui s'était offert de lui servir de guide jusqu’au dernier défilé de ia forêt, s’irrite des libres propos de James Fitz-James ; il est sur le point de lui livrer combat, mais se rappelant sa promesse de le conduire sain et sauf au défilé en question, il se calme. Bientôt, à un signal donné de la part de son guide, le chevalier est surpris de voir chaque taillis retentir des cris de guerriers.

Des épées étincelantes surgissent dans chaque buisson. Le guide le rassure tout en s’écriant : ‘‘Eh bien, Roderick Dhu, c'est moi ; je t'ai donné ma parole de te conduire en sûreté, jusqu’au dernier défilé de la forêt, je remplirai ma promesse.” Le chevalier, après les propos cavaliers qu'il a tenus à Roderick Dhu sansle connaître, s'attend qu'arrivé au susdit défilé, ce dernier va le défier au combat, Il ne se trompe pas. Fort de sa rare habileté à manier l'épée et rassuré par la prophétie de la sorcière, il essaie d’éluder une lutte ; mais en vain, le farouche chef de Clan lui commande de tirer son épée et de se mettre en garde ; de suite, Roderick Dhu, malgré sa force merveilleuse, ne peut blesser son adversaire, une des plus fines lames de l’Ecosse. Le chevalier, au contraire le blesse réitérément, puis le désarme, Le montagnard par un effort suprème,étreint son ennemi et essaiede l’étouffer.Ils tombent tous deux par terre et Roderick Dhu essaie de percer le chevalier avec un poignard dont la lame mal saisie, vole au loin, Affaibli par la perte du sang, Roderick Dhu est prêt à succomber ; le chevalier se dégage de lui, sonne de la cornemuse et les compagnons de Fitz-James arrivant à cet instant, entraînent Roderick Dhu de vive force avec eux, à la suite du chevalier. Au dernier chant, tout s'éclaircit.

Le roi d'Ecosse Jacques V., souverain débonnaire, et tellement aimé de son peuple que le vulgaire l’a surnommé “Xang of the Commons,” avait fixé ce jour pour récréer le public par des luttes de force et de jeux athlétiques. Le vieil athlète Douglas, bien que disgracié à la cour, ne put résister au plaisir de se mêler, déguisé parmi la foule, Il était suivi de ses chiens, et parmi ces derniers était Lufra, l’ami, le gardien de sa fille, Ellen. Les jeux allaient se terminer, lorsqu'un seigneur de Ja cour entreprit de lâcher un beau cerf, afin que les pages et les grands seigneurs pussent le chasser. C'était à qui le prendrait. Lufra,

docile à ses instincts, s'élance à la poursuite de l’animal et

lui enfonce ses dents dans le flanc. Les grands, de se récrier ; on frappe, on veut assommer le malencontreux Lufra. Douglas, qui aimait passionnément ce chien, accourt. Le peuple qui avait toujours éprouvé de l'admiration pour la force du comte, même après sa disgrâce, l’acclame. “Arrière, manants ! ” s'écria le vieillard courroucé, et du premier coup, il fait mordre la poussière à un page qui venait de frapper son chien. Tout est tumulie à l'instant. Le peuple s'ameute, veut prendre la part du vieillard. Le roi s’irrite, en apprenant que le comte de Douglas, déjà disgracié, est la cause de l’émeute ; il se répand en mena-e ces ; $6es gardes font une charge sur la populace et entraînent le vieux guerrier prisonnier à un corps de garde voisin. Ellen Douglas, informée de ce triste incident, se fait conduire au corps de garde. Toute cette scène est d’une rare beauté, Ellen y trouve Roderick Dhu presque mourant, et son amant Malcolm Græme, arrêté comme partisan du chef révoité. Dans ses alarmes, pour sauver les jours de son vieux père, qu'elle pense perdu à jamais, elle se ressouvient de son jonc et demande à grands cris qu’on la conduise au chevalier de Snowdoun, pour le prier d’implorer pour elle, la clémence du roi qu’elle ne connaissait pas. Le chevalier de Snowdoun, instruit de sa présence au palais, reprend son costume de chasseur, qu'il avait lors de sa visite aux Highlands, reçoit respectueusement la belle Ellen, qui lui exhibe son jonc et lui rappelle sa promesse, Le chevalier lui promet une entrevue avec le roi, Puis, le lecteur retrouve une de ces magnifiques scènes de cour où excelle le pinceau de Scott : on introduit Ellen, qui éblouie de tant de faste, se réfugie, tremblante, près du chevalier de Snowdoun. Bientôt, à la vue du beau et galant roi, Jacques V, toutes les dames de la cour et les grands seigneurs se découvrent ; le seul qui ne se découvre pas, c'est le beau chevalier de Snowdoun,---le roi d’Ecosse. Le roi reprend son jonc, donne un baiser res-

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