‹ Monographies et esquisses [microforme]Chapitre 109 sur 131 · ET AE RS · texte numérisé non relu

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pectueux à sa ravissante amie des Highlands—lui accorde la grâce de son père et de son am'nt, Malcolm Græme, ROKEBY’,

Disons, pour le moment, adieu, aux brivéres odorantes de la Calédonie,

L'ouest de l'Angleterre, le Yorkshire, contenait le castel d'un des amis intimes de Scott,—Rokeby Park, le superbe <lomaine de J. B. 5. Morritt. Arrosé par les gracieuses rivières Greta et Tees, le site a, je ne sais quoi de sauvage, d'imposant. Le château actuel a été érigé sur les ruines dun antique donjon féodal, datant de l'ère Normande, vers 1066. Aux jours de son premier possesseur, le Baron de Rokeby, il y avait là une solide tour—Mortham Tower. Ces vieux murs délabrés se hérisseront, plus tard, d'innombrables chroniques de guerre, de cruauté féodale, de noires vengeances, Elle avait été, cette tour incendiée, rasée, rebâtie pendant et après les œuerres civiles, Plus tard, en 1644, un de ses châtelains, pour avoir dans son

dévouement, épousé la cause de Charles I, contre Cromwell,

après la sanglante journée de Marston-Moor, si désastreuses aux intérêts du roi, subit d’incroyables revers.

Dans le voisinage, gîsaient les tourelles menaçantes du majestueux château ou forteresse des Baliol,—Barrard Castle—construit par Barnard Baliol, l'ancêtre de l'éphémère dynastie des Baliol, qui donna des souverains à l'Ecosse.

Ceci, c'est de l'histoire ; voyons le roman. .

Un sombre drame enveloppait de ses ombres mystérieuses, les grottes et les vallées de la rivière Greta et de sa murmurante sœur, la Tees. La fille—d’autres disent l'épouse—jeune et jolie, d'un des seigneurs de Rokeby, avait été trouvée sur la voie publique, près de Parnard Castle, baignante dans son sang. Qui était l'assassin ?

Les légendes populaires y apportaient leur contingent obligé ‘“ de blancs tantômes, de spectres funèbres ” pen-

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dant le silence des nuits. Ajoutez aux splendeurs du paysage naturel, les plantations d'arbres et les ornements dus au goût du riche propriétaire ; illuminez le tout du sourire bienveil!Rnt d'un ancien ami et vous trouverez, dans Xokcby, plus de matériaux qu'il n'en faut pour que le grand magicien sache en évoquer une de ces fécriques visions poétiques qui ravissaient les contemporains de Scott : un poëme mélodieur, en six chants, qu'il dédiera à J. B. S. Morritt, le dernier jour de l'an 1812.

La scène est présumée commencer quelques jours après le 3 juillet 1644 ; la fortune venait de se déclarer contre Charles I, à Marstor-Moor, Parmi les prisonniers, se trofvait le baron de Rokeby ; sa fills, Mathilda, restait en possession de son castel, Le château voisin Aortham Zoiver, était également veuf de son noble et très riche proptiétaire Philip de Mortham. Il avait, disait-on, disparu du champ de bataille : on le disait mort, Son plus proche héritier se nommait Oswald Wycliffe. Or, Oswald, pour s'emparer de cet héritage, avait commissionné un ancien corsaire, son ami, ayant nom Bertram de Risingham, de tuer son parent Philip de Mortham. Le salaire du crime devait être pour Bertram, le partage d’un certain trésor enfoui dans les voûtes du castel, provenant du sac de certaines îles espagnoles, pendant la guerre de 1625.

Oswald Wycliffe a un fils, Wiltrid, lequel est fort amoureux de sa belle voisine Matilda Rokeby. Cette dernière lui préfère un valeureux jeune homme du nom de Redmond qui a sauvé la vie à son père, le Baron de Rokeby. Wilfrid n'en continue pas moins ses avances, Oswald Wycliffe, que le triomphe de Cromwell ren tout-puissant, veut couronner ses projets ambitieux, en forçant Matilda d’épouser son fils Wilfrid par des menaces. Fort de sa position avec l'autorité, il laisse entrevoir à Matilda, la mort prochaine de son père, à elle, —si elle refuse la main de Wilfrid. Puis vient un tableau fort animé : le combat et l'incendie de Lokeby Castle par une bande de forcenés

que le féroce Bertram, à la faveur de la guerre civile, y introduit pour en enlever le trésor de Philip de Mortham. Les stratagèmes dont Bertram se sert pour pénétrer dans cette place forte, donnent au poëte occasion d'extraire de l'inépuisable mine de son imagination de Beaux diamants poétiques, d'exhumer de touchantes ballades, des, lais des anciens jours.

Une foule de dramatiques incidents se groupent dans le sixième chant, La mort inattendue de Wilfrid déjcue les projets ambitieux d'Oswald Wycliffe, son père. Matilda, rendue à la liberté, épouse Redmond, qui se trouve être un jeune noble que l’on avait cru mort, et le Baron de Rokeby n'est ni pendu, ni écartelé,

Avant mème que Xofeby fût commencé, les libraires avaient offert à Scott 1,000 guinées pour le droit d'auteur de ce poëme. Scott qui avait grand besoin de numéraire, pour continuer les travaux qu'il méditait à Abbotsford, accepta. Ce qui donna lieu à un petit scandale littéraire, dénoncé par Byron et Tom Moore: le premier, dans sa sanglante satyre, “ÆZrglisk Bards & Scotch Revieivers ; ” le second, dans le “Zïvo Penny Post Bag.”

À vrai dire, Scott n'avait pas droit d'escomnter d'avance son avenir littéraire, Scott répliqua que cela le regardait seul, et qu'il avait droit d'accep'er ou de refuser une offre avantageuse pour les travaux de sa plume.

Dans Rokcby, ce n'était plus une scène du pays natal retracée avec art, la voix inspirée du barde national célébrant les fastes de l'Ecosse, mais un ravissant paysage anglais, une intrigue anglaise habilement ourdie. Malgré ses nombreuses beautés, le poëme ajouta peu à la vaste renommée de Scott en Ecosse, Morrit, dont le château se trouvait immortalisé, au contraire, prôna partout le nouveau lai, alléeuant que c'était le chef-d'œuvre du barde d'Abbostford ; c'était tout au plus une perle ajoutée à la couronne qui ceignait le front de l'illustre poète.

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