JOHN CHARLES DENT
Provinces en 1841, le Clergé Catholique du Bas-Canada, était opposé en principe [Vol I P. 54] à l'éducation populaire, cet avraicé, ou je me trompe fort, ne saurait passer par chez nous sans réclamation.
Les silhouettes de nos gouverneurs: Bagot, Cathcart, Elgin, Head, Monck, Lisgar et autres, sont tracées de main de maître, et quand son pinceau délié nous redonne sur la toile du passé, les chefs politiques, les demi-dieux de l’époque, Draper, Lafontaine, Baldwin, Sullivan, McNab, Caron, Hincks, Harrison, on se croit reporté à cette ère si palpitante de 1841-0, à ce temps, hélas ! éloigné, où MM. Lafontaine, Draper, Caron, avec leuï “crise ministérielle,” bouleversaient le pays entier ; où tout, jusqu'aux chapeaux, avait une mine revêche, une allure à pic ou comme l'on disait : une allure ‘“ à la crise ministérielle, ”
Avant de lire M. Dent, nous avions de la difficulté à embrasser sous ses multiples aspects cette affreuse mesure de spoliation—le traité Ashburton—l’œuvre, dirons-nous, de l’incurie ou de l'ignorance de la métropole ; et si l’historien Torontonien a administré une verte flagellation à l'agent principal, au grand moteur dans cette gigantesque fraude qui nous a enlevé au moyen de cartes géographiques forgées, une si vaste portion de notre territoire— à Daniel \Webster,— ce dernier, certes, ne l'avait pas
volée,
Quel vaste panorama pendant ces quarante années, 1841-81, M. Dent ne déroule-t.il pas à nos avides regards ?
L'incendie du Parlement à Montréal, en 1849, et tous ses tristes souvenirs, l'abolition des réserves du clergé anglican, l'abolition de la tenure seigneuriale en 1854, la question orageuse de la double majorité en chambre, les curieuses et incessantes évolutions des partis, la thèse jadis si brûlante de Xep by Pop,—la représentation d’après le chiffre de la population —jusqu'au double shuffle ; finalement le couronnement de notre œuvre nationale : l’inaugu-
ration du nouveau régime de la confédération des Provinces
en 1867 : voilà autant de phases importantes de notre existence coloniale où M. Dent jette des flots de lumière.
John Charles Dent naquit à Kendal, comté de Westmoreland, Angleter:= le 8 novembre, 1841. Il vint au Canada fort jeune, accompagné de ses parents qui se fixèrent dans le voisinage de Brantford, Haut-Canada. Il reçut les premiers éléments de l'éducation, à Brantford et complèta soû cours à l'Université de Toronto, Il fit son droit en cette dernière ville et reçut son diplôme comme ‘“ procureur et solliciteur,” au terme d'automne de 1865. En octobre 1866, il épousait Mademoiselle Elsie McIntosh, fille de M. Alex. Mclntosh, de Woodstock, H. €, Peu de temps après, il retourna en Angleterre et se dévoua à la litterature et au journalisme. Il fut agrégé au personnel éditorial du grand journal anglais, le Daily Teleeraph et devint le collaborateur de plusieurs revues et publications periodiques anglaises,
Puis, on le voit revenir au Canada en 1876 ; pendant quatre années, il fut un des actifs écrivains du G/obc,à Toronto. Il mettait de côté en 1880, la plume acérée du journaliste pour se dévouer entièrement à la carrière littéraire.
M. Dent, en ce moment, élabore une histoire en deux volumes, de l'insurrection du Haut-Canada en 1837-58
Plusieurs poëmes et historiettes de M. Dent ornent les colonnes des Xevues et des grands journaux de l’Angleterre. Pelford's Magazine en 1877, contenait une fraîche nouvelle intitulée : “THE GERRARD STREET MYSTERY ” œuvre d'imagination créée par M. Dent: cette historictte étrange publiée sous le voils de l'anonyime fut beaucoup lue et admirée.
Ses contributions à la littérature canadienne sont :
lo, 7e Canadian Portrait Gallery, 4 vois, 40.
20, The Last Forty-Years: Canada since the Union 1841 —2 vols Royal octavu,
ete