SÉPULTURES AÉRIENNES DANS LES ARBRES OU SUR DES ÉCHAFAUDS
Ce mode de sépulture est fort usité, même de nos jours, parmi certaines tribus de Sioux et de Dakotas.
On place les cadavres, couchés sur le dos et emmaillotés dans des peaux ou des couvertures assujetties par des lanières, dans des arbres, si les rameaux offrent des appuis convenables ; et l’on n’a recours à des échafauds que
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1] Hist. Indian Tribes of the United States, 1854, Part IV, p. 224. [2] Cont. to N. A. Ethnol, 1877, t. III, p. 341.
[3] Adventures on the Columbia River, 1831, t. II, p. 387.
[4] American Naturalist, November, 1878, p. 753.
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lorsqu'il n’y a pas d’arbres dans le voisinage, Ces échafauds sont des objets sacrés, et quand une tribu ennemie ne les respectait pas, la mort des coupables seule expiait l’offense. Quand le cadavre a passé deux ans ainsi exposé, quelquefois on le met en terre, Ce sont des femmes—les femmes les plus âgées—qui se chargent des préparatifs de l’inhumation et du deuil.
M. William J. Cleveland a fourni une description fort détaillée de ce genre de sépulture chez une tribu de Sioux, au Nébraska.
Il y ajoute des détails très intéressants sur une autre coutume funéraire de ces peuplades, laquelle, sans être générale, nous semble fort curieuse, Il la nomme #ccping the ghost, ce qui pourrait se traduire par conserver l'esprit du mort. L'on enlève du crâne du trépassé un peu de cheveux que l’on enveloppe daris un morceau d’indienne ou autre tissu, jusqu’à ce que le rouleau atteigne au moins deux pieds de longueur et dix pouces en diamètre ; puis l'on enferme le tout dans un étui fait de peaux, badigeonné en couleurs variées et voyantes. On dépose l’étui sur deux supports croisés comme suit : X--.- \, en face d’une hutte réservée à cet objet. On accumule dans cette hutte des offrandes de toute espèce que l’on distribue en dons, lorsqu'il y en a suffisamment. Quelquefois il s'écoule une ou plusieurs années avant cette dernière cérémonie. On entasse les offrandes en pile, à l'extrémité de la hutte. Elles ne doivent pas être dérangées avant le moment de leur distribution, Les hommes et les enfants mâles sont seuls admis dans cette hutte, hormis l'épouse du d funt, à quiilest permis d'y pénétrer, pourvu que ce soit de grand matin, Les hommes peuvent y entrer pour fumer et causer. Les femmes sont tenues de verser la cendre de leur pipe au centre de la hutte ; et elle y demeure intacte, tant que la distribution des offrandes n’a pas eu lieu. Ceux qui mangent en ce lieu n’oublient jamais de aéposer quelques mets sous l’étui mortuaire, pour l'esprit du trépassé,
Il n'est loisible à personne d'enlever ces comestibles, à moins d'y être contraint par la faim ; en ce cas, il est même permis à un étranger qui ne connaissait pas le défunt d'enlever ces mets.
L'époque de la distribution venue, les amis du défunt ainsi que ceux qui doivent avoir leur part des présents, sont convoqués à la hutte, et le gardien—généralement un proche parent—leur distribue les dons. Le rouleau contenant les cheveux du mort est ouvert, et l'on ajoute aux offrandes quelques petites mèches de ces cheveux.
La cérémonie se répète quelquefois à diverses reprises. Tout le temps qui précède Ja distribution des cheveux, la hutte, aussi bien que le rouleau, est regardée comme un objet sacré, mais pas au delà. Il semble que les parents et amis du défunt ne veulent ni voir ni retenir aucun objet en leur possession qui aurait appartenu au mort pendant sa vie, et qui leur en rappellerait le souvenir. On dirait qu'il s'agit de bannir aussi vite que possibie la mémoire du-trépassé M. Cleveland ajoute nonobstant que ces fndiens croient tous que chacun est doué d'un esprit qui survit à la dissolution du corps ; le corps meurt, mais l'esprit se réunit, dans le pays des âmes, aux autres esprits amis qu'il a connus en ce monde, Pour eux la mort est un profond sommeil. “Il s'est endormi à telle ou telle époque,” vous diront-ils, en parlant des morts ; mais ces coutumes comme bien d’autres s'affaiblissent sensiblement. “ Les Dakotas confient leurs morts aux cimes des arbres, quand les rameaux inférieurs, ne leur offrent pas des appuis convenables,” dit le Dr L.S. Turner, chirurgien dans l’armée américaine, et qui a passé six années de sa vie parmi ces sauvages, ‘“ Dans tout le cours de mon existence, ajoute-t-il, j'ai vu peu de chose de plus navrant que le spectacle d'un des anciens de la tribu s’acheminant, chaque jour, au déclin du soleil, vers la tombe de son enfant, et donnant libre cours à sa douleur avec des accents à fendre les
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pierres; puis de voir, à la nuit tembante, le vieillard attristé reprendre, comme un morne fantôme, le sentier qui le ramène à son wigwam solitaire. Quelquefois il y avait à ce tableau une teinte de tristesse additionnelle, c’est lorsque je voyais un père inconsolable allumer en sanglotant un petit feu sous la tombe aérienne de son fils, puis interrompre ses lamentations pour fumer en silence.” . Au reste, messieurs, ces tombeaux aériens mollement bercés par le zéphir, sous la verte ramée des bois, le poëte Délille vous les a fait connaître encore mieux que ne le sauraient faire les archéologues de l'Amérique entière : & LA, d'un fils qui n'est plus, la tendre mère en deuil
A des rameaux voisins vient pendre le cercueil.
Eh! quel soin pouvait mieux consoler sa jeune ombre !
Au lieu d'être enfermé dans la demeure sombre,
Suspendu sur la terre et regardant les cieux,
Quoique mort, des vivants il attire les yeux.
Là, souvent sous le fils vient reposer Le père ;
Là, ses sœurs en pleurant accompagnent leur mèri
L'oiseau vient y chanter, l'arbre y verse des pleurs,
Lui prète son abri, l'embaume de ses flours ;
Des premiers feux du jour sa tombe se colore ;
Les doux zéphirs du soir, le doux vent de l'aurore,
Balancent mollement ce précieux fardeau,
Et sa tombe riante est encore un berceau De l'amour maternel illusion touchante !
Messieurs, je crains avoir dépassé les limites que j'ai dû me tracer pour cette conférence, et cependant je n'ai fait qu'effleurer mon sujet.
Sans prétendre vous avoir ouvert en cette matière de nouveaux horizons, j'ai cru que le temps était venu d'attirer votre attention sur les études faites par des archéologues américains, ainsi que sur les intéressantes recherches, de même que sur les travaux importants de ce groupe de savants et d’antiquaires alimentés par le Bureau d'Ethinologie dans la république voisine, et auxquels le Suaithsonian Institute de Washington prête son prestige et sa puissante protection.
Bien que l’archéologue, au Canada, soit privé de bien des avantages accessibles à son confrère des Etats-Unis, il n'est pas tout à fait sans ressources, sans aide, L’exploration géologique et scientifique de notre sol, qui se poursuit sans relâche chaque année, les rapports publiés par le
bureau des sauvages, sur l'état des races indiennes, voilà des sources de renseignements, une coopération toute acquise, qu’il ne saurait négliger. L'idée heureuse du marquis de Lorne de doter cette Société d'un musée national, à Ottawa, où seront recueillis les antiquités, les monuments, les reste des races primitives, aussi bien que des specimens d'histoire naturelle, va nous assurer des facilités nouvelles pour étudier chaque phase de notre mystérieux passé.
Avec l'intelligence que Dieu nous a départie, les enseignements puisés dans nos lycées, et l'amour de la science implanté dans nos cœurs, rien n'empêche que cette société n’emboîte au moins le pas derrière la florissante association que James Smithson fondait à Washington en 1846—dans la voie du progrès intellectuel et des découvertes curieuses ou utiles qui distinguent si éminemment l’époque où nous. vivons.
[tr] Depuis que ces lignos ont été tracées, un savant distingué, M. Matthew, de Saint- Jean, N.-B., vient de signaler la découverte des ruines d'une bourgade indienne, sur les rives de la rivière Bocabec, dans le Nouveau-Brunswick, qui date de l'âge préhistorique. L'érudit délégué de la Société Historique de Winnipeg, le professeur Bryce, mentionne des sépultures indiennes au Manitoba, de l'âge des mound builders, et le Canada savant attend avec impatience la publication des recherches du Dr J.e.C Taché sur les sépultures indiennes découvertes par lui sur les rives du lac Simcoe.
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L'Association Britannique pour le progres des Sciences,
On trouve dans le journal, le Star, publié à Montréal, la liste suivante des membres äu Bureau de Direction ou des ofliciers des diverses sections de l'association, réunis en congrès scienti. fiques à Montréal, le 27 août 1884.
La réunion comptait au-délà de mille personnes.
President— The Right Hon. the Lord Rayleigh, M A, DC LFRS, FRAS, F R GS, Professor of Experimental Physics in the University of Cambridge.
Vice-Presidents— His Excellency the Govcrnor-General of Canada, GC M G, the Right Hon Sir John Alexander Macdonald K. C B, DC L, the Right Hon Sir Lyon Playfair, K C B, LLD,FRS Land E,the Hon Sir Alexander Tilloch Gailt, GCMG,DCL, the Hon Sir Charles Tupper, KCMG, Sir Joseph Dalton Hooker, KCSI,CB,M DDC L, LL D, FRS,the Hon Chief Justice Sir Antoine Aimé Dorion, C M G, the Hon Pierre J O Chauveau, LL D, Principal J W Daw son, CMG, MA,LLD, FRS, FGS, Professor Edward | Frankland, M D, DCL, PhD, FRS,FCS, Mr Wm Hales | | Hingston, M D, Mr T Sterry Hunt, M A, D Sc, LLD,FRS, |
General treasurer—Professor À W Williamson, Ph D, LL D). | FRS, who will berepresented in Montreal by Professor TS | Burdon Sanderson, M D, LLD, FRS. |
General secretaries — Captain Douglas Galton, CB, DCE, | FRS,FLS, FGS,FRGS, A G Vernon Harcourt, \{ A,
FRS,VPCS.
Secretary—Professor T G Bonney, D Sc, FRS. F$S A. Pres G S Local secretaries for the meeting at Montreal rs E Lawson.
Mr R A Ramsay, Mr S Rivard, Mr S C Stevenson anû Mr T White, M P.
Local treasurer for the meeting at Montreal : Mr E Wolferstan Fhomas.
The sections are the following :—
A.—Mathematical and Physical Science — President, Professor Sir William Thomson, M A, LLD, DCI, FRSLK&E, F RAS: vice-présidents, Professor J B Cherriman, M A: W L Glaisher, MA,FRS,;,FRAS; secretaries, Charles if Carpmael, M A ; Professor Alex Johnson, M A, LL D ; Pro fessor O J Lodge, D Sc ; D MacAlister, M À, M B, BSc. (Re-
corder).