BULLETIN ORNITHOLOGIQUE
Misgretion printanière des oiseatutXe ss
“ Le rer juin dernier, il y avait chez M. et Mme Ornithos, à Sillery, la réception ordinaire du printemps : bien que bruyante et nombreuse, il y manquait, nous dit notrre reporter, plusieurs personnages, jrésents à la réunion précédente...
Tout se passa avec un merveilleux entrain ; les toilettes, surtout les- toilettes masculines étaient lestes, pimpantes, bien assorties, quelques-unes même fort «ic.
Au lieu de la grande migration printanière, on eût crû qu’il s'agissait d'une noce : la température pourtant était froide, et le temps n'était pas ‘aux oiseaux” ; des l’abord, ce gai monde semblait un tant soit peu attristé ; on eût dit qu'ils regrettaient l'absence de leurs pardessus et de leurs paletots d'hiver. Peutêtre cette préoccupation était-elle dûe à la présence d'un éinerillon qui rôdait dans les environs. La réception eut lieu au salon principal, c'est-à-dire au musée ; le dôme verdoyant d’un grand orme voisin servait à ces visiteurs ailés, de salle d'’at tente. Voici quelques détails pour les curieux : le laquais de service a eu l’obligeance de passer à notre reporter, . M. Colibri, les cartes de ces dames et messieurs : tous paraissaient fiers de
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leurs prérogatives et avaient leurs noms et prénoms inscrits prétentieusement sur leurs cartes de visite.
L'élement clérical, représenté par des récol/ets et des nonnes, brillait au premier rang: c'était A7. Ampelis Cedrorum et la mère /unco Æyemalis ; le cardinal des années précédentes, {1 signor Pyranga Rubra brillait par son absence.
D'autres artistes, d’un rare talent, s’'empressaient de présenter leurs hommages au maître de céans : Monsieur et madame Turdus Migratorius et leurs enfants gros comme père et mère—qui entrèrent au salon en se trémoussant, sautillant, gazouillant, avec un adorable abandon. Les fils portaient manteau noir-gris et veste rousse ; leurs sœurs, mantilles grises et fichu roux brun.
On remarquait il signor /e/ospisa Melodia, tenor distingué, accompagné de sa jeune épouse, madame A/e/or''a, née Rossignol ; puis, trois beaux chanteurs : MM. Penusy/vanicus, Leu. cophrys et Zl{liacus, de l'illustre famille des pinsons, suivis d’un éminent artiste. à la voix sonore, M. 7zrdus Solitarius, et son cousin, l’harmonieux baryton, 7#rdus Wilsoni, dont les notes limpides, aériennes ont jeté tant de lustre sur cette nombreuse lignée des Grives ; leurs accents respectifs ressemblent à ceux de la flute et du haut-bois On parut fort scandalisé des cris discordants d'un couple de mainates pourpres qui se jouèrent un instant au sommet de l'orme ci-devant mentionné : leur voix était comme le grincement d’une brouette. Un geai bleu ajoutait à cette cacophonie ; il n'eut pas les honneurs de la présentation ; en somme, un beau succès couronna les efforts de ces virtuoses, qui s’éloignèrent sans se dire adicu.” {ZL'Ælecteur, 24 Juillet 1884.)
N.-B.—L'idée de cette fantaisie semble avoir été empruntée à un compte-rendu di semblable nature dressé par le célèbro Dr Couës, le grand ornitholozgiste américain.
(1 SAMOS,—-Woodfield, Sillery
La pittoresque résidence d'été d’uu prélat français, en 1733, et la voie publique qui y conduisait, à Sillery, ont emprunté toutes deux leur nom au titre épiscopal de Monseigneur Dosquet, évêque titulaire de Samos et seigneur -de céans, au siècle dernier.
Il appert, en référant aux relations du siège des Bostonnais en:1775-0, que le site avait continué de porter le nom de Samos. Je suis porté à croire que ce fut un de ses propriétaires des mieux connus, l’hon. William Sheppard qui, vers 1816, changea le nom de Samos, en celui de \WVoodfield, M, Sheppard quittait Woodfield en 1847 et cette magnifique propriété passait, par vente du shérif, à M. Thos, Gibb, qui l'échangea avec son frère James Gibb, l'ancien président de la Parque de Québec, contre son domaine de Bellevue, sur le chemin Ste Foye, Cette région bocagère a été transformée en nécropole en 1880, sous le vocable de S4 Patrick's Cemetcry. C'est sous les pins murmurants de Samos que les fils de St Patrice, transplantés sur nos rives, vont maintenant goûter le long sommeil, et l'oubli de leurs nombreux griefs, réels ou imaginaires en la verte Erin. Que la terre leur soit légère !
La compagnie de la Nouvelle France, en 1646, sous l'administration du Chevalier de Montmagny, concéda ce terrain, de trois arpents de front à Jean Bouvart dit Lafortune. Jean Bouvart vendait, en 1649, à Barthélemy Gaudin. En 1702 1e lot était possédé par Guillaume Pagé dit Carey. En 1724, Nicholas de la Nouiller l'achete et le revendit en 1731 à Monseigneur Dosquet, évèque de Samos, En 1762, le Séminaire des Missions Etrangères à Québec, concéda à Thomas Aïinsley la partie où s'élevait la résidence dé l'Evéque Dosquet. Le Juge Adam Mabane, en fit l'acquisition en 1769, I1y expirait en 1792 ; sa sœur Demoiselle Xsabella Mabane l'acheta en 1794 et le revendit en 1805 à l'Hon. Mathew Bell, L'Hon. William Sheppard, Conseiller Législatif, en fit l'acquisition en 1816 et l'occupa jusqu'en 147, Ce beau domaine fut alors morselé et concédé en petits lots à une rente annuelle de six livres dans la partie à l'ouest du chemin de Samos et forma le village de Sheppardville=nom que les canadiens-français ont changé en celui de Bergerville.
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MONTAGUE COTTAGE, Sillerv
SI know by the smoke which s0 gracefully curled Above the green wood that a cottage was near," (MOORE'S WOoODPECKER.)
Cher confrère,
Ce nom va vous remettre en mémoire une agréable page de la littérature anglaise du Canada, au temps de Lord Dorchester.
Depuis 1880, le citadin errant ou le touriste séduit par le charme du paysage, côtoyant la voie publique qui conduit au Cap Rouge, remarque sur le côté nord du chemin, à Sillery, voisin de la maïson d'école, style gothique, offerte en don à la paroisse par le lord Bishop Mountain, un joli cottage, pourvu d’une ample piazza, d’un riant jardin, le tout perdu sous l’ombrelle des grands pins du bois Gomin, Une vigoureuse plantation d'arbres forestiers y tempère en été l’ardeur du soleil : c'est la résidence de M. Alfred P, Wheeler, officier de douane, préposé à la surveillance des
steamers et des voiliers atlantiques ; ces arbres fores-
tiers, ce sont ceux-là même qu'il y a plantés, arrosés, choyés avec une sollicitude maternelle, égale à celle que notre agriculteur émérite, Henri Gustave Joly, déploie pour ses chères érables à Giguère.
Je ne sais d'autre motif qui ait pu induire M. Whecler à fixer ses pénates sur ce coin de l’ancien et vaste domaine du col, Caldwell—dénommé aux anciens titres : “SANS BRUIT,”— à part du charme de l’endroit,que cet ardenticulte des lettres, qu’il puisa vraisemblablement, dans Îles salles c'assiques de l'Université d'Oxford—son Aline Aater—et son respect pour les “voix du passé littéraire,”
Le site, pour sûr, abonde en souvenirs, en romanesques souvenirs, d’où la littérature se dégage comme un suave arôme : le vase retient longtemps la senteur des roses qu'on y a pressées.