‹ Monographies et esquisses [microforme]Chapitre 68 sur 131 · CLERMONT · texte numérisé non relu

CLERMONT

furent de tout temps également bien représentées, à Sillery. Il ya de cela deux siècles et plus, le procureur-général Ruette d'Auteuil, personnage considérable dans la colonie, y venait passer la belle saison : il en est parmi les vivants qui se rappellent aussi quand le Procureur- Général, Charles Richard Ogden, l'assistant-juge Andrew, W. Cochrane, M. le juge J. K. Ramsay, KR. S. M. Bouchette et autres hommes de robe, résidaient aux environs.

Je ne sais si tous ceux qui vont admirer à Clermont les verts bocages, les avenues ombreuses qui serpentent sous de grands arbres, les parterres si artistement alignés, les haies touffues, barrières contre le vent du Nord, les visas ou points-de-vue taillés dans la forêt primitive ; je ne sais, dis-je, s'ils connaissent tous le nom de l’habile jardinierpaysagiste qui a présidé au plan et à la création de ces gracieuses choses: eh bien / le jardinier paysagiste de Clermont, ce fut l'excellente châtelaine.

Clermont était bien l’œuvre de madame Caron, œuvre qu'elle avait inventée ou créée sans doute, pour retremper le courage, les forces d’un époux chéri après d'orageuses luttes parlementaires ou de longues heures de bureau, à son étude dans la rue St-Louis. Qui sait si madame Caron wavait pas lu et médité sur ce charmant passage de Morel dans sa Z%éorie des Fardins :

“La campagne, des utiles présents que la nature nous prodigue, théâtre de sa magnificence et de sa libéralité, la campagne est pour celui qui l’habite, l'asile Gu bonhetr et des jouissances ; la vie s’y coule sans inquiétude et sans remords dans des occupations agréables et fructueuses ; l'âme y est saine ct le cœur en paix. Son +éjour calme la violence des passions destructives et malfaisantes, et entretient, par une douce fermentation, la bienveillance pour ses semblables et tous les sentiments honnêtes, L'homme débile y recouvre ses forces ; le malade, sa santé, Elle procure le plus salutaire délassement au citadin laborieux qui vient s’y distraire des travaux de la ville, .......…. elle fait les délices de la vieillesse et l'espoir des jeunes gens. Le philosophe l'aime la contemple et s'en occupe ;

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le sage en connait la prix et en jouit ; les poëtes la chantent, les peintres limitent ; son attrait se fait sentir à tous les cœurs ; il est indépendant des caprices, de la mode et de la variation des opinions. En un mot la campagne a eu et aura des partisans, et la nature des admirateurs dans tous les siècles. Plus les mœurs seront simples et pures, moins le goût sera corrompu, plus les biens et les plaisirs qu'elle procure seront recherchés.”

Clermont, après avoir été habité par M. Thos, Beckett, vient de passer aux mains du col. Ferdinand Turnbull, inspecteur de nos écoles de cavalerie, qui arrive en ce moment de la campagne du Nord-Ouest.

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THE HIGHLANDS :Sillery.

Pour le quart d'heure, arrière l’histoite,-—les antiquailles, la poësie même avec tout son parfum énivrant! Vive la chasse ! Vive le sport !

Retraçons, pour l'instruction et l'édification d’une pastérité reculée, une page palpitante de vénérie, identifiée avec une de nos radieusés villas : THE HIGHLANDS,—sur les hauteurs de Sillery, à quatre milles de Québec.

Aïlons par une tiède après-midi d'automne, mais avant la chute des feuilles, chevaucher sur cette ombreuse route du Cap Rouge, là où le père Le Jeune, dit Casgrain, (1) enseignait la grammaire algonquine aux “Filles-Blanches” de la Duchesse d’Aïguillon, les Hospitalières ; où, en 1641 le vieux seigneur Puyseau a dû plus d’une fois conduire ses hôtes, M. de Maisonneuve, Mlle Jeanne Mance et consorts ; là où caracolaient, en 1664, le fastueux Marquis de Tracy et son éclatant état-major ; plus d’un siècle et demi plus tard, en 1838, le non moins fastueux comte de Durham et les gardes de la Reine Victoria ; où notre ami Marmette nous présente, avec tant d’entrain, l'héroïne de son roman, Berthe de Rochebrune, galopant en croupe, soutenue par le bras vigoureux de son amant Raoul de Beaulac, un des braves officiers canadiens de La Roche- Beaucourt, qui patrouillait sur ces hauteurs, en 1750,

Si vous avez quelque vénération pour ce grand saint qui,

- veille sur les jours des chasseurs, Saint Hubert, inclinez-

vous en passant devant cette somptueuse loge, au nord du chemin, d’un sportsman distingué, connue sous le nom 7%e Highlands : car c'est à qu'origina en 1877, grâce au propriétaire d'alors, M. Charles V. Temple, petit-fils du juge en chef Sewell, le premier, le seul club de chasse à courre

() Histoire de l'Hôtel-Dieu page 82.

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que l’on ait encore vu en ces parages : le STADACONA FOX HUNT. Là, fut hébergée à grands frais, pendant plusieurs: années, la bruyante meute du club.

L'idée de M. Temple était sans doute excellente, bien: qu'elle entrainât des dépenses assez considérables,

Il se mit en tête de doter sa ville natale d’une de ces associations de chasseurs qui font les délices du sport, en France, et surtout en Angleterre.

I! y avait à Québec, de bons chevaux, d'intrépides cavaliers, comme il en faut pour le s#eple-chase, pour suivre à travers la campagne, franchissant d’un bond : haies, clôtures, ruisseaux,—la meute sur la piste du renard, au risque; sur un faux pas de sa monture, de se rompre les os, Il y en avait à Québet, comme il en est à Montréal, à Toronto, des veneurs dont les exploits feraient honneur aux vieux pays. Pourquoi donc Québec comme Montréal et Toronto n’aurait-il pas son Fox Ælunt, son club de chasse ?

Le sport, en 1877 était bien vu en haut lieu. Notre sympatique vice-roi, Lord Dufferin, y portait un vif intérêt, M. Temple organisa un chenil à sa villa, avec douze chiens d'abord. D’autres amateurs, le col. Turnbull, M, J. U. Laird, le Maire de Québec, Owen Murphy, M.C, Sharples M. A. C. Stuart lui vinrent en aide : chacun, de lui fournir d’autres bons spécimens de #or Hounds. Bref, le chenil fut bientôt au grand complet. Le comte de Dufferin accepta la présidence du club naissant ; le commandant de notre garnison, le lieutenant-colonel T.-B. Strange, fut choisi comme vice-président ;, M Temple comme % Grand Veneur ” et secrétaire-trésorier ; le personnel des membres, petit d’abord, s’accrut rapidement.

En 1880, l'association se réorganisa sur une nouvelle base. Son Excellence, le Marquis de Lorne, en prit la présidence ; Son Honneur, le lieutenant-gouverneur Théodore Robitaille fut nommé vice-président ; le commandant de la batterie À, le colonel Irwin, fut choisi comme “Master of the Lounds" M. Temple et le colonel Andrew C. Stuart,

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