BELMONT
pantagruéiiques qui réunissaient jadis la bonne société de la vieille capitale à Belmont. Si vous désirer savoir comment je m'y suis pris pour retracer la série des propriétaires de céans, je vous dirai que quand j'écrivis les Mapdes Leaves, en 1865, mon vieil ami, M. Dunscomb, alors percepteur des Douanes, eut l’obligeance de me passer ses titres de propriété : et voilà.
Le 3o déc. 1857, la Fabrique de Notre-Dame de Québec fit l'acquisition de cinquante-sept arpents en superficie du parc de Belmont pour ‘la nécropole qui porte ce nom et où dorment maintenant du long sommeil nombre de Québéquois : entr'autres, l'historien Garneau, et l’antiquaire Faribault.
Quant au domaine mème, il comprenait primitivement 450 arpents de terre ; des fenêtres de Belmont, le spectacle des campagnes environnantes est grandiose et frappant à l'extrême, On peut compter presque douze clochers d'église, etc.
Le?
HOLLAND FARNI. Ste-Foye
Cette riche métairie, sur le chemin Ste-Foye, à Geux milles de la cité, rappelle par ses maîtres l'ancien aussi bien que le nouveau régime—leurs progrès, leurs vicissitudes, leur renaissance.
En 1740, sous ces sapins, a dû se dresser une de ses antiques demeures en pierre, à un étage, passablement étroites, à pignons pointus, à fenêtres à petits carreaux comme l’on en voit encore,—épaves d’un autre âge,—le long de la côte de Beaupré, la maison de campagne de, ce respectable syndic des marchands, Jean Taché, l'ancêtre de Sir E. P, Taché, Il tenait ses comptoirs sur la rue St- Pierre, en la basse-ville de Québec et possédait aussi Île site et la bâtisse où s'imprime maintenant le Æ/oruine CAronicle.
C'est là vraisemblablement qu'il venait en villégiature aux étés qui suivirent son mariage en 1742, avec Demoi. selle Marie-Anne Joliet, de Mingan, petite-fille du célèbre découvreur du Mississippi, Louis Joliet.
Sous ce toit champêtre, plus d’une fois, la bonne société de la capitale a dü venir s'asseoir, conviée par le riche, intègre et lettré membre du Conseil Snpérieur, M, Jean Taché : le quartier était faskionable,
Le vertueux fonctionnaire, à l'instar de ses collècues, venu de la vieille France, était, lui aussi, tourmenté de ce à quoi les Anglais ont donné le nom pittoresque de cart hunger, une incurabe convoitise de biens-fonds, comme nous avons eu occasion de le remarquer chez les plus distingués d’entre eux : Giffard, Montmagny, Talon, de Léry, Repentigny, Juchereau Duchesnay, Jean Bourdon, Taschereau, La Gorgendière, etc.
Les compagnons d'armes de Wolfe étaient pris du même mal, Murray Cramahé, Caldwell, Holland, Cameron,
les Ross, etc., etc. Tous ces messieurs s’évertuèrent à devenir grands propriétaires autour de Québec ; les seigneuries surtout les tentaient, celles mises en vente par des propriétaires repassant en France. On achetait alors ; pas de confiscations : les articles de Î2 capitulation s'y opposaient. On n'était pas à Grand-Pré, mais à Québec, les gens ne refusaient pas de prêter le serment (1) d’allégeance, I= manière de traiter les vaincus variait : et le précédent que Louis XIV désirait établir en 1689, ne fut pas suivi, par George IIT, à Québec ; il l'avait en Acadie.
Quant à Lord Jeffery Ambherst qui avait risqué ses précieux jours, pour prêter main-forte à Wolfe, et qui l'année suivante, imposait la loi du vainqueur'à Lévis, il ne se co:itentait pas d’une simple seigneurie, voir même une baronnie, l'earth hunger chez lui était à l'état chronique, Il réclama pour sa royale part—co0 nominor Leo,—la riche succession des Jésuites, (2) dévolue à la couronne de la Grande-Bretagne, à la suppression de l’ordre par leS, Père ; pendant près de quarante ans, lui et les siens ne cessèrent de faire valoir cette réclamation, Finalement, le souverain ne trouva d'autre alternative pour ne pas froisser le haut
da) Voici ce que le grand roi écrivait à son vice-roi d'Amérique, en 1689 :
# Si parmi les habitants de la Nouvelle-York il se trouve des catholiques de la fidélité desquels il croye £e pouvoir assure 1 pourra les Jaisser dans leurs habitations, après leur avoir fait prèter serment de f ité à Sa Majesté
LH pourra aussi garder, s'il le jugé à propos, des artisans et autres gens de service néce s pour la culture des terres, où pour travailler aux fortifications, en qualité le pr iers,,,, 11 faut retenir en prison les officiers et les principaux habitants,
desquels on pourrait retirer des rançons, à l'égard de tous les autres étrangers (cerx qui ne sont pas Français,) hommes, femmes et enfants, Sa Majesté trouve à propos qu'il soient mis hors de la colonie et envoyez à la Nouvelle-Angleterre, à la Pennsylvanie, ou en d'autres endroits qu'il jugera à propos, par mer ou parterre, enSe mble au soparement le tout suivant qu'il trouvera plus sur pour les dissiper et empêcher qu'en se réunissant ils ne puissent donner occasion à des entreprises contre cette Colonio.”—Broadhead New-York, Coi, Docs IX, 422,)
Vide, Le Roy à Denonville, 7 juin 1689 ; le ministre à Denonville, même date ; le Ministre à Frontenac, meme date : ordre du Roy à Vaudreuil, même date ; le Roy au Sieur de ta Coflinière, méme date : Champigny aitministre 16 nov. 1689,
Entre les instructions que le roi d'Angleterre donna au Col. Lawrence, pour la dispersion des Acadiens, et celles que ?e roi de France donna à Frontenac pour la dispersions des habitants de Ia Nouvelle-Y srk, qui ne préteraient pas le serment d'allégeance, ily a cette différence : le premier fc ce qu'il désirait, l'autre ne le püt,
€@) M. 0, David, dans une ‘ 3 adressée au Monde, énumère les biens de l'ordre comme suit : Seigneurie Notre-name des Anges, Charlesbourg; seigneurie de St-Gabriel ou les deux Lorettes, seigneurie de Sillery, près Québec, seigneurie de Bélir, seigneurie du Cap de la Magdeleine, seigneurie de Batiscan, Isle St-Christophe, seigneurie de la Prairie de la Magdeleine, vis-à-vis Montréal, Isle aux Reaux, Fief de Pachigny, en la cité des Trois-Rivières, Fief de la Vacherie de St-Roch de Québec, une ferme près de St-Nicolas—un lot dans la Haute-Ville, de Québec, deux autres lots en cette ville, le ed de Mars à Montréal, site de l'Hôtel de Ville et du Palais de Justice, à Mont. réal.
et puissant seigneur que de lui faire voter, par son pariement, à Westminster, à lui et à ses ayans-cause, une forte pension viagère, en vertu du statut impérial 43, George III, chap. 150. |
Je serais porté à croire, sans toutefois pouvoir l'affirmer positivement, que Holland Farm, vers 1768, faisait partie du fertile domaine (qui comprenait Sans bruit) possédé paf le général Murray, à Ste-Foye, /
En 1775, le général de brigade, Richard Montgomery en prenant possession avec son corps expéditionnaire, des hauteurs de Ste-oye, établissait en novembre son quartiergénéral à la maison du major Holland : Jared Sparks, l'historien de Washington, nous a conservé plusieurs lettres de Montgomery, écrites de Holland Farm,
Revenons à notre syndic des Marchands, Jean Taché Sur son compte nous en saurons sans doute plus long quand notre romancier Marmette aura écrit la biographie de son digne aïeul : les mnémoires du temps nous le font voir partant pour Versailles, quelques années avant. la grande catastrophe de 1750, porteur des placets et supplique de nos pères, exposant leurs nombreux griefs, demandant des réformes dans l'administration, de l'aide pour l'a colonie aux aboïs, C'est aussi vers ce temps que ie chemin Ste-Foye, au dire de Hawkins, devenait la promenade à la mode pour le beau monde : “ The favorite drive of th: Canadian Belle, before the conquest.”
S'agirait-il de la belle Madame De Léry qui lors de présentation, avec son époux, au roi George IT, en 1759, provoqua le flatteur compliment du galant monarque. JF such are all my new Canadian subjects, L have indecd made a conguest.”
Le malencontreux général Montgomery a dû y prendre son dernier repas, le soir du 30 décembre 1775, s'étant mis en marche longtemps avant l'aube, le 31 de ce mois, pour trouver un trépas prématuré, à Près-de-Ville,
En 1780, cette métairie devenait la propriété du majcr