LH
Samuel Holland, un des braves lieutenants du général anglais, à la bataille des Plaines d'Abraham ; au dire du colonel Joseph Bouchette (1) son parent, il se trouvait près de Wolfe, lorsqu'il expira,—il en hérita d'une paire de pistolets, qui plus tard jouèrent un fort triste rôle pour le major, comme on le verra.
Samuel Holland, savant officier du génie, avait aussi
fait des études spéciales comme arpenteur.
Ce furent ses aptitudes comme tel, et son mérite personnel, qui lui valurent du gouvernement anglais, la charge grassement rétribuée, d'arpenteur général pour toute l'Amérique Britannique du nord et de membre du conseil exécutif,
I! fut chargé de plusieurs missions officielles, pour déterminer les limites du domaine public, entre autres endroits, à l'Ile du Prince Edouard,
[1 nous est permis de croire que l’un des premiers arpentages du brave militaire s'opérait sur sa terre, à Ste-Fovye, à en juger par le procès-verbal, inséré dans les titres de cette propriété où l'étendue du terrain est constatée jusqu'au quatrc-huilièmes d'un pouce : Va métairie à cette époque est désignée comme ayant ‘‘en sunerficie, mesure française deux cents six arpents, une perche, sept pieds, huit pouces etquatre-huitièmes d'un pouce :” il ne badinait pas sur les questions de limites, comme l’on voit.
Le Major Holland expira en 1801, laissant plusieurs enfants, issus de son mariage avec Marie Josephte Rolette : Frederick Brahm, John Frederick, Charlotte, Susanne et George Holland, leur léguant par un testament devant Chs. Voyer, N. P., entre autres propriétés, le site du jardin du fort St-Louis, avoisinant la nouvelle Terrasse Dufferin.
Il s'était préparé au milieu de son domaine un petit cimetière privé où devait reposer ses cendres et celles des membres de sa fami 2 L'enclos entouré d'un mur solide, était ombragé d'un pin majestueux, lequel, à raison
(1) Bouchette's British Dominions in British North Americe, vol. I p. 235.
éral e du près e de pour
aussi
perarge oute nseil
pour 1tres
penoye, s de jus- Jque aise uces r les
du rôle qu'on lui prêtait dans un duel mémorable, est devenu légendaire (1), Dans cette rencontre, le fils chéri du Major Holiand avait été mortellement blessé ; le duel, disait-on, avait eu lieu sous le ‘ Pin de Holland” lui-même.
Un contemporain de ce triste drame a eu l'obligeance de me communiquer la note suivante : “En 1799 je me trouvais à Montréal : la ville entière retentissait d'un incident bien lugubre pour la famille Holland, de Québec, où se mêlaient l'amour, la jalousie, la vengeance. Au siècle dernier, deux hommes 5e défiaient en un combat à mort, non sous le Pix de /lolland, à Québec, comme on l’a dit, mais à Vindmill Point, à la Pointe St-Charles, à Montréal, L'un, c'était l'enseigne Samuel Holland, du 60 Régt, l'autre le Capt Shœædde, dont le régiment était stationné à Montréal: c'était un combat à mort; l'un de deux devait succomber, l’injure était une de celles que l'on ne pardonne pas. Le vieux major Holland, paraît-il, reçu une lcttre de son fils, expliquait l'affaire, alléguant qu'il n'était pas coupable de ce dont on l'accusait: pour toute réponse, le père lui expédia par un courrier ses pistolets-— ceux mentionnés plus haut, ajoutant le billet suivant : ‘ Samuel, mon fils, ces pistolets me furent donnés par mon ami, le général Wolfe, le jour de sa mort: sers-toi e1 pour tenir sans tache le vieux nom de notre famille ‘
La cause du duel, la voici: le capitaine Shæœdde avait conçu des soupçons injurieux sur Île compte de son épouse,—le nom du jeune Holland s'y trouvait mêlé à tort.
À la première décharge, le jeune Holland s'affaissa ; il eut assez de force pour se dresser sur un genou, tira sur son adversaire; Shœdde reçut la balle dans son avantbras qui recouvrait sa poitrine.
Le jeune Holland fut porté au A/erclant's Coffee House, sur la petite ruelle, près du fleuve, à Montréal, connue comme rue Capital, où il expira dans d’atroccs souffrances,
(1) KRasé par une tempète en 1871.
L'enseigne Holland servait dans un régiment commandé par le major Patrick Murray, parent de l'ancien gouverneur de Québec.
Je devins fort intime avec lui vers l'année 1809; il vendit plus tard sa commission et acheta la seigneurie d’Argenteuil. On exonérait Holland, mais on blâmait Shœdde pour les soupçons ton fondés qu'il avait conçus.” (1)
Un autre incident moins tragique se rattache à Holland Farm ; il menaça lui aussi de se terminer par un duel,
mais il se développa en un mariage en haut lieu: Lord Dorchester, le général Doyle, le procureur-général Jonathan Sewell, le médecin de la garnison, le Dr Longmore, un des Holland, et un monsieur où demoiselle Neville, y eurent tous leur mot à dire. Voir Picturesque Québec, pour plis amples détails: tout Québec retentit de ce
scandale,
Holland Farm, en 1827, passait à M. William Wilson, employé des Douanes Impériales, à Québec, et piaideur renforcé, sans être Normand: ce beau domaine, en 1843, faisait les délices d’un nouveau maitre, le procureur de M. Wilson, feu George Okill Stuart, plus tard juge de la Cour de Vice-Amirauté. M. Stuart vendit cette résidence à M. Kobert Cassels, alors gérant de la banque de l'Amérique du Nord, à Québec.
Holland Farm appartient maintenant à l'honorable James George Ross, sénateur.
” dy Mon vieil ami, W. H. Henderson, dont son, comté de Mégautic, en avril 1883, à l'an
[fut un des principaux fondateurs, en 1817, dé et secrétaire-trésorier d'igelle pendant plus d'un quart de siècle
BELLEVUE, Chemin Ste-Foye
À deux milles de la Basilique, sur le chemin Ste-Fove, s'élève la résidence connue sous ce nom, construite en 1847- 48 par feu Julien Chouina'd, marchand respecté qui fit pendant trente-cinq ans de grandes affaires à Québec. Elle est bâtie sur un emplacement voisin de Li propriété des héritiers Tourangeau, à une centaine de pieds des fondations da moulir, Dumont, immortalisé par la bataille de 1760, etdont le site est marqué par le superbe monument érigé par la Société St-Jean-Baptiste de Québec. C'est dans le petit ravin, arrosé par un ruisseau qui sépare ces deux propriétés que furent trouvés les ossements des braves tombés autour du moulin Dumont dans cette mémorable journée. Le Docteur Robitaille a raconté dans l’histoire de la 74 Nationale des Canadiens-Français, célébrée à Québec le 24 Juin 1880, (1) la découverte de ces restes précieux.
Par une belle après-midi du mois de septembre 1852 dit-il, je dirigeais mes pas vers le chemin Ste-Foye, en compagnie de l'historien Garneau et de M. L, G. Baillargé, avocat, jusqu'à l'endroit où étaient les fondations du moulin Dumont... Assis sur les ruines du moulin Dumont où la lutte avait été la plus acharnée et la plus meurtrière,ayant, à notre droite la chaussée de Ste-Foye, que les troupes avaient traversée pour se mettre en ligne sur le champ de bataiile, devant nous les plaines d'Abraham sur lesquelles pour la dernière fois la valeur de l'armée française et de la milice canadienne commandées par le général de Levis, notre historien national, animé par un noble enthousiasme
au souvenir de ce glorieux fait d'armes, nous fit un récit
Q) M. Chouinard est l'aieul de M. H. 7.47, B. Chouinard, auteur de la Fete Nationale," qui à rempli avec honneur pendant quatre ans la charge de Président de l'Institut Canadien de Québec, et a publié plusieurs conftrences et discours consignés dans les mémoires de l'Institut et entr'autres une étude sur M. de Muisonnéuve,
M. Chouinard, échevin u quartier St-Louis au Conseil de Ville depuis cinq ans, vient d'être élu Président Général de la Société St Jean-Baptiste de Québec.