‹ Monographies et esquisses [microforme]Chapitre 89 sur 131 · RE EC CE CCC CO EE · texte numérisé non relu

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Lamps gracefully disposed, and of all Bues, Ilumine every 8id6,,,,,.,.4444..e..ss.sssess.. So stood the bright prodigÿ

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Where all was vitreous ; but in order due Convivial table and commodious seat.

Sofa, and couch, and high-built-throne august.

Of evanescent glory, once a stream, And soon to glide into a stream again.'’

(The Tasx-Book V. 19).

Madame H.C. Romanoff, dans ses vers, dépeint un

palais de glace où une czarine de Russie, mère de Pierre-le- Grand, qui monta sur le trône vers 1730, avait fait préparer la couche nuptiale de l’infortuné prince Michel Gallitzin, en punition d’avoir quitté l’église grecque pour l’église latine.

Le site, si favorisé de la nature, se recommande aussi à l’antiquaire et à l’historien, par les traces, les monuments, la mémoire des luttes héroïques du passé,

Sur les rives est et ouest de la chüûte, en juillet 1759, étaient campés en regard les escadrons des deux fières nations, qui après s'être mesurées en un duel mémorable, sur la plage de Beauport, au bas de la falaise, le 31 juillet de cette année-là, devaient, cinq semaines plus tard, sur les plaines d'Abraham, régler le sort de tout un continent.

Le sol est en effet fertile en grands souvenirs. Plusieurs des hoinmes les plus marquants de nos annales, à diverses reprises, l'ont foulée cette verdoyante côte de Beaupré : Jacques-Cartier, Champlain, Giffard, Laval, Ste-Hélène, Juchereau Duchesnay, Phips, Arnold, Wolfe, Montcalm Lévis, Bougainville, de Vaudreuil, Murray, Cook, le Prince Edouard, les généraux américains, Chandler, Winchester, prisonniers de guerre en 1814, les DeSalaberry : sans compter les ducs, comtes et marquis, gouverneurs du pays sous les deux régimes.

290 IHALDIMAND HOUSE

En examinant les deux rives du Montmorency, hérissées pendant le grand siège des tentes blanches des régiments Royal-Roussillon, de LaSarre, de Guienne, etc. et, sur la pointe de l'Ange-Gardien, des bivouacs des farouches Montagnards d'Ecosse, etc., on trouve des éclats d’obus, de mortiers, des houlets rongés d'une rouille centenaire

etc, comme au temps de Virgile : |

Un jour le laboureur dans ces mômes siilons

Où dorment les débris de tant de bataillons.

Heurtant avec le soc leur antique dépouille, Trouvera sous ses pas des dards rongés de rouille?

Séduit par le charme de cet âpre paysage, Sir Frédéric Haldimand, gouverneur de cette colonie, en 1770, s’y était érigé une villa, dont le pavillon surplombait la chûte même,

Les mémoires de la baronne de Riedessel | 1] récemment

livrés à la publicité, nous en donne une intéressante description, lors de sa visite en 1782. La parole est à cette belle et noble dame :

(Traducti 77})

“Nous passämes fort agréablement plusieurs semaines à Québec, pendant l'été de Wie [de retour de New-York.] “Le général Haldimand s'était construit une maison au

(1) Frederika von Massow, plus tard baronne de Riedessel, naquit en Allemagne, en 1746. Son père occupait sous Frédéric IL un poste militaire élevé, La Providence lui avait fait don d'une nombreuse famille. A l'âge de 16 ans, en 1764, sa fille, la belle vierge Allemande aux yeux bleus, aux dires des mémoires, épousa M. Riedesse 1, un brillant militaire attaché à un régiment de fantassins. En 1776, le capitaine de Riedi ‘ssel fut chargé du commandement du contingent militaire de 4,000 homint es, formant part des 16,700 fournis à l'Angleterre d'après les traités, hors d'un corps de troupes de 20,000 hommes promis par les petits Etats de L'Allemagne, pour aider la grande Bretagne à mettre à la raison ses provinces révoltées de l'Amérique : de cette lutte prolongée et fratricide naquit, en 1783, l'Union Américaine, en vertu du traité signé à cet effet par l'opiniatre, bien que débonnaire,George ITT. Le baron de Riedessel mettait pied à terre avec ses troupiers, à Québec, le Sjuin 1776 ; sa jeune épouse et sa tendre famille, au Heu de le rejoindre, par suite d'événements incontrôlables, ne put faire Le trajet que le printemps suivaurt, au grand regret de ME. le baron et de madame la baronne : le 11 juin 1777, oile débarquait à Québec, de la frégate anglaise Ælonde, spécialement chargée de la faire passer en Amérique, pour rejoindre son époux chéri et digne de l'être. Hâtonsnous de suivre l'héroïque épouse, trainant à sa suite trois enfants en bas âge, à travers les mille dangers, les scûnes de carnage, Les horreurs de Ia faim et de la fatigne qui l'attendaient pendant cette terrible lutte, où son inébranlable courage, sa douceur, les charmes de son esprit ot sa ravissante figure lui préparaient des aventures presqu'incroyubles. IL faut Lire et relire ses lettres affoctueuses écrites dans la solitude de latente, quelques fois sur le champ de bataille, à des personnes qui lui étaient chères, par delà les mers, pour comprendre ce que le cœur d'une mère peut contenir d'abimes de tendresse, aussi bien que pour admirer les insondables secrets, la main secourable de la Providence, au sein des grandes calamités humaines. Comme femme, comme épouse, comme mère, madame de Riedessel a droit à une place distinguée parmi les femmes fortes et pures du siècle où elle vécut, Honorte des souverains d'Angleterre autant que des pr'nces allemands, chérie de sa famille, elle terminait à Berlin,une longue et brillante carrière, en 1808, à l'âge de 62 ans,

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haut de la rive, laquelle structure, il nomma ‘“Montmorency House,” d'après la célèbre chûte voisine qui porte ce nom,

“Il nous y mena [le général et moi].

“C'était sa marotte ; pour sûr, le site en était incomparable. Cette fameuse cataracte de Montmorency s'élance d'une hauteur de cent soixunte trois pieds avec un bruit effroyable—à travers une gorge taillée entre deux préci. pices, Juste au moment où le général nous indiquait ce magnifique spectacle, je risquai par hasard la remarque qu'un belvédère, érigé au dessus de la chüte même, ferait un effet splendide,

“Trois semaines plus tard, il nous conduisit une seconde fois à la chûte, Nous eûmes à gravir un sentier fort à pic; nous franchimes des rochers escarpés, reliés par des petits ponts suspendus, comme l'on en voit dans les jardins chinois. Une fois au haut, il me tendit la main pour m'aider à pénétrer dans un réduit aérien qui surplombait la cataracte mème. Ii s'extasiait de mon courage, je m'y étais hazardée sans hésiter un instant.

“Avec un guide aussi sûr que vous, lui dis-je, je n'ai pas éprouvé un moment d'alarme. Puis il nous fit voir comment le pavillon adhérait au précipice : il tenait à la rive même par huit fortes poutres tendues au dessus de la cataracte, Elles étaient fermes pour un tiers de leur longueur dans le roc même : le pavillon reposait sur ces poutres, On y contemplait un point de vue plein de majesté, mais aussi plein d'effroi. Le fracas des eaux tombantes était si assourdissant, que l'on n'y pouvait tenir que quelques instants,

“En aval de la chüte, les pécheurs prennent de beiles truites ; mais en une certaine occasion, il en coûta la vie à un militaire anglais, Pour atterrir le poisson, il se vit contraint de sauter d'une roche à l’autre ; son pied glissa et l'onde l’engloutit : on ne trouva au bas que quelques

membres épars et meurtris seulement.”

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