‹ Monographies et esquisses [microforme]Chapitre 88 sur 131 · LA LETTRE DE H. V · texte numérisé non relu

LA LETTRE DE H. V

( ABBÉ HospiCE VERREAU ? })

Une relique historique.

La Minerve à publié l'inscription de la plaque trouvée à Beauport le /ournal de Québec l’a reproduite aussi ; mais avec une -certaine différence Pour l'étude des personnes éloignées et pour l'utilité de la science, il est bien désirable qu'on en prenne de nombreuses impressions sur plâtre. Si madame Gugy accorde la permission nécessaire, elle méritera certainement la reconnaissance de ceux qui étudient notre histoire,

Il paraît que le dernier chiffre de la date se lit avec difficulté. Il est toutefois très important de le déterminer avec toute la précision possible.

A mes yeux la dute du 25 juillet entraîne plusieurs conséquences qui disparaissent avec un autre chiffre.

I. Le vingt-cinq juillet est consacré à l’apôtre Saint Jacquesle Majeur. Ne peut-on pas traduire le second groupe trilittère, M. J. A, par A/ajori Jacvbo Apostolo. Le premier groupe, si connu d’ailleurs, étant latin, ilest nature à supposer que le second l'est aussi.

II. La fête de Suint Jacques-le-Majeur, qui tombait un mardi en 1634 était chômée ; par corfséquent les travaux serviles ont dûs être suspendus ce jour-là.

III. Le même jour, 25. juillet 1634, Robert Giffard assistait à un mariage à Québec, ce qui pêut expliquer pourquoi il était remplacé, à Beauport, par son fils Charles,

Mais la pose de la pierre angulaire d'une simple maison, un jour de grande fête, me semble difficile à expliquer, qu’on veuille ou non y faire intervenir les cérémonies de la religion,

L'expression : /e été plantée offre aussi une difficulté. A cette époque on faisait de nombreuses fautes d'orthographe, mais on avait presque toujours le mot propre.

Il est bien vrai qu’en termes d'architecture, on disait /anter un édifice pour l'asseoir sur la maçonnerie de ses fondements ; mais je ne sache pas qu'on ait dit : #/auter les pierres des fon dements.

Cette plaque n'aurait-elle pas été destinée à une croix plantée à l'endroit que Giffard voulait défricher ?

Il est d'autant plus naturel qu'il ait commencé ses travaux par cet acte de foi qu'il devait songer de faire bâtir une église près “de ‘smeure Dans cette supposition, on s'explique facilement

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-que la croix ait été plantée un jour de fête solennelle, où tout le

monde, surtout à cette époque, devait vaquer à ses devoirs religieux. Je vois dans les Archives de Beauport, par Monseigneur Langevin, que la maison de Giffard, d'après M. Ferland, devait ètre plus près de la petite rivière que le manoir actuel.

C. Giffard, qui est désigné comme seigneur de Beauport, est le fils de Robert. Il étaitné en France et devait être encore assez jeune. C'est de lui que parle le Journal des Jésuites en disant que le fils de M. Giffard passa en France, en 1646, avec plusieurs jeunes gens “tous fripons pour la plupart qui avaient fait mike pièces à l’autre voyage, et on donnait à tous de grands appointements.”

Ce 28 octobre, il était parrain et il s’ermbarquait le 31.

Il n’est plus question de lui après cette date, soit qu'il ait renoncé au Canada, soit qu'il ait péri prématurément. Le père reprit sa seigneurie de Beauport qu'il fit agrandir le mieux qu'il put.

P.S — En écrivant ce qui précède, j'étais un peu pressé ; j'aurais dû remarquer cependant que, sous la lettre C., les lecteurs ne pouvaient deviner le prénom du jeune seigneur de Beauport. J1 s'appelait CAarles, et devait être né en France, comme sa sœur Marie, qui devint Madame de la Ferté.

Dans l'intérêt de nos lecteurs, je ferai remarquer que le 24ctionnaire Généalogique renferme à l’article GIFFARD, certaines erreurs. Ainsi #rançoise qui commence l’article est la même que Marie Françoise qui la termine : elle se fit religieuse à l'Hôtel Dieu. L'épouse de /ean Juchereau de la Ferté fut Marie, née en France, puisque son contrat de Mariage, en 1645, la dit “âgée de 17 ans environ,” ce qui reporte sa naissance vers 1628, Charles assiste et signe au contrat. Ce n’est pas Xobert Giffard ; mais son fils /osep*, dont le corps fut transporté à la cathédrale, le 13 décembre 1705.”

Le manoir de Beauport, après être resté pendant près de deux siècles en la possession de la famille Duchesnay, passa au col. B. C. À. Gugy, il y a trente ans et plus, Le colonel s'y bâtit tout auprès une demeure plus moderne ; il a acquis des héritiers de Salaberry, le domaine adjacent. La propriété est maintenant ,occupée par dame Veuve Gugy et son gendre M. H, Ryland.

HAUDIMAND-HOUSE, Montmorency

Au nombre des spectacles grandioses que la nature a semés si libéralement, autour de notre ville, nommons en premier lieu la chute de Montmorency—qui borne à l'est la florissante paroïsse de Beauport, à sept milles de Québec

Dans un évasement ou bassin creusé dans la rive nord du St-Laurent, la fameuse cascade tombe avec fracas, d'une hauteur qui vous donne le vertige, Sa blanche écume irrisce des rayons solaires, vue du fleuve, vous fait l'effet d'un colossal rideau de satin blanc ou bien encore, d’un fleuve de l2°° en ébullition, d'où lui est venu le nom populaire Zu Vache, bien longtemps après le nom historique qui rappelle un éminent prélat, Laval de Montmorency, et un Vice-Roi distingué, Le volume des eaux tombantes est moindre, il est vrai, que celui de la cataracte de Niagara, mais l’onde impétueuse se précipite de bien plus haut ; l'élévation est de deux cent cinquante et un pieds,—deux cent cinquante pieds d'après Pouclctte's Topography. LADA L

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Notre cascade, si majestueuse, si pittoresque en été

quand l'arc-en-ciel illumine ses bouillons, sait varier ses spects selon les saisons. Aux sombres jours de l'hiver une montagne, ou cône glacé, créée par le revolin des eaux, présente à sa cime une glissade, où la descente se fait avec une rapidité vertigineuse ; quelques fois, son intérieure se transforme, sous la main de l’homme, en un vaste et féérique palais, où tout est de glace : parquet, siéges, canapés, girondoles, tables mêmes, tout excepté les sorbets et les friandises appetissantes que l’on y sert moyennant finance,

Ça rappelle, ce palais de glace érigé, en 1787, par cette astucieuse et cruelle czarine de Russie, Catherine que Carlyle surnomma “un Louis quatorze en jupons” et que

ces admirateurs en France nommèrent “La Sé$miramis du nord.”

Le poète anglais Cowper décrit comme suit cette

merveille, “Silently as a dream the fabric rose ;

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