‹ Monographies et esquisses [microforme]Chapitre 95 sur 131 · GOD SAVE THE QUEEN · texte numérisé non relu

GOD SAVE THE QUEEN

Ne voilàtil pas un programme et des act:urs, qui nous promettent un drame émouvant, palpitant d'intérêt et de nouveauté, pendant une course de deux mille lieues ?

Lord Dufferin fut assez heureux après quelques jours d'attente, de voir une magnifique éruption du Grand Geyser, une colonne d’eau brillante de lumière et de vapeurs, s élançant en gerbe argentine, se divisant en plusieurs jets, d'une incomparab e beauté ; puis, ce magique spectacle, ces fantastiques eaux ther males, reprenant leur calme habituel et disparaissant dans la cavité de leur singulier entonnoir. Le tout est décrit avec un coloris de style, une clarté d'expression, qui vous fait presque assister en personne aux convulsions du monstre en courroux.

Pour saisir, sous tous ses aspects, la théorie de Lord Dufferin sur les Geysers d'Islande, 1l faudrait avoir sous la main les découvertes de 7Z'yrdal on Heat, aussi bien que celles du savant chevalier Bunsen : les unes et les autres me manquent

C est sur les flancs volcaniques du grand Geyser même, que le noble comte fit la connaissance, pour la première fois, du prince Napoléon, et où il lui offat l'hospitalité de sa tente. Cette amitié se cimenta par de petits présents ; entr'autres par une superbe paire de candelabres bronzés, que le prince offrait à l’avantureux yachtman et qu'il nous a été donné d’admirer sur la citadelie de Québec ; en retour ce dernier lui faisait cadeau dune belle carabine.

Quelle singulière région que cette Islande avec ses glaciers perpétuels, ses eaux thermales, tour à tour tranquilles, tour à tour en ébulition, au sein des frimas ; ses Sagas ; ses vivaces traditions littéraires ; son dieu Odin, dont la cosmogonie et le rituel nous ont été transmis par des archéologues Islandais.

Parmi presque toutes les anciennes races scandinaves, c'est en Islandais que sont rédigés les vieux manuscrits. C'étaient des diplomates Islandais qui conduisaient les relations diplomatiques des Cours du Nord. Les relevés typographiques de l'ère la plus reculée sont tracés en cette langue. La première ébauche d’histoire en langue vernaculaire est celle de Snorro Sturleson est rédigéé en dialecte islandais

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“Elle portait le nom de /Zeimskringla, parce que ce mot se trouvait le premier dans le manuscrit, et résumait l’histoire des rois norvégiens depuis les temps fabuleux, à venir à l’année 1150, de l'ère chrétienne.” ‘Elle raconte,” dit lord Dufferin, avec tant d art et de tact, quelle semble combiner le talent dra matique de Macaulay avec la peinture des caractères de Clarendon et la causerie familière de Pepys.” Snorro Sturleson eut une mort tragique : sa convoitise lui fit épouser à la fois deux riches héritières. Deux femmes à la fois pour un homme, en Islande ou ailleurs, j'oserais dire, peuvent causer des embarras matrimoniaux ; ses trois gendres l'assassinèrent une sombre nuit de sep tembre, en 1241, à Reckholt. e siècle de Snorro fut une ère remarquable pour les lettres.

Puis le savant écrivain nous raconte la découverte du Groën. land par Eric le Roux. En faveur des habitan s, le Pape Nico: las émanait, en 1448, un bref, leur acordant un nouvel évêque et des pasteurs, pour marquer son approbation de leur dévouement, et en considération de ce qu'ils avaient élevé plusieurs tem ples sacrés et une superbe cathédrale. ‘Puis tout disparaît pen dant quatre siècles, comme un rêve, et des missionnaires le découvrent de nouveau au 16e siècle.” fe n’en finirais pas, trèscher poëte, si j'entreprenais de vous retracer toutes les intéres santes choses que le savent comte nous rapporte sur l'Islande. Enfin montons avec le noble Lord, dans le Æoam ; Louis Napoléon est un bon prince, il nous touera avec sa puissante corvette Za Reine Hortense. Cinglons pour le grand nord, le Spitzberg et le pic volcanique de Jan Mayen qui sélance de l Océan, haut de 6,870 pieds. Quand, au sein des brumes, en 1514, le capitaine Fotherby découvrit pour la première fois Jan Mayen, en entendant le bruit des vagues sur la base du mont Beerenberg, il S’imagina ave': découvert un nouveau continent. Lisez, si vous le pouvez sans frémir, le sort des sept matelots hollandais laissés pour y hiverner, en 1633. Au printemps suivant, le secours venait, mais trop tard, - la flotte hollandaise. On lisait dans le journal des sept infortunés, le récit poignant de ieur agonie, sous l’étreinte du troid, aux prises avec le scorbut et le désespoir.

Une des plus fraîches peintures que l'on trouve dans le volume, est celle qui retrace, à bord de la Xeine ÆZortense, une coutume traditionnelle des marins francais, lorsque leur vaisseau, aborde pour tout de bon, le bord de la banquise dans les wers glactales, comme les nommait l'amiral de la Roncière, le commandant Ge la corvette francaise :

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