I. Marie-Annb Le Gardeur de Tilly
Née à Montréal le 10 avril 1727.
IL Armand Le Gardeur de Tilly
Né à Rochefort le 14 janvier 1733.
Il fut contre- amiral, chef d'escadre, chevalier de Saint-Louis et de l'ordre de Cincinnatus. Il commandait la frégate la Concorde en 1778 quand il soutint une lutte glorieuse contre la frégate anglaise la Minerve qu'il força d'amener son pavillon. Ce fait d'armes lui valut le grade de capitaine de vaisseau. Sa rencontre avec la frégate anglaise le Coiigris, l'année suivante, ne fut pas moins brillante. Après trois heures d'un feu très vif, le bâtiment ennemi percé à sa flottaison, se vit contraint de fuir et le capitaine de Tilly fut blessé d'un coup de mousquet. Appelé au commandement de V Eveillé, de 64 canons, il se distingua par plusieurs actions d'éclat. Le 9 février 1779, M. Le Gardeur de Tilh^ commandant V Eveillé, et ayant à ses ordres la GeJitille, la Surveilla7ite, capitaines de Villeneuve, Cillard et de la Villebrune, ainsi que le cutter la Guêpe, appareillait de Newport pour la baie de Chesapeake. Il y arrivait le 18, et le même jour repoussait la flotte d'Arnold dans la rivière Elizabeth, prenait un sloop chargé de farine, s'emparait du corsaire le Earl Cornwallis, de 16 canons et de 50 hommes, du corsaire la Revange, de
12 canons et de 20 hommes, de trois pièces, et d'un autre corsaire de 8 canons et de 25 hommes. Le lendemain, 19, il donnait la chasse au Romulus, de 44 canons et de 260 hommes, ainsi qu'à un gros brick qui avait à son bord 59 réfugiés de la Virginie. Il s'empara de ces deux navires. Le Romulus avait à son bord 100,000 louis sterlings destinés à la solde des troupes d'Arnold. Le 3 mars, M. de Tilly rentrait à Newport avec toutes ses prises et son butin aux acclamations de la foule qui le reçut comme un héros, (i) Il se retira du service avec le grade de contre-amiral en 1792. Jeté dans les cachots de la Terreur, il recouvra sa liberté après le 9 thermidor et se retira dans sa terre de la Salle, près Rochefort, où il mourut le ler janvier 1812.
Il avait épousé Jeanne-Rosalie Magnan de Montaigu dont il eut :
1° Jean-Pierre Le Gardeur de Tilly. Ofi&cier de marine et chevalier de Saint-Louis. Décédé à Echillais, Charente- Inférieure, en 1850. De son mariage avec Estelle Aymer de la Chevallerie, il eut deux fils :
A. Théodule Le Gardeur de Tilly né à Echillais le 3 octobre 1806. Marié, à Saintes, le 29 juillet 1832, à Marie-Thérèse- Aglaé Girard du Demaines. Il décéda à Echillais le 25 août liJyô
B. Charles- Mélanie Le Gardeur de Tilly né à Echillais en 1809. Marié, le 29 juillet 1835, à Philippine-Hermine Arnault de Nanclos. Il est décédé à La Valette, Charente, le 12 mars 1847.
2° Alexandre Le Gardeur de Tilly. Ofiicier de
(i) Faacher de Saint-Maurice, Notes pour servir à l'histoire des officiers de la marine et de V armée française qui ont fait la guerre de l'indépendance améticaine, p. 238.
marine. Décédé à Saintes le 5 mars 1858. Il se maria, à Saintes, le 24 octobre 1808, à Angélique-Hélène de Turpin de Jouhé (iJ, puis, en secondes noces, à Saintes, le 14 février 1838, à Séraphine de Beaumont. Il avait eu de son premier mariage :
A. Elise Le Gardeur de Tilly née à Champagne le i®"^ septembre 1809. Mariée, à Saintes, le 20 mai 1829, à Sigisbert de Laage. Décédée au château de Forgette le 11 juillet 1887.
B. Jules Le Gardeur de Tilly né à Champagne le 30 novembre 18 10. Décédé en bas âge.
C. Gaspard Le Gardeur de Tilly né à Champagne en octobre 181 1. Décédé au Chantreau, près Saintes, le 6 janvier 1830.
D. Céleste Le Gardeur de Tilly né au Chantreau en 1812. Décédée à Saintes en bas âge.
. E. Henri Le Gardeur de Tilly né au Chantreau en 181 5. Décédé en bas âge.
F. Alexandrine Le Gardeur de Tilly née au Chantreau. Décédée à Rochefort en bas âge.
G. Marie-Estelle Le Gardeur de Tilly née au Chantreau le 30 mars 182c. Mariée, à Saintes, le 10 janvier 1838, à Gustave de Pichon, ofiScier de carabiniers. Décédée à Blanquefort le 31 décembre 1877.
H. Marie- Antoinette- Florence Le Gardeur de Tilly née au Chantreau le 26 juin 1822. Mariée à Saintes, le 21 avril 1841, à Stanislas de Montalembert de Cers. Décédée à Saintes le 19 décembre 1888.
I. Marie-Hippolyte Le Gardeur de Tilly né à Saintes le 9 juin 1825. Marié, à La Roche-sur- Yon,
(i) Elle mourut en odeur de sainteté. Sa vie a été publiée à Bordeaux en 1879.
le 28 octobre 1860, à Elizabeth Roussel de la Myvais. Il est décédé au Chantreau le 7 juin 1885.
3° Etienne-Marie Le Gardeur de Tilly. Il fut capitaine de vaisseau. Il mourut au Chantreau en janvier 1830. Il ne s'était pas marié. III. lyE che;vai,ier . . . . Ee Gardeur DE T11.1.Y
Il servit comme second à bord de la frégate la Concorde commandée par son frère.
Il périt dans le combat contre la frégate anglaise la Minerve à Saint-Domingue le 22 août 1778.
Première génération : Etienne Rocbert de La Morandière Deuxième génération : Etienne Rocbert de La Morandière
ETIENNE ROCBERT DE LA MORANDIERE
Né à Montréal le 22 février 1701.
En 17 19, il entrait comme cadet dans les troupes de la marine.
En 1724, M. Rocbert de La Morandière était nommé sous-ingénieur dans le gouvernement de Montréal.
M. de Beauharnois, gouverneur de la Nouvelle- France, eut avis, au printemps de 1729, qu'il se tramait un complot entre les Iroquois et les sauvages alliés des Anglais pour attaquer les établissements des environs de Montréal. Ils devaient commencer leur grande incursion par l'extermination des Français qui étaient dans les postes de Niagara et du fort Frontenac. Le gouverneur donna aussitôt ordre à M. Rocbert de La Morandière de visiter le gouvernement de Montréal pour faire construire dans les côtes des forts en pierres où les habitants et leurs familles pourraient se retirer en cas d'attaques (i).
M. Rocbert de La Morandière a dressé lui-même un état des courses qu'il fit en 1729 et en 1730, par ordre de M. de Beauharnois :
"Le 20 juin 1729, j'ai été commandé par monsieur le marquis de Beauharnois pour aller tracer et commencer le fort au bout de l'île au-dessus de Montréal.
(i) Lettre de Beauharnois au ministre, 25 octobre 1729. Correspondance générale, Canada, vol. 51, c. 11.
" Le 24 du dit (mois), j'ai été tracer et fait comînencer le fort de la Pointe Claire.
"Le 26, j'ai été à la côte de Sainte-Geneviève sur le bord de la rivière des Prairies y tracer un fort et le faire commencer.
"Le 2S, j'ai été au haut de la côte de Lachine 5'tracer un fort.
" Le I" juillet, j'ai été au haut de la côte de la rivière des Prairies pour y tracer et faire commencer un fort.
" Le 3 du dit (mois), j'en ai tracé et fait commencer un deuxième au milieu de la dite côte.
" Le 5 du dit (mois), j'en ai tracé et fait commencer un troisième au bas de la dite côte.
" Le 8, j'ai été au bas de l'île Jésus du côté du sud y tracer et faire commencer un fort.
"Le 10, j'en ai tracé un deuxième au haut de l'île du même côté.
" Le 13, j'ai été au bas de l'île Jésus du côté du nord y tracer un fort.
" Le 16, j'ai été au haut de la dite île du même côté en tracer et faire commencer un deuxième.
" Le 20, j'ai été au bas de lacôte deLaChesnaye y tracer et faire commencer un fort.
" Le 22, j'en ai tracé un deuxième au haut de la dite côte et l'ai fait commencer.
" Le 25, J'ai été à Terrebonne y tracer et faire commencer un fort.
" Le 3 août, j'en ai tracé et fait commencer un à la Pointe-aux-Trembles.
"Le 8, j'ai été au bas de l'île de Montréal y tracer et faire commencer un fort.
" Le 10, j'ai été à Repentigny y tracer et faire commencer un fort.
"Le 13, j'en ai tracé et fait commencer un à la côte de Saint-Sulpice.
" Le 16, j'ai été à LaValtrie y tracer et faire commencer un fort.
"Le 18, j'ai été à Lanoraie y tracer et faire commencer un fort.
"Le 20, j'en ai tracé et commencé un à la côte de Daubré (?)
" Le 21, j'ai tracé et commencé un fort à Dorvilliers.
" Le 23, j'ai tracé et commencé un fort à la côte de Berthier.
" Le 24, j'ai été à l'île Dupas y tracer et faire commencer un fort.
" Le 26, j'ai été à Sorel y tracer et faire commencer un fort.
" Le 29, j'ai été à cinq lieues dans la rivière de Richelieu pour y tracer et faire commencer un fort sur la côte du nord de la dite rivière dans le haut de la seigneurie de Saint-Ours.
" Le 2 septembre, j'ai été à Saint-Ours sur le bord du fleuve Saint-Laurent y tracer et faire commencer un fort.
"Le 6, j'ai tracé et fait commencer un fort à Contrecœur.
" Le 9, j'ai été à Verchères y tracer et faire commencer un fort.
" Le II, j'ai tracé et fait commencer un fort au cap Saint-Michel.
" Le 14, j'ai été au bas de la côte de Varennes y tracer et faire commencer un fort.
"Le 16, j'en ai tracé et fait commencer un deuxième au haut de la dite côte.
"Le 20, j'ai été au village de Boucherville où j'en ai tracé et fait commencer l'enceinte.
"Le 25, j'ai été à la côte de la Prairie de Saint- Lambert y tracer et faire commencer un fort.
" En 1730, j'ai été par ordre de monsieur le marquis de Beauharnois visiter et faire achever tous les forts des côtes de ce gouvernement dont est parlé ci-devant où j'ai été deux mois et demi." (i)
La pièce suivante nous donne en détail l'ouvrage fait par M. Rocbert de La Morandière eu 1731 :
' ' Je suis parti de Montréal le 1 1 avril pour aller faire achever le fort de Boucherville et suis revenu le 20 du dit (mois).
(i) Correspondance générale, Canada, vol. 51, c. ir.
" Je suis parti de Montréal le ler de mai pour aller visiter les réparations des forts Frontenac et de Niagara et en faire faire quelques-unes des dites réparations, et suis arrivé le 20 de juin.
" Je suis parti de Montréal pour aller faire construire un fort à la Pointe aux (à la) Chevelures le 16 d'août et en suis arrivé le 20 novembre, ce qui fait en total 121 journées."(T)
Dans l'été de 1740, le marquis de Beauharnois, gouverneur-général de la Nouvelle-France, envoya M, Rocbert de La Morandière réparer le fort Niagara dont les piquets tombaient en ruine, et ensuite au fort Frontenac pour le mettre en état de soutenir un siège (2).
En 1743, le sieur Sylvain, médecin du roi à Montréal, eut de graves démêlés avec M. Guiton de Maurepos, juge au même lieu. Celui-ci obtint même un décret de prise de corps contre M. Sylvain. Le capitaine de garde à qui on s'adressa, selon l'usage, pour l'exécution de ce décret, était ce jour là, par une curieuse coïncidence, M. de Varennes, beau-frère de M. Sylvain. Il refusa main-forte. Comme la garde ne devait être levée que le lendemain, M. Sylvain eut le temps de faire enlever les meubles de sa maison, puis de se mettre en lieu sûr. M. de Varennes alla encore plus loin. Le lendemain, M. de Lavaltrie, qui avait relevé la garde, voulut prêter main-forte. M. de Varennes souleva tous les ofi&ciers contre M. de Lavaltrie. Le roi ne tarda pas à être informé de ce manque sérieux à la discipline. Il résolut de faire un exemple. Le 24 mars 1744, il cassait le sieur de
(i) Correspondance générale, Canada, vol. 54, c. 11.
(2) Lettre de M. de Beauharnois au comte de Maurepas, 31 octobre 1740. Correspondance générale, Canada, vol. 73, c. II.
Varennes, donnait sa compagnie à un autre, et il interdisait pour trois mois les sieurs Duplessis, Faber et Rocbert de La Morandière pour conduite irrégulière en cette occasion (i).
En 1744, M. Rocbert de La Morandière fut de nouveau envoyé au fort Niagara par le gouverneur de Beauharnois. Cette fois toutes les palissades de l'enceinte furent réparées et doublées de façon à mettre cette place dans un meilleur état de défense. Ces importants travaux ne furent terminés qu'à la fin de r automne (2).
En 1748, M. de la Galissonière envoya M. Rocbert de La Morandière réparer le fort Frontenac et faire rapport sur la condition de l'artillerie dans ce fort (3).
Le 10 octobre 1748, MM. de la Galissonière et Bigot écrivaient au ministre en faveur de M. Rocbert de La Morandière :
" Sur le compte qui vous fut rendu par MM. de Beauharnois et Hocquart en 1743 et 174.4 des voyages faits pour le service par le sieur Rocbert de La Morandière, sous-ingénieur à Montréal, vous eûtes la bonté de lui procurer une gratification extraordinaire de 200 livres pour chacune de ces deux années. Cet ofi&cier, dans l'espérance que cette gratification lui avait été continuée pour les années suivantes, a touché de bonne foi des mains du trésorier, qui le croyait toujours employé, pareille somme de 200 livres pendant les années 1745, 1746 et 1747, ce qui fait un objet de 600 livres dont le dit sieur de La Morandière se trouve aujourd'hui redevable à la caisse, n'étant point porté
(i) Edouard Richard, Supplément du RappoH du Dt Brymner sur les archives canadiennes, 1S99, p. 148.
(2) Lettre de M. de Beauharnois au comte de Maurepas, 8 octobre 1744. Correspondance générale, Canada, vol. 81,