‹ Monographies [microforme]Chapitre 16 sur 29 · EE - , == = — = = = TE FRERES == D · texte numérisé non relu

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Neuvièue fÉvéQue.—Nous venons de voir que Mgr d’'Esglis mourait le 4 de juin 1788. Huit jours après, Mgr Jean-François HuBER‘Y, eveque u‘’Almyre et coadjuteur depuis près de quatre ans, fut aussitôt reconnu cumme titulaire et prit possession de son siège, devenant le neuvième évêque de Québec. Né en 1739 il avait alors 49 ans.

Il choisit pour auxiliaire M. Charles François Baillÿ de Messein, curé de la Pointe-aux-Trembles de Québec, et lui conféra la consécration épiscopale, sous le titre d’évêque de Capse,

Mgr Hubert mourut à l'Hôpital Général (Québec) le 17 d'octobre 1797, à l’âge peu avancé de 58 avs, et 8 mois seulement après avoir donné sa démission. DixièME ÉVÊQUE. —A la mort de sou coadjuteur, Mgr Bailly de Messein, en 1794, (dd), Mgr Hubert se choisit, l’année suivante, un autre coadjuteur dans la personne de M. Pierre Denaut, curé de Longueuil ; et lorsque Mgr Hubert se retira, en 1797, Mgr Pierre DxnaurT devint le dixième évêque titulaire de Québec, Il continua, cependant, de séjourner à Longueuil, laissant tout pouvoir, aans sa ville épiscopale, à M, Plessis, curé de Notre-Dame, vicaire général et coadjuteur

élu.

MgrDenaut était né à Montréal, en 1743, et …ïl

mourait à Longueuil le 17 janvier, 1806, à l'âge de 62 ans et. 6 mois. il fut inhumé dans le chœur de l’église de cette paroisse, dont il avait été le curé l’espace de

17 ans.

ONZIÈME ÉVÊQUE.— Avec le XIXe siècle apparais-

sait le plus grand évêque qui ait occupé ie trône épis-

copal de Québec, et tout Canadien qui a tant soit peu étudié l'Histoire de son pays, sait que j'ai nommé déjà Mgr Joseph-Octave PLessis. C'est une de ces vastes intelligences comme la Providence n’en envoie que tous les deux ou trois siècles. Je me bornerai, cependant, à une courte notice, vu ie cadre restreint de ces Mono- GRAPHIES.

Mgr Plessis naquit en 1763, (le 3 mars) à l’époque où notre pays passait définitivement sous la domination anglaise, fortement naïe à cette date ; et cet enfant, né au berceau du régime britannique, devait lutter une grande partie de sa vie contre les gouverneurs de la nouvelle capitale, contre l’oligarchie anglaise, aussi injuste qu’arrogante ; et ces luttes d’un évêque catholique contre uu gouvernement protestant et puissant, devaient touruer à notre avantage, en nous assurant [a reconnaissance et la jouissance de nos droits religicux et civils. Mgr Plessis a été l'homme que la Providence avait choisi pour nous sauver de la griffe du lion britannique, voulant faire du Canada une deuxième Irlande. Et cette mission, ie grand évêque l’a remplie avec amour, avec fermeté, sans faillir iamais.

Nous avons vu que Mgr Denaut, retiré à Longueuil, s’en rapportäit à M. Le curé de Notre-Dame de Québec du soin des intérêts religieux du diocèse, lui laissant tout pouvoir dans sa ville épiscopale, et qu’il l'avait . >mmé son vicaire général et son coadjuteur. Dans l'état où 5e trouvait le vieux monde, à c-tte époque, il n’y avait pas lieu d'espérer que ce choix püût être confirmé de sitôt par le souverain pontife. En effet, Rome,

72 MONOGRAPYNIES

la ville éternelle, était tombée au pouvoir des révolutionnaires français, et Pie VI, âgé de 80 ans, avait été arraché de son palais et traîné en exil, où il mourait (à Valence), en 1799.

Pie VII, ayant remplacé Pie VI sur le trône de Saint-Pierre, s'empressa de faire parvenir à Québec les bulles institnanut M. Plessis évêque de Caänathe et coadjuteur de Québec avec future succession (le 26 d'avril 1600). La cérémonie de sa consécration eut lieu à la cathédrale avec un éclat tout à fait extraordinaire, le 25 janvier 1801,

À la mort de Mgr Denaut,ren 1806, Mgr Plessis devint le onzième évêque titulaire de Québec. IL fut nommé au Conseil Législatif en. 1818 ; fait archevèque en 1819, et termina sa carrière glorieuse en 1825

Je rite ici une page de l'Histoire du monastère de Notre-Dame des Anges : cette citation intéressera surtont les lecteurs de Saint-Roch de Québ c.

Depuis le 18 octobre, (1) le bon prélat était retiré dans notre maison, (2) Des enflures douloureus-s aux pieds et aux jambes l'avaient arrêté précédemment : cette fois la maladie se montrait plus rebelle qu’à l'or. dinaire. sans néanmoins inspirer de graves appréhensions. Quelquefois le vénérable malada se sentait assez de force pour se rendre à la salie des femmes, afin d’assister au ‘vin sacriice et de recevoir la sainte communion. Il eut le bonheur de célébrer lui-même la messe le dimanche, 4 décembre

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ÉY ÊQUES 79

‘ Après avoir diné gaiement etfde bon appétit, il reçut lA visite de son coadjuteur, monseigneur Panet, évêque d& 3aldes, et celle de plusieurs membres de son clergé, qui tons prirent congé de leur premier pasteur satisfaits de l’état où ils l'avaient trouvé. M. Laurent- Thomas Bédard, notre chapelain, se retira à son tour pour vaquer au devoir du saint ministère. Resté seul avec son médecin, M, l2 docteur Fargues, monseigneur Plessis continua de s'entreteñir sur divers sujets: Il était assis dans son fauteuil et ne paraissait pas éprouver de fatigue, Vers trois heures, regardant la foule des fidèles qui sortait de l’église Saint-Roch :— Voyez 5e bon peuple, dit-il, avec quelle assiduité il se rend aux offices. avec quel zèle .…..” Il voulut ajouter quelque chose, mais les paroles espirèrent sur ses lèvres ; il demeura immobile et ne donna plus aucun signe de vie ! À cette vue, le docteur Fargues fut saisi d’étonnement ; une pâleur de mortse répandit sur sa figure, et c’est à peine s'11 put appeler quelque secours eu souuant la cloche des hospitalières, Averti au plus vite, notre père Bédard accourt auprès de son évêque et lui applique couditionellement les dernières onctions ; pui: il se rend en toate hâte à la ville pour an noncer au clergé la fatale uouvelle,

‘Tout Québec partagea bientôt la consternation et la douleur aui s'étaient d’abord répanaues dans l’in” térieur de notre cloître, Dès que l'illustre prélat, re. vêtu de ses habits poutiflicaux, fut exposé dans la chambre funèbre, on vit afluer auprès de sa dépouille mort-lle tout un peuple en deuil, La foule fut plus

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grande encore dans notre église, le 6 décembre, Jour où le clergé vint en corps pour transporter à la cathédrale 1-s restes du regretté pontife. Ses obsèques eurent lieu le leudemain avec toute La pomps qu'il fut passible de déployer; monseigneur Parñet officia, et M. Demers prononça l'oraison fanèbre sur ce texte : 14 a été aimé de Dieu et des hommes. Plus d'uac luis, Porateur dut s’interrompre pour donner un libre cours à son émotion ; et les sarglots qui éclataient de toutes parts dans le temple sacré, témoignaient ass-z de la douleur et des regrets universels. C’est à l’église: Saint- Roch, cher objet de ses affections, sujet de ses dernieres pensées, que le grand évêque avait légué son cœur, [l y fut transporté dans l’aorès-midi du 7 décembre, au milieu d'un grand concours de peuple ?”

Il yaune autre version au sujet des dernières paroles qu’aurait proférées Mgr Plessis, à l’instant où sa belle âme allait s'échapper de son enveloppe terrestre, Je donne ici cette version qu: m'a fournie un de nos évèques les plus distingués, se portant, en même temps, garant de son exactitude.

D’après ce prélat, Mgr Plessis, quelques instants seulement avant son trépss, s’entretenait avec une autre personne des grandes vertus sarerdotaies de Messire Alexis Lefrançois, aïors curé de la paroisse de Saint-Augustin, qu'il a desservie l’espace de 38 ans et demi, de 1810 à 1843. L’illustre évêque, juæe compétent en homes, professait hautement son admiration pour cet humble curé de campagne, dont la vie offre

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plusieurs taits de ressemblance avec celle. du curé d'Ars,

Pour taire accorder cette version avec celle que nons avons rapportée, dans la citation plus haut, il faut que Mgr Plessis ait eu l'entretien ‘au sujet de M. Lafrançois avec le chapelain, M, Bédard, peu d'ins. tants avant la syncope qui l’emportait ; car comment supposer que le Dr Fargues, qui a reçu le dernier soupir du prélat, n'ait pas rapporté 1a conversation touchant M. Lefrinçois cemme il a rapçorté les remarques au sujet de la population de Saint-Roch ?

Mgr Plessis mourait à l’âge de 62 ans et 9 rois,

DouzièmEe #vVÊQUE.—Mgr Bernard-Claude Paner devint coadjuteur de Mgr Plessis en 1896, Il était né en 1793, (le Jjanvier) et se trouvait, par corséquent, de 10 ans plus âgé que l’évêque titulaire. A la mort de celui-ci, (1825) il lui succéda sur le trône épiscopal, qu'il occupa jusqu’en 1832, Il mourait arch:vêque le 14 de février 1833, à l'Hôtel-Dieu de Qaébec, qu . avait choisi comme dernière demeure sur cette terre : il était âgé de 80 ans, 1 mois et 5 jours. Avant de mettre un terme à sa carrière publique, le 16 octobre 1832, il avait normmé Messire Josepa Signay son Coadjuteur et successeur.

TrerzièmEe ÉvÊQUE—Nou: venons de le nommer :

ce fut Mgr Joseph SiGNay, évêque titulaire immédiatement après la mort de Mgr Panet. En 1844, il devint le premier archevêque en exercice. Il fui fortement appuyé par Messire Charest, curé de Saint-Roch, un des fondateurs du couvent des Dames de la Congréga-

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76 MONOGRAPHILS

tion de Saint-Roch, en face de l’église. C’est encore. lui qui eut l'honneur et le mérite de faire vemr à Québec ies frères des Ecoles chrétiennes,

En 1849, se sentant vieillir, il avait nommé Messire Pierre-Flavien Turgeon son coadiuteur. L'année suivante, le 3 d'octobre, il succombait à une attaque d’apoplexie. Il était âgé de 71 aus et 11 mois.

QUATORZIÈME ÉVÊQUE.—A la mort de Mgr Signay) en 1850, Mgr Pierre-Flavien Tunérox devint le quatorzièue évêque et deuxième archevêque de Québec. IL était membre du séminaire de Québec ; il présida le EL premier conciie tenu dans cette ville, en 1551, et inau- | [ll 1 gura l’université Laval, en 1854.

Douze ans avant sa mort, e1 février de 1855, ce | W | saint évêque fut frappé de paralysie. Pendant ces douze HE N dernières années, alors que les souff ances le tenaient | cloué à son fauteuii ou à son lit, il eut constamment DRE DU auprès de lui quelques-unes de ses filles de prédilec- QU tion : les bonnes sœurs de la Charité, Ces véritables | EU servautes d’un Dieu plein d'amour, se prodiguèrent LUE jour et nuit pour procurer tous les soulagements pos-

sibles à leur père bien-aimé., Aussi eurent-elles le bon ] * heur de recueillir son dernier soupir, le 25 d'août 1867,

en présenc- de tout le clergé de l'archidiocèse, alors réuni pour la retrait: annuelle. Mgr Turgeon fut inhumé à la cathédrale, le 28, et, dans laprès-midi du même jour, Mgr Charles-François Baillargeon prit solennellement poscession du siège archiépiscopal.

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Mgr Turgeon était né le 12 novembre 1787: il avait donc 79 ans et 9 mois, lorsque Dieu mit fin à ses longues souffrances,

QuiNzIÈME ÉVÊQUE.— Il y avait déjà une douzaine d'années que Mgr de Tloa avait la charge de l’administration de l’archidiocèse, lorsqu'il prit possession de son siège comme quinzième évêque et troisième archevêque de Québec,

Charles-François BAILLARGEON était né à l’Tsle-aux- Grues, le 25 d'avril 1798 ; il fut ordonné prêtre en1822 ; fut curé de Québec de 1831 à 1850 ; évêque de Tloa en 1851, puis archevêque de Québec, comme nous venons de le voir, en 1867, Il contribua activement à la fondation de l’université Laval, 1l assista, le 8 de décembre 1869, au grand concile œcuménique tenu dans la basilique vaticane. Il y avait là 700 évêques vénous de tous les coins du monde, pour proclamer à la face du Giel et de la Terre que le vicaire de Jésus-Christ, sur cette terre, est infaillible !

Je viens de dire : ” 700 évêques ; il y avait en tout à l'ouverture de ce concile qui demeurera à jamais célèbre, plus de 830 Pères, dont plus de 700 étaient évêques. Mgr Baiïllargeon, à ce concile, faisait partie le la congrégation de discipline. Il eût bien voulu donner son vote sur le dogme de linfaillibilité du souverain pontife ; mais le mauvais éta: de sa santé ne lui permettant pas de faire un si long séjour en Italie, 1l obtint du pape la permission de revenir dans son dio. cèse, où i! arriva le 9 de mai f870, ”

A partir de cette date, sa santé ne se rétablit point : il sentait lui-même qu'il quitterait bientôt cette terre, En effet, le 13 d'octobre 1870, il rendait à Dieu son âme pure et Candide. Il était âgé de 72 ans. [f]

Mgr Baillargeon n’avuit pas reçu en partage toutes les facultés intellectuelles que possédait Mgr Plessis ; cependant, on peut dire de celui-là ce que l’on a déjà dit de celui-ci : ” Il fût aimé de Dieu et des hommes. ” Ce qui attiraitsurtout chez Mgr Baïllargeon, c'était son affabilité, sa candeuret sa spirituelle bonhomie, unie à la plus grande fermeté dans les principes. Tous ceux qui ont approché ce prélat distingué. n'ont pu s’empécher de l'aimer et n’ont pu oublier la candeur et la bonté répandues sur sa noble figure. La morosité, cette campagne ordinaire Île l'ambition et de’l’égcisme, n’eut jamais de prise sur le troisième archevèque d : Québec: il é ait d’une nature gaie, aimable, sympathiqu.. Tel fut cet évêque qu21le peuple de nos campagnes regrette encore et dont il ne prononce le nom qu'avec le 1 lus grand respect.

SEIZIÈME ÉVÊQUE.—-Mgr Baillargeon a eu pour successeur Mgr Elzéar-Alexandre TascHEREAN, qui à été consacré le 19 4e mars 1871, dans la cathédrale de Qué bec, par Mgr John-Joseph-Lynch, archevèque de Toronto. Le 7 de juin 1886, Mgr Taschereau étail fait cardinal par la Sainteté Léon XIII, glorieusemen régnant., Mer Taschereau, aujourd'hri dans sa 68me année, vit encore, [août 1888.] (y)

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EPHÉMÉRIDES

ÉVÉQUES DE QUÉBEC

1. Mer Francois Laval de Montmorency, né en 1623 (ra) ; vicaire apostolique du pays et évêque de Pétrée, en 1658 ; évêque de Québec en 1674, etse retire en

1688. Mort au séminaire de Québec, en 1708, âgé de

85 ans.

2, Mor Jean-Baptiste de la Croix-Chevrières de Saint-Vallier, Né en 1653 ; évêque de Québec en 1688, àfla retraite de Mer de Laval ; mort à i'Hopital Général de Québec, en 1727. à l’âge de 74 ans.

3. Mgr Louis-François Duplessis de Mornay, né en 1663 ; nommé coadjuteur de Mer de Kaïnt Vallier, en 1714 ; évêque de Québec en 1728. Ne vint point au pays. Il eut pour coadiuteur Mgr Dosquet ; résigna en 1783, et mourut à Paris, en 1741, à l’âge de 78 ans.

4, Mor Pierre-Herman Dosquet, né en 1691 ; venu au Canadaeni721 ; sacré évêque de Samos en 1725 ; coadjuteur ‘ie Mgr de Mornay de 1729 à 1734, puis évêque en titre jusqu’en 1739. Mort à Paris en 1777, à

l'âge avancé de 86 ans.

5. Mgr Francois-Louis de Pourroy de l’Auberivière, né en 1711 ; évêque de Québec en 1789 ; arrive à Québec en 1740, et y meurt, veu de temps après, de la peste contractée à soigner les pestiférés : il n'était âgé que de 29 ans, 2 mois et 8 Jours.

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