‹ Monographies [microforme]Chapitre 3 sur 29 · AUD · texte numérisé non relu

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golfe, une frégate de 36 canons et 3 autres transports. Le reste de cette gross: flotte, après avoir débarqué à Bos’on les Américains qu’elle portait, ciagla vers Portsmouth, où, peu après son retour, le vaisseau amiral l'Edgar, de 70 canons, saut: avec 400 hommes d’équipage et un grand nombre de persosines qui étaient allées à bord visiter leu's amis. L’amiral Sir Hovenden Walker fut renvoyé du service, en 1715. (h) C’est sous l'administration de M, de Vaudreuil que mourut le grand roi Louis XIV, en 1715. De 1713 à 1725, eurent lieu les ravages des Français à Terre- Neuve et aans la Nouvelle-Angleterre, le massacre des Outagamis, la paix d'Utrecht, (i) la fondation de Loui:bourg, la tentative infructueuse de coloniser l'ile Saint-Jean maintenant l'ile du Prince-Edouard, et le naufrage du Chameau. À propos de ce naufrage, je cite encore notre historien national : —‘‘ÆEn 1725, la France

vou:ut donner qu'ique essor à l’'émigration. Le Cha-

meau, bâtiment du roi, partit de l'Europe chargé de colons pour le Canada, Il portait M. de Chazel, qui venait remplacer l’intendant Bégon, M. de Louvigny, rommé gouverneur des Trois-Rivières, plusieurs officiers, des ecclésiastiques, des marchands, outre six maitres a’école, Une tempête le surprit à l'entrée du golfe Saint-Laurent, et le jeta au ‘niheu dela nuït, sur les rescifs de l’ile du Cap-Breton, Personne ne fut sauvé. Le lendemain, la côte parut jonchée de cadavres et de

marchandises.”

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s 26 MONOGRAPHIES QE: M. de Vaudreuil mourut à Québec, peu de temps fl après ce désastre, le 10 d'octobre 1725 : il était âgé de || « 84 ans, et gouvernait le pays depuis 21 ans. En 1722, il Fe avait regu la grande croix de Saint-Louis, après

cinquante-trois ans de services, Il fut vivement regretté.

Par ,intérim. Après la mort de M.de Vaudreuil | Charles LE Moyxe, premier baron de LonGueuiL, devint gouverneur par intérim, charge qu'il occupa de 1725 à 1726, ou jusqu’à l’arrivée de M. de Beauharnois.

(ll Re Le premier baron de Longueuil était né à Montréal d il | | + en 1656 ; il était donc âgé, en 1725, de 69 ans. b RARE Il s'était distingué au siége de Québec, en !690, mr ER où il fut blessé. En 1700, Louis XIV le créa baron. !1 D pb

| fut successivement gouverneur des Trois-Rivières et RUE de Montréal, Il a été surnommé le Machabée canadien,

| j Pl [1 mourait en 1729, à l'âge de 73 ans. [/] 15. Le quinzième gouverneur de la Nouvelle. n ll EI, France fut le marquis Charles de Beauharnoiïs, capi- FE | | | taine de vaisseau, grand-oncle d'Alexandre de Beau- pli | | harnois, premier mari de f’mpératrice Joséphine. Il an [| s'était déjà signalé sur mer. Il arriva à Québec en 1726 en ll et prit Les rênes de l'administration des mains de M. de À | | Longueuil, qui les RER intérim. # administra le, l'r | ||] pays de 1726 à 1747, Ce fut un gouvèrneur sage, COUra- | phil. geux et habile. Les principaux événements de son admi- | | ll ‘| nistration furent:la mort de Mgr de Saint-Vallier, en à | | Eee: | 1727 ; la grande querelle du Conseil Souverain avec le vs |

EEE gouverneur et le chapitre de Québec, à la suite du dé-

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eès de Mgr de Saint-Vallier ; la fameuse expédition de M. de Ligneris contre les Outagamis ou Renards, en 1728 ; les ravages’épouvantables opérés dans la colonie, en 1729, par la petite vérole, qui décima les colons et empurta presque tous les Sauvages ; [7] les calamités qui s’abattirent sur le pays, de 1730 à 1739. La Coustruction, pendant la disette de 1730, d’une digue au Palais, recouverte aujourd’hui par des quais, afin d'occuper les habitants, et former un abri où cent bâtiments pussent trouver un hivernage conimode, En 1732, il y eut des inondations et des tremblements de terre dans tout le Canada : [k] on fit de grands efforis pour arrêter les empiètements des Anglais du côté des grands lacs, puis Pierre Gaultier de Varennes, sieur deila Verendrye, découvrit, en 1743, les montagnes Rocheuses. Cette chaîne. qui n’est que le prolongement des Andes, forme la plus longue et la plus-uniforme chaîne de montagnes du globe, Trois ans auparavant, en 1740, la guerre étant devenue encore plus imminente, M. de Beauharnoïis fit mettre en état de défense les forts de Chambly, [7] de Saint l'rédéric [m] et de Niagara. [n]

En 1737, on avait commencé sérieusement lexploitation des célèbres mines de fer de Saint-Maurice, aux Trois-Rivières, Cette exploitat'on fut d’abord très mal dirigée ; mais, en 1739, on étendit et perfectionna

les travaux, et l’on fit assez de fonte pour les besoins du pays. [o]

Ce fut encore sous Ja longue administration de M. d2 Beauharnoiïs que la plante célèbre, déconverte dans les forêts du Canada, par le P.. Lafitau, en 1716, devint un nouvel objet d'exportation. ‘Le ginseng, dit Garneau, que les Chinois tiraient à grands frais du nord de l'Asie, fut porté des bords du Saint-Laurent À Canton. Il fut trouvé excellent et vendu très cher ; la livre, qui ne valait d’abord, à Québec, que 2 francs, y monta jusqu’à 25, Il en fut exporté, une année, pour 500,000 fr.

‘Le haut prix de cette racine excita une aveugle cupidité, On la cueillit en mai, au lieu de la cueillir en septembre ; on la fit sécher au four, au lieu de la faire sécher à l’ombre et lentement ; dès lors, elle ne valut plus rien aux yeux des Chinois. Aiusi un commerce qui promettait de devenir une source durable de richesse, s’ét:ignit complètement en peu d'années.”

Vers celte époque, ie Canada trouvait un objet de commerce important dans la récolte de ses blés. Une partie était consommée dans le pays par les troupes. Hocquart, dans un mémoire, dit que, dans les bonnes années, on en exportait jusqu’à 80,000 minots., Dans le recensement de 1734, on voit que le Canada produisit ‘738,000 minots de blé, outre 5,000 minots de maïs,

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63,000 minots de pois, et 3,400 minots d'orge. D’après Raynal, la population de la Nouvelle-France était alors de 37.000 habitants,

Le dernier événement important de l’administrauon de M, de Beauharnois fut la prise de Louisbourg par les Anglais, en 1745. Louisbourg, aujourd'hui un amas de ruines, était la clef des possessions françaises vers la mer et avait la réputat‘on d'être la première place de guerre de l'Amérique. Ses fortifications avaient coûté 30 millions au trésor français.

Enfin, comme dernière industrie à mentionner, disons que, vers 1746, pendant la guerre, la rareté du sel fit songer aux moyens à prendre pour en fabriquer au pays. La guerre y avait déjà fait naître plusieurs industries utiles, Le gouverneur chargea M. Perthuis d'établir des salines à Kamouraska ; mais cette entre prise, qui aur.it pu être si avantageuse aux pêcheries du golfe Saint-Laurent et de Terre-Neuve, fut bientôt abandonnée, Garneau ajoute que l’on avait déjà commer cé, lo' gtemps auparavant, une saline dans le pays et qu’elle avait eu du surcès.

Far intérim. Roland-Michel-BarRiIN, comté de La GALISSONNIÈRE, fut le cinquième gouverneur par intérim. [l occupa cette position deux ans: de 1747 à

Ce fut sous son administration que fut signé le traité d'Aix-la-Chepelle, en 1738, d’après lequel Louis-

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bourg et Le Cap- Breton furent rendus à la France, et l’Acadie cédée définitivement à l’Angleterre. Ge traité ne fut qu'une trève à l'avantage des Anglais; rien de surprenant : c'était La Pompadour qui régnait en France sous le nom de Louis XV.

La Galissonnière, aussitôt après son arrivée au pays, réorganisa la milice; relia par une suite de forts Québec au Mississipi, et proposa des plans que, s'ils eussent été suivis, auraient probablement sauvé la Nouvelle-Franc», Il fut rappelé en France, en 1749, pour régler la question des limites de l’Acadie,

C'était un marin distingué, qui devait s’illustrer plus tard par ses victoires sur l'Océan.‘ Actif et éclairé, dit Garneau, il emplovait à l'étude des sciences les loisirs que lui laissaient ses fonctions publiques,”

Voyons ce que dit de cet homme remarquable Léon Guérin, dans son Histoire maritime de France :

& La Galissonnière ne vécut pas assez longtemps pour voir tous les malheurs qu'il redoutait. En 1756, ayant conduit à Minorque un corps de troupes qui allait assiéger Port-Mahon, il fut attaqué dans les eaux de l’île par une escadre de secours, aux ordres de l'amiral Byng, et, après une brillante action, il força les Anglais de fuir devant lui, La Galissonnière survécut peu à sa victoire ; d’une santé toujours languissante, il n’avait entrepris sa dernière, expédition que par dévouement et contre l'avis de ses médecins. Comme il

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était en route pour se rendre à Fontainebleäu, où se tenait dans le moment Louis XV, il mourutà Nemours { le 26 octobre 1756), avant d’avoir pu toucher au but si prochain de son voyage. Le roi, qui ne l’avait pas même fait vice-amiral, dit alors, mais trop tard pour ètre cru, qu'il Pavait appelé à Fontainebleau pour lui donner lui-même le bâton de maréchal, Tous les ma. rins le regrettèrent. La science perdit en lui un de ses apôtres : La Galissonnière s’occupait avec passion d'histoire naturelle, et Ce qui lui rendait cette étude plus chère, c’est qu'il savait "la tourner au profit de l'humanité, Dans toutes les îles où il abordait il avait soin de semer des graines utiles, de planter de nouveaux arbres fruitiers, et de laisser ainsi des souvenirs durab'es de son bienfaisant passage. Des colonies il en inportait, en retour d’autres semences, d’autres plantes dont il enrichissait le sol même de la France. La Ga. lissonnière avait l’âme aq belle que son extérieur

était contrefait. Petit de” taille et bossu de corps, il

était droit de cœur et grand d’esprit.”[p|

16. Jacques-Pierre de TAFFANEL, marquis de La JONQUIERE, fut le seizième gouverneur de la Nouvelle- Francs : il occupa cette position de 1749 à 1752, Il avait êté nommé gouverneur en 1746, pour remplacer M. de Beauharnois ; mais, fait prisonnier, l’année suivante, par les amiraux anglais Anson et Warren, il ne put arriver à Québec qu’à la fin du mois d’août de

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1749 : de 1à administration par intérim de M. de La Galissionnière,

Le marquis de La Jonquière suivit autant que pcssible le plan que La Galissonnière avait tracé pour erpêcher les Anglais de pénétrer dans l'Ohio, En 1551, usant de réprésailles, il fit saisir à l’île Royale (1) et confisquert rois ou quatre bâtiments anglais, 11 fut 'e premier qui parla d'introduire au pays une imprimerie, vu que les écritures coûtaient trop cher, Il eut de sérieux démèlés avec les Jésuites, “On accusait ces pères, dit Garneau, de faire la traite dans leur mission du Sault Saint-Louis, [2] sous le rom de deux dernoiselles Desauniers, et u’envoyer leur castor à Albany.” Sur nn ordre de la cour, M. de La Jonquière fit fermer le com:£toir du Saut Sain!-Louis. Cette administration fut eignalée par la corr: prion des fonctionnaires publics et surtout par la corruption sans nom de l'infâme Bigot et de ses viles créatures, auxquels on peut appl'qrer ce mot de Fléchier : ‘La corruption était si générale, qu'ètre corrompus et corrompre les autres, élait la fonction mutu-lle de ces hommes dégradés.”

Intérieurement miné par ses chagrins, ses blessures se rouvritent, et il expira à Quépec le 17 d: mai 1752, à j'âge de 67 ans. 11 fut ivhumé dans l'église des Récol'ets, à côté de Frentenac et de Va: dreu |.

[1j Aujourd'hui le Cap-Breton.

[2] Aujourd’hui Caughnaouerga.

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Voici ce que Garreau dit de ce gouverneur:

[1 avait combattu en Espagne, dans la guerre de la succession, ; avait assisté à la réduction des Cévennes el à la défense de Toulon, assiégé pr le duc de Savoie. Il avait aussi accompagné Duguay-Tronin à RioJaneiro, et pris part au comb:t de La Bruyère de Court contre l'amiral Mathews, en 1744.

‘La France perdit beaucoup par sa mort; car c'était un de ses plus habiles marins, 11 était doué de cette inébranläble constance à la guerre, d'autant plus utile à sa patrie qu’elle luttait alors avec des forces inégales sur l'Océan, C'était un homme de haute laille, bien fait de sa personne, d’un air imposant, d’un bcuillant courage ; rnaiïs 1l était peu instruit. Il a terni, dit un auteur, ses grandes actions par un défaut qu’on pardonne rarement à un fonctionnaire public : l’avarice, Il avait am:ssé des sommes immenses dans ses voyages ; ce fut en partie ce qui empoisonna la fin de sa vie. [1 fit venir plusieurs de ses neveux de France pour les enrichir ; L’ayant pu faire nommer adjudant général l'un d'eux, le capitaine de Bonne de Miselle, il lui donna une seigneurie et lui accorda la traite exclusive du Salt Sainte-Marie. Quoique riche de plusieurs millions, il se refusa, pour airsi dire, le nécessaire jusqu'à Ya mort. On rapporte que, dans sa der* nière maladie, il fit ôter des bougies qui avaient été

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placées près de son lit, et les fit remplacer par dus chandelles de suif, disant qu’elles coûtaient moins cher et éclairaient aussi bien.”

(6) Par intérim. Charles LEMoyne, deuxième baron de LoxGuEuiz, fut le sixième et dernier gouverneur par intérim. Son administration ne dura que quelques raois : en 1752, de mai jusqu'à l’arrivée du successeur de la Jonquiére. Il mouruttrois ans après à l’âge de 68 ans.

17, Le marquis Duquesxe de MENNEVILLE arriva à Québec dans l'automne de 1752, en qualité de gouverde la Nouvelle-France : il était le dix-septième des gouverneurs généraux et sou administration n’alla point au delà de 1755. {1 était capitaine da vaisseau. Il avait reçu l’ordre, dans ses instructions, de tenir, à l'égard des colonies anglaises, la même conduite qu'a. vaient tenue ses prédécesseurs, Comme la guerre devenait de plus en plus imminente, il organisa et -ex2rça la milice canadienne. La discipline militaire étant très relâchée, il fit tous s2s efforts pour la rétablir. IL écrivit aux ministres que ls troupes étaient mal composées, et qu'il y avait de nombreuses désertions. ‘ Leur indiscipline est outrée, disait-il ; cela provient de limpunité div” les cas les plus griefs.” En quelques mois cependant, il fit de mauvais soldats des trou.es dociles et pl.:ines d’ardeur.

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On s’opposa avec violence à cas réformes, et celui qui sy opposa le plus vivement fut l’intendant Bigot, ‘ comme s’il devait être de tout ca qui nous était funeste,” fait observer Garneau,

Duquesne s’appliqua aussi à réprimer les abus dans l'administration, mais avec pu d2 succès, grâc, au mauvais géni2 de l’intendant, qui ne s’occupait que de dé bauche, de prévarications et d'opposition systématique aux entreprises favorabl. s à la colonie.

Ce fut sos Padministration de Duquesne qu’eut lieu l'assassinat da Jumonville (9) et l’éclatante victoire de Coulon de Villiers sur les Anglais, en 1754.

M. Duquesne demanda sn rappel pour rentrer dans le service de la marine.‘ Son départ, écrit (xarneau, ne causa aucun regret au Canada, quoiqu'il eût conduit assez hsureusement les affaires publiqu2s et pourvu avec sages aux besoins de la colouie. Son caractère hautain l'avait empèch3 de devenir populaire : ce défaut est encore plus sensible en Amérique qu'ea Europe, à cause de l'égalité plus grande das rangs.”

18. Pierre Ricaup, marquis de VAUDREUIL-CaVa- GNAL, fut le dix-huitième et le derniem gouveineur général de la Nouvelle-France [1753-1760], Il arriva à Québec, avec le baron de Dieskau, au commencement de l'été de 1755, Il était né dans cette ville, en 1698 ;

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il avait alors 57 ans, Son père, Philippe Rigaud, mar quis de VAuDREUIL, était arrivé au Canada en 1687 ; il fut gouverneur du pays, comme nous lavons vu, da 1703 à 1725. Pierre, le dernier gouverneur de la domination française, fut d’acord gourerneur des Trois- Rivières, en 1735, puis gouverneur de {a f.ouisiane d) 1742 à 1755,

Garneau dit : “ Le troisième fils du marquis de Vardreuil fat reçn à Québ c avec da grardes démonsrations de joie par les Canadiens, qui avaient fait demander au roi de le placer à leur tête, I s accoururent

au-devant de lui dans l'espérance qu'il allait faire suc-

céder à une situation incertaine ces Jours fortunés que leur rappelait le gouvernem nt de son père.”

Les Canadiens de cette époque oubliaient que Louis XV régnait alors honteusement sur la France.

Le marquis de Vaudreuii-Cavagnal fut témoin des brillantes campagnes de 1756, 1757 et 1758 ; il vit la prise de Louisbourg, la bataïlle de Carillon, l’éva.euation du fort Duquesne, (1) la prise du fort Frontenac ou Cataracoui (Kingston), la bataille de Montmorency, la première bataille d'Abraham, la capitulation de Québec, la bataille de Sainte-Foye et lesiège de Québec par Lévis. Assiécé dans. Montréal et n'ayant que 3,500 hommes pour résister à plus de 20,000, il capitula à

[1] Aujourd'hui P'tisburgh, ville importante de la Pensy!vanie.

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des conditions hgnorables, Doué d’un grand esprit de justice, il sut apprécier dignement la valeur des milices canadiennes, et l’on regrette que ses vues, aux époques critiques de son administration, n'aient pas été toujours partagées par Montcalm. Malgré la noblesse de son caractère, ce général, mort au champ de lhonneur, n'avait pu se défaire des préjugés injustes entretenus alors contre tout officier de naissance canadienne, et l’on sait déjà que le marquis de Vaudreuil-Cavagnal était né au pays, à Québec même. Cette prévention, aussi ridicule qu'elle était injuste, était partagée par la cour de Louis XIV et par celle de Louis XV. Comme on le voit, nous étions destinés à subir les plus cruelles préventions de la part des Anglais, à partir de 1760 ; mais nos pères avaient eu à lutter contre les préjugés les plus déraisonnables à cause du ciel sous léquel ils étaient nés, et cela de la part d'hommes qui avaient avec eux communauté d'origine, de langue et de religion !

La plupart des administrateurs du Canaua, retournés en France après lo capitulation de Montréal, furent livrés à la vindicte publique et traduits devant une commission judiciaire du Châtelet de Paris : M. de Vaudreuil était de ce nombre. ‘ Il ne put échapper à la

disgrâce de la Bastille. disgrâce qu’il dut peut-être au--

tant aux insinuations des partisans du général Mc=tcalm qu’à celles plus perfides encore de Bigot. La procélure dura depuis

le mois de décembre 1751

jusqu’à la fin de mars 1763. Les accusés chtinrent, en octobre 1762, des conseils pour préparer leurs défeuses. Le marquis de Vaudreuil avait gouverné le zanada durant l'époque la plus difficile de son histoire. Il entrait pauvre en France après avoir servi le roi cinquante-six ans, une partie de cette longue carrière: comme gouverneur des Trois-Rivières etensuite de la Louisiane, [l avait acquis, dans cette dernière province, des plantations qu’il avait été obligé de vendre, bientôt après, afin de soutenir la dignité de son rang, en Canada, Il avait aussi sacrifié, de même que Montcalm et Lévis, ses appointements pour subvenir aux besoins publics, à la fin de la guerre. Aïnsï toute sa fortune, comme il le: disait lui-même, consistait dans l'espérance des bienfaits du roi, Aussi sa défense fut-elle pleine de dignité. Il repoussa les insinuations des vrais coupables, et, dédaignant de se justifier lui-même, il éleva la voix en faveur

des ofliciers canadiens que Bigot avait accusés. ” (1) Le président de la commission rendit son arrêt contre les accusés le 10 décembre 1763. Le marquis de:

Vaudreuil fut déchargé de l'accusation.

Il ne devait pas survivre longtemps à cet acte de

justice tardive. Les chagrins causés par l'ingratitude du

gouvernement, monnaie ordinaire des hommes, en général, et des têtes couronnées, en particulier, le poussèrent vers la tombe, Il mourut à Paris, l’année suivante

(1764), à l’âge de 66 ans.

() Garneau

ex REMARQUE.— Le régime francais avait duré 152 dé- ans, et 18 gouverneurs généraux, la plupart hommes rele marquables, avaient gouverné la colonie fondée par his- Cham plain, en 1608. Il y eut aussi 6 gouverneurs pür ru intérim, dont le plus distingué fut la Galissonnière, fe | En prenant ces 24 gouverneurs, et déduisant 25 PRE ans (Champlain ve fut nommé gouverneur qu'en 1633), À il nous reste 127 ans. En divisant ce nombre par 24, ntot k ARE È on trouve que Ja durée moyenne de l'administration on | de chacun d’eux n’a pas dépassé 5 ans et 7 vingt- PT quatrièmes.

cs, à il le: ; faits EPHÉMÉRILES HO à Cdai- Il arrive souvent qu'en lisant l'Histoire, on aime veur

f æ à savoir sous le règne de quel roi ou empereur tel ou (1) | tel événement est arrivé, Il en est de même pour l'his-

arrêt toire de notre pays : on aimerait à trouver subitement is de le nom du gouverneur de telle et telle époque. Pour satisfaire cette curiosité fort légitime, il faut souvent perte de dre un temps précieux et considérable, Le tableau sui- |A le du vant, auquel on peut se fier, obviera à cet inconvénient, gé- )ULSSÈ = GOUYERNEURS FRANÇ: IS vante D :

. De 1633 à 1635, Samuel de Chariplain, le père de Al la Nouvelle-France, Lil

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De 1635 à 1636, Marc-Antoine Brus-de-Fer de Châteaufort. (Par intérim).

De 1636 à 1648, Charles-Jacques Huault de Montmagny. ;

De 1618 à 1651, Louis d'Aïlleboust de Coulonge.

De 1651 à 1656, Jean de Lauson.

De 1656 à 1657, Charles de Lauson-Charny. (Par intérim). À Ds 1057 à 1658, Louis d’Aiïllebonst de Coulonge.

(Par intérim), \

De 1657 à 1661, Pierre de Voyer, vicomte d’Argenson.

De 1661 à 16653, Pierre Dubois, baron d'Avaugour,

De 1663 à 1665, Augustin de Saffray de Mésy.

De 1665 à 1672, Daniel Remy de Courcelles. (1)

De 1672 à 1682, Louis de Buade, comte de Palluau et de Frontenac. ;

De 1682 à 1685, Antoine-Joseph Lefebvre de la Barre. |

De 1685 à 1689, Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville.

De 1689 à 1698, Louis de Buade, comte de Palluau et de Frontenac (pour la deuxième fois).

De 1698 à 1703, Louis-Hector de Callières.

De 1703 à 1725, Philippe Rigaud, marquis de Vaudreuil.

() De 1665 à 1657, 11 y eat aussi un vice-roi: Alexantre de Prougille, marquis de Tracy.

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De 1725 à 1726, Charles Le Moyne, premier baron Ge Longueuil.

De 1726 à 1747, le marquis Charles de Beauharnois.

De 1747 à 1749, Roland-Michel Barrin, comte de la Galissonnière. (Par intérim).

De 1749 à 1752, Jacques-Pierre de Taffanel, marquis de la Jonquière.

Charles Le Moyne, deuxième baron de Longueuil, fut gouverneur par intérim du mois de mai jusqu’à l'automne de 1752,

De 1752 à 1755, le marquis Duquesne de Menneville.

De 1755 à 1760, Pierre Rigaud, marquis de Vaudreuil-Cavagnal. #

Enfin, je remarïque que, sur ces 24 gouverneurs, 8 moururent au pays : Champlain, à Québec, en 1035 ; d'Ailleboust, à Montréal, en 1660 ; De Mésy, à Québec, en 1665 ; Frontenac, à Québec, en 1698 ; Callières, à Québec, en 1703 ; Philippe Rigaud de Vaudreuil, à (Québec, en 1725 ; Charles Le Moyue, premier baron de Longueuil, à Montréal, en 1729 ; Junquière, à Québec, en 1752.

Quant au dernier des gouverneurs français, Vaudreuil-Cavagual, il était né à Québec ; mais il mourut en France,

Au sujet des 6 gouverneurs morts à Québec, on voit que le corps do de Mésy “fut déposé dâns le cimetière des

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42 MONOGRA PHIES

pauvres de l’Hôtel-Dieu, ainsi qu’il l'avait désiré par son testament. Ses obsèques furent solennellement célébrées par Mr l'évêque de Pétrée. ” (1)

Frontenac, Philippe Rigaud de Vaudreuil et Jonquière furent inhumés'dans l’église des ‘Récollets, détruite par le feu, le 6 de septembre 1796.

“Les ossements des anciens gouverneurs, (1) d’abord transférés des ruines de l’église des Récollets à la chapelle de Notre-Dame de Pitié, dans la cathédrale de Québec, furent, quelques années plus tard, déposés dans les voûtes de.la chapelle Sainte-Anne, dars le bas chœur, du côté de l'Evangile, où ils sont encore, ainsi que le chœur de M. de Frontenac. ”

Pour ce qui est de Champlain et de Callières, nous renvoyons le lecteur à la note », à la fin de ce volume. [1] M. l'abbé Tanguay : À trüaversles registres.

Les intendants, sous le régime français, furent des ofliciers nommés par le roi, pour voir à l'administration civile de la colonie. Les intendants présidaient le Conseil et avaient dans leurs attributions la justice, la police, les finances et la marine. Cette charge fut créée par édit royal, en 1663, en même temps que le Conseil Souverain ou Supérieur.

Le Conseil Souverain, image du parlement de Paris, fut le nom donné au conseil créé par Louis XIV, en 1663, (1) pour administrer les affaires de la Nouvelle-France. Ilse composait du gouverneur, de l'évéque, de l’intendant, d'un greffier en chef et de cinq con:eillers nommés par le gouverneur et par l'évêque: Ce Conseil prit le nom, plus tard, de Conseil Supérieur et dura jusqu’à la cession du pays, en 1760.

Le Conseil Souverain remplaça le Conseil de Québec établi par le roi de France, en 1647, et composé du gouverneur général, du supérieur des Jésuites, en attendant qu'il y eût un évêque, et du gouverneur de Montréal. A ce dernier on substitua, l’année suivante {en 1648), le dernier gouverneur général sorti de charge et deux habitants élus tous les trois ans par le Conseil des

fl Edit du mois d'avril,

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