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UNE DISTRACTION

Oit par M. Coquelin cadet j sociétaire de la Comédie Française.

A M. Eugène LânicnE, de l'Académie Française

Elle avait de beaux cheveux blonds Et vingt mille livres de rente, Et se montrait dans les salons Du meilleur monde avec sa tante.

La tante étant d'un âge mûr.

Il était clair qu'un jour ou l'autre.

Elle irait chercher dans l'azur Un monde meilleur que le nôtre.

Or la tante avait de l'argent, Beaucoup d'argent et de... vieillesse.

Cela devenait engageant, Sa fortune était pour sa nièce.

Elle était blonde, je l'aimai!

Pas la tante, — la jeune fille,

Oui, tant d'attraits m'avaient charmé î

Belle, riche et pas de famille.

le commençai bientôt ma cour; Je craignais un peu, mais la belle. Daignant répondre à mon amour, Ne se montra pas trop rebelle.

Sans être beau, je suis pourtant, A ce que je crois, présentable j Oh I ce n'est pas tentant, tentant.

Non, mais enfin c'est acceptable.

Très rangé, caractère égal, Et ne fumant jamais la pipe, Je n'ai qu'un défaut capital :

Je suis distrait... mais j'anticipe.

Donc, je plus, et beaucoup, ma foi?

Berthe, ainsi s'appelait la belle, Laissait très volontiers sur moi §' abaisser sa noire i)runell§.

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