‹ Monologues comiques et dramatiquesChapitre 20 sur 43 · LA MÈRE DU SUPPLICIÉ · texte numérisé non relu

LA MÈRE DU SUPPLICIÉ

POÉSIE

Dite par M^-" Schmidt, du théâtre de r Ambigu.

A Victor Huoo.

et homme avait commis je ne sais quel forfait, m lui coupa le cou; chacun dit : C'est bien fait! on corps tout mutilé fut cloué dans la bière, It jeté dans un coin, au fond du cimetière! lur sa tombe sans croix, le fossoyeur, en tas, lange chaque matin ordures et gravats ; i'est un entassement de raclures d'allées, )e vieux bouquets, débris des auties mausolées, lui ne va visiter ce tertre abandonné Jous lequel, pour toujours, dort le guillotiné. Pourtant, quand le jour baisse, à l'heure où la nuittombe« uelqu'un vient se pencher au bord de cette tomba.

Qui donc ose venir prier pour l'assassin?

Femmes qui m'écoutez, vous, qui, dans votre sein,

Avez d'un chaste hymen porté le fruit prospère,

Vous l'avez deviné, n'est-ce pas? — C'est sa mère,

La mère du maudit, qui vient là chaque soir.

Cachant tes pleurs dans les plis de son voile noir.

Ce qu'elle pleure, hélas I ce n'est pas l'affreux crime

Qu'a commis son enfant; ce n'est pas sa victime;

Non, c'est lui, c'est sa mort ; c'est son trépas brutal.

Quand il tuait, qui sait quel démon infernal

Le poussait? 0 Seigneur, vous qui savez les causes

De tout, pourquoi, mon Dieul perjnettez-vous ces choses?

Pourquoi n'avez-vous donc pas empêché cela?

Et pourquoi mon enfant, plutôt que celui-là?

Quand il était petit, je baisais ses mains blanches;

Plus léger qu'un oiseau voletant dans les branches.

Il courait dans la chambre avec des cris joyeux;

Si vous saviez, le ciel était dans ses grands yeux,

Ses cheveux étaient blonds comme l'or de la plaine,

Sa bouche était petite et rose, et son haleine

Avait un parfum doux comme celui des fleurs.

S'il me voyait pleurer, il essuyait mes pleurs

Bien vite, et me disait : Bonne petite mère,

i^ourquoi t'as du chagrin? — Sois pas méchant. Son pèr^

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