AU CASINO DE
POÉSIE
Dite par M. Duard, da Conservatoire*
A M. Ernest DAMâ.
La foule des danseurs emplit le Casine.
Violons et pistons, trombone et piano,
Geignent avec ensemble, ohl sans pourtant se suivre,
La corde ayant fini toujours avant le cuivre.
Sous les lustres de gaz, les fringants cavaliers
Jettent de longs regards sur les frais espaliers
Que forment deux cents miss pimpantes et coquettes,
N'attendant qu'un signal pour quitter les banquettes»
L'orchestre a préludé. Sur le parquet ciré.
Chaque groupe s'élance et tournoie enivré;
Les jupes en tournant battent comme des ailef.
Les bijoux et les yeux lancent des étincelles*
Et le troupeau bavard des mères, dans un coin,
Surveille en souriant chaque groupe de loin.
Mais tout à coup, Torchestre, avare d'harmonie.
Geint les derniers accords et la valse est finie.
Ma foi, mes beaux danseurs, vous me semblez si laids,
Que je vais m'allonger là-bas sur les galets,
Et chercher, solitaire, à reprendre le rêve
Ébauché ce matin sur le bord de la grève.
Voyez-vous, je préfère à vos lustres, la nuit,
A vos rires joyeux, je préfère le bruit
Plaintif et régulier de la lame mauvaise
Qui se tord courroucée en battant la falaise.
Ici, c'est la folie agitant ses grelots,
Là- bas, la mer pleurant de lugubres sanglols;
Ici, c'est le mensonge et la haine etrenvie,
Là-bas, c'est le pardon, la prière et Jajrij;
Jciy c*est le réel; là-bas, le rêve bleu;
Ici, Tenfer; ici, les hommes; là-bas^ JtoU