VI INTRODUCTION
réquisitoires des Annales^ mais, — que le lecteur se rassure, — une réponse d'où a été écartée avec soir! toute chicane de détail et où on n'a retenu des attaques de Testis et de son collègue que ce qui peut avoir une portée générale.
Aussi bien entre ces deux adversaires importet-il d'établir une grande différence. Testis, alias M. Blondel, professeur de philosophie à la faculté des lettres d'Aix-Marseille, est un philosophe dontj j'ai appris de longue date à apprécier, sinon tou-| jours les tendances, du moins le merveilleux talent et la puissante originalité. En abordant un sujeti comme celui de l'Action française qui échappait à sa compétence et où une plume étrangère est trop souvent venue à son aide pour le suppléer... et peut-être le trahir, il devait s'attendre à plus d'une méprise et craindre que son renom de philosophe ne souff*rît de s'embarrasser de tant de vérités, qu'il n'en sortît bien diminué. L'homme de talent néanmoins, le penseur profond qu'est Testis, ne pouvait pas ne pas laisser sa marque après lui et en dépit de divergences peut-être profondes, il y a toujours intérêt à entendre et à discuter son avis. De plus, quelque acharné qu'il soit à me trouver en faute, malgré les textes les plus clairs, impossible de dénier à Testis l'accent de la sincérité. N'en était-ce pas assez pour que j'aie cru devoir tiaiter avec égards et prendre en sérieuse considération un adversaire de cette trempe? Dégageant donc la pensée de Testis de tout le cortège d'arguties et de querelles verbales au milieu desquelles elle s'attarde complaisamment, j'examinerai avec tous les développements qu'elle réclame la théorie mo-
LNTRODUCTIOiN VU
nophoriste qu'il m'a attribuée et la thèse des alliances avec les incroyants telle qu'elle a été posée par le célèbre auteur de VAction. Ce me sera une excellente occasion de préciser et de renforcer ce que j'ai écrit dans A traçe?\s Vœu^frede M, Maurras.
Quant à M. Laberthonnière, je confesse n'avoir donné à son livre qu'une importance très limitée. Ses attaques, toute réflexion faite, m'ont paru mériter peu de cas et, pour les faire apprécier dès maintenant à leur juste valeur, il me sufïira de rappeler ici la thèse fondamentale de Positiçisme et catholicistne.
Toute l'argumentation de M. Laberthonnière se réduit à ceci : Les chefs autorisés de l'Action française ont la volonté arrêtée et connue d'instaurer un ordre politique d'où toute croyance, toute idée surnaturelle doit être impitoyablement exclue, comme lui étant positivement contradictoire, comme étant notoirement immorale. Or M. Descoqs, en concluant — d'un point de vue tout spéculatif et quelles que soient les restrictions sévères qu'il y apporte, — à la possibilité d'une entente avec de tels hommes, ne cherche rien de moins, lui, prêtre catholique, que rinstauration d'un tel ordre politique, d'où Dieu et le christianisme seraient bannis. Et en effet, malgré toutes ses protestations et toutes ses intentions, qu'on ne veut tout de même pas suspecter, — et encore! — il a de l'Etat une notion toute païenne et de l'Eglise une idée qui n'a plus rien de chrétien. La thèse qu^il soutient est donc immorale au premier chef, elle porte atteinte à la pureté de la doctrine catholique et doit être rejetée comme pactisant non seulement avec l'hérésie, mais avec la bar-