‹ Monophorisme et Action françaiseChapitre 63 sur 64 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Arrivés au terme de cette longue discussion, il nous semble pouvoir hardiment conclure à la vérité de ce que nous avions avancé plus haut : ce qui irrite le plus les Annales chez les partisans de l'Action française, ce sont les vérités qu'ils défendent autant, sinon plus encore, que leurs lamentables déficiences. Les vertueuses indignations de M. Laberthonnicre et de ses collaborateurs, encore qu'inspirées par des convictions sincères, procèdent avant tout d'une opposition directe à des doctrines qui, pour incomplètes qu'elles soient, sont, dans leurs parties saines, la condamnation formelle de leurs propres et très pernicieuses erreurs. Intrinsécisme envahissant et tout près d'être exclusif, libéralisme extrême, tels sont les deux grands griefs que l'on a faits dès longtemps à l'école de cette Revue et que la controverse présente aura eu ce résultat de justifier une fois de plus.

Nous ne craignons pas que les tenants de ces thèses suspectes rallient autour d'eux la masse des catholiques. Mais cette certitude ne nous suffit pas;

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nous voudrions que, mieux éclairés, mieux avertis, les écrivains qui les défendent renoncent, tôt ou tard, à s'en parer, et qu'en insistant sur elles, comme nous Tavons fait, nous n'ayons pas travaillé en vain. Ces catholiques sont animés d'une foi profonde et d'une ardeur religieuse qu'on ne ! saurait méconnaître; nous ne pouvons croire qu'ils s'obstinent devant l'évidence et ne voulons pas douter de leur loyauté.

ADDENDUM

A la page 45, je demande à Testis s'il est prêt à accepter la formule du principe d'immanence et l'interprétation de rœuvre de M. Blondel que propose le P. Valensin dans le Dictionnaire apologétique, et à la page 62, j'en prends occasion pour lui soumettre ce dilemme : ou Testis adopte cette formule avec le commentaire qui l'accompagne et son attaque contre moi n'a pas de sens; ou il la rejette et alors en fait son œuvre ne se peut plus entendre en un sens catholique. — La Revue pratique d'' apologétique du i5 janvier 191 3 a donné à ce dilemme une réponse que j'ai connue seulement après avoir envoyé le dernier bon à tirer du présent opuscule. M. Blondel y écrit de l'examen et de l'exposé du P. Valensin qu'ils sont « fidèles » : « il s'agit là non d'une version, d'une orthopédie, mais d'une expression droite de ma pensée, vue en ses lignes originelles et maîtresses )) (p. 598). Cette déclaration, si elle ne suffit sans doute pas à résoudre toutes les énigmes que soulèvent par ailleurs les écrits de Testis pris en eux-mêmes, tranche du moins la difficulté que j'avais posée : Testis faisant sienne cette conception de l'immanence, les griefs qu'il élève contre moi perdent toute signification. Rien ne pouvait m'être plus précieux, au terme de cette polémique, que d'enregistrer une conclusion qui, tout en me donnant satisfaction complète, laisse intacte l'orthodoxie de Testis.

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