‹ Monseigneur de LavalChapitre 1 sur 5 · ORGES ROY, 9, RUE WOLFE · texte numérisé non relu

ORGES ROY, 9, RUE WOLFE

University of Alberta nr Libraries L'acte

https://archive.org/details/monseigneurdelavOOriva

es MONSEIGNEUR DE LAVAL

Discours prononcé à l'Université Laval d une séance donnée à l’occasion du 264ème anniversaire de la naissance de Mgr de Laval.

Eminence, (1)

Monseigneur le recteur, (2) Mesdames et Messieurs,

C'était au début de ce règne étrange qui vit accourir comme à une fête et passer, en courbant le front devant sa Majesté Chrétienne, des talents féconds et des génies merveilleux, de grands cœurs et de vastes intelligences. Les administrateurs les plus habiles, les savants les plus profonds, les écrivaius les plus renommés, les généraux les plus ingénieux, les penseurs les plus vrais, les orateurs les plus distingués, les poètes les plus sublimes se réunissaient autour du trône de France et se préparaient à mettre au front de Louis XIV cette auréole de gloire dont les rayons devaient illuminer son époque et les temps à venir. Et lui, le grand roi du grand siècle, sur son trône désormais solide et à l’abri des coups de la

(1) Cardinal Taschereau.

(2) Mgr :Méthot.

Up Nes

Fronde, voyait monter vers sa majesté naissante les énivrantes vapeurs de l’encens.

Malgré sa jeunesse, Louis XIV savait déjà ce que pèse un sceptre et ce que vaut une couronne. Dans le commencement de son règne. il comprit ce que plus tard, dans un moment de vertige, il devait oublier ; 1l comprit que la mission des rois de France était de naïtre, de vivre, de gouverner, et de mourir rn catholiques, que sa patrie devait rester la fille ainée de l'Eglise, et lui, garder son titre de ro très chrétien.

Aussi, perçant de son regard d’aigle le nuage d’encens dont l’entouraient des courtisans adulateurs, il prenait un soin particulier de l’église qui, sur le sol sauvage de l'Amérique septentrionale, prenait racine à l'ombre du drapeau blane fleurdelisé. Les secours qu’il y envoyait avaient autant pour but la conversion des indigènes à la foi catholique que l'établissement d’une colonie avantageuse.

Heureux temps, messieurs, heureux temps disparu où le sceptre des souverains portait une croix, où le roi de notre mère-patrie recommandait dans une même lettre au gouverneur de sa colonie les intérêts civils et le salut des âmes! Heureux temps où, dans l'esprit de la France, découvrir c'était faire des chrétiens, conquérir c'était évangéiser !

Page 1