CHAPITRE VIII
Lettre de Mgr de Laval.--Son retour au Canada-—$Siège de Québec— Les deux incendies du séminaire—Mort de Mgr de Laval.—$es funérailles,
À près un séjour de deux ans au Canada, pendant lequel il exerça tous les pouvoirs de l’évêque, Mgr de St-Valie s’embarqua pour la France, en 1687, afin
de recevoir la consécration épiscopale. s Le nouvel évêque eut beauccup di n peine à obtenir ses bulles Mgr de nr Laval fait mention de ces difficultés P dans une de ses lettres à M. de Bernières, d le 18 mars 1687 : “ M. Dudouyt vous o donne avis de tout ce qui s’est passé depuis le retour de M. de St-Valier qui la ne pourra bas avoir ses bulles, cette ve année, et par conséquent repasser en de
Canada ; et moi conformément aux son-
—Siège e—Mort
Canaus les Valiei 7, afin pale.
1P di gt de cultés 1ières, vous passé r qui cette
er el son
ON es
timents que le Seigneur me fait la miséricorde de me continuer, j'y retourne comme aux lieux où mon cœur est inséparablement attaché, en sorte que quand je serais assuré de mourir sur la mer, je m'embarquerais pour n'être pas privé au moins de la consolation de mourir dans l’accomplissement du bon plaisir de Notre Seigneur, dans lequel doit consister notre bonheur pour le temps et pour l'éternité.”
Si Mgr de Laval était anxieux de revoir le pays fécondé par ses sueurs et son dévouement, son ancien troupeau ne soupirait pas après son retour avec moins d'impatience. Nous en avons la preuve dans une lettre que le Chapitre de Québec écrivait au cher prélat, le 10 octobre 1687 :
“,,.Agréez cependant, Monseigneur, la protestation qu’elle (la Compagnie) vous fait de conserver pour votre Grandeur une reconnaissance immortelle des bienfaits qu'elle en a reçus, entre les-
EE mm : nd CE SE FE em RE ES D 2 A En ve =
ES
quels celui dont elle vous sera éternellement redevable est d’avoir été son instituteur, son fondateur et son père.
“ C’est par rapport à des titres si glorieux et si aimables tout ensemble pour nous, que nous sommes résolus d'avoir toujours pour votre Grandeur des cœurs de véritables enfants. Plaise à Dieu, Monseigneur, que les enfants aient la joie de revoir et de vivre en la compagnie de leur Père.
‘C’est la grâce que nous ne cesserons de lui demander, sous le bon plaisir toutefois de son adorable et amoureuse Providence, aux ordres de laquelle nous savons que votre Grandeur est entièrement soumise.
“ Nous vous demandons en toute humilité votre sainte bénédiction et somres, avec un profond respect,
Monseigneur, de Votre Grandeur,
Les très humbles et obéissants serv.
“ Les doyens et chanoines de l'Eglise
Cathédrale et Chapitre de Québec.
‘ De Québec, dans notre assemblée générale, ce 11 octobre 1687.’
elle-
nsti-
»S Sl mble solus deur 'laise fants en la
erons laisir reuse
nous tière-
e husom-
re 1687."
She
Mgr de Laval répondait dans les termes suivants à ces protestations si flatteuses de respect et de reconnaissance :
……. Il ne me reste plus, messieurs at très chers Frères, qn’à vous remercier de la bonne affection que vous conservez à mon endroit, et à vous assurer qu’il ne tiendra pas à moi que je n’aille au plus tôt me réunir avec vous dans une Église naissante que j'ai toujours chérie comme la portion et l'héritage qu'il a plu à Notre Seigneur de me conserver pendant près de trente ans.
Je supplie son infinie bonté que Celui entre les mains duquel il l’a fait passer, par ma démission, répare toutes mes fautes. Je suis en son amour et celui de sa sainte Mère
Votre très humble et très affectionné serviteur.
(Signé) f FRANÇOIS, Premier Evêque de Québec.
De Paris, ce 18 janvier 1688.”
Ces deux lettres qui, nous le croyons, n’ont jamais été publiées, font voir l’attacheinent et l'affection filiale du Chapitre de Québec pour Mgr de Laval et la haute opinion qu'il avait de ses vertus.
Avant de se réunir à l’église qu'il avait fondée au prix de tant de labeurs, le vertueux prélat dut se heurter aux pressantes sollicitations de sa famille et de ses amis, qui employèrent pour le retenir en France, toutes les ressources que peut suggérer une vive tendresse.
La sollicitude pour ses anciens diocésains, son culte pour le séminaire de Québec, son dévouement pour tout ce touchait au Canada, triomphèrent de toutes les instances, et, au printemps de l’année 1688, le père était rendu à ses enfants.
Eloigné depuis trois ans de son cher troupeau, vivement désiré de tous, Mgr l'Ancien, comme on l’appelait alors pour le distinguer de son successeur, fut reçu avec les démonstrations de la joie la plus
)YONS, r l’at- Charal et ertus.
qu'il beurs, Tr aux ille et our le ources 1resse.
diocéire de put ce nt de temps idu à
cher , Mer s pour t reçu a plus
NT
vive. Ils’y déroba bientôt cependant, son zèle l’entraïnant vers les paroisses qu'il avait érigées avec tant de peines.
C’est ainsi qu’il remonta le St-Laurent et s'arrêta assez longtemps à Montréal.
Mgr de St-Valier ne vint au Canada que cinq ou six mois après le premier évêque.
Celui-ci, dont la faiblesse et les infirmités augmentalent sans cesse, avait fait du séminaire l'asile de ses dernières années. De sa solitude, il s’intéressait vivement à son ancien diocèse, suivant avec sollicitude les développements de la colonie, et mettant au service de tous, les lumières de sa longue expérience, Que d'actes inconsidérés, que de dissontions, sa prudence et son esprit de conciliation ne comprimèrent-ils pas!
Malheureuseme:t il est des troubles que son dévouement fut impuissant à combattre ou à prévenir, et,contrarié dans ses vues les plus chères, le bon prélat ne pouvait souvent que prier pour son Eglise et la paix du pays
PT ee
Il fut particulièrement éprouvé pendant le siège de Québec par les Anglais, en 1690. Dans ces jours de deuil et d’alarmes pour la colonie, la grandeur d'âme de Mgr de Laval ne l’abandonna pas un instant. Fidèle à ses traditions, l'héroïque vieillard était partout où il y avait un courage à relever, une âme à consoler.
D’après son avis on mit le succès des armes Canadiennes sous la protection
de la Ste Vierge, promettant à cette puissante Mère que, si la victoire appar-
tenait au Canada, l’église de la Basse- Ville, érigée depuis deux ans à peine, serait placée sous le vocable de N. D.
des Victoires.
Marie exauça ce vœu. Les Anglais furent repoussés avec perte, et Québec fut délivré après avoir été asslégé pendant sept jours.
Bien que toujours malade et souffrant, Mgr de Laval vécut encore de longues années, retenu providentieller
é peniglais, uil et ndeur donna itions, t où il e âme
ès des ection
cette appar- Basse-
ment pour le bien du diocèse dont l'évêque titulaire fut éloigné pendant plus de 12 ans. Mgr l’ancien n’ttait pas administrateur en titre, mais rien d'important n'était fait sans ses conseils, et toutes les chroniques s’accordent à reconnaître les services émiments qu'il rendit à la colonie, pendant les longues absences de son successeur.
Douze prêtres furent ordonnés par lui de 1691 à 1708.
En 1696 le précieux régistre des confirmations mentionne qu’il confirma à la cathédrale 162 personnes, et en 1701, 822 à la chapelle du séminaire. Il eut le courage à l’âge de 81 ans d'aller administrer le même sacrement à Montréal et dans les paroisses voisines.
Dieu qui voulait associer son serviteur aux amertumes de sa Passion, permit que ses derniers jours fussent remplis de chagrins et de déboires.
L'épreuve la plus sensible au cœur de Mgr de Laval fut sans contredit l’in-
cendie de son séminaire, le 15 novembre 1701, De cet édifice qui, par sa beauté et ses proportions, faisait la gloire de Québec, ;l ne resta que des ruines. Le vénérable évêque lui-même fut à grand peine retiré des flammes.
Quelle ne fut pas sa douleur en voyant s’écrouler en un jour le chef-d'œuvre de sa vie, l’objet de ses plus chères esptrances ! Cependant en face de ce mal:
heur terrible, nul ne montra plus de résignation, nul n’enlaça la croix avec plus de religieuse fermeté.
Quatre ans après, un nouveau séminaïre s'élevait sur les cendres de l’ancien. On poursuivait activement les derniers travaux de reconstruction, lorsqu'un second incendie vint anéantir le nouvel édifice. Une âme moins fortement trempée que celle de Mgr de Laval eut succombé sous le poids écrasant de ce nouveau désastre. Lui, sans se laisser abattre, baisa, comme toujours,
vemar Sa it Ja > des nême imes.
)yant re de espémal:
us de ‘avec
sémil’ant les tion, antir s forrr de écrasans
ours,
Ter
la main qui le frappait sans relâche dans ses affections les plus chères.
Cependant le Seigneur voulait récompenser la résignation du vertueux prélat. ‘ Depuis longtemps, dit la “ pieuse auteur de l'Histoire de l’Hôtel- “ Dieu, il languissait dans les infirmités * que ses immenses travaux et son grand “ âge lui avaient attirées ; il approchait “ du terme que les justes regardent “comme l’objet de leurs désirs. Un “ prêtre du séminaire qui avait tou- ‘jours eu pour lui une parfaite véné- “ration, le voyant près de sa fin, lui “ dit : Nous quitteriez-vous sans nous “ rien dire ? Et lui nommant plusieurs ‘“ prélats qui ont exhorté leurs enfants “ spirituels avant que de mourir et qui ‘ leur ont donné des avis salutaires, il “ajouta : Pourquoi ne feriez-vous pas ‘ comme eux ? Le prélat lui répondit :
“ Ils étaient des saints et je suis un “ pécheur. ilne témoigna pas moins “le désir qu’il avait du salut de son
G ” d & & | ŸZ Ad hs CAN Vo 70 de NZ K L K Ÿ IMAGE EVALUATION K