‹ Monseigneur Déziel [microforme]Chapitre 15 sur 44 · DO EE · texte numérisé non relu

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Donnez, au contraire, des Hébert, des Racine, des Labelle à nos courageuses populations, aussitôt les vastes solitudes du lac St-Jean se peuplent, les cantons de l'Est et du Nord se colonisent. Qu'au milieu des grands bois apparaisse tout à-coup un clocher, on vient se grouper autour, à l'ombre de la croix et sous la houlette du pasteur. Il n'y a que la religion qui puisse former les populations, créer des paroisses et des villes.

Le curé Déziel eut le pressentiment de l'avenir réservé au site de Lévis et de la prépondérance que sa situation géographique lui donnerait immanquablement.

Au moment où il combattait pour ériger une église au centre même de la ville abandonnée par Caldwell, le gouvernement et de puissantes compagnies agitaient la question de telier la colonie, de l’est à l’ouest, par un vaste réseau de chemin de fer.

C’est en 1850 que la compagnie du Grand-Tronc commence sous Le nom de chemin de fer de Québec et Richmond, la ligne ferrée qui devait relier Québec à Montréal. En même temps, se forme une compa.: gnie pour construire un chemin de fer de Québes jusqu’à St-André, dans le Nouveau-Brunswick. On projette de tracer une autre ligne jusqu’à Trois-Pis-

toles 1, Des capitalistes s'associent pur construire une voie ferrée à travers lée de Beauce jusqu'au Maine et à Portlan est l'ère © »s chemins fer. La plus grande act + règne daus toutes les

1 Acted'incorporation en 1852.

2 1855s—18 Vict. ch. 196. La compagnie du chemin de fer de Québec Chaudière, Maine et Portland. Actionnaires : J. T. Taschereau, James Gibb, Dunbar Ross, Barthélémi Pouliot, F. Lemièux, Olivier Perreault, Elzéar Duchesnay, J. P. Proulx, Siméon Larochelle, J. B. Carrier, T. J. Taschercau, A. Lemoine, E. Boyd Lindsay, Louis Carrier ef «Z,

classes. Et tous ces projets vienn nt aboutir, d’après

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les chartes et les plans des ingénieurs, sur la côte sud, en face de Québec, Le premier tracé du chemin qui doit venir de Trois-Pistoles à Lévis passe aux abords même de la nouvelle église. Une compagnie de Québec s’est organisée pour jeter un pont entre les deux rives, dont la tôte viendra aboutir d’un côté à la terrasse Durham, de l’autre près des propriétés du couvent de Lévis 3.

Cette plaine, qui n’a pas encore de nom et que l’on appelle Le plus souvent la sommune, où les bons bourgeois de Québec viennent passer les beaux jours d’été pour'y jouir des délices des champs, est destinée à devenir la tête de ligne de trois chemins de fer. On lui prédit déjà le plus bel avenir. Les journaux de la vieille cité de Champlain, pris d'enthousiasme, la saluent du nom de futur Brooklyn.

Sur les grèves solitaires, les wigwams des sauvages ont disparu un par un devant les chantiers de construction de navires qui s'ouvrent d'année en en année. Les anses nombreuses qui creusent la falaise se couvrent de radeaux de bois, Une armée de travailleurs est à l'ouvrage. Les cultivateurs de la Beauce et des campagnes environnantes apportent leurs denrées au marché. De nombreux bateaux-passeurs relient les deux rives. Sur les derniers plateaux de la paroisse future, autour des longues maisons des passagers, se groupent les établissements de commerce.

C’est le moment que le curé Déziel a choisi pour jeter les fondements de la nouvelle paroisse. Il faut s'emparer de ce concours de circonstances heureuses.

La vieille cité de Québec va voir se dresser devant

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elle une rivale redoutable, qui demandera à son tour sa part d’héritage, L’entrain qui règne alors dans la nouvelle paroisse est remarquable. Le curé Déziel, confiant dans l'avenir, anime tout de sa présence. Les travaux que l’on va entreprendre sont considérables, Les citoyens ne se laissent point abattre. Loin d’avoir recours, comme on le fait en pareille occur. rence, à des répartitions obligatoires, on fait appel à la générosité et au zèle de chacun. Des souscriptions volontaires s'organisent, grands et petits, riches et pauvres déposent leur obole. Pendant que Jes uns avancent des sommes d'argent, d'autres hypothèquent leurs propriétés pour assurer la prompte construction de l’église L Et il en fut ainsi pour toutes les œuvres que le curé Déziel entreprit de fonder. Collège, couvent, hospice, tout s’est élevé comme par enchantement. On s’est demandé souvent comment ce prêtre qui n'avait pour toute fortune que son bréviaire et sa soutane put trouver des ressources pour faire face à toutes ces fondations. Le curé Déziel a emporté son secret dans la tombe. Il n’y & que ses intimes qui pourront dire de quelles angoisses il fut pris parfois, quelies séries de sacrifices il lui fallut traverser. Quand tout paraissait désespéré, le curé se confiant à la Providence qui n’abandonne pas les cour geux, espérait toujours. Dans cet opuscule destiné à rappeler l’admirable dévouement du fondateur de Lévis, il nous est impossible de donner à chacun des généreux citoyens qui l’aidèrent dans son œuvre, la 1. Ilest juste que nous rappellions les noms des quatorze citoyens qui entreprirent pour ainsi dire à /ewrs risques et périls la construction de la nouvelle iglise, Cesont MM. Etienne Dalaire, J.-Bte Beaulieu, Bénoni Guay, Julien Chabot, Laurent Chabot, F.-X. Lemieux, Théodule Foisy, Louis Carrier,

Louis Poiré, Pierre Barras, Simon Thompson, Michel Barras, Léon Samson et madame veuve Augustin Bégin. On les appela les jondafeurs.

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à son mention qu’ils méritent. Qu'il nous suffise de dire L que la postérité saluera toujours avec respect la uyelle génération qui assista aux pénibles commencements dau de cette paroisse.

ke “ Les syndics choisis pour diriger la construction FRUIes. de la nouvelle église furent MM. Etienne Dalaire, Hoi marchand et juge de paix, Jean-Baptiste Beaulieu, Spb marchand et juge de paix, Bénoni Guay, médecin, die Julien Chabot, capitaine de milice, Laurent Chabot RSR et Pierre Lecours dit Barras, marchands. Ils étaient peus les bras droits de M. Déziel et parmi les principaux de Es promoteurs de la nouvelle paroisse. Le 16 août à 1850, on signe les marchés de construction. M. David Nue Dussault, maitre-entrepreneur maçon de Québec, a le troputt contrat de la maçonnerie ?, M. André Pâquet, sculp- + dot teur, de Québec, celui de la charpente et menuise- RATÉ rie 2, Les travaux doivent être commencés eme “ot diatement et livrés le premier novembre 185 L. Le de jut creusement des fondations se poursuit avec activité À et la bénédiction de la pierre angulaire a lieu le 29 dE septembre 1850. Voici comment Le Canadien 3 raconte nacre celte cérémonie :

urront La bénédiction de la pierre angulaire de la nouquelies velle église qui s'élève à la Pointe-Lévi, a été faite nd tout hier après midi par Mgr l'administrateur 4, en préà la sence d’une foule compacte qui remplissait le’ carré geus du rez-de-chaussée et les alentours, à l'exception du à lap- passage réservé pour la procession. Cette foule eût > Lévis, été bien plus nombreuse encore si les mauvais k géné: 1 Prix, £2,500, Lx pierre sera de la Pointe Lévi ou du Cap Rouge. £1,400 vre, la peer pendant les travaux. La balance tous les ans ou 24 des revenus et proqui entre- 2 Prix, £1,300. La menuiserie sera semblable à celle du faubourg St-Jean. a nouvelle £800 payables pendant les travaux. La balance £50 par an. 14 des révenus de Carrier VE Canadien du do tepiembte Lee n Samson 4 Mgr Turgeon, qui prit possession du siège de Québec le 8 octobre r85o. Mgr Signaï mourut le 3.

chemins par suite du mauvais temps de la veille, le Voil froid qu’il faisait et le gros vent qui soufflait dans le don: temps n’eussent empêché beaucoup de personnes de B. ; la ville d'assister à la cérémonie. Des mâts chargés com de pavillons étaient plantés aux coins et le long de Ce l’enteinte. Nous n'avons pas encore appris quel a viror été le produit de la collecte faite après la béné- born diction.” fleuv

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Les travaux de construction avancèrent rapide-

ment, et, le 20 novembre 1851, M. le grand vicaire ai Cazeau bénissait la nouvelle église, au milieu d’un rang grand concours de prêtres et de fidèles. par

L'acte de bénédiction est signé par les RR. MM. le m Cazeau, P. Villeneuve, J.-D. Déziel, N.C. Fortier, T. tend

Bernard, J.-B. Grenier, P Pouliot, Ph. Roy, L. M Noël, Ed Dufour, P. Beaumont, J.-B.-Z. Bolduc, F. WE Boucher, C. Charest, J. Auclair, L. Gill, P.-H. Har. sta kin, P.-H. Jean, A. Ladrière, MM. P. Barras, J. Chabot, J.-B. Beaulieu, Ben. Guay et E. Dalaire, syndics. Le même jour, M. Déôziel célèbre la première messe ?,

Au mois de septembre précédent, un décret de l’évêque avait détaché la nouvelle paroisse de celle mit, de Saint-Joseph de la Pointe Lévi et lui avait donn dite l'existence canonique. D oc

L’érection civile, retardée par un procès, 2 eut lieu le 28 septembre 1852. La proclamation est signée par Liv lord Elgin, alors gouverneur-général du Canada

1 La bénédiction de la première cloche eut lieu le 26 octobre 1851, à 3h.

Pr m. M. Joseph Aubry, ptre, professeur de 1héologie au Séminaire de Québec, qu

ut l'officiant. La cloche reçut. les noms de Marie de la Victoire, Laurent,

Christine Joseph David. Parrain: M. Laurent Chabot. Marraine : Madame 1 par

Ch'istine Ligueu+, épo ise de Pierre Barras, Cette cloche pesait 231 livres. “é Le sermon de circonstance fut prêché par M. Pascal Pouliot, curé. de Saint- C’e

Gervais. La collecte se monta à £92-16. L’offrande du parrain fut de £3 ; celie de la marraine £2o.

2 C’est dans ce procès que la cour décida que les seuls habitants da territoire à diviser avaient le droit de faire opposition à cette division.

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