‹ Monseigneur Déziel [microforme]Chapitre 17 sur 44 · MC LV · texte numérisé non relu

MC LV

Le jour où le curé Déziel arriva à Notre-Dame fut chômé comme une grande fête. Les nouveaux paroissiens allèrent le chercher processionnellement au presbytère de Saint-Joseph. Les anciens parlent encore avec émotion de cette marche triomphale et de l’enthousiasme qui régnait par toute la population.

La nouvelle paroisse n’avait pas encore de maison presbytériale à offrir au curé. La maison, habitée maintenant par l'honorable J.-G. Blanchet, fut le premier presbytère de Notre Dame. En 1854, fut commencée la construction du presbytère actuel. Les citoyens souscrivent généreusement.

L'église n’était pas encore terminée, Son achèvement immédiat fut décidé et le 12 juin 1853, M. André Pâquet signait un nouveau marché pour le prix de 16,000 dollars.

Les dimensions du temple élevé en 1850 n'étaient pas les mêmes que celles d'aujourd'hui. Les sacristies étaient construites de chaque côté de l’abside dans le genre de celles de la basilique de Québec, On ne tarda pas à s’apercevoir que ces constructions ne repondraient pas longtemps aux besoins d’une population toujours croissante. Le 15 octobre 1854, il tut résolu de bâtir les sacristies actuelles et d’agrandir l’église avant que l’intérieur n’en fût complètement terminé. 3 . Ces travaux donnèrent le dernier cachet à l’église que l’on voit maintenant sur les hauteurs de Lévis.

1 Résolution des marguilliers datée du 7 août 1853. C’était une des rares mai sons qui existât alors auprès de la nouvelle église,

2 Michel Gagné, entreprenenr.—Dimensions du presbytère 48 x 40.—Le curé entre au presbytère en septembre 1K5b.

3 Mgr Turgeon, le lo novembre, députe M. Cazeau. A une assemblée du 15 novembre, il est décidé de construire une allonge de 30 pieds; Une sacristie à deux étages de 50 x 36: un chemin couvert.—Décret autorisant ces constructions en date du 23 novembre.

M. Antoine Pampalon, entrepreneur, fut chargé de cette entreprise.—Prix &3300-

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Cet édifice, construit d’une pierre brune à grain serré que l’on trouve en abondance dans la forma tion géologique de Lévis, est un vaisseau à trois nefs de deux cent deux pieds de longueur sur soi. xante - seize de large et quarante pieds de haut, L’apparence en est sevère comme toutes les cons tructions élevées par le curé Déziel, mais les connaisseurs y retrouvent une architecture soignée, Le portail est très beau dans sa simplicité. Quatre pilastres d’ordre dorique supportent le fronton et l’acrotère qui se terminent par un clocher à deux lanternes surmonté d’une flèche aiguë où domine le coq traditionnel. Un marbre blanc de forme ovale,incrusté dans ie fronton, porte le millésime A. D. 1850.

Les grandes lignes de l’intérieur de l’église sont bien proportionnées. La grande voûte centrale retombe sur une colonnade jionienne qui entoure la nef et se prolonge dans le chœur. Les voutes latérales appuyées sur des culots supportent deux grandes arcades qui longent les parois de l'édifice comme les tribunes d’un amphithéâtre, Au fond de l’abside terminé en rond-point, s'élève le maîtreautel dont la forme est empruntée à Saint-Pierre de Rome.Une colonnade de style corinthien supporte un baldaquin sous lequel on voit une statue de l’immaculée conception 1, Autour de la statue un cartouche demi-circulaire porte sur verroterie bleue l’inscription : Regina sine labe concepta.

L'église était construite, ia paroisse érigée canoniquement et civilement, le curé installé dans son presbytère. Mais il ne faut pas croire que tous les obstacles fussent surmontés. L’agitation avait été

L Cette statue en pierre de Caën fut donnée par M. T ouis Fréchette, père du poëte laureat. Le diadême de la Vierge est un don de madame Ls.-Ed. Conture, de Lévis.

trop grande ; elle avait duré trop longtemps pour permettre d'espérer qu’elle disparût tout d’un coup.Si les uns se plient vo:ontiers quand les événements se Sent prononcés contre eux, d’autres n’acceptent jamais les faits accomplis. Après avoir pris note d’un procès malheureux qui mit en question la légalité de la division de la nouvelle paroisse et entraina ceux qui l'avaient intenté dans des frais considérables, nous résumerons à la hâte les derniers efforts des mécontents afin d’en finir pour toujours avec une querelle dont tuute trace est maintenant disparue.

Le 12 juillet 1852, quand Notre-Dame de la Vic toire vient à peine de naître, un groupe de francstenanciers demande un nouveau démembrement, C'était vouloir tenter de bon gré la mauvaise fortune. Le ? août, l’évêque se refuse à cette de mande 1

Il en coûtait à plusieurs d'abandonner le vieux temple de Saint Joseph. Les souvenirs d'enfance, les relations de famille étaient là. Comment briser des liens que le temps et l'habitude avaient rendu chers à plus d’un titre? Les anciens surtout ne pouvaient se décider à ce changement. On en vit continuer jusqu’à leur mort à fréquenter l’église de l’ancienne paroisse.

En 1852 et en 1855, les habitants de cette partie de la paroisse que l’on appelait dans le temps la Petite Route (maintenant le village Bienville) adressèrent plusieurs suppliques à l’évêque. Les communications entre Bienville et Lévis n'étaient pas aussi

1 ia nouvelle paroisse était” comprise entre la rivière Etchemin et la terre de M. Augustin Carrier et courait depuis le fleuve jusqu’à St-Henri. On sug-

gérait la terre de M. Antoine Lemieux comme un site propice à l’érection d’une église.

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