‹ Monseigneur Déziel [microforme]Chapitre 23 sur 44 · PA 14 4 24 PM · texte numérisé non relu

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lité à toute épreuve, son départ du conseil fut vivement regretté. A sa sortie d'office, les citoyens lui présentèrent nne adresse magnifique et un cadeau princier!.

En 1865, on fit peindre son portrait ! que l’on voit maintenant dans les salles des délibérations du nouvel hôtel de ville.

Malgré les infirmités douleureuses qui lui empèêchaient presque complètement l’usage de ses jambes, M. Carrier, pendant neuf années, assista régulièrement aux séances du conseil. Les procès-verbaux ne nous signalent que deux ou trois absences.

Dans la période qui s'étend de 1861 à 1865,les con- ‘

seils organisent le service municipal. La traverse entre Québec et Lévis qui jusqu’à lors, au grand désavantage des voyageurs, à été laissée à l'exploitation des particuliers est régularisée. En 1864, on fixe détinitivement le débarcadère au quai Lauzon. La police, le service du feu et de la voirie, l’ouverture des rues nouvelles, la construction des trottoirs, tout est préparé. Les rues Commerciale et Saint- Laurent qui jusqu'alors n’ont été que des chemins de grève, sous l'ordonnance de 1665, sont réparées agrandies, ameliorées. Une communication régulière et complète s'établit le long de la falaise avec Saint- Romuald qui vient d’être fondé. Des quais sont construits. Une halle aux viandes et un hôtel de ville sont élevés 2 Un marché est ouvert. Dans le même temps le gouvernement impérial commence sur les hauteurs de Lévis la construction de ces gigantesques fortifications qui devaient compléter la défense du rocher de Québec 'et en faire le Gi:

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braltar d'Amérique. Ces entreprises ont répandu J'aisance dans toute la population.

La corporation, pour faire face aux dépenses occasionnées par les grandes améliorations que l’on vient d'entreprendre, emprunte du fonds d'emprunt municipal une somme de 40,000 dollars.

Le curé Déziel ne reste étranger à aucun des progrès de Lévis. De concert avec ses conseillers, il prépare les règlements municipaux qui régissent encore la ville. Son action ne se borne pas à diriger les intérêts religieux de ses paroissiens, il prend en main leurs intérêts matériels. Le curé Déziel a sa place et sa voix partout. Quand il y a des crises à traverser, des intérêts à soigner, des progrès légitimes à réaliser, il est là. à

Il veut prouver à tous cette grande vérité que la mission du prêtre et les fruits qu’elle doit produire ne sont pas exclusivement de l’ordre spirituel et que le zèle de l’envoyé de Dieu doit rayonner au delà de l’enceinte de l’église matérielle où il dispense les sacrements et la parole divine.

Tant de travaux, tant de sollicitudes devaient épuiser la santé si robuste du curé Déziel. L'homme ne peut violenter la nature impunément., Il a beau être sclidement construit, il ne peut entreprendre plus que ses forces. Qui aurait pu résister aux longues veilles du presbytère passées à préparer des projetset des constructions, aux courses apostoliques, aux soins du ministère dans une paroisse aussi considérable ? ;

Le jour de Pâques 1865, le travailleur infatigable duts’avouer incapable de continuer les œuvres du ministère,. Une maladie lente dont il ressentait depuis longtemps déjà les atteintes le minaïit petit à petit,

Les paroissiens alarmés lui demandent instamment de prendre un repos bien mérité. Cédant enfin à. leurs instances, le curé Déziel quitte le 5 août 1865, les rivages de Lévis pour un voyage d'Europe.

IL est pauvre. Le couvent, le collège ont absorbé toutes ses épargnes. Des citoyens généreux lui offrent une bourse. A son départ, les paroissiens nolisent un bateau-à-vapeur et accompagnent le steamer transatlantique jusqu’à la pointe de l’île d'Orléans, Touchant témoignage que l’on rendait à celui qui s'était sacrifié pour la ville qu’il venait de fonder.

Voyage d'Europe.—Retour—Le curé Déziel s'occupe de la décoration de l’église.—Les œuvres de charité et de bienfaisance dans Lévis

Le curé Déziel passe une année en Kurope. A son arrivée sur le vieux continent, il visite Irlande, cette terre des martyrs, traversé l'Angleterre, et, après un assez long séjour à Paris et dans les prinpales villes de France, il prend en automne une saison de bains aux eaux de Vichy.

Les fêtes de Pâques de 1866 le trouvent à Rome aux pieds du Souverain Pontife Pie IX, de glorieuse mémoire, Le curé convalescent aurait voulu poursuivre sa route jusqu’en Palestine, parcourir les lieux téoins de la passion du Sauveur, malheureusement le choléra exerce ses ravages sur toute la Turquie d'Asie et ses médecins l’empêchent d’exécuter ses pieux désirs. Il visite l’Italie, fait son tour du Rhin et revient au printemps à Vichy ed une nouvelle saison de bains.

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Au mois de Juillet 1866, le curé parfaitement rétabli débarquait à New-York. [la laissé ignorer à ses paroissiens l’époque de son retour. Son compagnon de voyage Mgr Benjamin Pâquet," en passant à Saint-Hyacinthe, s’esquive un instant et télégraphie à M. l'abbé Hudon. desservant de Notre- Dame pendant l’absence du curé, l’arrivée du pasteur. Aussitôt, la nouvelle se répand dans la ville comme par enchantement. A l’arrivée du train * venant de Montréal, toute la paroisse est rendue à la gare. Le curé, tout étonné d’une pareille ovation, est reconduit triomphalement à son presbytère. Toutes les sociétés de la ville, musique en tête, marchent dans le cortège. A toutes Les fenêtres,des pavillons flottent, les rues sont bordées d'arbres. Partout des décorations et des inscriqtions souhaitent la bienvenue au pasteur aimé. La voiture du curé,tratnée par quatre chevaux, est remplie de bouquets. La population protestante s’unit aux catholiques dans cette démonstration, Un journal anglais de Québec, rendant compte de cette ovation, disait : ‘“ L'arrivée du curé Déziel, hier, dans sa paroisse ressemblait à l’entrée d’un général victorieux dans la capitale d’un pays conquis.” C'était le chef, en effet, d’une petite armée qui faisait son entrée triomphale dans la paroisse qu’il avait conquise après plus d’un rude combat et qu’il avait transformé en ville au prix de ses veilles et de mille sacrifices.

Qui redira les chants d’allégresse et d'actions de grâce qui retentirent alors sous les voûtes de Notre- Dame ? ‘

Nous devons ici mentionner un incident qui peint

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1 Leo Juillet 1866.

| D admirablement le cœur du curé Déziel. La messe Tib Lin solennelle d'arrivée venait de se terminer. Le pas- d'u ; a | teur, tout entier à la joie du retour et de se retrouver sain | + encore une fois avec ses paroissiens, s'aperçoit tout L " | à coup que l’un des ses vicaires n’est plus au milieu reto a: de ceux qui viennent lui présenter leurs hommages. min Î aa Il s'inquiète de cette subite disparition. Il s’informe M | tu | | auprès des prêtres de la cure de ce qu'est devenu funi 08 son vicaire. Le matin même de l’arrivée de M. Dé- He ui 4 ziel, était enterré à Québec M. l'abbé Lecours, un mûs l enfant de Lévis. Les vicaires, qui savaient l'estime nou: | que M. Déziel portait à ce prêtre sorti de sa paroisse, Déz - n'avaient pas voulu lattrister en lui annonçant cette fure lugubre nouvelle. Pressé par ses questions, on lui d’or avoue enfin que M. Sauvageau, le vicaire disparu, est prêt. allé représenter la paroisse aux funérailles de M. églis

Lecours. Le curé dépouille ses habits de voyage et

veut immédiatement traverser à Québec dire une dernière prière sur la tombe du jeune prêtre. Il veut laisser là ses parents, ses amis, la foule des paroissiens qui va toujours croissant aux abords du presbytère. Ce n’est qu’à force d’instances et après lui avoir démontré qu'il arriverait trop tard que le curé Déziel se décide à demeurer au milieu des siens.

Pendant son séjour en Europe, le curé Déziel n'avait oublié ni sa paroisse, ni ses communautés religieuses. C’est à son passage à Lyon qu'il acheta les magnifiques vêtements en drap d’or qui servent aux fêtes solennelles dans Lévis. Le 12 mars 1866, il obtient à Rome de M. Pabbé Pietro Lossi le corps du saint martyr Valère. (Ces reliques qui avait appartenu à la puissante famille des Colonna furent exhumées du cimetière de St Gyriac sur la voie

TRE Tiburtine. En décembre 1866 eut lieu, au milieu pas- d'une pompe superbe, l’inetallation du corps du uver saint martyr ’ tout Le couvent de Lévis reçut comme don de joyeux ilieu retour une peinture représentant la Vierge de Riages. mini et cinq reliquaires très riches.

me Mgr Taschereau a pris pour texte de l’allocution venu funèbre qu'il prononça sur la torabe du curé de . Dé- Lé”is ces paroles du psalmiste : Dilexi decorem dos, un müs tuae et locum habitationis gloriæ tuae. Ge texte stime nous indique une des ambitions de la vie du curé oisse, Déziel. Après que toutes ses grar:des fondations cette furent terminées, il n’eut plus qu'un désir, celui nn lui d'orner dignement le temple qu'il avait élevé. Ce ‘u, est prêtre qui construisit pendant son aporstolat trois de M. églises, trois presbytères, un collège, un couvent. un ge eb hospice, avait sur l’art des connaissances sérieuses.

Ses goûts étaient relevés et marqués au bon coin. [l abhorrait le badigeonnage et le clinquant. Ce qu’il voulait c'était du beau, du grand, du solide. Les tableaux, les statues qui ornent l’église Notre-Dame lui font honneur, Dans son voyage en Europe, le curé Déziel voulut rapporter à ses paroissiens quelques copies des œuvres des grands maitres qu'il avait admirees. Les tableaux du chemin de croix de l’église paroissiale sont la copie fidèle du chemin de croix de Van Dyck au Vatican . Ces toiles sont dûes au pinceau de M. Ruspi, peintre romain. Les petits tableaux et les médaillons des autels latéraux ee qui représentent le martyr de sainte Agnès, le martyr de saint Etienne, l’Ecce Homo, la Vierge de Ratisbonne, la Vierge miraculeuse de Vicovaro, Saint-Joseph sont

1 Ce chemin de croix fut béni le 15 décembre 1867,

des copies faites à Rome des toiles des meilleurs artistes.

Les grands tableaux des arcades représentant la Transfiguration de Raphaël et la Communion de Saint- Jerôme du Dominiquin !; ceux qui se trouvent à la naissance du rond-point de l’abside : la Résurrection et l’Assomption, tous souvenir de retraites, sont des copies faites par des pinceaux en renom.

Le curé Déziel était fier des trésors artistiques que contenait son église et il les montrait avec com. plaisance aux visiteurs 2. Fee

Quand, en 1868, il fut question d’acheter un orgue, le curé voulut demander le concours des bons connaisseurs. Il dut s'opposer aiors à piusieu 1e ses meilleurs amis et des plus charitables, mais pourvu que la vérité triomphât, il faisait abstraction des personnes et de tout sentiment d'amitié personnelle, C’est cette fois qu’il monta en chaire et traita comme un homme de métier de l'art de construire des orgues. Auteurs en main, M. Déziel rendit compte des raisons qui avaient présidé à son choix. Ge roi des instruments, dont l'Eglise à pris soin de régler l'esprit et l’usage, et pour lequel elle a de tout temps manifesté sa préférence, il faut lui assurer, disait-il, les conditions d'excellence et de durabilité que doit posséder tout objet servant au culte divin. L’orgue est plus qu’un simple accessoire de la liturgie, il est encore un symbole, puisqu'il représente dans son ensemble le principe catholique, l'unité.

Dans les grandes comme dans les petites choses,

1 Souvenirs de la grande retraite de 1865 prêchée par le père Lagier.

2 La statue de l’ Ange gardien, sur l’autel de ce nom élevé par la piété de M. l’abbé Hudon qui fut vicaire de Lévis pendant vingt ans, a été faite à Poitiers.

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le curé Déziel envisageait toujours le point de vue large, laissan:' de côté les mesquineries du temps. Au milieu de tous ces travaux matériels, le curé Déziel n'oublie pas de donner à sa paroisse tous les avantages spirituels que lui suggère son cœur: d’apôtre. Les sociétés de bienfaisance, les œuvres de charité qu'il a fondées, suggérées, dirigées, sont nombreuses. Il voulait organiser ses paroissiens comme les troupes d’une milice sacrée. Tout mouvement généreux reçoit son aide et son appui. Apôtre zélé de la temp'rance, ami des Mailloux et des Quertier, qu'ilinvite souvent à venir porter la parole de Dieu dans son église, il fonde dès l’origine de la paroisse : La société de la Croix et des Messes *. Le 7 janvier 1855 est établie la société de la Garde d'Honneur de la tempérance. Cette Garde d'Honneur où devaient s’enrôler tous les jeunes gens célibataires compte à l’origine 451 membres. On y retrouve le nom de M. Louis Fréchette. À la suite d’une grande retraile prêchée par M. Mailloux, les gardes plantent en face de Notre-Dame, à l'endroit même où s'élève aujourd’hui la statue du fondateur de Lévis, un mai gigantesque de 170 pieds de hauteur. La bénédiction solennelle de ce monument a lieu en mars 1355. L'honorable François Lemieux, alors commissaire des travaux publics, porte la parole

pendant la cérémonie. | Les règlements de la garde d'Honneur sont écrits

de la main de M. Mailloux. Chaque année dans les premiers beaux jours du mois de mai, les Gardes

r Le 22 novembre 185r.—L’'œuvre de la propagation de la foi existe arts l'ouverture de l’église, le 20 novembre 1851. L’archiconfrérie est établie le décembre LXsr et affiliée à l’archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires

* Paris, le 6 décembre 1855.—Le Saint-Scapulaire établi le 26 mai 1856. La neu-

vaine de Saint-François- Xavier établie en 1855 par permission de l'ordinaire datée du 23 janier.—Le père Saché, supérieur des Jésuites à Québec, prêche Ja première retraite.

d'Honneur chôment l'anniversaire de la plantation du mai, Après la messe, on se rend sur la place Notre-Dame, le pavillon de la société est déployé et l'on proclame les noms de tous ceux qui se sont inscrits sur les rôles de la garde pendant l’année. Si un des soldats de la garde manque à la tempérance, le pavillon est descendu à mi-mât, peudant deux dimanches, après les vêpres jusqu’au coucher du soleil 1,

Cette société ne rappelle-t-elle pas les temps des mœurs patriarcales où chaque paroisse formait comme une grande famille ?

Afin de rehausser l'éclat des cérémonies de l’église et des fêtes publiques, le 8 juin 1856, le curé tonde la société philharmonique de Notre-Dame de la Victoire. La fabrique se charge elle-même d'acheter les instruments. Le curé prépare les règlements.

Ce corps de musique est composé de 25 exécutants, sous la présidence de l'honorable J.-G. Blanchet 2.

Le 31 mai 1857, s’ouvrent par une grande soirée d’inauguration les salles de l’Znstitut Canadien Cutholiques de la paroisse Notre-Dame de la Victoire Ce foyer intellectuel, sous le patronage du curé Déziel, compte 88 membres 3, Ou forme une bibliothèque: on ouvre des salles de lecture, on reçoit les principaux journaux.

Comme on le voit, le curé Déziel aide non seulement tous les efforts individuels, mais il donne à ce mouvement des intelligences la sanction de l'autorité

1 Le mai de la Garde d’ Honneur s'élève maintenant au milieu de la cour de recréation des élèves du Collège.

2 On trouve parmi les musiciens les noms du Dr Le Blanchet (picolo), C.-.

W. Carrier {ophicléide), Ls-Ed. Couture, Edmond Fréchette.

3 Premiers officiers de l’Institut: Patron : Le curé Désiel, président Dr B. Guay, vice-prés, Dr Blanchet, 2e vire-prés., 1.-J.-A. Bernier, trésorier, F.. X- Thompson ; secrétaire,-B. Marquette ; assistant, Jacques Jobin.

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Il prête en mème temps le concours de sa parole ardente à la classe ouvrière, Ii la fait organiser en société mutuelle de secours sous le nom de Société de l'Union Saint-Joseph de la ville de Lévisr. Les veuves, les enfants, les malades seront protégés par les épargnes versées dans la caisse de cette société philanthropique. Une société semblable s'établit à Bienville, dépendance de Notre-Dame, sous le nom d'Union St-Pierre du village Bienville, à Lévis ?. Plus tard se forme la Société de bienfaisance mutuelle du Sacré-Cœur de Jésus de la ville de Lévis 3, C’est une véritable assurance sur la vie, et les travailleurs, en . mourant, sont certains de ne point laisser leurs familles dans le dénûement, La charité chrétienne sait prendre toutes les formes, et dans cette longue série d'œuvres de bienfaisance, les pauvres ne sont pas oubliés. Déjà, à l’origine de Notre-Dame, le curé à organisé une conférence de l'admirable société de Saint-Vincent de Paul. En 1869, est fondée la Société bienveillante des dames de Lévis, dont le but est de visiter les indigents et de vêtir les enfants pauvres. : :

Le curé est le chapelain de toutes ces institutions dont il a lui-même dirigé ou inspiré les règlements, Il surveille leur marche dans le bien, il les dirige sans relâche.

x 1865.28 Vict., chap. 70.

2 1868.—31 Vict. ehap. 53. 3 1875.— 39 Vict, chap. 30

Lévis en 1871.—Fondation de la paroisse Saint-David de Lauberivière, Hospice Saint-Joseph de la Délivrance.

On constate pendant la décade qui s'étend de 1861 à 1871 un accroissement considérable dans Notre- Dame. ? Dans dix années le chiffre de la population s'est élevé de 6694 à 9032, un surplus net de 2138. La ville de Lévis à elle seule atteint le chiffre de la population entière de Notre-Dame en 1361, savoir : 6691. Un seul quartier de la ville nouve'le, celui de Notre-Dame, approche même le chiffre de la population totale de la paroisse en 1851: En 1863, entre Lévis et Saint-Joseph, prend naissance le village de Bienville. 3

Lévis, avec ses dix années d'existence, dispute déjà la suprématie aux vill:s du second ordre. En 1869, une compagnie s'est formée pour construire ua chemin de fer destiné à ouvrir à Lévis une communication directe avec le Maine, l’un des états les plus florissants de l’Union Américaine 4 Avec ce chemin de fer, on veut conserver à Lévis, la position qu'elle s'est acquise : celle de tête de ligne de la cite sud et de débouché de la fertile vallée de Bsauce. Un danger la menace. Elle est à la veille de ren-

1 Un dénombrem ent fait par le curé de Lévis en 1868 donne les chiffres suivants : 8816 âmes ; 5094 communiants ; 465 protestants; 242 Irlandais ; 1562 familles ; 862 bapiêines ; 48 mariages ; 242 sépultures.

2 Recensement de 1871 : ämes maisons { Quartier St-Laurent Lévis : tt = Lauzon... 44 À id Notre-Dame ,....... j

Bienville: 25 suis ose Notre-Dame de la Victoire

8 Première séauce du conseil—19 janvier- 4 La compagnie du chemin à lisses de Lévis et Kenrébec incorporés par 32 Vict. ch. 54.

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contrer dans les petites villes florissantes des Cantons de l'Est une concurrence autremant redoutable que

ae celle de Québec. Contre la vieille cité de Champlain, le fleuve nous a protégé; avec ces rivales de l’Est, il 1861 faudra lutter à arms égales. Sh2rbrooke convoite otre- le marché de Beauce. Déjà deux compagnies se tion sont organisées et tendent leurs filets d'acier vers 2138. cette vallée fertile 2.

Le la Il faut user d'énergie et d'expédition. Plusieurs oir : des paroisses de B'auce ne continueront leurs relacelui tions avec nous qu'à condition que nous construia po- sions une vo e ferrée. L: conseil de’ ville de Lévis 1863; vote 50,000 dollars pour aider à la réalisation de ce villa- projet. Le 1 mai 1871, le bureau du Lévis'et Kennebec est ouvert, les travaux de construction sont comspute mencés, et. en septembre, on fixe le terminus du . En chemin dans le quartier Notre-Dame.

ruire Jusque là, quoique Lévis soit parvenue d’un bond co. jusq'au rang de troisièm» ville de la province, on its les semble l’ignorer dans les cités plus grandes. rec: ce Pourtant, dans le mouvement dun port de Québec, sition si l’on compare le nombre des bâtiments sortis \ Côte des chantiers de construction de Lévis et les JAtiCe « nombreux chargements qui se sont faits dans e ren- ses entrepôts de bois, on trouve que la part qui lui revient relativement à sa population est aussi jAhifres grande que celle de sa vieille voisine. Dans dix ans, Lévis a fait plus de progrès que Québec en ee 100 ans. C’est de la rive sud que s'est organisée la ne: traversée régulière entre les deux rives. Ge sont les se capitalistes de Notre-Dame qui depuis 1820 ont tenu Fine la tête des bateaux passeurs et des remorqueurs. Ce ‘és par 32 z La Cie de la vallée de Saint-François et Kennebec (32 Vict. ch. 58.)

La Cie de Sherbrooke, des townships de l’Est et Kennebec, (32 Vict. ch. 57.)

sont les marins de Lévis qui les premiers tentent la navigation d'hiver. Ce sont eux qui trouvent une solution au problème,

En mème temps que Lévis se charge de construire une voie ferrée, se fonde un journal destiné à défendre ses intérêts. Jusque là, les tentatives que l’on a faites pour donner un organe à la ville naissante ont été infructueuses. L'Echo de Lévis paraît, et ce journal vigoureusement rédigé: rend de grands services à la ville, en faisant connaître sa position avantageuse, ses industries et son avenir Î.

À cette même époque, s’établissent des institutions financières qui permettent aux petits capitalistes de placer leurs épargnes. En 1870, la Société de Construction Permanente de Lévis est fondée. Quelques

fannées après la Banque des Marchands établit une succursale. Dès le 18 mai 1868, La caisse d'Economie de Notre-Dame de Québec avait ouvert un bureau à Lévis. Le curé Déziel ne reste pas étranger à ces mouvements. Dès 1858, il entre en correspondance avec M. Vézina, caissier de la Banque Nationale, pour établir une banque d’épargnes à Lévis afin d'engager les ouvriers à faire des économies. En 1871, quand il est question d’établir les célèbres usines Carrier et Lainé aur le bord du fleuve, le curé prête aussi à & rrojet son aide puissante. On parle dans ce temps, pour la première fois, de détourner l’Intercoionial par Saint Joseph. Une compagnie est même formée dans ce but*, Des conseil. lers craignent qu’en permettant létablissement d'usines en face de la ville, près du terminus pro- 1 Le premier numéro parait le 15 avril 1871. Voir à l’a 5pendice le nom des journaux fondés dens Lévis-

2 La Cie de jonction de la Pointe Lévi et l'Anse des lauvages (35 Vict. ch. 27.) ;

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