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Le collège fut la première maison fondée par le curé Déziel, et il eut pourelle tonte la prédilection d’un père pour son aîné. Cette création à la fois religiense, intellectuelle et matérielle, il en a fait le module qui mesure le mieux la profondeur de ses vues et l’étendue de son zèle :. Pendant trente ans, le collège a été témoin de son amour ardent pour la grande cause de l’éducation et pour l’enfance. El ne se fit pas lui-même éducateur, mais il chercha incessamment à s’entourer d'hommes dévouéset capables de comprendre la grande et noble mission de l'enseignement. Il voulut faire de son collège un asile où l’on pût éclairer les enfants pour l'honneur de la science, former des hommes pour Le service de la société et garder les âmes pour Dieu.
Parmi les nombreux collaborateurs à l’œuvre entreprise par le curé Déziel, il y eut de véritables apôtres. D’autres rediront leurs vertus et leurs travaux. Nous ne pouvons, cependant, passer sous silence le nom du prêtre modeste qui succéda à Mgr Déziel comme supérieur du collège et qui devait le suivre de si près dans la tombe. M. Sauvageau fut, pendant huit ans, le bras droit, lappui du curé Déziel. Il a fait pour le collège de grandes choses et le collège comme la ville de Lévis lui en garderont une éternelle reconnaissance, M. Sauvageau sut comprendre la féconde pensée du curé fondateur. Il partagea généreusement son dévonement, il en seconda tous les sacrifices. C’est lui qui, avec l’aide d’un de ses collègues, parvint à donner au collège l'éducation classique dans tous ses dé veloppements, ainsi que l'avait toujours si ardemment
1 Adresse des prêtres du collège au curé Déziel lors des noces d’or.(1830}
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désiré le curé Déziel. Ce coopératenr dévoué n’est plus mais sa mémoire ne peut passer.
Ceux que les événements de la vie ont éloigné de leur Alma Mater ne reconnaîitraient plus aujourd’hui le vieux collège qui abrita leur enfance. Depuis dix ans il a fait complètement peau neuve r.
Vu le nombre toujours croissant des élèves, on construisit en 1875 un nouvel édifice adjoint à l’ancien et formant avant corps.
L'an dernier on jetait les fondations d’une aile nouvelle et édifice est maintenant terminé. Toute la maison a de longueur 292 pieds sur 45 de large dans les ailes et 60 dans l'avant corps. C’est certainement un des plus beaux temples élevés à l'éducation supérieure dans notre province.
Qui redira jamais le dévouement et la générosité descitoyens de Lévis pour cette première fondation du curé Déziel ? Ils en donnaient l'an dernier, un nouvel exemple lors de la bénédiction de la pierre angulaire de Paile qui devait terminer Pédifice, Dans l’espace d’un an la ville de Lévis versa dans la caisse du collège une somme de quatre mille quatre cent cinquante-huit piastres.
Comment, après cela, douter de lavenir de l'œuvre que le curé Déziel créait, il y a trentequatre ans ?
Il ne fut pas donné au curé Déziel de voir son œuvre terminée, mais il a pu avant de mourir chanter le Vunc dimittis. Le collège, à la mort de son fondateur, recrutait déjàen partie ses directeurs et ses professeurs parmi les anciens élèves. Ceux-ci ont
1 Les anciens élèves retrouveront encore cependant dans quelquesunes des salles agrandies, bien aerées,spacieuses, les gravures représentant le vénérable Jean-Baptiste de la Salle, dernier souvenir da passage des Frères de la Doc: trine Chrétienne dans cette maison.
conservé et continué les vieilles traditions. Les succès que le collège remporte sous sa direction actuelle parlent assez éloquemment pour que nous nous dispensions de faire des vivants des éloges bien mérités.
Le collège est solidement assis. Il vivra.
Et aussi longtemps qu’il donnera asile à la jeunesse avide de s’instruire, la mémoire du curé Déziel sera vénérée. La gloire du fondateur du collège est impérissable. Nous en avons le garanti dans la piété filiale et si constante du vieux séminaire de Québec envers son noble fondateur, Mgr de Laval, dans l’amour de Ste-Anne, St Hyacinthe, et Nicolet, pour les Painchaud, les Girouard, les Crevier et les Brassard. Le nom de ces hommes est pour leur collège un patrimoine que chaque génération trausmet à celle qui la suit.
Fondation du Couvent.—Bénédiction de la première pierre. - Hospice Saint-Michel.—Arrivée des Sœurs de la Charité. .- Pensionnat.—Ecole d'industrie.
La vieille paroisse de Saint-Joseph, en voyant grandir et progresser son enfant, n'avait pas voulu rester en arrière. Il s'établit alors entre la mère et la fille une noble émulation. Les deux rivales, comme deux champions, descendent dans l'arène et toutes deux luttent d'adresse et de générosité pour savoir qui fondera les plus belles œuvres. (Cette lutte entre deux paroisses, pour un sujet aussi noble, aussi grand que celui de l’éducation à quelque chose de chevaleresque,
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M. le curé Routhier contemple d’un œil d'envie le collège qui s'élève sur les hauteurs de Notre-Dame. Il s’adresse à son tour à ses paroissiens et leur demande de construire un couvent. Ceux-ci répondent chaleureusement à l'appel. En décembre 1852, Mgr l’archevèque de Québec accorde le permis de construction.
Le curé Déziel qui vient d'ouvrir la source de la science aux garçons de sa nouvelle paroisse ne peut laisser les filles sans école supérieure. Il y aurait abondance d’un côté et disette de l’autre. L’édification d’un couvent est déjà projetée,mais comment faire marcher de front trois œuvres à la fois. Le curé Déziel est à bout de ressources. Pourtant, ce nouvel établissement est nécessaire. Il devra être fondé un-jout. Le curé s'occupe de préparer les voies, de déblayer le terrain.
Ïl apprend que ses entreprenants voisins, craignant des concurrences malheureuses, ont presque la promesse des autorités qu'aucun établissement d’éducation pour’ les filles ne sera élevé dans un certain rayon avant que la maison qu’ils viennent de fonder ne soit solidement établie. Gette démarche est pleine de sagesse, mais le curé Déziel qui prévoit limportance que prendra un jour Notre-Dame, désire qu’on la laisse sans entraves, tout entière à son libre épanouissement. Le 8 décembre 1852, se commence à propos d’un futur couvent une correspondance qui devait durer plus de huit ans, C’est dans ces lettres écrites au fil de la plume que le curé Déziel se peint tout entier. On y saisit sur le vif son dévouement sans bornes, son abnégation, son esprit de sacrifice. Ges lettres sont d'autant plus précieuses qu'elles sont les seules qui nous aient été con-
servées du fondateur de Lévis relativement à ses fou- âg dations!, On retrouve là l'historique parfait des si pénibles commencements du couvent, on y voit de V quoi était capable le curé Déziel quand il s'agissait (| de mener une entreprise à bonne fin. Sa personne Vi ne comptait pour rien. Le but à atteindre était là. de Il savait y arriver quand même, mais par la ligne de droite toujours. se,
Le gouvernement avait donné autrefois à la fa- h brique de Saint-Joseph une magnifique propriété, en ec face de Québec, pour y construire une église suc- m cursale. Faute d’accomplissement de la condition, pi cette donation était devenue caduque. C'est ce ter- de rain que le curé Déziel choisit pour le site de son couvent futur, et le 31 mars 1854, les fabriciens de tu Notre-Dame en font la demande au gouvernement. es Les fabriciens de Saint-Joseph, désireux de conser- in ver ce site superbe, s'opposent à cette requête. ce Après trois années de lenteurs adiministratives et tic d’ennuyeux pourparlers, la Couronne, en janvier en 1857, cède à Notre-Dame cet héritage chaudement l'é disputé. pe
Le curé Déziel n'avait pas attendu que ce premier n” obstacle fut renversé pour commencer son œuvre. vi Sa charité ingénieuse lui donne lidée de fonder. ca dans le couvent projeté un hospice pour les vété- cu rans du sanctuaire, les prêtres malades ou infirmes.
Cette fondation, dans le genre de l’hospice fondé te en France par madame de Châteaubriand sous le pr nom d'œuvre de Marie-Thérèse 2, reçoit un sympathi- en que accueil du clergé. Le 6 mai 1856, est lancé le prospectus de l’Hospice Saint-Michel pour les prètres CI
> Le
1 1} menait d'ordinaire toute ses négociations de vive voix. 2 L'Hospice du Val des Roses.
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âgés et infirmes de l’archidiocèse de Québec. Il est signé par MM. P. Béland, curé de Saint-Antoine, P. Villeneuve, curé de Saint Charles, C.-N. Fortier, curé de Saint-Michel, P. Pouliot, curé de Saint-Gervais, J.-B. Grenier, curé de Saint-Henri, J -D. Déziel, de Lévis. Les signataires croient être les interprètes de tous en voulant créer un asile à la vieillesse et aux infirmités du prêtre dans l’archidiocèse. Cet hospice n’est qu'une suite naturelle de la société ecclésiastique de Saint-Michel. Combien de prêtres meurent isolés, sans secours ? Un tel hospice est propre à faire conserver au prêtre jusquà ses derniers moments l'esprit de sa vocation.
Le site de l’hospice projeté parait fixé par la nature elle-même à Notre Dame de la Victoire. Le lieu est central. Il est d’une magnificence pittoresque incomparable. Il réunit les avantages de la ville et ceux de la campagne. Il met ses habitants en relations journalières avec le clergé de Québec et de ses environs. Il place en même temps sous les yeux de l’évêque une réunion de prètres, dont, au besoin, il peut retirer quelque utilité tandis que que ceux-ci n'auront qu'à 5e feliciter aprés les vicissitudes de la vie active, de se voir rapprochés, au terme de leur carrière de leur ch#f et de leur père. Ainsi parle le curé Déziel dans ses lettres.
Les signataires du prospectus se portent souscripteurs pour de forts montants et Mgr de Tloa qui approuve cordialement le projet s'inscrit lui-même en tête pour 200 piastres.
En jauvier 1857, MM. les abbés Joseph Hamelin, Charles Narcisse Fortier, Pascai Pouliot, Léon Lahaye et J -D. Déziel, et MM. Charles Robertson J.- B. Beaulieu, Louis Bégin, George Couture, Louis
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Cloutier et Louis Fréchette, paroissiens de Notre- Dame, sont chargés de diriger la construction du nouvel édifice, dont une partie seradestinée à l’usage des prêtres infirmes ou malades et partie à celui des Sœurs de la Charité pour y donner l'éducation aux
jeunes filles.
Le 11 juin 1857, la pierre angulaire du couvent et de l’hospice était bénite.
Nous copions du journal le Courrier du Canada la notice suivante touchant cette cérémonie :
‘“ Un temps menaçant la pluie a empêché en ROME cette belle cérémonie de se déployer avec éclat.
« C'est à l'issue des vêpres,tel qu’il avait été annoncé que la procession est sortie de l’église, bannière au vent, musique et chants sacrés, pour se rendre au lieu de la bénédiction.
‘“ Le couvent en contruction est tout prés de -la côte élevéé qui fait face à Québec. C'est à l'angle ouest de l'avant corps au rez de chaussée, au dernier rang supérieur de la maçonnerie sur la face du bâtimont ayant vue sur Québec que la première pierre a été bénite et posee par M. Cazeau, vicaire-général.
‘“ Avant de béniréil a adressé à la foule une allocution toute d'à propos : louant avec justice le zèle remarquable des citoyens de N.-D. de la Victoire, qui, dans l’espace de quelques années, ont crée une paroisse et tout ce qu’il lui faut pour sa vie chrétienne et sociale, temple, collège, couvent, presbytère et hospice.
‘“ Le pasteur de la paroisse, l'âme de ces précieux établisse. ments, a dù partager la louange que däistribuait M le grand vicaire. C’est à la suite d'heureuses réflesions sur la nécessité de l'éducation religieuse, et non mixte ou athée, que M. Cazeau a loué le bon esprit et les belles œuvrès des citoyens de Notre- Dame. Il a rendu hommage aussi aux vérius et aux efforts des respectables Frères des écoles chrétiennes 'qui assistaient avec
leurs élèves à la cérémonie. Enfin, ne voulant rien oublier, quoique la circonstance le forcât à être eoncis, il a su faire apprécier à la foule religieuse qui l’entourait, l'avantage pour la paroisse Notre-Dame, d’avoir dans sôn sein cet Asile des
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infirmités du sacerdoce, ce refuge des prêtres usés aux services des autelset du peuple. Priant et immolant la victime sainte, at-il dit, ces vélérans du sanctuaire n'auront laissé le champ de bataille que pour venir ici, sur la montagne élever la voix et les bras vers le ciel, pendant que le combat, pour les troupes fraiches et les nouvelles recrues, doit se continuer dans la plaine.
‘ Quelques messieurs du clergé des campagnes assistaient à la cérémonie malgré la circonstance de la Fête-Dieu et les mauvaises apparences du temps. C’est un témoignage de zèle et d'encouragement auquel notre clergé ne fait jamais défaut.
‘“ Après la bénédiction, on a, selon l'usage, fra 96 sur la pierre, en y déposant un témoignage réel d'intérêt. Le résultat en a été qu’une somme forte convenable, vu les circonstances, est venue s'ajouter aux souscriptions déjà faites pour couvrir les frais de l'édifice. Ce sera un bâtiment de 135 pieds sur 50, avec avant corps devant et derrière, assis sur un rez-dechaussée en pierre piquée et surmonté de deux étages en brique blanche avec mansardes.
« Le site ne saurait avoir de contradicteurs. Québec et sa rade environné aujourd’hui d’uue flotte inaccoutumée, telle qu'on le penserait assiègé comme Sébastopol, avec lequel il a déjà bien d'autres rapports. Aux environs, le magnifique ensemble de paysage qui, du balcon du nouvel édifice, fera embrasser à lafois la vue de sept paroisses, assises en amphithéâtre autour de Québec, comme pour servir d'accompagnement à sa majestueuse situation. A ses pieds, toute la vie bruyante du commerce et de l’industrie, qui rend Quéfiec et la côte Notr-Dame si animés dans la saison des affaires. Enfin, au sud, toute cêtte côte elle-même, accidentée en mille façons, se peuplant et se bâtissant comme par enchantement malgré les jours de gêne et d'épreuve qui pèsent sur tout le pays.
“Tout cela, nous le répétons, ne saurait rencontrer de con. tradicteurs. Ajoutez, pour les esprits méditatifs, que ce sol de Notre-Dame choisi pour y asseoir les œuvres saintes qui s'y élèvent a été consacré deux fois par les armes aux époques les plus mémorables de notre histoire. Sur les tranchées des champs de bataille s'élèvent les asiles de la paix, de la prière de la charité et de l’enseignement. Ea b'chant'dans:leur jardin
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les hôtes futurs de ces lieux sortiront le boulet meurtrier, ou les éclats de la bombe où du mortier, mêlés aux crânes desséchés des guerriers. Ces contrastes auront leur charme comme ils ont leur gloire. Peut-être auront-ils leurs douleurs, si Quebec, ce boulevard jalousé, était de nouveau menacé 1 .
L'année suivante l'édifice est terminé.
A la demande du curé de Notre-Dame, les Sœurs de la Charité de Québec avaient accepté, dès 1856, la charge de diriger la nouvelle maison. Deux années s’écoulèrent avant que l’on pu ouvrir l’'Hospice aux bonnes religieuses. Enfin, au commencement de 1858, M. Déziel écrit à la supérieure de Québec, la sœur Mallet, de lui envoyer des sujettes pour la fin de septembre. Les sœurs appelées à fonder cette mission furent mesdames Célina Roy, dite Saint-Pierre, E. Blouin, dite Saint Roch, C. Gingras, dite Sainte-Thérèse, M. Guay, dite Sainte.
1 La bénédiction faite, M. le curé de Notee-Dame lut ce qui suit :
“C'est l’usage comme on sait, \IM. de déposer dans la pierre angulaire d’un édifice public, certains documents propres à manifester 4 la postérité l’état présent des choses dans le pays ou tel edifice se construit. En conformité
à cet usage, nous déposons aujourd’hui, dans cette pierre le millésime suivant :
Le 11 juin de l’an 1857, ju de la Fête de Dieu, Pie IX,
Proelamateur du dogme de l’Immaculée conception, étant souverain-Pontife, reine Victoria régnant en Angleterre, Sir Edmond Walker Héad gouverneur général de la province du Canada, Monseigneur Pierre-Flavien Turgeon Archevêque de Québec, Mgr Charles-François Baillargeon, Coadjuteur et Administrateur de l’Archidiocèse, M. Japan Déziel, Curé de Notre-Dame dela Victoire de Lévi.
La première pierre de cet édifice, consacré à l’éducation des jeunes filles, et au soin des prêtres âgés et infirmes, bâti par la générosité réunie des citoyens de Notre-Dame de la Victoire de Lévis et du clergé de l’archidiosèse,
Le terrain ayant été donné par le gouvernement de cette Province, a été bénite et posée par M. Chs. Félix Cazeau, vicaire général de l’archidiocèse.
En présence d’un grand concours de fidèles et de clergé. Syndics dela part du clergé : MM Joseph Auclair, Narcisse-Charles Fortier, Paschal Pouliot, Léon Lahaie et Joseph-David Déziel, syndics de la paroisse N.-D : MM. J.- B.: Beaulieu, Chs. Robertson, Louis Fréchette, George Couture, Louis Cloutier et Louis Bégin.
Ouvriers énttepreneurs : M Ant: Pampalon, maçon, M. Vital Gagné, charpentier menuisier.—Fursut depasés. des médailles, des pièces de monnai: et divers journaux du ténps et une iiste de tous les so.scripteurs.
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Marguerite et M.-A. Bennett, dite Marie de l’fncarnation.
Nous laissons à l’analyste du couvent de Notre- Dame le soin de raconter le départ des Sœurs de la maison-mère et leur arrivée à Lévis. Ce récit rappelle les narrations que nous ont laissées les premières hospitalières arrivées dans Québec. Ilen a le charme et la simplicité exquise.
“ Le 22 septembre, dit le journal, étant le jour fixé pour le départ, à une heure après-midi, nous laissions la maison-mère pour nous rendre dans notre nouvelle demeure. Nous allâmes demander la bénédiction à Mgr l’archevèque Turgeon, digne fondateur de la maison-mère. Le bâteau à vapeur nous conduisit à Lévis, en quelques minutes. M. le curé Déziel, l'abbé Pelletier et un grand nombrede dames nous attendaient au débarcadère, Une d'elles, au nom de toutes, nous adressa quelques paroles de bienvenue. Ensuite, nous primes place dans les voitures qui devaient nous conduire au couvent, placé sous la protection de la Sainte Vierge sous le titre de Notre-Dame de toutes grâces. Après la visite des différentes salles, M. le curé, à la demande de notre mère supérieure, récita dans la chapelle encore vide et dénuée de tout ornement les litanies de la sainte Vierge. Après le départ de M. le curé et des personnes dont il était accompagné, Mme Fréchette : nous envoya un excellent souper auquel notre mère etsœur Sainte-Marie qui nous avaient accompagnées, prirent part, Malyré la séparation prochaine, nous mangeämes avec appétit et même avec gaieté. On fut très généreux pour nous. On nous envoya pendant plusieurs jours tout ce dont nous avions besoin.”
1 La mère de M. Louis Fréchette, poète lauréat.
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Le premier octobre s’ouvraient pour la première fois les classes du couvent, Dès le premier jour, 80 élèves s'inscrivent et, peu de temps après, ce chiffre s'élève à 117. Deux sœurs sont envoyées de Québec pour prêter main forte aux fondatrices.
C’est dans le même temps ! que l’Hospice Saint. Michel ouvre ses portes à un vétéran du sanctuaire, M. Lefrançois. Cet apôtre dévoué, brisé par les infir. mités qu'il avait contractées dans les missions lointaines, commence la liste des prêtres qui vinrent chercher dans Lévis Le lieu de leur repos. L'abbé Thomas P. Pelletier, ancien directeur de Terrebonne et de Sainte-Anne, suivit de près M. Lefrançois.
Le 18 octobre, Mgr l'archevêque visite la nou: velle communauté et le dimanche, 24 octobre, a lieu la bénédiction soleunelle du couvent. Mgr de Tloa officie. Il fait après la cérémonie une courte allocution où il rend hommage au zèle et à la libéralité des citoyens de Notre-Dame 2. Le lendemain, 25, M. Déziel celèbre la première messe dans la chapelle.
Les terrains en face du couvent étaient encore couverts par les tranchées élevées par l’armée de Wolfe en 1759. On ne voyait partout qu’escarpes et contrescarpes, fossés et mâchicoulis. Un rocher à pente raide masquait presqu’entièrement la porte principale de l'édifice 3.
Au printemps de 1859, les Sœurs font disparaître ces derniers vestiges d’une époque guerrière. Dans les sillous creusés par les bombes on plante des
1 6 Oetobre.
2 Le même jour a lieu la benédiction de la première cloche du couvent. Cette cloche de fabrique française pèse 235 livres. Parrain : M. Louis Fréchette, Marraine : Mde .F.-X. Lemieux.
3 On ne pouv“!t arriver à la porte qu’en passant sur des planches.
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u couvent. Cette ouis Fréchette,
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arbres. Les allées d’un jardin sont tracées, On commence une avenue,
Au mois de juillet !, l'honorable Joseph Cauchon, qui pendant,son passage au commisssariat des terres avait pris beaucoup d'intérêt au couvent, assiste au premier examen public. Il ne reconnait plus l’humble maison dont il a protégé les pénibles commencements.
Voilà, dans un brief récit, les principaux événements qui signalèrent la première année d'existence du couvent de Notre-Dame.
Le curé Déziel avait voulu doter su paroisse d’un couvent. Sa volonté tenace était vénue à boui de tr'om pher des premiers obstacles. Il fa'!ait maintenant couronner l’œuvre. Le bon jardinier ne se contente pas de jeter le grain en terre, il veut le voir grandir, il l’entonre de ses soins jaloux, il le protège
contre les vents ou les soleils trop ardents jnsqu’à parfaite floraison.
Le couvent de Notre-Dame avait l'existence, mais pour lui assurer une vie robuste, une constitution solide, il ne suffisait pas d’être toléré, ce qu’il de mandait c'était l’assentiment complet, sans réserve, de l'autorité.
Les bonnes sœurs n'avaient ni bénéfices ni pré: bendes. Les simples ressources d’un externat, la modique pension versée par quelques prêtres infirmes, les souscriptions de quelques citoyens géné. reux, les épargnes d’un simple curé de paroisse ne pouvaient suffir à l’entretien d’une maison comme celle de Notre-Dame On avait versé jusqu’au dernier sou pour élever ies murs de l'édifice. Un.
1 Le 14.
bazar avait donné l’ameublement. Où chercher maintenant la subsistance ?
M. Déziel, en fondant son couvent, avait toujours espéré qué l'autorité finirait par permetire l'établissement d’un pensionnat régulier. L’évêque hésitait à donner un consentement qui pouvait nuire à des établissements voisins. M. Routhier, curé de Saint-Joseph, en recevant la permission de construire la maison de Jésus Marie avait presque eu la promesse formelle qu’il ne s’établirait pas de longtemps dans un certain rayon des établissements qui pourraient faire une concurrence ruineuse à sa fondation.
Le curé Déziel avait protesté contre ce privilège. En appellant les Frères de la Doctrine Chrétienne à Notre. Dame il voulait grouper sous leur direction tous les enfants des écoles communes. Qui donnerait alors l'instruction aux jeunes filles de sa paroisse ?
Pouvait-on exiger que les enfants d’un paroisse aussi populeuse, aussi étendue que Notre-Dame, se rendissent aux classes d’une paroisse voisine à trois milles de distance : ? Pour obvier à ces difficultés, M. Routhier proposait l’établissement d’une succursale des religieuses de Jésus-Marie.
Au mois de septembre 18562, M. Déziel revient encore à la charge. Comment veut-on que ses paroissiens souscrivent pour une institution qui ne pourra avoir que des moyens précaires d'existence ? Com-
1 Lettre du curé Déziel, 8 décembre 1852. La population progressait. de jour en jour. Avant longtemps Mgr Deziel prevoyait qu'il faudrait établir une maison nouvelle dans les chantiers au milieu des groupes nombreux, qui bordent le fleuve depuis St-Romuald jusqu’à Lévis.
2 Le 6 Janvier, Mer Baillargcon donne des titres d'établissement d’une maison-mère des Sœurs de Jésus-Marie à St- Joseph de la Pointe de Zévi. Cette congrégation était établie à Notre-Dame de Fourvières à «yon, France. Mgr Bourget avait été lui-même demander aux religieuses de fonder un institut au Canada. Il était procureur de Mgr Baillargeon.
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ment veut-on que les seules externes donnent le soutien, quand sur 150 élèves les Frères donnent l’instruction à 50 gratuitemtent ? Il faut faire la part des pauvres.
Le couvent s'était construit, le curé espérait toujours. Après ie premier examen public, le curé, fier des succès que son couvent avait remportés, sup# plie de nouveau. Son cœur de prêtre est navré. ‘Je ne puis permettre, écrit-il, de voir s’accomplir sous mes yeux la ruine d’une œuyre qui m'est si chère et qui m'a coûté tant de peine.” On dit mème que le curé Déziel remit sa cure entre les mains de l'evêque.
Le ?5 juillet, M. Déziel est en retraite ecclésiasti. que au séminaire, il a une entrevue avec l'ordi. naire. | ;
Au milieu de tous ces pourparlers, il fallait terminer l'édifice inachevé, Guelles angoisses ne vinrent pas. assaïllir le brave curé ! Ses épargnes ne sufiisaisnt pas à payer les constructeurs. Comment demander à ses paroissiens déjà épuisés par la construction d’une église, d’un couvent, d’un presbytère ? En novembre 1859, il faut absolument deux cents louis. [la promis, il ne peut manquer à sa parole. Il pourrait emprunter, mais en conscience il ne le peut pas, car il n'a pas de revenus pour payer,
et pourtant, il est prêt à faire tous les sacrifices pour
sortir d'embarras et empêcher son œuvre dé tomber. Il ne voit plus qu'un moyen : c’est de prendre pension à l’Hospice. De cette façon, il pourra épargner assez, il l’espère, pour faire honneur à ses affaires. Dans ce cas, il lui est impossible de garder deux vicaires. Il se chargera de sa part. ‘Je sais, M que je m'impose un fardeau bien pesant,
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mais fût-il plus pesant encore, j'espère que Dieu me donnera la foree de le porter, si je succombe sous son poids, je m’en eonsolerai facilement si j'ai réussi à soutenir une œuvre qui, d’après mes convietions, est si utile et même si nécessaire ?. ?
L’archevêque Baillargeon, à qui it aemande con-
seil,lui écrit deux lettres sympathiques où il le
prie d'attendre patiemment. M. Déziel lui répond que dans les circonstances diffieiles où il se trouve, il prend le seul moyen qui lui reste.
“Qui pourra s’en plaindre ? J’ai déjà desservi ma paroisse avee un seul vieaire et je ne me suis pas aperçu que les fidèles en eussent souffert. Je sais que eet arrangement occasionnera un surcroit d'ouvrage et sera bien incommode pour nous, mais, pour ma part, je suis prêt à tout supporter. Par ce moyen, j'épargnerai suffisamment pour rencontrer l'intérêt de l’argent dont j'ai besoin. Mes dépenses seront diminuées, et je pourrai ainsi contribuer plus efficacement aux besoins du couvent.”
L’Archevèque lui répond de nouveau dans nne
- lettre pleine d’affection. Il le prie de ne pas en venir
à cette extrémité. Cette démarche ruinerait sa santé et affligerait ses meilleurs amis. Il lui donne en même temps à espérer qu’il lui aceordéra bientôt un pensionnat.
C’est dans l’antomne de cette même année *, que : M. Dériel soumet à l’ordinaire le programme de l’enseignement qu’il désire faire adopter au couveni,
IH vent une éducation pratique : le français,
1 Lettre du 5 novembre.
2 29 novembre.
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langlais, la géographie, l’histoire, l’arithmétique,la composition littéraire, la couture. A’un certain noinbre, les broderies, le dessin, le piano.
L'année 1860 se passe en pourparlers à propos de l'établissement d’un pensionnat.
Le curé Déziel était intimement convaincu que les deux couvents de Saint-Joseph et de Lévis pouvaiènt vivre sans se faire une concurrence ruineuse.. Les événements ont justifié ses prévisions- Tous deux ont grandi, ant prospéré, et l’avenir se présente devant eux plein de brillantes promesses.
Le curé Déziel admirait le zèle, le dévouement et : le haut enseignement donné par les religieuses de Jésus Marie, mais ce qu’il voulait pour la villequ’il avait entrepris de fonder, c'était une institution qui pût embrasser tout les besoins de la population.
Ne fallait-il pas pour la population ouvrière de sa paroisse des sœurs hospitalières qui puissent visiter les malades, prendre soin des afiligés, faire l’aumône aux pauvres ? |
N'est-ce pas aux sœurs de la Charité de diriger lHospice des prêtres infirmes établi dans le couvent, disaient les fondateurs de cette institution ?
La congrégation Fourvières consacrée exclusivement au haut enseignement ne pouvait accepter ce rôle d’aumônière.
A ceux qui objectent que les disciples de madame d’'Youville n’ont pas pour habitude de se consacrer à l’enseignement et de tenir des pensionnats, le curé Déziel répond en montrant l'exemple de Bytown et de Cacouna, où ces sœurs hospitalières avaient déjà des communautés dévouées à l'éducation de la jeunesse. | | N'est-ce pas la place à Lévis, après les grandes
villes, écrit.il dans ses lettres, où ces sœurs peuvent le mieux faire les œuvres de leur Institut ?..
‘t Lorsque nous avons demandé les sœurs de la Charité nous avions deux fins, l'éducation et le soin des malades
ss. Ne pourraient-elles pas après leurs classes
visiter les malades, les pauvres ; ne a pas même admettre quelques orphelines ?
C'est dans une de ces lettres pressantes que le brave curé, obligé de rencontrer un paiement pour son cher couvent, s’écrie : ‘Je vendrai s’il le faut jusqu’à mon dernier meuble pour faire honneur à mes affaires.”
A la fin de 1860, en octobre, les paroissiens de Notre-Dame s'unissent à leur curé. Es exposent les grands sacrifices qu’ils ont fait pour bâtir église, presbytère, collège. C'est avec le même zèle qu’ils ont entrepris la construction d’un couvent. Leur vénéré pasteur a déboursé jusqu’à ses derniers revenns pour subvenir aux besoins de l'institution qu'il vient de fonder. Fant:il priver la classe pauvre, les malades, des soins et des consolations des religieuses de Charité et fermer une maison qui a déjà fait tant de bonnes œuvres ? Notre-Dame est destinée à devenir un centre de population considérable ; n’estil pas juste qu’elle possède une maison d'éducation pour les filles, comme elle à un collège ?.. Les deux institutions de Saint-Joseph et de Notre-Dame se complètent. Ghacune à son but. Toutes deux sout utiles et peuvent rendre de grands services !.
L'autorisation si impatiemment désirée par le curé Déziel se fit attendre encore pendant cinq ans,
1 Requête des paroissiens de Notre-Dame des 12 et 23 octobre 1860,
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jusqu’en 1864, où le pensionnat fut ouvert réguliè-
rement.
Depuis cette époque, le couvent de Notre-Dame a pris de larges proportions.
Des directrices habiles en ont fait une institution du premier ordre.
Le 14 octobre 1861, la fabrique de Notre-Dame qui, depuis le commencement, avait gardé la propriété des édifices du couvent, LR cède aux sœur de la Charité de Québec.
Le 5 mai 1863, la communauté était incorporée par acte du parlement, sous le nom de ‘ les sœurs de la Charité de la ville de Lévis »
En 1869 et 1870, le nombre des élèves augmentant toujours, on ouvrit au village de Bienville et dans la partie est de la ville de Lévis deux succursales où linstruction élémentaire est cd aveC bsaucoup de succès,
Le 18 janvier 1870 est fondée l'école d'industrie.
En 1869, M. Ramsay, un ancien converti que la grâc e avait touché, forme le projet de fonder des asiies pour les pauvres enfants abandonnés. Le gouvernement de Québec adopte les plans du seigneur de Saint-Hugues et les écoles industrielles sont fondées.
En 1870, le 18 janvier, le couvent de Lévis, choisi comme le siége d’une de ces intitutions, ouvre ses
portes aux premières orphelines,
Cette œuvre de bienfaisance devait grandir avec le temps et donner naissance à de nouvelles iustitutions.
Le 18 mai 1642, quand on jetait les bases de lhumble colonie de Montréal, le père jésuite Osmont disait : “Oui je ne doute nullement que ce petit
1 26 Victoria, chapitre 35
grain ne produise un grand arbre, qu'il ne fasse un jour des progrès merveilleux, ne se multiplie et ne s’étende de toute part.”
Lorsqu'en 1857, on jetait en terre les fondatiofs de Phumble couvent de Notre-Dame, quelqu'un se doutait-il que vingt ans après cette maison qui commençait au milieu de mille obstacles, dont l'existence paraissait si frêle, donnerait naissance à une sœur grande et belle ? Personne ne le sait. Mais le vieux curé Déziel, dont les vues étaient si larges, et qui avait prévu d’une façon si merveilleuse les proportions que prendrait un jour la paroisse de Notre- Dame, n’avrait certainement pas craint de pe ir la prédiction du jésuite Osmont ».
Notre-Dame en t851.—Organisation municipale.—Progrès.— Population de 1861.—La ville de Lévis est fondée — Départ de M. le suré Déziel pour l'Europe.
Le 19 mars 1853, les paroissiens de Notre-Dame, en reconnaissance des services que vient de leur rendre le curé Déziel, lui présentent son portrait peint à l’huile, de grandeur naturelle. Cette toile dûe à l’habile pinceau de M. Théophile Hamel,représente le curé fondateur avec le surplis et l’étole. M. Déziel indique de sa main gauche le plan du collège à demi déployé sur un guéridon. Au fond apparaissent les eaux bleues du fleuve, les hautes falaises de Notre-Dame, l’église qui vient de s'élever
: En 1882, le couvent a été rajeuni. On a placé un toit mhomanl. Le 28 septembre 1883 on fêtait le 25ème anniversaire de l’ouverture des classes,
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et un groupe de maisons blanches échelonnées' le long de la rampe !, C’est à la suite de la messe solennelle de la St-
Joseph, fête patronale du curé, qu’eut lieu: la pré-.
sentation, Le lieutenant-colonel Dalaire lut une adresse des citoyens. Nous reproduisons ce document et la réponse du curé Déziel comme un vivant témoignage des relations sympathiques qui existaient entre le pasteur et ses nouveaux paroissiens :
Au rRévéRenb M. Joseru-Davio Déziee, curé pË Noïre-DAuE ve LA‘ VicrbiRg, M: le Curé,
l1 nous est doux, aujourd’hui, de pouvoir vous offrirnn gage réel de notre respect, de notre amour et de notre reconnaissance. C'est au nom de tous vos paroïssiens que ce gage si mérité vous est offert.
Nous apprécions tous les bienfaits que nous avons reçus de votre maïn, bienfaits qui passeront à nos descendants avec votre nom, votre zèle et votre courage infatigables.
Dieu bénira tant d'efforts faits pour sa gloire, pour le salut des âmes, et pour notre bien-être même matériel. Deux monuments
impérissablés resteront au milieu des générations qui nous suc.
cèderont; L'un, té temple de Dieu, donnera les bienfäits de la vie éternelle. L'autre, le collège, cuitivera rar la science, la vertu, l'esprit et le cœur de la jeunesse ; ét un hommé de courige, un prêtre plein de zèle, aura, après Dieu, conçu k pensée de ces deux monuments, fés aura élevés par là forte de s4 pa. role et de sa sollicitude. 11 est donc juste, M. le Guré, que ce prêtre zélé vive doublément en quelque sorte au milieu de nous, et quand Dieu aura récompensé son mérite par le bonheur de l’autre vie, son image restera au milieu de nos enfants. Elle leur sera à [a fois un bel exemple et un motif d'étérnelle reconnaissance. |
Voilà respectable curé, le but de loffrande que nous avons le plaisir de vous présenter en ce moment. Vous voudrez bien
1 C’est le tableau qu est suspendu dans la sacristie de Notre Dame.
l'agréer et alors tous les cœurs seront contents et tous les
vœux satisfaits.
Le Curé répondit :
Messieurs et bien-aimés paroissiens,
Je dois être sensible au témoignage honorable que vous voulez bien me donner aujourd’hui. Ce témoignage, reharssé par celui de mes bien-aimés paroissiens au nom desquels, dites-
| vous, vous parlez en cette. occasion, ne me devient que plus cher et plus digne de toute ma reconnaissance.
Certes, le prêtre a bien des motifs devant lui de se dévouer au bien. Et fût:il assez malheureux pour déposer les bienfaits de son ministère de dévouement en des cœurs insensibles, fidèle à sa mission, ces motifs devraient alors lui tenir lieu de consolation. Mais si Dieu permet que ses bienfaits, transmis aux hommes par ces faibles instruments, tombent en des cœurs sensibles, dévoués eux-mêmes au bien d'une manière toute dis-
. tinguée, il faut l'en bénir mutuellement et féliciter ces cœurs dévoués et sensibles. Je vous remercie donc, messieurs, et tous mes bien-aimés paroissiens, de cet éclatant témoignage de vos bons sentiments.
4 J’ai parlé de motifs de dévouement au bien. Votre démarches Pi messieurs, m'en offre un nouveau. Travailler pour la gloire de cc Dieu et le bien des hommes en compagnie d'une paroisse ani- là mée du même esprit, quel agréable et puissant motif! Mais v!
.qui donc, au fond, après la protection constante et toute puis- vt sante de Dieu, qui a donc fait dans cette paroisse ce que vous fa vous plaisez à reconnaitre aujourd’hui ? C'est à vous, messieurs, c'est à tous les cœurs généreux de la paroisse qu'est dû ce que és nous y voyons. C'est au jeune et digne prêtre, mon collobora. n
teur dans le saint ministère, c'est aux étrangers mêmes, venus qt si généreusement à notre secours, que sont dûes les œuvres P. dont vous parlez avec une si juste complaisance. En effet, sans et ces honorables étrangers, sans le zèle ardent et infatigable de | cl Monsieur Jean, victime aujourd'hui de ce zèle digne de son état, d sans l’aide et l'excellent esprit de mes paroissiens, sans vous surtout, messieurs, qu'aurais-je pu faire?..... Ainsi voilà ma part: Du resie que Dieu soit loué de tout. | Pe J'accepte donc ce portrait, comme le témoignage de vos pro- di
pres œuvres. I] restera à nos descendants, fiers d'avoir sous m
| vous 1a 11836 ditese plus
svouer nfaits , fidèle Cons0s aux cœurs te dis-
les yeux un monument des vertus généreuses de leurs ancètres.
Pour moi, si j'ai mérité quelque chose, veuillez, en retour, penser à moi souvent devant Dieu, afin quo ma carrière soit toujours digne de mon ministère de paix et de dévouement.
N.-D. de la Victoire, 19 mars 1853.
Le Journal de Québec du 7 août. rendant compte de cette cérémonie, dit : ‘* Pour reconnaître les ser. vices rendus à la paroisse de N. D. de Lévis par son curé, il suffit de porter son regard sur l’autre rive et d'y admirer la vaste et belle église et le magnifique collège que l'on y aperçoit. C’est lui qui a été l’âme de ces deux entrep'ises et son zèle a été puissamment secondé par plusieurs de ses généreux paroissiens. ”
Le collège et l’église terminés, on s'occupe de l'avancement matériel de la nouvelle paroisse.
Notre-Dame n'était alors qu'une campagne pittoresque où les citadins venaient jouir sous les grands pins des d'lices de la belle saison. La falaise entrecoupée de ravins et de ruisseaux, couverte de ci de là de bouquets de bois touffus offrait des points de vue magnifiques-et des lieux charmants de rendezvous. À l’automne, les disciples de Saint Hubert faisaient la chasse dans la commune, —un terrain vague où croissaient les aubépines et les cèdres nains. Les rues projetées par Caldwell n'étaient que des sentiers à peine tracés. La seule Côte du Passage avait une rangée de maisons avec pignons et perrons sur la rue, Un ruisseau qui débordait à chaque orage longeait les bords de ce grand artère de commerce.
De 1850 date une ère xs) le. Nous avons déjà parlé des grandes entreprises que l’on projetait dans le temps. : La compagnie du Grand-Trong commence la construction de ses gares. A côté du ter-
minus de cette puissante association, les marchands de bois élèvent des quais et des entrepôts. La compagnie des doeks du Saint-Laurent se forme. Tout Québec espère déjà voir arriver à son port le commerce de l’ouest. Les journalistes de la vieille cité regardent d’un œil jaloux ces entreprises nouvelles qui surgissent sur la côte sud. Le vieux jouteur Cauchon décläre dans son journal qu’il voit avec répugnance s'élever cette jeune rivale qui prendra de l’importance par le simple fait qu’elle s'établit en face de Québec, et qui vient lui enlever des fruits qui ont coûté des années de labeur. IL parle de construire des docks dans la rivière Saint Charles. Pour enlever le terminus du Grand Tronc à la rive sud, on propose de jeter un pont sur le fleuve.
Notre-Dame vient à peine de naître, on la jalouse. Les citoyens, entraînés par la main puissante de leur curé, préparent les voies à l’avenir.
En 1855, une loi régularise l’organisation municipale et le 23 juillet, Notre-Dame élit ses conseillers :.
Un jeune médecin, arrivé dans la paroisse depuis trois ans à peine, est choisi comme le premier maire de Notre-Dame. Ce maire de 26 ans, actif, remuant, plein d'entreprise, asu déjà former autour de lui un groupe d'amis dévoués. La mairie de Notre-Dame devait lui porter bonheur.
Dans un cycle de trente ans, ce premier magistrat a gravi d’échelon en échelon jusqu'aux plus belles positions qu’un homme puisse envier dans son pays. L’honorable J..G. Blanchet a monté la pente raide des commencements avec l’humble municipalité
1 Premiers conseillers de Notre-Dame élus en 1855 ‘Magloire Bégin, Josèph Carrier. Jenn Bte-Bégin, Thomas Fraser, Pierre Couture, Ed: Labadie, J.-G. Blanchet.
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qu'il était appelé à présider en 1855. Il a grandi avec elle.
La première occupation du conseil fut d'ouvrir des rues nouvelles pour permettre aux citoyens de se rendre à l’église :. La rue Guenette avait été ouverte au public, dès les commencements de la paroisse. En 1856, on trace le chemin Fraser pour unir la population de Bienville à celle de Notre- Dame. Les rues Wolfe, Saint-Etienne, Carrier et Eden sont verbalisées et mise en bon ordre. Des maisons nouvelles s’élevent de toutes parts. Dans le court espace de trois ans un village considérable s’est déjà groupé autour de l’église. La progression est si rapide qu’en 1857 on sent déjà le besoin d’organiser en municipalité de village sous le nom de ‘village de Lévi” toute cette partie de la paroisse qui s'étend en face de Québec depuis le fleuve à aller à la rue Wolfe et de la côte Davidson à aller au terrain de l’église. Ce fut l’origine de la ville de Lévis. Le conseil s'occupe en même tem ps d'organiser un département du feu. Une pompe à incendie est achetée de Saint-Joseph de la Pointe de Lévi. On fait une première tentative pour obtenir de l'argent du fonds d'emprunt municipal. En 1859, s'établit à Notre-Dame une Compagnie pour l'éclairage du gaz.
Dans la période qui s'étend de 1857 à 1861, la fa laise déserte s'était peuplée. Au pied des caps, les chantiers de construction, le chemin de fer, les bâteaux passeurs, le chargement, le déchargement et le remorquage des navires, les entrepôts de bois d'exportation appellent les travailleurs
D'un autre côté, en 1853, le gouvernement appelle
* Les séances du conseil se tenaient dans la demeuré actuelle de l'honorable M. Blanchet.
dans la commission des chemins à barrières trois
citoyens de la rive sud. Les routes de Beaumont, de doi
Saint-Henri, le chemin de grève en face de la ville, . té |
la Côte du passage sont réparées ou ouvertes et amè- Il {
nent au marché les populations agricoles de l'inté- ceu
rieur. dix N Le recensement de 1851 donnait à la paroisse de vée }| Notre-Dame de la Victoire une population de 4,415 n'ét . habitants. Celui de 1861 constate 6,694 habitants. con ‘18 Cette paroisse populeuse où s'élèvent déjà des L 1: édifices qui auraient été la gloire de plus d’une sa p vieille cité, où le commerce et l’industrie prennent teut
chaque jour des développements extraordinaires a "hôte
déjà de fait le rang et le prestige d’une ville. En le te
1860, se commence un mouvement pour demander M
au parlement du Canada d'accorder une charte spé- mai)
ciale à une partie de la municipalité de Notre-Dame. pen
Des citoyens entreprenants sont à la tête du projet. min
Il s’en trouve toujours pour protester quand il faut orga
faire un pas en avant. Les uns sont effrayés par le lité fantôme des impôts, d’autres voudraient suivre l’éternelle routine qui a condamné tant de grands projets à l'impuissance. Il se trouve, heureusement, dans Notre-Dame une poignée d'hommes dévoués qui entourent le curé et se font les ordonnateurs de sa pensée. Cette génération ardente sur laquelle souffle le zèle apostolique du prêtre fondateur s’est laissé façonner, comme üne cire ductile. Pour elle les enseignements du pasteur sont indiscutables, ses volontés sont des ordres.
Les difficultés sont franchies et le 18 mai 1861, le Les gouverneur sanctionne la charte incorporant : la : ville de Lévis. 1
1 24 Vict., ch. 7).—Voici les bornes données par le statut de 1861, ala no1velle ville : * :
in ; . fondeur 1 Dan notaire a Le 4
s trois nt, de a ville, .
t amèl'inté-
isse de e 4,415 ants.
éjàa des s d’une rennent aires à le. En mander rte spée-Dame.
projet.
il faut ; par le suivre grands eureuseommes s ordonente sur bndateur e, Pour utables,
1861, le rant - la
6, Ala no1°
On peut voir par les bornes que le statut de 1861 donne à la nouvelle ville, comme il fallut de volouté patiente pour pouvoir atteindre au résultat désiré. Il fallut découper dans la carte les propriétés de ceux qui s’opposaient à la nouvelle création. Depuis dix ans que Notre-Dame existait, les passions soulevées au commencement de la division de paroisse n'étaient pas encore entièrement éteintes. Il fallut compter avec ce vieux levain.
Le 6 août 1861, le conseil-de-ville de Lévis tient sa première séance, sous la présidence du régistrateur du c ‘uté, M. FM. Guay. Certes, le premier hôtel-de-viile de Lévis était bien modeste, mais avec le temps il devait prendre des proportions 1,
M. Louis Carrier, riche négociant, fut le premier maire élu 2. Îl devait occuper ce poste de confiance pendant neuf années consécutives. C’est sous l’administration de ce premier magistrat que furent organisés tous les rouages de la nouvelle municipalité, M. Carrier était doué d’une belle intelligence. Il avait le sens droit et l'esprit exact des affaires.
Doué d’une franchise proverbiale et d’une impartia-.
En front, par le St-Laurent, à une profondeur de quarante pieds à mer. basse, en arrière par la cime du cap en arrière des moulins Lambie ; de là, suivant la cime du cap jusqu’à la ligne sud-ouest de la terre de verve Olivier Duclos, avec tel terrain que renfermera la ligne sud des propriétés de James Tibbits, la Compagnie à GE A de Québec, H: N. Patton, B. Coxworthy, James Reckie, . Price, W. E. Price. David E. Price, John Lambie, et les
ropriétés du domaine jusqu’à eg de division entre Notre-Dame de. la
ictoire et St-Romuald, et suivant la igne sud-ouest de la terre de veuve Olivier Duclos, gagnant le sud jusqu’au chemin public, sur la côte ; de là traversant le dit chemin public jusqu’à une distance de six arpents ; de là, sur une ue droite à la borne sud du terrain de F. Fortier ; de là, sur une ligne droite àla ligne nord-est de la terre de Juien Chabot ; de là, le long d’icelle ligne courant nord,gu chemin public, de là, le long du côté sud du chemin public, jusqu’à la ligne nord-est de la terre de Michel Bégin ;,de là, courant nord, le ong d'icelle ligne de division, jusqu’à la cime du Cap : de là gagnant le nord-
| est le long de la cime du, Cap jusqu'à la ligne nord-est de ja terre d’Isidore
Bégin ; de là, gagnant ay:nord, jusqu’au fleuve St-Laurent jusqu’à une pro-
- fondeur de quarante pieds 4 mer basse,
1 Dans la maison qui porté maintenant le No. 4; rue Wolfe, propriété du notaire Léon Roy AR NE APERDE A :
a Le notaire Léon Roy fut choisi comme secrétaire trésorier. ;
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