‹ Monseigneur Déziel [microforme]Chapitre 26 sur 44 · RES · texte numérisé non relu

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collège, d'un couvent. Afin de travailler plus effica- 4

cement au salut des âmes de sa populeuse paroisse, à ni il venait d'entreprendre la fondation de Saint-David, hd mais son œuvre n’était pas encore compiétée. d:

Pour la prière et l’éducation les portes du temple s'étaient ouvertes, il restait encore à donner un iefuge aux pauvres et aux déshérités.

1 Les paroissiens de Saint-David ont fait de généreux sacrifices pour la cons”

truction de leur église et ils peuvent en êtré fiers. Ce temple leur fait honneur. JS ie;

Le premier curé de Saint-David fut M Jos.Et. Martin. / ra Le 20 fevrier 1876, le curé Déziel disait la première messe à Saint-David. |

Le 77 mai 1877, sa Grâce Mgr Taschereau bénissait la première pier:ej de

l'église et le 19 décembre, mème année. le temple était ouvert au.culte. en

Depuis longtemps déjà, le vieux lutteur rêvait de fonder un établissement de charité. Aux commencements mêmes du couvent, il avait pensé à ses chers pauvres. M. Déziel, en choisissant des sœurs hospitalières, savait ce qu'il faisait. Toutes ses fondations ont été prévues aux origines de la paroisse. Il laissa au temps le soin de müûrir ses idées,

Pour assurer les fondations de l'établissement projeté, il jeta d’abord les yeux sur le terrain des buttes Fraser. Ce projet abandonné fut repris, mais sans succès, quand le gouvernement fit don aux Sœurs de la Charité d’un bloc de terrain. en face du bureau d'enregistrement actuel du comté de Lévis, 1 pour la construction nn hôpital. En 1872 il

fui question pendant un temps d'établir cet haspice snr la propriété maintenant occupée par M. Eaouard Demers, puis sur les hauteurs à l’arrière de Lévis, à l’ancienne résidence de M. Félix Fortier qui s’offrait généreusement d'avancer $4000 pour ce projet d'établissement.

C'est au commencement de 1876 que le curé Lierol voyant la nécessité de plus en plus pressante d'un pareil refuge, résolut de se mettre à l’œnvre.

Le vénérable vieillard avait atteint sa soixante- :.vièrie année, C’est l’heure où l’homme rendu au bout de sa course, pense d'ordinaire à se reposer dans une paisible retraite pour se préparer doucement à la mort.

Le fondateur de tant de bonnes œuvres avait fait sa rude part. Qui aurait pu contester son zè!e et son äévousment ? Il voulut mourir sur la brèche et ne s\enit pas a entreprendre et de pousser jusqu’au

1 (Je terrain, situé à l’encoignure des rues St Félix et de La Escalier, fat donné en 865 pendant le voyage du curé Déziel en Europe.

bout une entreprise où cent autres auraient succombé. à

Rien ne l’arrête, Il n’avait pas un seul sou vaillant, pour commencer un édifice qui coûterait au delà d 25 mille dollars. Comme toujours il se fia à la Providence et elle ne lui fit pas défaut.

Au commencement de mai 1876, le curé Déziel, visite en compagnie des sœurs du couvent un terrain magnifique que vient de lui offrir un citoyen géné; :ux l pour y consuruire son hospice depuis si longte::;. désiré. L'offre est acceptée. Une bonne sœur dess::.c immédiatement les plans de l’édifice projete. Le curé Déziel voulut preparer les dévis qu'il présenta lui-même aux ouvriers.

Le ler mai 1877, le curé ouvre la tranchée de fondation. C’éiait un beau spectacle que de voir ce vieillard de soixante et dix aus, tète nue, au milieu des religieuses et des traviuilleurs. Après avoir in voqué les bénédictionus de Die su: l’œuvre qu'il allait commencer, il jeta lui-même les premières pelletées de terre ?, C’etait Le sixième éditice public dont cet apôtre jetait les bases.

Malgré son grand âge, malgré la distance considérable qui sépare l’hospice du presbytère, malgré ses occupations de chaque jour et la fondation d’une nouvelle paroisse, le curé voulut lui-même diriger les travaux de construction 3 Plusieurs fois la semaine, on le voyait au milieu de son chantier, encourageant les ouvriers de la voix et du regard. C'était un plaisir pour ces braves gens que de travailler sous un pareil contre-maitre.

1 M. Ls -Ed. Couture. h

2 A l’angle sud-est de l'aile gauche de l’hospice,

3 Il s’occupa en même temps de l’érection d’un nouveau cimetière qui fut béni le 22 octobre 1876.

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A l'issue des vèêpres, le 15 juillet, Mgr Cazeau, l'ami intime du fondateur Déziel, bénissait la pierre angulaire du nouvel édifice. Le temps eétait superbe : une foule immense assistait à la cérémonie.

Mgr Cazeau trouva alors dans son cœur de prêtre des paroles vraiment touchantes pour raconter les œuvres méritoires du curé Déziel. Le

Le premier Septembre 1879, l’hospice est ouvert et Mgr Déziel y dit la première messe six jours après. Le 26 Octobre a lieu la DAREITURE de l’édifice par Mgr Taschereau 1!

Voici cinq années à peine que cet hospice a commencé à donner asile aux pauvres et aux orphelins et déjà un avant corps s’est élevé. Les orphelins qui étaient au nombre de 40 en 1879 se comptent maintenant par près de trois cents. Le dévouement des sœurs à qui Ces pauvres délaissés sont confiés est vraiment admirable.

Avant de terminer ce brief historique d’une institution qui est si utile au pays, nous devons donner une mention toute spéciale à la générosité de l’hon. George Couture, conseiller législatif de Lauzon.

Si le curé Déziel fut le fondateur de l’hospice Saint-Joseph on peut diré que l'honorable M. Couture en a été un des plus grands bienfaiteurs, Il a donné largement et sans compter. Ses capitaux seuls ont pour ainsi dire élévé tout l'édifice. Nous ne parlons pas des dons’ journaliers que sa charité lui inspire. Si la libre-pensée peut se glorifier d’avoir eu des Hopkins et des Gérard, les catholiques ont eux aussi leurs fondateuts. L'honorable

1 En septembre J88r, |” administrstion de l’hospice fut séparée de celle di couvent de Lévis. En 1882, l’hospice est incorporée par l'acte du parlement 45 Vict. chap- 93.

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M. Couture a été pour l’Hospice de Lévis ce que M. Muir fut pour l’asile du Bon Pasteur à Québec. [2

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Le curé Déziel est nommé Camérier secret surnuméraire de Sa Sainteté Léon XIII—Célébration des noces d'or.

Le curé Déziel avait atteint sa soixante-treizième année. E:: re un an,et il célèbrerait le cinquantième anniversaire de son ordination. Arrivé au sommet

il aurait nu jeter us regard en arrière et contempler

avec satisiaction la route parcourue. Certes, ce demisiècle de prêtrise, il l’avait bien employé.

Bâtir trois églises, ériger un collège, un couvent, nn hospice, fonder une ville, créer la vie et l’activité Jà où régnait autrefois là solitude ; faire marcher de pair les progrès religieux, intellectuels et matériels, tenir d’une main ferme les rênes de l’église et de l'état ; surmonter toute espèce d'obstacles, prévoir les difficultés de l’avenir ; secourir les pauvres et les affligés : voilà des œuvres qui comptent dans la vie d’un homme.

Tant de travaux, tant’ de mérites ne devaient pas rester sans récompense.

Le curé Déziel avait bien mérité de l’église et de la patrie. Depuis cinquante ans, il jouissait de l'estime et de la haute confiance de ses supérieurs ecclésiastiques. Que de foïs n’avait.il pas été appelé pour trancher des difficultés dans les paroisses? Tantôt c’est à Contrecœur où il est appelé par l’épiscopat de la province, avec N N.S S. Cazeau et Racine,

de

pour fixer les limites entre les diocèses de Montréal et de Saint-Hyacinthe. Tantôt, en qualité de commissaire enquêteur, c’est à Saint-Jean-Chrysostôme, à Beauport, à Saint Raphaël, à la Rivière-Ouelle. Un jour, on lui offre le siège épiscopal d’un nouveau diocèse, mais son humilité lui fait refuser cet honneur qu’il considère une charge trop lourde pour ses épaules. En 1872, c’est lui qui fut trouvé digne d’aller choisir le site du nouveau sanctuaire de Sainte-Anne de Beaupré que l’épiscopat üe la province ecclésiastique de Québer s’engageait à bâtir.

Dans les conciles provinciaux, l’archevêque de Québec, se confiant à sa grande expérience, l'appelle à ses côtés comme théologien. Le 16 février 1882, il est nommé comme assesseur de l’officialité ecclésiastique établie en vertu du sixième concile provincial. Quelque temps auparavant, il avait été choisi comme arbitre dans la cause de béatification de Mgr François de Laval.

Les grandes œuvres, les qualités de l'esprit, les vertus du curé Dèéziel méritaient un suprême

honneur.

Le 28 mars 1880, sa Sainteté Léon XIIT élève le

curé Déziel à la dignité de camérier secret surnuméraire. Le souverain Pontife venait rendre un public hommage à cette longue et utile carriêre, à ce prêtré qui cachait soigneusement sous son manteau

d'humilité les œuvres que faisait naître et grandir

le soufflé de sa charité évangélique. 1

Au mois de juin, MM. les abbés Marois et Bolduc se présentent au presbytère. Ils sont porteurs du bref de Léon X[IL Toute la ville sait déjà l'honneur qui

1 La supplique demandant au Saint Père d'élever le euré Déziel à la préla ture romaine fut adressée à Rome par Mgr l'archevêque aux sollicitations de \1. Antoine Gauvreau, alors curé de St Romuald.

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vient d’être accordé à son vénéré pasteur, celui-c Pignore encore et il est tout étonné de recevoir de toute parts des félicitations.

La dignité que ie curé Déziel recevait du Père des fidèles n’était que le prélude des grandes solennités qui devaient. saluer le :cinquantième anniver saire de son ordination à la prêtrise.

On se rappelle encore les fêtes qui furent célébré: dans Lévis, lors de ce mémorable anniversaire. Commencé le 3t août 1880, cu: jubilé sacerdotal dura deux jours entiers. De toutes les parties du pays, les évêques, les prêtres accoururent pour rendre hommage au vieil athlète. Cent soixantequinze prêtres assistent à cette cérémonie grandiose- . Tous les diocèses de la province ecclésiastique de . Québec sont représentés,

Pendant deux jours il y eut chômage complet. Au collège, au couvent, à l’hospice, il y eut séances solennelles et banquets. Le soir toute la ville fut illuminée. C'était un spectacle féérique. De toutes parts montaient les feux d’artifice, les gerbes de lumière ». De minute en minute le canon retentis sait. Des citoyens de toutes les paroisses où le curé Déziel avait exercé son ministère lui envoyèrent des présents et des adresses de félicitation 3.

Cette démonstration fut un véritable apothéose.

1 Les camériers secrets ont droit au titre de monseigneur, d’illustrissime, de "Tate d'asiiée da collège préparé par M. Vallée fut certainement

a eu d’arti u par M. Va u pemeut un des plus beaux déploiements de pièces pyrotechniques qui ait eu lieu dans le

Fe Ver les détails de cette grande fête dans un opuscule intitulé : Moces d'or - de Mer J. D. Dériei, Lévis, Mercier & Lie, éditeurs, 1880.

Le curé Déziel.—Le prètre.—Le prédicateur.—Le citoyen.— L'homme social.—Son caractère.—Sea charité,

Les faits que nous ‘venons de relater portent en eux-mêmes leur éloquence. Mais nous comprenons que si l’on se contentait de ce que nous avous dû raitacher au cours rapide des événements pour donner une idée générale d’un homme comme Mgr Déziel, on serait loin de porter sur lui le jugement

qui convient, Il n'appartient pas à une plume laïque d'écrire

jusqu’à quel point de perfection ie pasteur de Notre- Dame a eu l'esprit sacerdotal. Le prêtre est l’homme de Dieu. Gomme Moïse, il se tient sur la montagne pendant que nous combhaltons dans la plaine. Il obtient des grâces, il atteint à des sommets que nous ne pouvons gravir. Nous ne voudrions pas déparer par des traits mal ébauchés la couronne de mérites et de vertus que le curé Déziel s’est tressée pendant ses cinquante années d'apostolat,

Il y a eu dans Mgr Désiel deux hommes: le prêtre et le citoyen.

Prêtre il le fut par sa piété, par son dévouement à l'Eglise et au clergé, par sa charité inépuisable. Prêtre, il le fut en essayant de se faire tout à tous, en distribuant à tous ceux qui venaient s'adresser à lui les conseils de son esprit juste et éclairé Prètre ! Il le fut par son assiduité au confessionnal, par le zèle qu’il mettait à annoncer la parole de Dien, par son esprit de sacrifice, par son abnégation. Prêtre! il le futen se dévouant tonte sa vie à la cause de léducation et à la charité, en $asso. ciant au développement et au soutien de ces

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œuvres de bienfaisance dont la société admirable du catholiscisme a seul le secret, Prêtre ! il le fut en donnant à ses paroissiens une part de son immense générosité. Que l’on consu:te les annales de la Sainte- Enfanee,de la propagation de la foi; parcourons les recettes du denier de Saint-Pierre, des missions lointaines du Nord-Ouest,de la Chine,de la Syrie,de lAfrique et l’on verra que ce vénérable pasteur, par ses prédications ardentes. avait su inculquer à ses ouailles la générosité princière qui l’animait. Prêtre 1 il a Jaissé dans l'Eglise les souvenirs d’un apôtre dont le cœur était ouvert à tous les dévouements.

Livré aux travaux incessants du ministère, le curé Déziel n'avait pu comme ses confrères se livrer à une étude théologique approfondie des grands maîtres. Mais il a laissé la réputation d’un casuiste distingué. La grande pratique qu'il avait eue du ministère faisait qu’on le consultait dans toutes les circonstances difficiles.

Il y à daus la carrière de ce prêtre une auréole qui l'illumine tout entier, c'est celle de prédicateur.

Le curé Déziel a prêché comine un apôtre pendant un demi-sièele. Sa grande voix, sa voix sonore, reteltissante a été entendue du haut de la chaire de Notre-Dame pendant trente et un ans. Il ne s'est

jamais cru dispensé à cause de la multiplicité de

ses travaux du devoir d'annoncer la parole de Dieu à la foule des fidèles. IL ne recherchait ni les ornements pompeux, ni les mouvements de la grande éloquence, mais ii avait de l’orateur la flamme et l’entrain.

Il s'emparait de la chaire comme d’une forteresse, il y soutenait un siège en règle et n’en redescendait

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que lorsque l’enuemi était terrassé à ses pieds. Le combat était long parfois, mais on aimait à entendre la parole franche, on aimait à voir les grands coups d'épée de ce rude batailleur. Le curé Déziel avait du Mailloux et du Quertier dans son genre oratoire, Il avait été formé à la mème école. Gomme eux, il avait le don des chaudes improvisations, des arguments vigoureux, des enseignements éminemment pratiques, ; Homme d’agion et d'inspiration, le curé Désziel a peu écrit. Il ne nous a pas été donné de voir dans les quelques manuscrits qu'il a laissés les plans de. ses sermons. Le zélé prédicateur parlait d’abondance. Il serait difficile de dire le nombre ae ses instructions, la multiplicité des sujets qu’il a traités. Dans les neuvaines et les retraites paroïissiales, tous les dimanches de l’année, à chaque fête solen. nelle, dans chaque circonstance mémorable où il a été appelé à parler, il était toujours prêt. Il est regrettable qu'aucune de ses touchantes allocutions au couvent ou à l’hospice, surtout sur les derniers temps de sa vie, n’ait été conservée. Quels conseils admirables, son expérience n’a-t-il pas inspirés à ce vénérable patriache ? Les sermons qu'il prononça lors du ?5ième anniversaire du couronnement de Pie IX, à la mort de ce Pontife aimé, l’appel qu’il fit en 1869 à la jeunes: satholique pour aller servir dans l'armée de Charette, sont encore vivants dans les esprits d’un grand nombre comme des modèles.de haute éloquence. (C’est surtout dans ses allocutions du premier de l'an que le vieux pasteur savait mettre tout son cœur, Îl savait retrouver là sous sa rudesse apparente des élans d’une délicatesse exquise de sentiment. Le premier

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janvier 1882, le dernier jour de l’an que le curé Déziel monta en chaire, les adieux qu'il fit à cenx de ses paroissiens qui étaient disparus pen

l’année furent vraiment touchants. On aurait dit que ce patriarche pressentait sa mort prochaine lorsqu'il prononca de sa voix fatiguée le morituri te salutant. Ce Héraut infatigable de la parole de Dieu ne devait plus hélas apparaître que de loin en loin

. dans cette chaire de Notre-Dame où il avait tant de

foïs fait appel au dévouement, à k générosité de ses paroissiens, pour toutes les causes belles et justes.

Le curé Déziel ne séparait point le prêtre du citoyen. Il fit de la chaire de vérité comme une tribune d’où il donna l’éian à la population, € t de l’église que sont partis tous les mouvement néreux qui ont fait de la ville de Lévis ce qu’elle est aujourd’hui. Le temple de Dieu était le centre, le foyer de lumière d’où rayonnait la chaleur et la vie.

Qui dira que l’œuvre du curé Déziel comme citoyen n’a pas été belle et grande ?

Quand la Providence choisit des hommes pour ses agents, son esprit mystérieux fermente dans leur sein, jette leur cœur dans le moule qu'il veut choisir, anime leur énergie, leur donne là forme qui convient au rôle dont il les charge.Elle avait destiné

Mgr Déziel à venir jeter sur les havtes falaises de Lévis les fondations d’une ville. Elle le prend par la main sous le toit béni de Nicolet, elle le place successivement au berceau de-deux villes futures : afin de lui faire faire son apprentissage de fondateur :. Et comme autrefois le grand prêtre conduisait le jeune

1 Maskinongé et la Rivière-dn-Loup.

a Sermon de M. l’abbê Lindsay prononcé le 27 septembae 1885.

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lévite dans le vestibule du temple afin de lui laisser entrevoir la grandeur du culte qu’il était appelé à servir, cette même Providence conduit le curé Déziel aux portes de Lévis afin de lui laisser le temps d'étudier à son aise le promontoire où il sera appelé à exercer son œuvre,

Lévis se fonde. Comme les obstacles àsurmonter ont été grands, les progrès sont plus rapides. Qui seminant in lacrymis in exullatione metant, Quels changements merveilleux accomplis, en quelques années seulement, et comment pouvons-nons aujourd’hui en croire nos yeux ? Cette paroisse de 4416 âmes monte après un cycle de trente ans à 10,691 âmes !, Cette falaise,où de ci, de là on voyait quelques maisons, est couverte maintenant de plus de trois mille: habitations.

On dira peut-être que le curé Déziel sut s'emparer d’un concours heureux de circonstances et que ces circonstances mêmes l'ont fail ce qu’il est; mais comme c’est Dieu qui fait les circonstances, c’est lui aussi qui trouve les hommes capables de les comprendre.

Le mérite, la gloire de Mgr Déziel, nous l'avons déjà dit, sera d’avoir eu le pressentiment de l'avenir, d’avoir su choisir l'endroit propice pour y concentrer ses moyens d'action et d’avoir conduit la ville jusqu’à complet épardouissement.

Elle est là sur la haute falaise de Lauzon la création du curé Déziel. A ses pieds, le fleuve géant roule ses flots majestueux. Ses habitants pleins d'industrie ont repoussé la mer pour y construire les usines, les chantiers de construstion, les somptueux édifices. Sur les grèves, habitées autrefois

1 Recensement de-1881.

par les enfants des bois, les lourds engins, les longues trainées de chars amènent les voyageurs et les produits de l'Ouest. de l'Est et du Sud. A côté des anses spacieuses où les bois du Nord reposent, s’avancent les longues jetées des stearners transatlantiques. Dans tous les replis du cap les travailleurs ont construit leurs habitations. Les ruisseaux qui se jettent de la côte ont été détournés et dans leurs lits desséchés des routes se sont ouvertes pour laisser gravir la rampe. Sur le sommet de la montagne qui s'élève en face de Québec, est-ce une ville orientaie, que ces maisons blanches, à dem cachées sous des bois touffus, coquettement assises dans les ravins, aux flancs des côteaux? La ville s'élève comme un amphithéâtre à trois gradins creusés dans le roc et le tuf. Au premier plan se détachent les formes imposantes de trois édifices : un collège, un couvent, un hospice. On dirait des principaux personnages d’un tableau. Au milieu de ce panorama perce la flèche de Notre Dame surmontée d’une croix. Elle domine tout ce radieux spectacle pour montrer que c’est l’église qui a présidé à sa création. A gauche, à droite, sur les terrains vagues se commencent des habitations nouvelles qui bisntôt iront rejoindre les avant-postes de Lauzon et de Saint-David. La fille tend ses bras d'un côté à la mère, de l’autre à l’enfant. Un jour viendra peüt-être où elles ne formeront plus encore qu’une même famille et, ce jour là, pour que la prédiction d’un saint évêque s'accomplisse, on verra étinceler sans doute sur les falaises de Lévis la crosse et la mitre que le curé Déziel avait humblement refusées.

Il nous reste maintenant à parler de l’homme en quelque sorte social. Nous avons vu les grandes

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de retracer quelques traits intimes qui nous feront :

peut-être saisir sur le vif ce qu’il était. M. Déziel, toujours en activité, ne s'est pas occupé de faire savoir au monde que chaque jour il remplissait son devoir. Plusieurs conservent dans des mémoires le peu qu'ils font pour donner à croire qu'ils ont fait davantage et pour détourner les regards de ce qu’iis n’ont pas fait. Le curé Déziel ne voulu: jamais avoir à sa portée des auditeurs complaisants prêts à donner de l’ampleur à ses paroles et des voroportions merveilleuses à des actes journaliers que prescrit le devoir. Il causait peu de lui-même et de ses œuvres, se contentant de dire : Que Dieu soit loué de tout.

Heureusement, la tradition orale n’a pas laissé périr certains faits qu’il importe de recueillir. On lira avec édification tout ce qui a pu échapper au naufrage.

Grand, droit, de taille élancée, le curé Déziel avait dans toute sa personne un air de noblesse, un cachet de distinction qui imposait le respect. C'était un de ces hommes devant lesquels un étranger s'arrête et demande : Qui est-il ?

Son märcher était nerveux, prompt, vigoureux. Quand it parlait, M. Déziel avait une facon de porter la tête tout à fait royale. Il avait été fait poar commander, créer et diriger.

Bâti comme un athlète, il eut dans sa jeunesse toutes les qualités d’un fier lutteur : santé robuste, nerfs vigoureux et grande capacité de travail. Les fatigues qu’il s’imposa dans ses fondations d'église, de collège, de couvent, où il mettait la main à l'œuvre comme le dernier des travailleurs, en auraient tué plusieurs. Lo pauvre M. Jean, frèle,

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