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un rude travailleur. On l’a vu mener de front au commencement de son apostolat dans Lévis la construction de trois édifices. lt étaitalors jeune, vigoureux. C’est avec la même verdeur qu'il entreprit à Yâge de soixante-dix aus de fonder une nouvelle paroisse, de construire un hospice et d'ouvrir un leimetière, à travers mille obstacles.
Les longues veillées dans son cabinet de travail ne l'empèchaient pas de se lever aussi matin que ses jvicaires et de aire scrupuleusement tous ses exercices de piété. La façon dont il récitait son bréviaire était vraiment édifiante. Un prédicateur éloquent l’a cité comme modèle dans une retraite de séminarisles. Ce n’est que petit à petit, pouce par pouce, que le curé Déziel a abandonné l'exercice de son minis-
nistèse. Cédant aux instances de son archevêque, il
descend de la chaire de Notre-Dame, mais c’est pour se rendre dans son couvent ou son hospice où il donne deux fois par jour de touchantes allocutions. Il demande aux sœurs de ne poit parler aux vicaires de ses prédications de peur qu’on ne l'empêche de sortir du presbytère.
C’est de sa main que le curé Déziel a écrit les rèslements des nombreuses sociétés de bienveillance de Lévis et les délibérations de fabrique. Ilne vouhit céder sa place à personne. Il a fait sa correspondance jusqu’à la dernière semaine. Sa plume trembotante n’a pas pu achever cependant de transcrire es règlements du cimetière qu’il avait lui-mème préparés et annotés.
Se couchant tard, se levant tôt, le curé Déziel taillait de la besogne dans sa journée. IL s’occupait de . lout. Rien ne lui était étranger.
| La somme de travail accomplie par le curé Déziel
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pendant sa vie est vraiment étonnante. Il.n’a pas laissé une pierre sans la remuer. Il n’y à pas eu un mouvement généreux dans Lévis sans qu'il lui ait prêté son concours. Et que l’on n'aille pas croire que cette activité fnt circonscrite aux borues matérielles de la paroisse de Notre-Dame. Le curé Déziel avait le cœur trop large pour cela. Il s’intéressait à tout ce qui était grand et généreux,à toutes les bonnes et belles actions, Quand l’Archevêqne de Québec fit un appel à son clergé pour venir en aide au collège de Ste-Anne, on vit le pasteur de Lévis aux premiers rangs prêchant de parole et d'action. Il formait partie du comité chargé de recueillir des souscriptions pour la fondation de M. Painchaud.
- C'est de Lévis que MM. Pelletier et Leclerc, encouragés par le curé Déziel, partirent pour prendre la direction de la Gazette des Campagnes, cette revue si utile à la classe agricole. Ce journal lui en a rendu un témoignage public. Combien d’autres publications le curé Déziel encouragea de sa parole et de son argent ?
Sa générosité était ae Aussi, savait-on frapper souvent à sa porte. Il avait pour faire sou:. crire ses paroissiens des moyens à lui senl connus. Et ceux-ci ne se lassèrent jamais de donner abondamment. On raconte du curé Dâéziel une anecdote charmante qui nous fait voir comment sa charité était ingénieuse.
Un missionnaire d'une contrée lointaine arrivé un jour à Lévis, pour demander l’aumône. Le cure lui dit : Vous allez prêcher à la grand'messe et la quète se fera pendant le sermon.” Le missionnaire se recrie, ‘‘ Laissez-moi faire,” répond le curé, Après
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l'évangile, M. Déziel monte en chaire. ‘ Mes frères, dit-il, un prêtre m'est arrivé ce matin d’une mission lointaine, Il va vous donner le sermon. L'œuvre qu'il représente est belle et généreuse. Je lui ai dit que la quête se ferait pendant le sermon. [Il s’est recrié sous prétexte que le bruit des offrandes en tombant dans la sébile gâterait l'effet de sa prédica
tion. Je lui ai répondu que les paroissiens de Lévis n'avaient pas l’habitude de mettre des pièces de cuivre à la quête quand il s’agissait de donner pour une belle œuvre. Ainsi, mes frères, afin de faire le moins de bruit possible, vous voudrez bien mettre des billets de banque dans la sébile. S'ily a des pièces pesantes il faudra qu’elles vaillent la peine d'être entendues. ” Le missionnaire prêcha, la quête eut lieu pendant le sermon et rapporta une somme considérable.
Le plus beau côté dé la vie d’un homme est toujours inconnu. C’est le plus intéressant, mais r’sst le plus difficile à saisir et à raconter. Il y à dans l’histoire de Mgr Déziel une part de dévouement et de charité que l’on ne saura jamais, une part où celui qui reçoit n'ose le dire comme celui qui le donne.
Qui redira jamais le nombre de pauvres qu’il a secourus pendant sa vie ? Sa charité si discrète n’efi a jamais rien laissé savoir, mais dans les derniers jours de sa maladie, les sœurs qni lui servaient d'aumonières purent voir alors la pauvreté de sa garde-robe et son dénûment.
Sa chambre à coucher était séparée de son cabinet de travail par un:vieux ridean démodé. Il couchait sur une mäAtivaise paillasse. ‘Ses couvertures de lit
‘étaient si vieilles qu’elles ne valaient pas la peine
d’être rapiécées ; ses habits tellement vieux qu’il osa à peine les mentionner dans son testament. Après sa mort, quelqu'un ayant dit que les camériers devaient être vêtus de noir, on chercha en vain dans sa garde-robe une soutane convenable pour l’ensevelissemet. Et pourtant, Mgr Déziel avait été curé d’une des plus riches paroisses. du diocèse. Tout son bien passa en aumônes et à aider les œuvres qu’il avait fondées. La maison de ce prélat était aussi pauvre que le presbytère d’une mission.
Le curé Déziel a su dans sa vie bien des luttes à soutenir. Ce sont les ballottements inévitables de la mer orageuse que doivent traverser tous ceux qui sont appelés à commander. Il a dû gagner son terrain pouce par pouce. Il ne recherchait pas le combat, mais le combat venait à lui. Il lacceptait parce qu’il était inévitable. Cette nature, loyale, généreuse, franche comme l'épée du roi, ne savait pas tourner les obstacles. Elle attaquait de front. Elle aurait souffert mille ennuis plutôt que de se prêter aux intrigues et'aux mouvements de flanc.
Le curé Déziel a eu à lutter parce qu'il devait créer, Création implique sacrifice. C’est parce que 1: fer est rougi au feu qu’il devient tenace et résis table. Aux forts les grands combats.
Doué de cette énergie indomptable qui fait les grands caractères et les fondateurs, Mgr Déziel n’a jamais abandonné une affaire quand elle a valu la peine d’être achevée ; il y a telle œuvre qu'il a poursuivie quinze ans de sa vie, aussi plein d’ardeur le dernier jour que le premier.
Son coup d'œil était juste, il-saisissait bien une question sur toutes ses faces, mais il n’entreprenait aucun projet sans l'avoir longtemps mûri. Tou-
As
qu'il jours convaincu de la justice de sa cause, il ne craiament. gnait pas de dévoiler ses plans à ses adversaires. Il nériers y allait par le chemin le plus court : la ligne droite. n vain Son argumentation était serrée ; il savait rendre sa > pour pensée lumineuse par une abondance remarquable de rait été raisons, La place n’était pas emportée sans qu'il y eût iocèse. parfois des chocs et des heurts. Le curé Déziel avait les œu- l’art de panser les blessures, parce qu’il n’avait ni prélat | fiel, ni rancune. Sa diplomatie était toute circonnission. scrite dans ces deux mots: franchise et oubli. uttes à Après avoir tonné du haut de la chaire avec l’éners de la gie d’un Brydaine il redevenait dans son presbytèr: ux qui doux comme un François de Sales.
on ter- À Ce lutteur a dû soulever bien des passions, mais e com- chose remarquable ! il n’a pas laissé un seul vérita- * it parce ble ennemi. Il avait le don de désarmer. éreuse, Il peut sembler qu’un homme de lutte comine le tourner curé Déziel avait un caractère acariâtre, difficile. > aurait Comment traverser, en effet, tant d’orages, et garder êter aux toujours la même nature sereine ?
Le curé Déziel était affectueux, affable, condevait fiant. On l'aurait dit trempé de fer, quand il avait arce que une sensibilité d'enfant. Dans les distributions de Pt résis prix au collège, au couvent, il savait retrouver des mouvements d’une délicatesse charmante. Il se fait les laissait émouvoir facilement. éziel n'a C'était toujours avec un plaisir nouveau que l’on à valu la se rendait aux veillées du presbytère. Hospitalier, qu’il a large, le curé savait rendre la causerie aimable. En d’ardeur fait d’urbanité et de politesse, il rappelait les prêtres de l’ancien clergé français. Il garda jusqu’à la fin bien une toute la fraicheur de mémoire des jeunes années. eprenait Il parlait toujours posément et de choses dignes, ri, Tou- mais sa réserve remarquable n’excluait pas parfois