‹ Monseigneur Déziel [microforme]Chapitre 4 sur 44 · SES · texte numérisé non relu

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perte de vue les champs et les fermes des cultiva. teurs. Le chant solennel de la chute de la Rivière-du. Loup n’était poinit troublé par les sifflements des locomotives sans cesse en monvemnt et par le brnit des lourds marteaux d'usine frappant à coups redoublés sur les enclumes. Sur la grève déserte, seule, montait la fumée blanche des wigwams micmacs. En arrière des derniers côteaux où sont construites les gares spacieuses de l’Interco'onial, commençait la solitude dans toute sa grandeur sauvage, De loin en loin, à travers la forêt primitive, quelques pionniers hardis s'étaient établis autour des corps de garde des soldats surveillant la grande route postale de la Madawaska. C'étaient :les premiers chaînons qui devaient relier plus tard les établissements du bord du St-Laurent avec les villages dont le seigneur Alexandre Fraser venait de jeter les fondations à l’extremité du lac Temiscouata. Cet immense domaine était la patrie des coureurs de bois, des chasseurs et des gens de chantiers.

Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup comprenait alors ce qui plus tard forma Cacouna, Saint-Autonin, Saint-Arsène, Saint- Modeste, Saint - Epiphane et une partie de Notre - Dame du Portage. Fraserville—la ville actuelle—n’était qu'une concession perdue au milieu de cette grande paroisse. Cacouna, cé célèbre rendez-vous des touristes et des familles fashionables—s’appelait modestement la concession Saint George. Ou y voyait une petite chapelle où venaient prier ceux que la distance empêchait de se rendre à l’église de la Rivière-du-Loup.

Tout çe territoire était habité par une population de 2,540 âmes. : :

z Rivière-du-Loup t,371 Âmes—Cacouna 1,169 Âmes—(Bouchette 1832 y

“où

RER À UMR

nltiva. A l’arrivée de M. Déziel, une activité nouvelle

re-du. régnait déjà à la Rivière-du-Loup.

; loco- Le seigueur de Lauzon, Henry Caldwell, profitant dE it des de la bonne fortune qui lui permettait de puiser lar 4 ublés gement au trésor public, avait élevé sur tous.les : -mon- points du pays d'immenses scieries où venaient tom- D: 3, En ber les bois de ses seigneuries et. peut-être mème ji es les ceux de la Couronne. La Rivière-du-Loup, avec ses fi ait la pouvoirs d'eau superbes, ne manqua pas d’attirer î e loin son attention. Caldwell y fit construire un moulin £ pion- considérable. Une dalle phénoménale charroyait 7 ps de les billots sciés depuis la chûte jusqu’à l'embouchure

ostale de la rivière. Pendant l'été, plusieurs navires y ve- :

inons naient prendre des chargements pour les marchés

its du d'Angleterre.

œneur Ce commerce de bois mené sur une grande échelle

ions à par le somptueux Caldwell apporta de grands béni-

e do- fices aux cultivateurs de l'endroit. Située à l'entrée

chas- du chemin militaire de Témisconata—la seule voie

de communication entre Québec et les provinces

enait maritimes—la Rivière-du-Loup profitait encore de onin, la bonne aubaine du va-et-vient des voyageurs. ne et Aussi, en 1835, les paroissiens de Saint-Patrice raser- étaient-ils tous dans l’aisance. Les récoltes étaient ssion superbes. Bon an mal an, Cacouna et la Rivière una, du-Toup donnaient 17,000 boisseaux de blé et 28,255 illes boisseaux de grains de toutes sortes. On y comptait | ssion 1088 chevaux et 12,000 bêtes à cornes. Chaque ha le où bitant faisait en moyenne 300 livres de beurre dont dese les deux tiers se vendaient au marché.

Pendant deux ans, M. Dziel vécut au milieu de ces campagkes prospères, parmi cette papulation industrieuse.- Il lui fallait souvent parcourir de longues distances pour visiter les malades ou porter

les dernières consolations aux mourants, mais il trouvait dans ces courses fatigantes un nouvel aliment à son zèle. Aux brises vivifiantes de la mer, il oubliait vite la lassitude du voyage.

Le pays était alors à la veille de grands événe. ments. Les tribuns politiques parcouraient les campagnes, haranguant les masses, tonnant contre la tyrannie du gouvernement. La Rivière du Loup était si loin que personne n’osa s’y aventurer. Papineau et Morin parlèrent à Kamouraska et à la Mal baïe, mais ils ne crurent pas devoir pousser plus avant leurs courses.

Rien ne vint troubler la paix et la sérénité de cette campagne heureuse de la Rivière-du-Loup.

M. Déziel y exerça paisiblement son apostolat, partageant son temps -entre la prédication et les exercices du ministère,

Le jeune prêtre ne se doutait pas que parmi les petits enfants qui venaient chaque dimanche écouter, silencieux, les explications du catéchisme, se trouvait un bambin de treize ans qui, un jour, serait appelé à porter la mitre et à gouverner l’un des plus grand diocèses du monde. Ge petit enfant n’était antre que Mgr Alexandre Taché, archevèque de Saint-Boniface.

Le premier octobre 1837, M. Déziel reçoit ses lettres de créance comme curé de Saint-Pietre-les- Becquets, district des Trois-Rivières. Il arrive dans cette paroisse juste un mois avant le combat de St- Denis, premier et dernier triomphe des patriotes.

Les sôuvenirs de l’insurrection de 1837 sont encore vivaces. Ce soulevement, pour ne pas avoir été général, eut cependant un profoud retentissement

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nait il ans l'esprit d’une grande partie de la population. 4 el ali- Les idées de liberté que l’on défendait si éloquement M à mer, - de l’autre côté des mers avaient de l’écho chez un peuple jeune, plein de vigueur et opprimé. Le coudora rant parti de Montréal s’etait continué comme une dé les marée montante d'assemblée en assemblée, ë A e La paroisse Saint-Pierre les Becquets n'était pas À Loup située dans le rayon des districts soulevés, mais il y j# Papi- eut dans le temps bien des rassemblements tumul- 1 a Mal tueux. Disons de suite, cependant, que la politique d r plus n’y fut pour rien. Les paroissiens de Saint-Pierre 1É s avaiént à s'occuper de bien autres choses. Les 92 Ré- £a solutions, Colborne et ses sbires, St-Charles et St-Eus- è pur Hi tache, tout passa pour ainsi dire inaperçu. ar Depuis deux ans environ, les paroissiens décidés stolat, de construire une église nouvelle, ne pouvaient 1 et les tomber d accord sur le choix d'un site où l’élever. ê

Les uns demandaient que le nouveau sanctuaire mi les fût érigé sur Les ruines du vieux temple, les autres outer, | s’y opposaient carrémont, D'ux partis puissants se trou- formèrent avec tout le branle-bas de bataille, On vit: serait | alors un assez bizarre spectacle dont la légende xs plus nous à conservé le souvenir.

n'était Les partisans de l’ancien terrain, ayant obtenu ue de l'autorisation de l’évêque, commencèrent les tra- ; vaux de construction. L'opposition, toujours tenace, 3 be: tet: ne voulut point se déclarer battue. On s’avisa de fe iles à démolir le nônveac temple à mesure qu’il sortait 2 e dans de terre. A-pierre posée, pierre renversée. La nuit # de St- détruisait ce que le jour avait vu élever. On pose ag. des sentinelles, celles-ci sont empoignées et l’œuvre enco- de destructiôn se continue.-Les tra vailleurs forment dir été deux escouades. Pendantque l’une est à l’onvrage,

l’autre garde les avant-postes. Les ennemis grou-

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