‹ Monseigneur Déziel [microforme]Chapitre 8 sur 44 · ME · texte numérisé non relu

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te deLévi. C'était le deuxième prêtre que la vieille paroisse de la Pointe de Livienlevait à St-Pierre. M: Mâsse, pendant trente cinq ans curé de St-Joseph, avait quitté en 1796 la cure de St-Pierre,

Depuis le jour où M. Déziel a laissé Saint-Pierreles-Becquets, cette paroisse a donné naissance à celle de Ste-Sophie de -Levrard. *

En 1880, Lors de son cinquantième anniversaire de prêtrise, les citoyens de ces deux paroisses présentèrent à leur ancien curé devenu Mgr Déziel une adresse de félicitations qui prouve quels bons souvenirs ils en avaient conservés.

Ces deux paroisses, dit l'adresse, quoique séparées aujourd'hui, n’ont qu’un cœur pour reconnaitre les bienfaits que vous leur avez prodigués pendant le temps trop court que vous avez passé à Saint-Pierre-les-Becquets.

Soyez persuadé, Monseigneur, que les trente-sept années qui se sont écoulées depuis votre départ n’ont pu effacer le souvenir des instructions solidés et touchantes que vous avez données, et que l’on aime encore à se rappeler.

« Les vieillards disent encore à leurs enfants ce que vous faisiez pour le bien de la paroisse, le dévouement que vous avez toujours montré, les bons exemples que vous avez donnés, et c'est toujours avec bonheur qu'ils rappelent ces précieux souvenirs d’un temps qu'ils ont trouvé trop court.

Cette adresse était accompagnée d’un splendide missel présenté par le curé et les paroissiens.

Que je suis heureux de vous revoir, répondait Mgr Déziel, après tant d'années de séparation ! Comme vous me rappelez bien les premiers années de ma carrière sacerdotale !,,,,.... J'ai goûté au milieu de vous beaucoup de consolations ; la simplicité de vos mœurs franchement canadiennes, et la promptitude avec laquelle vous suiviez en tout point les conseils que vous dictait ma sollicitude, m'ont fait trouver bien court le

1 Ce nom rappelle le souvenir de l’ancien propriétaire de ia seigneurie de St- Pierre : Charles ievrard, maître canonnier à Québec. Saint-Pierre-les-Becquets fut orisinairement concédé en 1672 à Romain Becquet, notaire. De là son nom,

temps que j'ai passé parmi vous. Aussi les trente-sept années qui me séparent de cette heureuse époque L'ont pu en effacer de mon cœur le précieux souvenir.

Curé de Saint-Joseph de la Pointe de Lévi.—MM. Belcourt et Poiré.—Construction d'un presbytère.—La vieille maison curiale.—Le fief Ste-Anne.—Progrès de St ph.

Depuis le jour où le jésuite Bailloquet abordait sur les rivages déserts de la pointe de Lévi, et y disait la première messe, bien des hommes remarquables s'étaient succédé dans cette vieille paroisse de deux cents ans -la mère féconde de toutes les églises de la côte Lauzon. Qui était-il ce jeune prêtre inconnu pour venir continuer cette longue série de pasteurs vénérés commencée depuis au delà deux siècles? Le souvenir de ceux qui ont précédé nuit souvent à celui qui succède, De génération en gé nération, le père avait transmis au fils la mémoire des Boucher, des Montenon de la Rue, des Berthiaume, des Mercereau, Angers et Hubert. Le vénérable curé Mâsse, qui pendant trente-cinq ans, avait desservi la Pointe de Lévi, vivait encore au milieu de ses anciens paroissiens. Sa vieitlesse était entourée de respect.

Les prédécesseurs immédiats de M. Déziel à la cure de la Pointe de Lévi étaient les missionnaires Belcourt et Poiré. Arrivés dans la paroisse au retour de leurs missions glorieuses du Nord-Ouest,

ces deux apôtres avaient accompli de véritables

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merveilles dans l'exercice de leur ministère. Le caractère affable de M. Belcourt, son zèle ardent, sa

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sympathies. Rappelé soudain auprès de Mgr Provencher pour continuer dans le Nord-Ouest le cours de ses admirables travaux apostoliques, son départ avait été accompagné des regrets de toute la population.

On en retrouve les échos dans cette supplique que les paroissiens adressèrent à Mgr Signai et qui portait 719 signatures.

« C'est avec chagrin, disaient-ils, que nous avons appris que lon se proposait de retirer M. Belcourt de notre paroisse. La Pointe de Lévi est une vraie mission, la proximité de la ville, l'aMuence régulière d'étrargers y ont apporté la démoralisation et le refroidissement. M. Selcourt, par l'amour de ses devoirs, ses bons exemples,ses prédications énergiques, ses exhortations touchantes, a opéré un changement étonnant. L'église peu fréquentée auparavant est remplie tous les dimanches d'une foule immense ; les vieux pécheurs se convertissent et il n’y a plus qu’une voix dans la paroisse pour attribuer ces heureux changements à M. Belcourt :”

L’évèque, pour faire oublier M. Belcourt aux paroissiens de la Pointe de Lévi, leur avait donné son ancien compaguon de voyage, M. Poiré, Celui-ci était un enfant de la paroisse. Les siens l'avait suivi anxieusement dans ses courses évangéliques à travers les plaines du Nord-Ouest. À son retour, ses Co-paroissiens l'avaient reçu en triomphe. Les quatre années que M Poiré demeura à Pointe de Lévi, furent une série d’ovations. On ne pouvait se lasser d'applaudir à ce prêtre dévoué, qui non content d'exercer son ministère dans une des plus grandes paroisses de la province, partait encore chaque

1 Requête à l’évêque datée du : mars 1839.

printemps pour aller évangéliser Les peuplades des sauvages des lacs Temiscaming et Abittibi. La gloire de ses travaux apostoliques rejaillit sur sa paroisse natale. Son passage au vieux presbytère de Saint-Joseph avait été signalé par une grande retraite qui eut un profond retentissement. Pour perpétuer le souvenir de ces mémorabies événements, un superbe monument avait été élevé sur les hauteurs qui couronnent arrière de Lévis. : On conçoit avec quelle profonde douleur fut reçuela nouvelle que M. Poiré était rappelé de la Pointe de Lévi pour prendre la cure de Saint-Joseph de la Beauce.

M. Déziel accepta de bonne grâce la charge pleine de responsabilité que lui confiait son évêque. Nouvel Elisée, il sut porter noblement le manteau dont on couvrait ses épaules. C'était un grand honneur que d’être appelé à la direction spirituelle d’une paroisse qui avait compté parmi ses pasteurs tant d'hommes éminents par la science et la foi et qui, après Québec et St-Roch, était La cure la plus importante du district.

On sait comme le choix de Mgr Signaï fut heureux.

Au mois d'octobre 1843, ia paroisse de St-Joseph de la Pointe de Lévi salue l’arrivée de son nouveau curé. Située à deux pas de la ville capitale, —dans un temps où les communications et la traversée du fleuve n'étaient pas toujours faciles-—la position topographique de la Pointe de Lévi en avait fait le rendez-vous et le pied à terre de tous les habitants de la côte du sud. Cette population de cultivateurs, de marins et d'ouvriers sans cesse en contact avec

les nombreux étrangers de passage, les gens de

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