‹ Monseigneur Dominique Racine, premier évêque de Chicoutimi [microforme]Chapitre 1 sur 14 · SANTS” DE 1848-19—LE SACERDOCE · texte numérisé non relu

SANTS” DE 1848-19—LE SACERDOCE

Mgr Dominique Racine naquit, le 24 janvier 1828, à Saint-Ambroise de la Jeune- Lorette. Il était fils de sieur Michel Racine et de dame Louise Pepin. Son aïeule maternelle, qui a laissé le souvenir des plus solides vertus, était la sœur de M. Antoine Bédard, curé de Charlesbourg, dont la mémoire est encore en vénération parmi les descendants de ses paroiïssiens. Il était encore peu âgé, lorsqu'il perdit son père. Sa pieuse mère sut déposer dans son cœur les germes précieux des vertus qui devaient plus tard être pour

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nous un si grand sujet d’édification. Madame Racine, décédée il y a une dizaine d'années après une longue vie toute consacrée à remplir ses devoirs envers Dieu et envers le prochain, peut être citée à bon droit comme un modèle accompli des vertus chrétiennes.

M. Lefrançois, l’instituteur de St-Ambroise, et qui était le parrain du jeune Racine, lui donna les premiers éléments de l'instruction. Le pieux enfant s’approcha pour la première fois de la table sainte en 1838. Dans nos bonnes familles canadiennes, c’est un événement considérable que la premiëre communion de l’un de ses membres; et si on y attache tant d'importance, c’est que l’on comprend bien que crt acte solennel est comine un-point de départ dans la vie de l’enfant.

Aussi ne manque-t-on pas de le bien préparer, longtemps à l'avance, à cette première participation au banquet divin.

Dès cette époque, le jeune Racine aimait le service des autels, et remplissait avec zèle les fonctions d'enfant de chœur à la chapelle des Hurons de la Jeune-Lorette. Cet attrait pour les cérémonies saintes est souvent l’un des premiers indices de la vocation ‘ecclésiastique. Qu'il est beau et touchant de voir, autour des saints autels, cette phalange de pieux enfants faire cortège à Notre-Seigneur,

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lorsqu'il veut bien s’y rendre présent ! Pendant que des multitudes d’esprits célestes accompagnent le Roi des cieux, invisibles à nos faibles regards, l'Eglise appelle au sanctuaire, auprès du Divin Maitre, ceux de ses membres qu’elie croit les plus aimés de célui qui a dit: ‘ Laissez les petits enfants venir à moi!" Revêtus de leurs blancs habits, symboie de l'innocence de leurs cœurs, ces jeunes chrétiens sont bien alors les anges de la terre, et Notre-Seigneur les regarde avec amour. : :

. La tribu huronne n’a jamais perdu le souvenir du jeune Racine ; et depuis, sa visite était tout un événement dans le village ; la joie des bons Hurons, surtout, fut extrême, lorsqu'ils revirent parmi eux, bien longtemps après, le petit servant de messe devenu évêque.

En 1840, il entrait au Séminaire de Québec, où il fit un excellent cours d’études, malgré quelques maladies assez sérieuses, notamment dans sa dernière année de petit séminaire, En cette même année, 1848-49, il s’occupa beaucoup de l'Abeille, que l’on commença alors à publier, et dont il fut rédacteur et gérant. Il termina son cours classique en 1849. Des huit élèves qui composaient la classe à laquelle il appartenait, sept embras,

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sèrent l'état ecclésiastique: c’étaient, outre Mgr Racine, Mgr T.-E. Hamel, protonotaire apostolique et vicaire général de Québec ; le révérend F.-X. Plamondon, curé de Saint- Jean-Baptiste de Québec; le révérend O. Paradis, décédé le ler mars 1889, curé de Saint- Anselime; le chanoine F.-E. Blouin, V.-F.

curé de Carleton ; le révérend J. Lagueux, décédé le 28 novembre 1888, curé de Saint- Jean-Port-Joli, et le révérend F. Brunet, Saint-Roch de Québec. De ces sept élus du sacerdoce, Mgr Racine fut le premier appelé à recevoir la récompense que Dieu réserve à ceux que Lui-même a choisis pour travailler à sa vigne. Quant à celui de ces confrères qui n’embrassa pas l’état ecclésiastique, M.

Tardif, il se voua à l’enseignement et exerça de cette manière, lui aussi, une espèce de sacerdoce.

C’est un moment solennel, pour l’écolier, que la fin du cours d’études classiques. Quoiqu’il l’ait désirée bien des fois, il la voit enfin arriver avec quelque effroi. Outre les incertitudes d’un avenir tout enveloppé de nuages, le jeune homme a le cœur déchiré par les amertumes d’une séparation qu'il ne prévoyait pas si pénible à subir. Ces compagnons de classe, dont dix années de vie commune ont fait comme autant de frères, et qui vont se:

laisser tout à l'heure pour suivre ‘des routes bien différentes, voient alors combien ils s'aimaient sans s'en être bien rendu compte jusqu'alors. Ne faut-il pas quelquefois cette terrible séparation causée par la mort d’un ami, d’un parent, d’un bienfaiteur, pour que notre cœur se révèle à Ini-même jusqu’à quel point il affectionnait cette personne chérie ? — Pour diminuer le chagrin de cette séparation douloureuse, pour l’adoucir par l’espérance de se revoir, les finissants de plusieurs de nos collèges ont adopté le touchant usage de déterminer certaines époques où il y aura réunion générale de la classe. Au temps fixé, on se rassemble soit à l’Alma Mater, soit chez l'un des confrères. Là, le passé rerit avec ses joies pures ; on a laissé chez soi les occupations et les soucis du présent, et les anxiétés de l'avenir. Oh! qu’elle passent rapidement ces heures trop courtes! N'importe: ona renoué plus solidement les liens de l’amitié fraternelle ; et lorsqu'il faut se séparer, on se sent plus fort et plus courageux, pour affronter les luttes de la vie.

La classe des jinissants de 1848-49 se réunit une première fois en 1874, a Chicoutimi, croyons-nous. Cette première réunion fut sans doute moins solennelle que la deuxième, qui eut lieu en septembre 1884, chez M. O. Para-

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dis, curé.de St-Anselme. Après les trente- ; cinq années qui s'étaient écoulées depuis leur sortie du petit séminaire, les huit confrères se retrouvaient tous, sans que la mort eût fait un seul vide parmi eux; et, circonstance remarquable, l’un d’entre eux était revêtu de la dignité épiscopale. Les paroissiens de St- Anselme s’associèrent à la démonstration, et la fête fut belle—Avant de se séparer, où décida que la prochaine réunion aurait lieu cinq ans plus tard, en 1889. Mais les huit confrères n’auront plus ia joie de revoir leurs rangs encore complets...

Quel bon souvenir Monseigneur Racine a toujours gardé du Séminaire de Québec, cette maison bénie qui a formé pour l'Eglise et pour la société tant de saints prêtres et tant de citoyens intègres, dont les vertus et ie mérite proclament hautement l'excellence de l'instruction et de l'éducation qu'y reçut leur jeunesse. Lorsque, après bien des années, l'élève de 1849 se verra lui-même appelé à fonder un séminaire, il sera heureux de donner aux élèves dn nouveau collège, non seulement le costume, mais aussi le règlement de l'antique maison de Québec. .

Toute sa vie, il parlera avec vénération de M, L.-J. Casault et de M. J. Holmes, qui avaient eu pour lui une affection vraiment paternelle

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et avaient dirigé avec sollicitude la formation intellectuelle et morale de son âme. Sans doute, ces hommes de génie pressentaient déjà les hautes destinées qui attendaient le jeune élève.

Ce fut en septembre 1849 qu'il entra au grand séminaire de Québec. Pendant trois ans, il remplit avec zèle et dévouement les fonctions de surveillant, charge qui prépare si bien le jeune ecclésiastique au gouvernement des paroisses. Il passa sa dernière année de séminariste à l’archevêché, en qualité de secrétaire; et le 24 septembre 1858, il

recevait, à Québec, ia consécration sacerdo- | tale, C'était le troisième prêtre que la famille | Racine donnait à l'Eglise de Dieu. En 1838, l'aîné, M. Michel Racine, avait été ordonné ;

mais peu d'années après, le Seigneur rappela

à luice prêtre distingué, dont les talents | remarquables donnaient à tous les plus belles | espérances. En 1844, M. Antoine Racine | avait reçu l’onction sacerdotale. — Donner | trois prêtres à l'Eglise: quel honneur, quelle bénédiction pour une famille chrétienne!

Quelle marque de prédilection de la part de | Dieu! Cependant, cette famille devait être

honorée et bénie encore davantage, puisque | deux de ces prêtres devaient un jour être ‘ | élevés à la dignité épiscopale. ?

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