‹ Monseigneur Dominique Racine, premier évêque de Chicoutimi [microforme]Chapitre 2 sur 14 · À. N.-D. DE QUÉBEC— LA PREMIÈRE CURE, À · texte numérisé non relu

À. N.-D. DE QUÉBEC— LA PREMIÈRE CURE, À

ST-BASILE—AÀ LA RIvIÈRE-pu-Loup

— NOUVEAU Dpéparr

M. Dominique Racine fut nommé vicaire à Québec, et conserva cette position jusqu’à l’année 1858. Cette période de cinq ans fut l’une des plus heureuses de sa vie, et il aimait à parler du bonheur qu'il y éprouva.

Chargé de la desserte de l'église de Notre- Dame des Victoires, à la Basse-Ville, il réussit à faire au cher et antique santuaire des améliorations considérables, grâce au concours généreux des citoyens de Québec. En outre, il s'occupa spécialement de la Sainte- Famille, admirable confrérie qui continue

toujours à répandre ses bienfaits parmi les pieuses dames de la ville, M. Racine se formait ainsi à toutes les fonctions du ministère paroissial, sous la conduite du curé de Québec, le révérend J. Auclair, qu'il vénérait comme un père. Une sainte amitié persévéra toujours entre ces deux hommes d'élite, douce liaison que la mort seule put à la fin briser; et encore’ce triomple du trépas fut de courte durée: à quelques semaines d’intervaile, ces deux cœurs se sont réunis dans la mort, comme ïils l'avaient été dans la vie. Pendant les vingt-six ans que l’ancien vicaire de Québec résida à Chicoutimi, M.

Auclair nemanqua pas de venir chaque automne passer auprès de lui quelques semaines de repos, délassement bien légitime d’un

ministère fatiguant. Malgré des infirmités

croissantes et un état de santé assez inquiétant, le vénérable curé de Québec est resté fidèle à cette vieille habitude jusqu’à la fin de sa vie.

En 1858, M. D. Racine était nommé à la cure de Saint-Basile, dans le comté de Portneuf. Ce fut un vrai sacrifice pour lui que de se séparer du curé et des vicaires de Québec: il fallait quitter ces confrères aimés, qui, animés d’une ardente charité sacerdotale, ne faisaient ensemble qu'un cœur et

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qu'uné: âme. Mais si le premier vicariat laisse des souvenirs si profondément gravés, jamais on n'oublie non plus {a première cure ; et bien que M. Racine ne demeurât qu’une:

année à Saint-Basile, la mémoire de- son:

séjour en cette paroisse resta toujours dans: son cœur. Il eut à peine le temps de s’occuper du soin de construire un presbytère en cette paroisse, œuvre pour laquelle il mit à contribution ses propres ressources, que déjà la Providence l’appelait à un nouveau poste.

En effet, en 1859, le jeune curé disait adieu à ses paroissiens de Saint-Basile, et allait prendre possession de la cure de Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup. Pendant trois années, il se dévoua à l'avancement de cette belle paroïsse, dont on pouvait prévoir, dès cette époque, la prospérité future. En même temps qu'il continuait les travaux qui restaient à faire à un temple magnifique, de const*uction récente, il consacra ses soins au progrès d’un couvent qu'il avait fondé, en 1860, et confié à la direction des religieuses du P'n-Pasteur de Québec. Depuis, il n’a pas cessé de s'intéresser à cette institution, aujourd’hui si florissante, qui conservera toujours, avec amour et vénération, le souvenir de son fondateur.

Les paroissiens de la Rivière-du-Loup,

témoins du zèle ‘et du dévouement sans bornes de léur pasteur, édifiés de ses vertus, espéraient sans doute le conserver longtemps au milieu d'eux. Mais bientôt les supérieurs ecclésiastiques, qui avaient vu le jeune curé à l’œuvre et savaient de quelle confiance il était digne, crurent opportun de l'appeler à une position plus difficile et plus importante. Pourtant ces liens qu’un temps relativement court avait formés entre le pasteur et ses paroissiens, ne furent pas brisés complètement : toujours, cette brave population se rappellera les titres de son ancien curé à son respect et à son amour, et, de son côté, celui-ci n’oubliera jamais ceux qui furent pendant trois ans, les chers objets de sa sollicitude. Nous en avons la preuve dans les belles paroles qne Mgr Racine, s'en allant prendre possession de son siège épiscopal, le 6 août 1878, adressa à ses anciens paroissiens de la Rivière-du-Loup, qui lui avaient présenté leurs félicitations et leurs souhaits de bonheur durant ce trajet de Québec à ‘Chicoutimi qui fut une ovation continuelle. ‘“ Pendant “ les quelques années que j'ai eu l'avantage ‘ de passer au milieu de vous, leur disait-il, ‘ bien des fois j'ai eu l’occasion d’apprécier ‘ les sentiments profondément religieux qui “vous animent; bien des fois aussi, j'ai

constaté avec bonheur quel amour, quel respect, quel attachement vous portez à ceux que la divine Providence vous donne pour pasteurs. — Depuis mon départ de votre belle et florissante paroisse, vous m'avez donné une nouvelle preuve de votre estime et de votre reconnaissance C'était en 1870, alors qu’un immense incendie avait jeté dans la plus grande misére au delà de six cents familles du Saguenay. À la nouvelle de ce désastre, vous vous êtés rappelé votre ancien curé, vous avez compris toute la peine dont il devait être atiligé : et, avant qu'aucun appel ne fût fait à votre charité, vous vons êtes empressés de le consoler en lui envoyant d’abondantes aumônes, pour le mettre en état de secourir tant de pauvres infortunés.”...…. Ces paro-

les font sans doute l'éloge de ceux qui les avaient méritées ; elles sont aussi à l’honneur de celui qui les prononça : il faut avoir un mérite remarquable, dés talents et des vertus dignes d'attention, pour laisser un souvenir aussi vivace après une longue séparation.

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