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numents que les siècles ont amassés sur ce 1 sol privilégié, son bonheur fut inexprimable, 14 lorsqu'il fut admis en audience particulière
par le Souverain Pontite, le 18 décembre.
Aussi, dès le lendemain, il adressait à ses diotésains une lettre touchante, où il raconte
r en termes émus le paternel arcueil qu'il reçut ht du Vicaire de Jésus-Christ et les faveurs que 1 le Saint Père accordait au clergé, aux cora- Li
munautés religieuses etaux fidèles du diocèse {ii de Chicoutirai.
Cette audience de N. $. P. le Pape, son pèlerinage de Lorette et celui de Lourdes, 1e voilà quels furent les plus beaux souvenirs 1 de son voyage, et il n’en parlait jamais sans être vivement impressionné.
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(*) Ad limina Apostolorum, ode symphonique de M. l’abbé E, Delamare, composée à l’occasion du retour de Mgr Racine de son È voyage à Rome.
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D œ | 66 MGR D. RACINE
| | Le 9 mars 1888, Mor Racine était de retour
| dans sa ville épiscopale, après une absence
| de six mois. Dans les paroïsses du comté de
| | Charlevoix, qu'il traversa pour revenir au +h* | | Saguenay, mais surtout à Chicoutimi, on lui
fit une réception magnifique. Il arriva à sa
| cathédrale suivi d’un cortège de trois cents | voitures, qui étaient allées à sa rencontre | || jusqu’à une distance de quatre lieues ; et sur | | tout ce parcours, les chemins étaient ornés | de décorations magnifiques. Dans la ville,
LL quatre arcs de triomphe, des drapeaux et des | inscriptions partout multipliées, proela-
| | | maient hautement l’allégresse qui remplisnn ! sait tous les cœurs, à ce retour du père bien- | A6 La
1 aimé.
| Deux ans plus tard, Mgr Racine fit un se- | cond voyage à Rome, pour s'occuper des in- | térêts religieux de la Province.
| Des personnes parfaitement renseignées | nous assurent que les dignitaires de la Cour | de Rome, avec lesquels il eut des relations, |} | ont fait les appréciations les plus favorables de son intell'zence et de son caractère. Ceux qui l'ont conn'n seront réjouis, mais nullement étonnés, de ces suffrages honorables.
En 1884, nous voyons naître une œuvre nouvelle à Chicoutimi. Encore ici nous pouî vons reconnat.. l'influence et la coopération
de Mgr Racine, qui ne furent étrangères à rien de ce qui s’est fait d’important ‘au Saguenay depuis 1862.
Cédant aux instances de l’évêque de Chicoutimi et de MM. E. Cimon et J.-A. Gagné.
successivement députés du comté à la chambre des communes le gouvernement fédéral
consentit à établir à Chicoutimi un hôpital de marine. Le grand nombre de navires d'outre-mer qui fréquentent chaque année la rivière Saguenay rendait une telle institution nécessaire en cette partie du pays. Un édifice, d'assez modeste apparence, fut donc construit, par les sains du gouvernement d'Ottawa, sur l'une des hauteurs qui entourent Chicoutimi comme d’un vaste amphithéât'e. Les autorités religieuses et civiles s’accodèrent heureusement dans le projet de:
confier cet hôpital à une communauté religieuse, et les Révdes Mères de l'Hôpital Général de Québec en acceptèrent la direction.
Une nouvelle famille monastique allait donc être implantée dans le Saguenay, et compléter ainsi l’organisation religieuse du diocèse de Chicoutimi. En effet, alors que l’on avait pourvu abondamment à tous les besoins de l'éducation, les œuvres de charité pure y manqualent er ore.
En ces quelques années qui se sont écou-
lées depuis 1884, nous avons vu s’accomplir
ce que nous lisons avec étonnement dans les
| récits de ces fondations religieuses que l'E- | glise a multipliées partout et qui, après | d'humbles commencements, ont pris bientôt | les développements les plus extraordinaires. | En effet, l’Hôtel-Dieu Saint-Vallier de Chicou-
| timi a vraiment été commencé sans que l’on | pût compter humainement sur aucunes res-
| | sources suffisantes: l'allocation légère que | fournit chaque année le gouvernement de la |. Puissance, et même les secours généreux dont | | | les charitables Québecquois aidèrent cette || Al œnvre nalissante et qui furent bientôt absor: | bés par les frais d'installation, qu'est-ce que | | | Î |
tout cela pour la fondation et le soutien d’une à Le
communautés semblable ? Et que voyons- 1 nous maintenant ? après un si court espace e temps, la communauté, qui ne comptait au commencement que cinq religieuses, se compose aujourd'hui de quatorze religieuses | professes et novices ; l'édifice, qui servit d'’a- El bord d'hôpital, n’est plus qu'une aile des | constructions assez vastes du monastère actuel ; et une chapelle, l’un des plus beaux || M sanctuaires du Saguenay, couronne ce cap Fo solitaire, dont l’uspect était bien sauvage il | n’y a pas encore longtemps. Voilà comment - Dieu sait faire croître, quand il le veut, le
grain de sénevé! Voilà comment sa main toute-puissante se plaît encore à faire tout de rien! Voilà comment les œuvres de la charité peuvent toujours compter sur des bénédictions particulières ! C’est surtout le peuple du Saguenay, qui, malgré ses ressources bien restreintes, a contribué à rendre possi-
les de tels développements ; et sa charité ne restera pas sans récompense.
Ce fut le 24 mai 1884 que les fondatrices de cette nouvelle institution arrivèrent. à Chicoutimi ; la petite ville était toute pavoisée, comme aux jours de grande réjouissance.
Malheureusement, remarque un ennaliste ‘ de l’époque, la température était bien défa- ‘* vorable ; le temps était à l'orage; et, en ‘‘ effet, le tonnerre gronda bientôt. Rien ne ‘’ manquait donc à la solennité; et le bon ‘ Dieu, voyant notre indigence d : canons et ‘* de poudre, mettait à notre service sa puis- ‘* sante artillerie ! ”
Le 27 mai, la population de Chicoutimi assistait à une messe solennelle célébrée, à la Cathédrale, afin de remercier Dieu d’un événement si heureux pour le Saguenay. Dans l'après-midi, Mgr Racine, entouré de son clergé et de nombreux fidèles, installait définitivement la communauté dans le local qui lu était destiné.
Cependant, l'édifice de l’Hôtel-Dieu ne tarda pas à devenir bien trop étroit; et, en 1886-87, on lui ajouta les constructions nouvelles qui en font l’une des bâtisses les plus considérables de Chicoutimi. Le 15 novembre 1887, eut lieu la bénédiction de la chapelle du monastère et la célébration de la p:emière grande messe chantée dans ce nouveau sanctuaire. La solennité fut vraiment magnifique, grâce surtout au concours des élèves du Séminaire, qui exécutèrent de fort belle musique. Mgr Racine, déjà bien affaibli par la maladie qui devait le conduire au tombeau, voulut assister à une partie de la cérémonie et présider le diner que les Révérendes Mères offrirent ax MM. du clergé qui avaient assisté à la fête : ce fut le dernier repas que l’évêque bien-aimé prit avec ses prêtres.
Cette chapelle de l’Hôtel-Dieu Saint-Vallier est Le siège de la Confrérie de la Sainte- Face que Mgr Racine érigea canoniquement en janvier 1886. Cette confrérie, affiiiée à l’Archiconfrérie de Tours le 1er octobre 1885 et enrichie d’un précieux trésor d’'indulgences, compte maintenant un grand nombre de membres dans le Canada et les Etats-Unis.
Ces associés ont contribué par leurs aumônes à l'érection du pieux sanctuaire.
C’est ainsi que Mgr Racine ne négligeait rien de ce qui pouvait promouvoir les intérêts spirituels des fidéles confiés à ses soins. Ainsi a-t-il fait pendant tout son épiscopat, connaissant bien les ressources considérables que ces œuvres de dévotion mettent au service de la véritable piété. Par le premier mandement qu'il publia après son mandement d'entrée, il établissait (4 novembre 1878): dans son diocèse l'Association de $St- François de Sales, qui fut fondée d’abord en France, comme on le sait, pour répondre à un sonhaïit de Pie IX : en effet, l’immortel Pontiie avait manifesté le désir de voir s’organiser une association qui fût ‘une sorte de ‘ Propagation de la Foi à l’intérieur.”
Le 19 mars 1880, il érigeait canoniquement les associations des Enfants de St Joseph, et, le 8 mai de la même année, celles des Ænfants de Marie, pensant avec raison qu'il était de la plus grande importance de mettre la jeunesse de son diocèse, cette portion chérie de son troupeau, sous la protection spéciale de la Sainte Vierge et de son virginal Époux.
Dans uné Lettre Pastorale du 22 août 1888, Mgr Racine exhortait son peuple à s’enrôler dans la sainte milice du Tüers-Ordre de St- François d'Assise. Et pour faciliter à chacun l'admission dans cette confrérie, il avait ob- :
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tenu du Saint-Siège que tous les prêtres du diocèse eussent les pouvoirs nécessaires pour l'imposition du saint habit de tertiaire.
Enfin, nous avons vu précédemment que, le ler novembre 1885, le pieux prélat avait établi dans tout son diocèse l’Archiconfrérie de N.-D. des Victoires.
Quand on considère. tout ce qu'a fait le premier évêque de Chicoutimi, pour l’avantage spirituel et même pour la prospérité temporelle de ses ouaïlles, n’a-t-on pas bien sujet de proclamer la fécondité de son apostolat ?
—Certes, on ne peut se défendre d’une véritable terreur lorsque, à la vue des œuvres des méchants, on considère les conséquences qu’elles ont trop souvent pour la perdition des âmes, conséquences qui peuvent se continuer et s’augmenter de plus en plus à travers les années et même les siècles; quelle effroyable responsabilité pour les auteurs de ces œuvres de mort! Mais, n'est-il pas bien consolant, d'autre part, de penser que les œuvres de l’homme de bien ont aussi leurs
effets, effets qui peuvent être également du-
rables et produire des fruits de sanctification et de salut, longtemps après que lui-même a cessé de vivre ? Saluons donc avec respect, admiration et reconnaissance, ces grands citoyens, dont la vie se dépensa tout entière
pour l’avantage de la patrie et de la religion, et dont l'influence pour le bien se continue après leur mort; jouissant des résultats de leurs travaux et bénéficiant tous les jours du fruit de leur zèle et de leur dévouement, sachons bénir leur mémoire !
Cependant il y avait une œuvre que Mgr | Racine tenait particulièrement à accomplir |
et qui était depuis longtemps l’objet de ses | pensées : nous voulons dire la construction 144 d'un évêché à Chicoutimi. Après sa promo- 14 tion à l’épiscopat, il avait continué à occuper deux appartements de dimensions bien res- | treintes dans son Séminaire. Quant à lui, il Li) aurait volontiers passé le reste de sa vie dans ù L un logement aussi modeste ; mais il comprenait que l'administration du diocèse souffrait d’un tel état de choses; il voyait aussi que l'édifice occupé par le Séminaire était déjà 1
fort insuffisant pour répondre aux besoins
de l'institution. Ajoutons qu'il désirait vive-
ment que son successeur trouvât le diocèse de Chicoutimi parfaitement organisé. Mais ; Dieu, dont les ‘desseins sont impénétrables, | È ÿ ne lui permit pas de voir la réalisation de 138 son pieux dessein: il fallait un nouveau sa- Ë crifice pour couronner cette vie qui fut toute
remplie de sacrifices !
L'abnégation, le renoncement pour lui-
même, voilà quelles furent les vertus distinctives du saint évêque. Aussi les occasions ne lui ont pas fait défaut pour s’y exercer ; c'est d’ailleurs la conduite ordinaire de la Providence, qui sait fournir ample matière aux âmes fidèles qui veulent avancer dans la pratique d'une vertu particulière. Quelles ont été les jouissances de Mgr Racine ? Nous l'avons vu enlevé à sa première cure de St- Basile au moment où il venait de se construire un presbytère ; puis, à celle de la Rivière-du-Loup lorsqu'il allait recueillir le fruit des efforts qu'il avait déployés pour continuer les travaux d’une église magnifique. À Chicoutimi, il bâtit une cathédrale, mais 1l ne la verra pas se terminer. Ce chemin de fer de Québec à Chicoutimi, qu'il a eu tant à cœur, à la construction duquel il a consacré ta.t d'énergiques efforts, il ne l’a pas vu se terminer non plus; et si, au moment de sa mort, la voie ferrée atteignait presque la rive du lac St-Jean, il n’a pas eu une seule fois l’occasion de mettre le pied sur l’un des wagons de ce chemin de fer! Ce Séminaire de’ Chicoutimi, qu'il a fondé au prix des plus grands sacrifices, pour lequel il s’est dépouillé de tout ce qu'il possédait, qu'il a aimé pour ainsi dire au delà du tombeau, il l’a vu aux prises avec les plus grandes dif-
ficultés pendant ces quinze années qui se sont écoulées depuis sa fondation; et le plus vif regret qu'éprouva le dévoué fondateur, sur son lit de mort, fut de voir qu’il n’y avait encore aucune apparence de jours meilleurs pour l'institution bien-aimée.
Enfin, pour ne pas parler des autres œuvres de Mgr Racine, dont : lirigea avec amour et dévouement les p s pas, Mais dont aucune n'arriva de son v',ant au développement complet qui l’aurait récompensé de ses travaux, enfin, disons-nous, il voyait arriver le moment où il allait réaliser un dernier projet, celui de construire un palais épiscopal pour lui et ses successeurs, lorsque Dieu l’appela à lui. Sans doute, 1l jouit maintenant d’une récompense bien belle. puisqu'elle lui a été réservée tout entière pour la vie qui ne finira jamais !
Le 15 avril 1887, Mgr Racine annonçait au clergé et aux fidèles de son diocèse qu'il n’était plus possible de différer ia construction d’un évêché, et faisait un touchant appel à leur générosité en faveur d’une œuvre si importante, pour laquelle les ressources lui manquaient absolument. A l’automne, malgré cette cruelle maladie dont il ne devait pas revenir, la pensée de cette entreprise l’occupa encore constamment. Pendant ces lon-
l gues semaines de souffrances, tout en pourvo- | yant encore à l’administration de son diocèse, D. il donna son attention à l'examen des plans | Al de l'édifice projeté et à la rédaction des con- | (ll trats. Il mettait, à vouloir pousser de l'ayant | 1 cette entreprise, l'énergie qui lui était habi- | | tuelle, mais d’une manière si accentuée, en | | celte circonstance, qu'il semblait qu'il voulût | | se tromper lui-même sur la gravité de son | état. Enfin, on dut recourir à d’innocentes | industries, pour retarder la signature de do- { cuments qui auraient pu créer des embarras | pour l’avenir; car il n’était plus permis d’es- | | pérer que Mgr Racine reviendrait à la santé-