ÉPISCOPAL DE CHICOUTIMI
Cependant, au milieu des travaux de sa charge pastorale et de la sollicitude avec laquelle il poursuivait ie plein épanouissement de ses œuvres diocésaines, Mgr Racine éprouvait un vif désir de pouvoir accomplir au plus têt le devoir qui lui incombait d’aller se jeter aux pieds du Souverain Pontife. Et
s’il avait autant tardé à remplir cette douce obligation,la faute en était à la modicité de ses
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ressources. Enfin, en 1882, la générosité de son clergé, d'une partie de ses divcésains et d'amis dévoués catholiques et protestants, se joignant aux faibles moyens dont il rouvait disposer, il eut la consolation de faire connaître à son peuple, par une lettre pastorale du 8 septembre, son prochain départ pour la Ville Eternelle. ‘ Grâces en soient rendues, ‘‘ disait-1l, à la divine Providence qui, «ns sa ‘ miséricordieuse bonté, veut bien nous four- “ nir les moyens d'accomplir ce devoir de no- “tre charge pastorale et l’un des vœux les ‘* plus ardents de notre cœur.”
Parti de Chicoutimi le 16 septembre, il s'embarqua pour l’Europe à Québec, Le 7 octobre suivant, -:n compagnie du Rév. M.E. Fafard, curé de St-Joseph de Lévis, et du Rév.
M. N. Gingras, curé de St-Grervais. L’Angleterre, l’Ecosse, l'Irlande, la Belgique, la France, l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche et l'Italie, tels furent les pays que visitèrent, souvent bien rapidement, les distingués voyageurs.
Le jour de la Toussaint, Mgr Racine officiait pontificalement dans le pieux sanctuaire
de Notre-Dame des Victoires, à Paris. Le
samedi, 28 octobre, il avait célébré la messe de l’archiconfrérie et adressé aux associés une touchante allocution. ‘ Je ne puis passer au
‘ milieu de vous, s'écriait-il, dans cette ‘‘ église vénérée, miraculeuse, sans éprouver “ le besoin de vous adressct ‘quelques paro- “les. Evêque du Canada-français, Français ‘“ moi-même, je me sens attaché à vous tous ‘ par le double lien de la patrie et de la reli- “ gion. Nos pères ont laissé là-bas dans ces ‘‘ terres lointaines des souvenirs toujours vi- ‘ vants de leur foi et de leur piété profonde... ‘ Vous avez entendu prononcer ce texte:
‘quam bonum, quam jucundum habitare fratres ‘in unum! ‘Qu'il est bon, qu'il est doux ‘ d'habiter ensemble comme des frères ! ” ‘Oh! combien à cette heure je goûte ces “ délicieuses paroles !”” &c. (*)
Dans sa dévotion à Notre-Dame, le pieux évêque érigea, le ler novembre, et agrégea à l’archiconfrérie, le même jout, les 41 confréries des paroisses et missions de son diocèse.
Le 21 novembre, Mgr Racine et ses compagnons de voyage étaient les hôtes des Dominicains établis à Volders (Tyrol). Ecoutons ici l’un des Révérends Pères, racontant l’arrivée des Canadiens à leur monastère. ‘ Désireux de nous ménager une surprise, les
(*) Annales de l'Archiconfrérie de N.-D. des Victoires, décembre 1882.
voyageurs nous avaient laissé ignorer le jour précis de leur arrivée. Rien n'était donc préparé ; mais bientôt les deux compagnons de Sa Grandeur purent prendre la place de deux religieux, tandis que le R. P. Prieur cédait à Mgr sa cellule dont nos ressources nous permettaient de compléter en un tour de main l’'ameublement : un lit de fer, un modeste tapis, deux fauteuils et quelques chaises de paille, voilà la chambre épiscopale. C’est bien pauvre sans doute? Mais Mgr a des goûts simples et des habitudes tout apostoliques. Son palais épiscopal, à Chicoutimi, consiste en une simple chambre, au grand séminaire, dont il est à la fois le premier supérieur, et, au besoin, l’économe et le portier. Et puis notre hôte est'si bienveillant ! il est si disposé à se trouver chez lui au milieu de nous! C'est qu’effectivement il est un des nôtres par ses sympathies pour notre ordre et par son culte
pour $. Dominique. Il a reçu au baptême le nom de notre bienheureux Père, pour lequel il a constamment professé une dévotion toute spéciale, et lorsqu'il fut promu au nouvel évêché de Chicoutimi, il fixa son sacre au 4 août.” (*) On s’étonnerait de voir que l’écri-
(*) L'anuée dominicaine, Janvier 1883.
vain ait pu sitôt se former une idée aussi exacte du caractère de Mgr Racine, qui ne fit qu'un très court séjour chez les bons Do:ninicains, si l’on ne connaissait la nature franche et expansive du Prélat ; la simplicité de ses habitudes, la bonté de son cœur, la sincérité de sa conduite, on voyait tout cela dès le premier abord.
Catte visite aux exilés de Volders procura à nos distingués voyageurs de bien vives émotions, et leur rappela le souvenir de la patrie absente: mais la joie qu'ils y goûtèerent, comme toutes celles d’ici-bas, fut voilée de tristesse. Car si l'évêque canadien eut la consolation de conférer le ‘sous-diaconat à deux compatriotes, les FF. Thomas et
tienne Gauvreau, il eut aussi à s'associer aux honneurs funèbres que l’on rendait à feu le R. P. Routier, le premier Canadien qui mourait revêtu de la robe de St Dominique.
Continuant leur voyage, l'évêque et ses compagnons arrivèrent à Rome, dans les premiers jours de décembre.
Quand les fils de Tacob, d’une lointaine cime, Apercevaient enfin les remparts de Solime, L’ardeur se ranimait en leurs cœurs engourdis,
Et hâtait la lenteur de leurs pas alourdis.
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Réjouis-toi, pèlerin de la Sion nouvelle ; AY | Des temples vénérés ( | Vois-tu lcs hautes tours et les faîtes sacrés ?.... ! 4 C’est la cité du Christ ! C’est la Ville Eternelle ! (*) {!
Ce séjour à Rome, dans la ville célèbre en- | 4 tre toutes les villes par son histoire sans | égale, fit époque dans la vie de Mgr Racine Mais s’il fut heureux de contempler les mo-