‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 118 sur 226 · Journal, 7 juillet · texte numérisé non relu

Journal, 7 juillet

RABAO 271

Est-ce bien vrai que nous sommes ici? que nous y sommes seuls ? Est-ce bien là la Nouvelle-Guinée ?... Je nommai alors, continue-t-il, l'un d'eux cuisinier; l'autre devait être charpentier avec moi, et aussitôt l'on entra en fonction1. »

Que vont-ils faire ? Ils vont entreprendre les travaux d'une installation qui, forcément, restera précaire. Gomment déblayer le terrain, inextricable fouillis de hautes herbes et de broussailles ? Comment défricher ces forêts dont les arbres gigantesques s'entrelacent et se rejoignent de toutes parts? Comment assainir les bas fonds et les marécages ? Avec quoi seulement tracer des routes? Ils n'ont point d'animaux à leur service : un cheval triplerait leurs forces; et peu d'instruments. L'énergie devra donc suppléer à tout. Dans une vallée proche de la mer, on abat des arbres. En une semaine, pensent-ils, nous couperons le bois suffisant pour la maison et pour la chapelle. Hélas ! cette semaine, ils la passèrent à faire des sentiers dans la forêt pour sortir les pièces abattues. Le P. Verjus admire de loin ces forêts vierges : « spectacle splendide » ; — mais, de près, il ne fait pas bon y travailler. Vous attaquez un arbre, il faut en couper six pour qu'il tombe, et, cependant, vous recevez sur le dos une pluie de fourmis rouges qui vous piquent et vous agacent, sans préjudice des moustiques qui vous dévorent. On se portait bien dans les commencements et on riait de bon cœur. Quand les bras se fatiguaient, on se disait que la maison ne serait pas longue à construire, la chapelle non plus, et que l'on vivrait sous le même toit que Notre-Seigneur. Cet espoir, bien des fois, leur remit en main la hache. Us abattirent ainsi plus de cent cinquante arbres et ils les portèrent sur leurs épaules au sommet de la colline. Montalembert raconte que le moine Théodulphe, abbé de Saint-Thierry, près

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