‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 125 sur 226 · Lettre au T. R. P. Chevalier · texte numérisé non relu

Lettre au T. R. P. Chevalier

RABÀO 287

Ce même soir du 4 septembre, il aperçut une voile à l'horizon. « Comme le cœur me battait! écrit-il. 0 Mère, voici votre secours1! » Il remonte à la cabane et hisse le drapeau. Hélas! c'était encore VEllangôwan, le bateau de la mission protestante; mais, cette fois, au lieu d'aller jeter l'ancre devant la maison du catéchiste Hénéré, il entre juste au beau milieu de Port-Léon. « C'est pour nous! Je prends avec moi trois sauvages de notre pirogue, et en avant vers le voilier! J'étais à peine à moitié chemin qu'une chaloupe se détache et vient vers nous. Voici les lettres, me dis-je. Il m'apporte au moins des lettres, sinon des Pères, et des provisions 2. » Le Père fait halte. L'homme qui montait la chaloupe, se dresse et décline ses titres : « Je suis le capitaine Musgrave, secrétaire de son Excellence le général Scratchlez, gouverneur des colonies anglaises de Nouvelle-Guinée. » Le P. Verjus prie le capitaine de vouloir bien suivre la pirogue, et, à travers les rochers et les bancs de coraux, il le conduit à terre. A peine descendus : « Bonjour, Père Navarre, dit le capitaine. — Je n'ai pas l'honneur, monsieur le capitaine, répondit le P. Verjus, d'être le P. Navarre. Je ne suis que son représentant. » Et, tout en cheminant vers le sommet de la colline, le capitaine remet au Père une lettre du général qui disait en substance : « Je vous envoie M. le capitaine Musgrave avec plein pouvoir de traiter avec vous l'affaire de votre établissement en Nouvelle-Guinée... — C'est pourquoi, continua le capitaine, je vous conseille de suspendre vos travaux à Yule et de profiter des offres que vous fait Son Excellence d'aller vous établir sur la côte nord-est de la Nouvelle-Guinée, ou mieux encore dans les Louisiades : là, il n'y a aucune mission protestante. A cet effet, le général mettra en décembre un steamer à votre

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