ST.-H. VERJUS
Miss, du S.-C.
Hélas ! « le capitaine », le R. P. Navarre, fut bientôt en proie à la fièvre, puis gravement malade, et il dut, le 28 juin, remonter sur Y Annonciade et se retirer, pour un temps, à Thursday.
« J'ai de la peine à m'habituer à mon bonheur, écrivait le Père Verjus à l'arrivée du R. P. Navarre. Me voilà enfin avec mon Père. Je ne travaillerai pas dans le doute, en obéissant *. »
Son bonheur, on l'a vu, ne fut pas de longue durée. A peine le supérieur delà Mission catholique est-il parti que le chef de la mission protestante, M. Lawes, arrive avec un « teacher » destiné à Rabao. La maison qu'on lui préparait n'était pas finie, en sorte que l'on aurait dit que le loup guettait la disparition du berger pour entrer aussitôt dans la bergerie. Le P. Verjus se trouble bien un peu et se tourmente ; mais, quoi qu'il advienne, il restera fidèle au bercail. « Je continuerai mes visites et classes au village comme par le passé, plein de confiance dans le secours du bon Maître dont la cause est enjeu2. Et il se promet d'être prudent avec les sauvages et charitable envers le ministre et les « teachers ». Pour ce qui est des déboires personnels et des avanies qu'on lui pourra faire, d'avance il pardonne tout. Au fond, il prévoit la guerre et s'y prépare. Son imagination évoque même le martyre. Non seulement il l'accepte, mais volontiers il irait au-devant3.