DERNIERS TRAVAUX. — LE PÉNITENT
Les sauvages de Yule colportaient, à leur manière, dans
les environs et presque dans la grande terre, la « bonne nouvelle ». C'est ainsi que Béra, l'un des chefs de l'île, se trouvant dans la tribu de Pokao, avise un ministre protestant en train de faire un baptême : « Est-ce que ce protestant sait baptiser ? s'écrie-t-il devant tout le monde. Qu'est-ce qu'il fait? Il prend de l'eau sale et dit: Jeté baptise. Sois bon. Ce n'est pas cela, le baptême. » Et Béra donne la vraie formule, celle que le P. Verjus lui avait apprise au catéchisme. Et il continue solennellement : « Enfants de Pokao, le Missionnaire s'en ira bientôt dans son pays. Il reviendra. Il amènera avec lui d'autres Missionnaires. Ceux-là sont les vrais. » Et il ajoutait avec une fierté superbe : « Nous vous en enverrons '. »
Ce Béra, encore païen, et qui fait déjà de la propagande catholique, sera, une fois baptisé, d'un grand secours pour le Missionnaire. C'est ainsi qu'il prêchera dans la langue d'Inawi, que Mgr Verjus ne connaissait pas d'abord suffisamment 2.
Les enfants eux-mêmes, à leur manière et i\ leur insu, se faisaient apôtres.
Voici ce que racontait, à qui voulait l'entendre, un enfant de Waïma : « J'étais mort. Mon âme s'en allait vers le paradis. En route, je rencontre un démon armé d'une fourche. 11 me fait peur. Je lui demande la route du paradis. Il me l'indique et j'y marche longtemps. J'arrive à