‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 200 sur 226 · Journal, 29 décembre · texte numérisé non relu

Journal, 29 décembre

2. Lettre de Mgr Navarre au R. P. Piperon, 28 septembre 1891.

nérable, et il avait résolu de le tuer. Les gens de Béréïna en prévinrent Mgr Verjus et firent tous leurs efforts pour l'empêcher de se rendre à Inawi. a C'est mon devoir, dit-il, d'aller au secours des malades. J'y vais. » Et il part avec deux porteurs. En approchant du village, les trois voyageurs scrutent du regard les hautes herbes, les buissons, la forêt. Bientôt, ils aperçoivent des hommes qui se cachaient derrière les arbres. Monseigneur se recommande à Dieu, presse le pas, s'avance seul au-devant de Iaou qu'il a reconnu : « Iaou, crie-t-il fortement, j'ai entendu dire que tu voulais me tuer. Tiens, voici mon couteau! Frappe! a Le sauvage, se voyant découvert, fit l'humble et répondit : « C'est pour rire, Missionnaire, que j'avais dit cela. — Mais, alors, pourquoi, toi et tes gens, êtes-vous armés comme en temps de guerre? — Nous faisons la chasse aux sangliers, Missionnaire. — C'est bien; mais je te préviens de ne plus faire pareille plaisanterie, désormais. Tu pourrais t'en repentir. » Une heure plus tard, le courageux et charitable évoque était à Sainte-Marie d'Inawi, près de la malade2.

Au mois de novembre 1891, ce même village dTnawaë partait en guerre contre le village d'Inawaia. Le gouverneur de la Nouvelle-Guinée avait voulu imposer la paix de force. Qu'ont fait les habitants dTnawaë? Ils ont tiré sur le gouverneur et sur ses hommes. Ceux-ci ripostent par des coups de fusil, tuent deux Canaques et blessent une femme. DTnawaë, le gouverneur se rend à Inawaia. Là aussi, il y eut des morts et des blessés 3. Les indigènes se cachent dans les roseaux du fleuve Saint-Joseph, et quand les hommes du gouverneur, c'est-à-dire l'agent, le com-

1. Cf. Mgr Navarre : Lettre-circulaire ; et le P. Hartzer : Sur le Saint- Joseph.

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