‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 35 sur 226 · et 20 avril · texte numérisé non relu

et 20 avril

104 HETOUR A CIIEZAL-BEXOÎT

Or, ces travaux ne nuisaient en rien à la vie surnaturelle. Chez notre Frère, « la science » se transformait vite en charité. Ce n'est pas sur lui que tombe l'anathème de Bossuet : « Malheur à la connaissance stérile qui ne se tourne pas à aimer et se trahit elle-même! » S'il faisait quelque progrès dans les lettres, il marchait à grands pas dans la voie de la perfection. Nous voudrions citer à pleines pages ses notes quotidiennes. Le mieux eût été peut-être de publier le Journal de son àme, écrit chaque soir sous l'impression de la journée, et sa vie eût été faite. Citons du moins quelques fragments de la période où nous sommes.

D'abord, malgré les brûlants désirs qu'il a de la science, il est tout prêt à les sacrifier à Dieu :

« Si vous voulez, mon Jésus, que je fasse du bien en restant ignorant, vous n'avez qu'à me laisser aller comme je vais maintenant, oubliant tout à mesure que j'apprends : je m'y résigne, mon Jésus, si telle est votre volonté. Mais je ne dois pas me supposer une telle vocation. Je veux tenter l'impossible, et, si je retombe sans avoir réussi, découragé, je vous remercierai encore1. »

Bien qu'il eût toujours les yeux fixés sur son cher idéal : la perfection religieuse, il y avait lutte, à de certaines heures, dans la partie inférieure de l'âme, et il nous plaît de le constater, ne fût-ce que pour nous bien persuader à nous-même que les saints sont de notre chair et de notre sang. Ecoutons-le :

« ... Je n'ai qu'à obéir. Beau mérite, si je ne veux obéir aveuglément que dans les choses qui me plaisent et que je comprends ! J'obéirai en tout, partout et toujours ; je ferai le contraire des inspirations du mauvais Esprit. O mon Dieu, faites que je le reconnaisse toujours à sa queue de

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